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Ryan David Jahn

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Masques de Venise
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MessageSujet: Ryan David Jahn   Mar 18 Juil - 18:17



Acts of Violence / De Bons Voisins


Ce roman, qui raconte l'assassinat d'une jeune femme, Katrina Marino, dite Kat, dans le parking même de l'immeuble où elle habitait, s'inspire de  la tristement célèbre affaire Genovese. La victime, Kitty Genovese, fut traquée et mourut pratiquement sous les yeux de ses voisins - plus d'une trentaine - dont certains crurent à une plaisanterie, d'autres à une bagarre entre amoureux, d'autres encore se virent interdire par leur femme d'intervenir et dont un seul, je crois (une femme, d'ailleurs), se risqua à appeler la police quand il était trop tard. Cela se passait le 13 mars 1964, à New-York.

Dans ce livre au découpage impeccable, l'auteur s'attache à nous faire découvrir la personnalité des témoins potentiels par de courts chapitres consacrés à leur vie de tous les jours et surtout, à leurs préoccupations, qui, selon lui (il ne le dit pas clairement mais il semble bien que ce soit la seule explication logique qu'il donne à cette affaire) sont à l'origine de leur indifférence. Trop occupés de ce qu'ils vivent ou attendent au moment de l'assassinat (assassinat qui s'effectue pourtant en deux temps, si l'on peut dire, le violeur-meurtrier s'enfuyant une première fois avant de revenir, quelques heures plus tard, pour achever sa besogne), aucun d'eux n'entend, ni ne voit ce qui se passe.

Mais ce qui dérange beaucoup, vraiment beaucoup le lecteur, c'est qu'il est tout aussi clair que, alors qu'elle rampe pour se mettre à l'abri chez elle ou encore lorsque son bourreau revient pour en finir une fois pour toutes, Kat distingue toutes "ces faces blanches", bien à l'abri derrière leurs rideaux, qui observent son martyre, sans un mot, sans un geste. Illusion ou réalité ? ... Dans l'affaire Genovese, le doute n'existe pas sur ce point.

Personnellement
et bien que je l'aie lu du début jusqu'à la fin, en dépit également du talent de l'auteur, je n'ai pas réussi à "accrocher" vraiment à "De Bons Voisins." Même si Jahn parvient, parfois avec succès (comme avec Patrick, le jeune homme qui s'apprête à partir au Viêt-nam mais est tourmenté par le scrupule de laisser derrière lui sa mère impotente), à donner un peu de relief à l'un ou à l'autre de ces voisins si concentrés sur eux-mêmes qu'ils ne voient pas ce qui leur crève les yeux, sauf lorsque s'éveille en eux l'appétit sordide du voyeur qui, lui, par contre, veut "voir" à tout prix, serait-ce celui d'une vie humaine impitoyablement amputée à l'arme blanche, la mécanique ne fonctionne pas.

Si les Américains de 1964 n'ont pas compris, j'avoue qu'il en est de même pour moi. Ces voisins passifs, qui se bouchent les yeux et les oreilles pour ne percevoir rien d'autre que les détails qui les excitent, sont aussi répugnants que l'assassin, si ce n'est plus encore. Il eût suffi de deux à trois hommes bien décidés pour sauver Kat Marino - et probablement Kitty Genovese. Et j'irai jusqu'à affirmer que cinq à six femmes résolues eussent tout autant réussi à faire reculer l'assassin.

Après avoir jeté un coup d'œil sur le compte-rendu de l'affaire qui inspira le roman et après avoir lu "De Bons Voisins", on ne s'étonnera plus de la hausse de criminalité enregistrée depuis les années cinquante aux USA. Si les autorités y ont leur part de responsabilité, les "bons voisins" aussi, hélas ! n'en doutez pas ...  

Vous pouvez toujours reculer devant un assassin, ou vous détourner des actes qu'il commet, voire affirmer qu'il ne les a pas accomplis et/ou qu'il est une victime. Mais soyez en crainte : même si vous reculez sans cesse devant votre lâcheté, celle-ci finira toujours par vous rattraper et vous réduira en poussière. En bref, ce n'est pas l'assassin que vous devez redouter mais bel et bien votre lâcheté, le seul tueur capable de réduire à néant ce qu'il y a en vous tout simplement de généreux et d'humain.

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Ryan David Jahn

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