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Les Bienveillantes - Jonathan Littell (TM 2017)

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Masques de Venise
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MessageSujet: Les Bienveillantes - Jonathan Littell (TM 2017)   Ven 30 Juin - 13:46



Edition revue par l'Auteur

ISBN ! 9782070350896

Notre Opinion
Personnages


Extraits à lire en particulier : pages 262, 263, puis 393/394 et 300 et 401 (sur la politique pro-musulmane des Nazis), 562/563 et, de façon générale, tout l'entretien entre Aue et le commissaire politique bolchevique, 842 et 843 et les pages qui suivent sur l'inhumain, 852/853, 875, 876 et les suivantes sur le "Canada", 954, 955 et les suivantes sur la politique des Alliés, 987, 988 et 989, 132, sans oublier toute la "gigue."
Citation :
[...] ... J'arrivai sur la place en fin de matinée, en compagnie de Thomas. Plus de quatre cents Juifs avaient été rassemblés et forcés à s'asseoir, les mains sur la nuque, près de la haute potence dressée la veille par les chauffeurs du Sonderkommando. Au-delà du cordon de Waffen-SS, affluaient des centaines de badauds, des militaires surtout mais aussi des hommes de l'Organisation Todt et du NSKK, ainsi que de nombreux civils ukrainiens. Ces spectateurs emplissaient la place de tous les côtés, il était difficile de se frayer un chemin ; une trentaine de soldats s'étaient même juchés sur le toit en taule d'une bâtisse avoisinante. Les hommes riaient, blaguaient ; beaucoup photographiaient la scène. Blobel se tenait au pied de la potence, avec Häfner qui revenait de Bielaïa Tserkov. Du côté des rangées de Juifs, von Radetzky haranguait la foule en ukrainien : "Quelqu'un a-t-il un compte à régler avec l'un de ces Juifs ?" demandait-il. Alors un homme sortait de la foule et décochait un coup de pied à l'un des hommes assis, puis s'en retournait ; d'autres leur lançaient des fruits et des tomates pourris. Je regardais les Juifs : ils avaient le visage gris, ils dardaient des yeux angoissés, se demandant ce qui allait suivre. Il y avait parmi eux beaucoup de vieillards, aux barbes blanches fournies et vêtus de caftans crasseux, mais aussi des hommes assez jeunes. Je remarquai que, dans le cordon de garde, se tenaient plusieurs Landser de la Wehrmacht. - "Que font-ils ici ?" demandai-je à Häfner. - "Ce sont des volontaires. Ils ont demandé à aider." Je fis une moue. "On voyait de nombreux officiers, mais je n'en reconnaissais aucun de l'AOK. Je me dirigeai vers le cordon et interpellai l'un des soldats : "Qu'est-ce que tu fais ici ? Qui t'a demandé de monter la garde ? " Il prit un air gêné. "Où est ton supérieur ? - Je ne sais pas, Herr Offizier," répondit-il enfin en se grattant le front, sous le calot. -"Qu'est-ce que tu fais ici ?" répétai-je. " - "Je suis allé au ghetto ce matin, avec mes camarades, Herr Offizier. Et puis voilà, on s'est proposés pour aider, vos collègues ont dit oui. J'avais commandé une paire de bottes en cuir à un Juif et je voulais essayer de le trouver avant ... avant ..." Il n'osait même pas dire le mot. "- "Avant qu'on le fusille, c'est ça ?" dis-je avec aigreur. - "Oui, Herr Offizier. - Et tu l'as trouvé ? - Il est là-bas, mais je n'ai pas pu lui parler." Je retournai auprès de Blobel. - "Herr Standartenführer, il faudrait renvoyer les hommes de la Wehrmacht. Ce n'est pas normal qu'ils participent à l'Aktion [= exécution en masse des Juifs] sans ordre.  - Laissez, laissez, Obersturùfuhrer. C'est bien, qu'ils montrent de l'enthousiasme. Ce sont de bons nationaux-socialistes, ils veulent aussi faire leur part." ... [...]

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"Mon Âme est une Infante en robe de parade,
Dont l'exil se reflète, éternel et royal,
Aux grands miroirs déserts d'un vieil Escurial,
Ainsi qu'une galère oubliée en la rade."

Albert Samain

Celui qui n'a pas fait tout ce qu'il pouvait faire n'a rien fait.
Charles Pathé


La France a perdu une bataille mais elle n'a pas perdu la guerre !
Charles de Gaulle


Et ce qui importait en fin de compte, c'était moins d'être vaincu que d'avoir une âme de vaincu car cela seul est sans remède.
Jean Hougron



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MessageSujet: Re: Les Bienveillantes - Jonathan Littell (TM 2017)   Ven 30 Juin - 14:25

Vous vous rappelez toutes les injures que Zemmour a subies pour avoir osé exprimer la même chose dans "Le Suicide Français" ? Littell n'a pas non plus été raté par les Claude Lanzmann et autres "gourous" de la "Shoah" lorsqu'il l'a écrit dans ses "Bienveillante" :
Citation :
[...] ... - "Prenez le cas de la France, où nous avons, si l'on peut dire, pu commencer à travailler l'été dernier, une fois que les autorités françaises eurent, guidées par notre spécialiste et aussi par les conseils et désirs de l'Auswärtiges Amt, euh, si vous voulez, accepté de coopérer et surtout quand la Reichsbahn a consenti à nous fournir le transport nécessaire. Nous avons ainsi pu commencer, et au début, cela a été un succès, car les Français montraient beaucoup de compréhension, et puis grâce à l'assistance de la police française, sans laquelle nous n'aurions rien pu faire, bien sûr, car nous n'avons pas les ressources, et le Militärbefehlhaber n'allait certainement pas les fournir, donc l'aide le la police française était un élément vital car c'est eux qui arrêtaient les Juifs et nous les transféraient, et d'ailleurs même, ils faisaient du zèle, car nous n'avions officiellement demandé que les Juifs de plus de seize ans - pour commencer, bien entendu - mais eux ne voulaient pas garder les enfants sans leurs parents, ce qu'on peut comprendre, et donc ils nous les donnaient tous, même des orphelins - bref, on a vite compris qu'ils ne nous livraient que leurs Juifs étrangers, j'ai même dû annuler un transport de Bordeaux parce qu'on n'en trouvait pas assez pour le remplir, de ces Juifs étrangers, un vrai scandale, car en ce qui concernait leurs propres Juifs, ceux qui étaient donc citoyens français, je veux dire, depuis longue date, eh bien là, vous voyez, c'était non. Ils ne voulaient pas et il n'y avait rien à faire. D'après l'Auswärtiges Amt, c'est le maréchal Pétain lui-même qui faisait obstacle, et on avait beau lui expliquer, ça ne servait à rien. Alors, après novembre, bien sûr, la situation a complètement changé parce que nous n'étions plus liés par tous ces accords, et par les lois françaises, mais même là, c'est ce que je vous ai dit, il y avait le problème de la police française, qui ne voulait plus coopérer, je ne veux pas me plaindre de Herr Bousquet mais lui aussi, il avait ses ordres, et quand même, ce n'était pas possible d'envoyer la police allemande frapper aux portes, donc, de fait, en France, ça n'avance plus. .... [...]

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