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POUR LES CURIEUX DE LA RENTREE LITTERAIRE 2017

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Elisabeth
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MessageSujet: POUR LES CURIEUX DE LA RENTREE LITTERAIRE 2017   Dim 20 Aoû - 11:41

Perso, je viens de lire quelques CONSEILS AVISES sur des ouvrages de la rentrée littéraire 2017, qui eux ne feront pas le buzz, mais........


Ci-dessous un copié collé de mon 'tit forum de profs........

[  Quelques petites maisons d'édition ont eu la gentillesse de m'envoyer certains de leurs titres au boulot donc voici mes premiers avis sur des romans qui a priori ne feront pas les unes des journaux :
Le Camp des autres, Thomas Vinau (Alma)
Un jeune garçon fuit dans la forêt. Il vient de tuer son père, un tyran cruel et violent. Il compte survivre caché dans les bois avec son chien, mais il va rencontrer un curieux rebouteux puis une bande de gentils brigands qui vont le prendre sous leur aile (leurs ailes ? je ne sais pas comment accorder).
J'entends parler de Vinau depuis un moment et je me doutais que ça me plairait. L'écriture est très prenante, tantôt poétique, tantôt imprégnée d'argot de la Belle époque, et c'est un bel éloge des marges, de la clandestinité, de la rébellion. Mon préféré dans ce que j'ai lu pour l'instant.

La ville fond, Quentin Leclercq (Ogre)
J'imagine qu'on pourrait dire que c'est un roman kafkaïen mais ça m'a plutôt fait penser à certains romans de Beckett, Molloy entre autres... Ça commence simplement : Bram doit se rendre en ville pour aller à la pharmacie. Il prend le bus car il habite une maison isolée en périphérie... Mais rien ne se passe comme prévu et il se retrouve à errer avec le chauffeur de bus. Moult "rebondissements", entre guillemets car la structure du roman est cyclique, un peu comme si régulièrement les deux faisaient "game over" et que certains éléments se répétaient ensuite, tandis que d'autres changent. Au fur et à mesure que les personnages se rendent compte que la ville est inaccessible (puisqu'elle "fond", sans qu'on sache vraiment si ça correspond à une catastrophe quelconque), on entre dans un univers de plus en plus violent et menaçant.
C'est très curieux mais vraiment très finement mené, sans rien à couper. Je me suis bien pris au jeu.

Imitation de la vie, Antoine Mouton (Bourgois)
J'avais adoré le premier roman d'Antoine Mouton, Le metteur en scène polonais - l'histoire d'un metteur en scène polonais donc, engagé par un grand théâtre parisien pour l'ouverture de la saison et qui tentait d'adapter un roman - pour se rendre compte que le contenu du roman changeait totalement à chaque fois qu'il recommençait à le lire. C'était brillant (lisez-moi ça Mr.Red)
Dans ce deuxième roman, un couple de psychanalystes apprend q'un de leurs patients les consultait tous deux à leur insu. Ce patient a disparu, laissant derrière lui un manuscrit signé Émir Sutter, que la police leur demande de lire. Ça parle de solitude au lycée et du passage à la vie adulte de cet Émir, qui se retrouve co-gérant d'un cinéma expérimental dans une petite ville paumée où se produisent des choses étranges (des gens disparaissent, "happés" par des pièces qui apparaissent soudain dans leurs maisons et où se trouve en quelque sorte l'objet de leurs plus grands désirs).
C'est très étrange là aussi, j'avoue ne pas avoir accroché à tout mais il y a des choses très touchantes sur le regard que l'on porte sur le passé, sur le renoncement aux grandes aspirations, etc. Pour moi c'est décidément un auteur à suivre.

La société des faux visages, Xavier Mauméjean (Alma)
J'avais déjà lu Kafka à Paris de cet auteur, qui remplissait un vide dans la bio de Kafka - un voyage à Paris en 1910 dont on ne sait rien ou presque - de manière assez loufoque. Même principe ici : en 1911, Sigmund Freud et Harry Houdini sont au même moment à New York. Se sont-ils rencontrés ? On ne sait pas, mais Mauméjean imagine que oui.
Plus précisément : les deux sont convoqués par un riche industriel. Son fil a disparu, laissant derrière lui une sorte d'énigme psychanalytique. Il compte sur les théories de Freud et les compétences de Houdini en crochetage de serrures et autres moyens d'effraction/évasion pour régler le problème.  
Ça semble absurde mais c'est très malin, d'abord parce que la machination est bien ficelée, mais aussi parce que les deux hommes ont plus en commun que ce que l'on pense. Entre Freud, qui s'est fait une spécialité d'entrer dans la psyché de ses patients et Houdini qui s'échappe d'espaces pouvant être interprétés de diverses façons par la psychanalyse (comme des représentations de la dite psyché ou de la matrice maternelle) s'engage un dialogue très amusant. Ajoutons à cela une promenade dans le NY du Gotha du début du XXe - et dans les bas-fonds à d'autres occasions - et on a un roman dont les pages tournent toutes seules.

L'homme de miel, Olivier Martinelli (Christophe Lucquin)
Joli journal de maladie qui m'a un peu fait penser au Winter is coming de Pierre Jourde sorti au printemps (même si moins dramatique puisque Jourde parlait de la mort de son fils).
On diagnostique un myélome à Martinelli. En gros : pas trop de chances de s'en tirer.
C'est toujours un peu la même chose ces chroniques hospitalières : la valse des examens, la saveur retrouvée des petites choses quotidiennes, bla-bla-bla... Je n'y suis pas très sensible (de même le Jourde, acclamé partout, ne m'avait pas transcendé) mais, bon, rien à redire, c'est intelligent, drôle parfois, ça touchera certainement pas mal de monde - moi j'ai un cœur de pierre sur ces sujets curieusement.

Protection rapprochée, Fabien Maréchal (Lunatique)
Un couple voit son sous-sol réquisitionné pour accueillir une annexe du commissariat. C'est devenu banal dans le monde qu'ils habitent mais tout de même, ce n'est pas très agréable d'avoir des flics partout dans son jardin à longueur de journée...
Petite satire relativement prévisible mais tout de même assez drôle de l'obsession collective du tout-sécuritaire. L'auteur n'a pas trop à forcer le trait quoi... 60 pages bien menées cependant.

Et j'ai commencé Roi. de Mika Biermann (Anacharsis), un auteur que j'aime bien, qui s'attaque toujours a des genres très codifiés avec un regard en biais plutôt rafraîchissant (j'avais surtout aimé Booming, un western assez déglingué). Là c'est l'histoire du dernier Roi d'une cité étrusque à l'époque de l'expansion de Rome. Décadence, ambiance crépusculaire et gladiateurs... J'adore ! Y a du conciliabule d'antichambre tout droit sorti de Racine, des descriptions luxuriantes qui viennent du Salammbo de Flaubert...
]

Voilà.......Le premier ouvrage me plaît, à lire ce résumé, je vais voir où me le procurer.......

Mille pardons, c'est un peu hors sujet ici, mais je ferai la rubrique RENTRÉE LITTÉRAIRE comme chaque année, promis !! le "Je" du copié-collé ci-dessus, désigne mon estimé collègue, qui est bibliothécaire........
Et enfin, si d'aventure, une âme charitable m'envoie des téléchargements je vous en ferai profiter aussitôt, promis, juré !!!  
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MessageSujet: Re: POUR LES CURIEUX DE LA RENTREE LITTERAIRE 2017   Mar 22 Aoû - 11:59

Il est vrai que certains titres, dont le dernier, ont l'air intéressant. Toutefois, mieux vaut se méfier. Tiens, je t'ouvre ta rubrique tout de suite avec ton post. Ok ?
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Dont l'exil se reflète, éternel et royal,
Aux grands miroirs déserts d'un vieil Escurial,
Ainsi qu'une galère oubliée en la rade."

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Celui qui n'a pas fait tout ce qu'il pouvait faire n'a rien fait.
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La France a perdu une bataille mais elle n'a pas perdu la guerre !
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Et ce qui importait en fin de compte, c'était moins d'être vaincu que d'avoir une âme de vaincu car cela seul est sans remède.
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MessageSujet: Re: POUR LES CURIEUX DE LA RENTREE LITTERAIRE 2017   Mar 22 Aoû - 12:01

Et je l'ai mis en "Annonce Globale." Ca te va ? ...
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MessageSujet: Re: POUR LES CURIEUX DE LA RENTREE LITTERAIRE 2017   Mar 22 Aoû - 14:58

Si ça me va ?? AH LA LA........Chère MDV, si tu n'existais pas il faudrait t' INVENTER...........



ALLEZ, ZOU !! au travail...........
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MessageSujet: Re: POUR LES CURIEUX DE LA RENTREE LITTERAIRE 2017   Mer 23 Aoû - 12:29





RENTRÉE LITTÉRAIRE 2017


581 Romans ( ou assimilés) en cette rentrée, soit 21 de plus que l'an dernier, avec environ une soixantaine de "primo-romanciers"...........

De quoi se noyer, perdre la tête, y passer l'année en lectures fiévreuses, ou bien, comme nous, SÉLECTIONNER.........!!!!!

Très bien......MAIS A QUI SE FIER ???? Télérama ? Libération ? le Figaro ? Les Inrocks ?

Moi, et peut-être vous, je me fie à moi même !!!!

JE NE LIRAI PAS

* Amélie Nothomb ( depuis ce jour déjà lointain ou j'ai achevé en trois quart d'heure, deux de ses oeuvrettes, superficielles, peu inspirées......Bref)
* je ne lirai pas non plus certains écrivains ( chuuutt !!! chacun ses goûts.....)

JE CONSULTERAI LE RÉSUMÉ de certains titres poétiques, par exemple, Un astronome en Bohème, qui me laisse TOUT ESPÉRER.......

ENFIN, JE LIRAI TROIS OU QUATRE ROMANS........, mais pas forcément ceux qui auront du succès........

















A SUIVRE................
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MessageSujet: Re: POUR LES CURIEUX DE LA RENTREE LITTERAIRE 2017   Mer 23 Aoû - 12:39

J'ai un Claudie Gallay dans une pile. "Les vagues" ou quelque chose qui a trait à la mer ... Il faudra que je voie ... En tous cas, merci, chère Elisabeth : grâce à toi, nous avons ainsi, chaque année, une petite avant-première sur la rentrée littéraire. Certes, on y trouve beaucoup d'ouvrages moyens - voire pire - mais parfois, il y a aussi des perles ...
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MessageSujet: Re: POUR LES CURIEUX DE LA RENTREE LITTERAIRE 2017   Mer 23 Aoû - 15:20

Avec plaisir !! là, je suis en quête d'ouvrages, à lire, à critiquer.......je déploie mes radars.......Dame 581 OUVRAGES ....... il va falloir élaguer !!!!
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MessageSujet: Re: POUR LES CURIEUX DE LA RENTREE LITTERAIRE 2017   Jeu 24 Aoû - 9:34

J 2 de la lutte pour dénicher quelques bons romans de cette rentrée littéraire..........

On feuillette les critiques........
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MessageSujet: Re: POUR LES CURIEUX DE LA RENTREE LITTERAIRE 2017   Mer 30 Aoû - 15:32

ALORS........


.........Ayant déployé mes pauvres radars, et lu quelques critiques, voici mon premier choix.......Je n'aurai pas la malhonnêteté de tenter de faire croire que j'ai lu ces titres, non, mais je vais........Grâce à Babélio ( merci à ce très bon site !!) qui m'a permis de me faire quelques idées;
Les textes ci dessous en italique sont donc issus des critiques lues sur ce site !!! encore MERCI Jelisavecplaisir




Aux Etats-Unis, le gouverneur Packer, candidat à la présidentielle, est agressé en public par une femme d'âge mûr, Faye Andresen-Anderson. Les médias s'emparent de son histoire et la surnomment Calamity Packer. Seul Samuel Anderson, professeur d'anglais à l'université de Chicago, passe à côté du fait divers, trop occupé à jouer en ligne. Pourtant, Calamity Packer n'est autre que sa mère !

Mon avis, à priori = la lecture des diverses critiques des lecteurs, indique un ouvrage qui "déchire"......à voir, donc moi qui n'aime ni la complaisance ni l'autosuffisance, mais la fantaisie, et le titre est bien joli.......




Dans une petite ville paisible au cœur des Appalaches, la rivière vient de déposer sur la grève une poignée d’ossements ayant appartenu à une jeune femme. Elle s’appelait Ligeia, et personne n’avait plus entendu parler d’elle depuis des décennies.

Été 1969 : le summer of love. Ligeia débarque de Floride avec l’insouciance et la sensualité de sa jeunesse, avide de plaisirs et de liberté. C’est l’époque des communautés hippies, du Vietnam, de la drogue,...


Mon avis à priori = Intéressante conjugaison de polar et de nostalgie, avec en plus la référence du prénom Ligéia à Edgar Poe........Et là aussi, le titre est bien joli !




Lors de l'hiver 1911, l'asile d'aliénés de Sharston, dans le Yorkshire, accueille une nouvelle pensionnaire : Ella, qui a brisé une vitre de la filature dans laquelle elle travaillait depuis l'enfance. Si elle espère d'abord être rapidement libérée, elle finit par s'habituer à la routine de l'institution. Hommes et femmes travaillent et vivent chacun de leur côté : les hommes cultivent la terre tandis que les femmes accomplissent leurs tâches à l'intérieur.

Mon avis à priori = Intrigant.......Les critiques des lecteurs sont, comme en ce qui concerne le livre précédent, plus mitigées......A feuilleter pour voir......




« Venge-nous de la mine », avait écrit mon père. Ses derniers mots. Et je le lui ai promis, poings levés au ciel après sa disparition brutale. J’allais venger mon frère, mort en ouvrier. Venger mon père, parti en paysan. Venger ma mère, esseulée à jamais. J’allais punir les Houillères, et tous ces salauds qui n’avaient jamais payé pour leurs crimes.

Mon avis à priori = Intrigant, là aussi, à feuilleter, au moins.......



" La Terre était maintenant un point brillant dans les profondeurs des cieux,un foyer réduit à une unité de ponctuation."Jakub est un astrophysicien missionné par la République tchèque pour partir dans l'espace analyser un inquiétant nuage qui recouvre Vénus. À la veille de son départ et alors que des hordes de caméras le suivent partout, Jakub n'a qu'une hâte, se retrouver enfin seul.Cependant, au bout de treize semaines de voyage, il apprend par écran interposé qu... >

Mon avis à priori = le titre est intrigant, mais je crains ( à mon goût) deux choses = un roman "fantastique-scientifique-d'anticipation ou uchronique" registre que je n'aime guère; plus l'éternelle critique politique des pays de l'Est.......




Pour raconter la vie de Robert Desnos, aussi héroïque qu’engagée, Gaëlle Nohant a épousé les pas du poète, écouté les battements de son cœur, suivi les séances de spiritisme. Elle s’est assise aux terrasses des cafés en compagnie d’Éluard, Man Ray, Picasso ou Garcia Lorca et a dansé des nuits entières au Bal nègre aux cotés de Kiki et de Jean-Louis Barrault.
Son investigation littéraire est fabuleuse, subtile et magistrale. Une traversée du xxe siècle, vivant... >


Mon avis à priori= je ne lirai pas, quoique je conseille la lecture......Je m'explique = voici une excellente biographie de Robert Desnos, n'en doutons pas ! et hélas, en ce qui me concerne, j'apprécie cet écrivain, mais l'ai tant étudié en classe que j'en suis un peu saturée.......


A SUIVRE.........
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MessageSujet: Re: POUR LES CURIEUX DE LA RENTREE LITTERAIRE 2017   Jeu 31 Aoû - 12:08

"Par le Vent Pleuré" et "La Salle de Bal" retiennent mon attention. Pour Sorj Chalandon, certains de mes ouvrages me tentent mais je crains que nous n'ayons pas la même idéologie politique ... Enfin, l'essentiel, c'est d'être sincère. En tous cas, merci, Elisabeth ... et merci aussi de continuer.

Dans la "Ligeia" de Poe, il y a une histoire de dents ou je confonds ?
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MessageSujet: Re: POUR LES CURIEUX DE LA RENTREE LITTERAIRE 2017   Mar 5 Sep - 15:48

SUITE DE LA RECHERCHE ( un peu vagabonde.....)

Chercher, fureter c'est bien ! au hasard, pourquoi pas ?
Mais, moi qui adore le XVII et le XVIIIème siècle, hier, je me suis dit, pourquoi ne pas vérifier s'il ne se trouve pas d'oeuvres sur ces deux siècles ?????




La sonate oubliée CHRISTIANA MOREAU

( copié-collé résumé Babélio)

Deux jeunes filles réunies à travers les siècles par une mystérieuse partition. Deux cœurs passionnés de musique et de liberté. Une ville, Venise du temps de Vivaldi et aujourd'hui.

À 17 ans, Lionella, d'origine italienne, ne vit que pour le violoncelle, ce qui la distingue des autres adolescents de Seraing, la ville où elle habite en Belgique. Elle peine toutefois à trouver le morceau qui la démarquerait au prochain grand concours Arpèges. Jusqu'au jour où son meilleur ami lui apporte un coffret en métal, déniché dans une brocante. Lionella y découvre un journal intime, une médaille coupée et ... une partition pour violoncelle qui ressemble étrangement à une sonate de Vivaldi. Elle plonge dans le destin d'Ada, jeune orpheline du XVIIIe siècle, pensionnaire de l'Ospedale della Pietà, à Venise, dans lequel «le prêtre roux», Antonio Vivaldi, enseignait la musique à des âmes dévouées.

Entremêlant les époques avec brio, ce premier roman vibrant nous fait voyager à travers la Sérénissime, rencontrer l'un des plus grands compositeurs de musique baroque, et rend un hommage poignant à ces orphelines musiciennes, virtuoses et très réputées au XVIIIe siècle, mais enfermées pour toujours dans l'anonymat.


Quelques extraits......

" C'est donc parée d'un voile, d'un chapeau à larges bords et de la moretta, petit masque ovale de velours noir troué à l'emplacement des yeux, que je sortis ce mercredi de janvier. Un bouton situé à hauteur des lèvres servait à tenir le masque avec les dents, de telle sorte que la personne qui le portait était dans l'obligation de rester muette. En m'affublant de la sorte, la priora s'assurait que je ne parlerais à personne en chemin.

On me remit un violoncelle si précieux, si cher que j'osais à peine le toucher. [...] Il a bousculé ma vie par sa beauté, son élégance, sa profondeur, sa noblesse majestueuse, la chaleur de ses vibrations. Dès qu'il m'a été confié, j'ai su que plus rien se serait jamais comme avant. J'ai pressenti dès l'instant où je l'ai frôlé les sublimités insoupçonnées de LA musique, la vraie, celle qui ravit le cœur, transporte d'allégresse, enflamme de volupté ou déchire d'émotion. Celle qui berce les peines, soulage la douleur, qui vous brûle de passion ou vous comble d'ivresse.

Seul Kevin concevait sa passion. Il enviait cet engouement, fût-ce pour un instrument. Il adorait l’écouter jouer et pouvait rester assis des heures sans bouger dans un coin de la chambre tandis qu’elle exécutait sa partition. Lionella aimait le savoir là, admirateur silencieux. Kevin demeurait après toutes ces années son seul véritable ami. Familier et commode, bienveillant bien qu’un peu rustique, c’était un bon camarade sur lequel elle pouvait compter.




L'embaumeur, ou l'odieuse confession de Victor Renard ISABELLE DUQUESNOY

"L’Embaumeur ou l’odieuse confession de Victor Renard" , fruit de dix ans de travail d'un auteur reconnu comme une grande spécialiste de Mozart (et qui a également entre temps, écrit quelques romans historiques chez Gallimard Jeunesse) a enchanté notre rédacteur Michel qui, à la manière d'un troubadour du 18ème siècle, l'époque où se situe l'intrigue de ce roman, chante les louanges d'un de ses gros coups de coeur de cette rentrée :Bon sang ! Quel formidable roman historique que voilà : on rend infiniment grâce à Isabelle Duquesnoy de nous plonger ainsi dans les dernières années du siècle des Lumières, avec un tel plaisir d’écrire que l'on ressent pleinement de la première à la dernière page.

La description des rues sombres de Paris, de cette foule grouillante et méphitique, de ces hommes et de ces femmes qui se battent pour survivre, est virtuose et d’une grande richesse : le lecteur ne pourra que se laisser envouter par le plaisir de la belle phrase.

Cette langue riche du XVIIIe siècle nous raconte un monde organique qui palpite, qui suinte, qui exsude, qui saigne, qui pue, mais avec une telle élégance et une telle recherche du mot juste que le lecteur est immédiatement embarqué. Isabelle Duquesnoy connait finement son sujet et s’amuse en nous instruisant.

Certes, nous sommes très loin du roman national et d’une belle lecture historique, propre et galvanisante, mais c’est justement pour cela que «L’embaumeur » est un très bon roman et assurément un de nos premiers coups de coeur de cette rentrée littéraire qui s'annonce fort bien.


Quelques extraits.......

« Je sais que ma condamnation est décidée, le récit des circonstances de mon forfait n’est, à vos oreilles, qu’un divertissement puisque vous en connaissez la fin ; vos gens m’ont surpris en flagrant délit. L’histoire de ma vie, ce sentier qui m’a conduit à commettre ma faute, ne servira qu’à persuader les foules de ma monstruosité. De quoi vous combler, vous divertir, car les affaires comme les miennes se raréfient. »

[.........]

"Candidement, je m'étais cru aguerri ; je me bernais. Enfin, m'exprimer ainsi pourrait vous faire croire qu'il s'agissait de dégoût, mais non ; j'étais surtout affreusement fatigué.La musique amoindrissant notre lassitude, on pria notre violoniste de jouer sans relâche le répertoire d'un grand compositeur de son choix. La musique console de tout et provoque en nous quelque chose de vivant, tout chaud et résolument heureux. J'en avais grandement besoin ; essayez de vous représenter la
figure d'un garçonnet dévoré par les loups, rongée au point que le relief de ses traits a pratiquement disparu, du nez aux oreilles."



Hum, je vais tacher de me les procurer, et je joindrai ces deux lectures à la première Les fantômes du vieux pays de Nathan Hill


A SUIVRE........
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MessageSujet: Re: POUR LES CURIEUX DE LA RENTREE LITTERAIRE 2017   Lun 2 Oct - 10:49

SUITE........

Aidée en cela par la librairie La Procure qui a lu pour moi ( pour vous....)


* La vengeance du pardon
Eric-Emmanuel Schmitt



Ces quatre histoires formidables se lisent avec une gourmandise non dissimulée ! Et pourtant, quelle noirceur. C'est l'âme humaine dans ses profondeurs qui est ici scrutée, passée au scalpel sous la plume affûtée d'Éric-Emmanuel Schmitt. La jalousie, l'envie, le désir de vengeance, l'orgueil, le crime, tout y passe mais avec, toujours, la question lancinante du pardon qui tourne autour de nos vies. Mais arrivons-nous toujours à pardonner, obtenir le pardon ? Est-ce possible ?


* La nuit des béguines
Aline Kiner




En 1310, alors que les querelles religieuses et politiques allument les bûchers, poursuivie par un mystérieux franciscain, une jeune femme en fuite trouve refuge au béguinage royal du Marais. Mais une célèbre béguine est bientôt soupçonnée d'hérésie. Une intrigue captivante portée par des héroïnes attachantes et insoumises, étonnamment modernes, qui donne à voir et à comprendre une époque et une communauté méconnues : vivant et documenté, un roman historique passionnant !


* Un certain M. Piekielny
François-Henri Désérable




Un troisième roman audacieux, bouillonnant d'intelligence, d'esprit et de perspicacité. L'auteur rend un formidable hommage à Romain Gary et La Promesse de l'aube où apparaît, au détour d'un chapitre, la personne de M. Piekielny, son voisin dans la ville de Vilnius où il est né. Un jeune auteur talentueux en roue libre avec une liberté de ton et d'expression qui démontre le plaisir perceptible de l'écriture. Une enquête savoureuse et drôle !


* La partition intérieure
Réginald (1968-....) Gaillard





Un premier roman qui rend superbement hommage à Bernanos avec le récit d'un vieux prêtre sur sa vie passée dans la campagne jurassienne. Arrivé en 1969 de Paris où il rayonne dans les salons, le petit village de Courlaoux lui semble une injuste mise à l'écart. Il va pourtant s'accomplir pleinement en tant que prêtre et approfondir sa foi au contact de ses habitants. Une écriture limpide et poétique au service d'un livre extrêmement émouvant.




voilà pour cette rentrée 2017.........Rendez-vous au fil des mois à venir pour nos commentaires.......
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Elisabeth
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MessageSujet: Re: POUR LES CURIEUX DE LA RENTREE LITTERAIRE 2017   Jeu 5 Oct - 16:08


Le prix Nobel de littérature est attribué à Kazuo Ishiguro






Le prix Nobel de littérature 2017 a été attribué à l'écrivain britannique d'origine japonaise Kazuo Ishiguro. Il succède à Bob Dylan.

Kazuo Ishiguro est né au Japon, à Nagazaki, en 1954. Mais il vit depuis 1960 au Royaume-Uni, où il avait suivi ses parents. Il y est devenu très britannique. Ses vastes romans lui ont valu maints honneurs, dont une décoration dans l'Ordre de l'Empire britannique pour services rendus à la littérature.

Chez lui, tout est d'un classicisme parfait et l'expression des émotions aussi retenue que raffinée. Kazuo Ishiguro a réagi immédiatement : « C'est un honneur magnifique », a-t-il déclaré à la BBC.


" Grande force émotionnelle »

Il est l'auteur de plusieurs romans, salués par la critique et plusieurs fois récompensés, notamment Lumière pâle sur la colline, L'inconsolé, Les Vestiges du jour et Le Géant enfoui.

Kazuo Ishiguro, 62 ans, « a révélé, dans des romans d'une grande force émotionnelle, l'abîme sous l'illusion que nous avons de notre relation au monde », a indiqué la secrétaire perpétuelle de l'Académie suédoise, Sara Danius, lors de l'annonce rituelle sous les ors de la salle de la Bourse à Stockholm.


Les Vestiges du jour a été adapté au cinéma par James Ivory en 1993, avec Anthony Hopkins et Emma Thompson dans les rôles principaux.


Le Nobel de littérature 2016 avait défrayé la chronique et régalé les amateurs de ballades folk. Et la question se posait : qui pour succéder au controversé Bob Dylan ?

Les académiciens suédois étaient très attendus par une partie de la critique qui n'avait pas digéré le sacre de l'Américain, premier musicien primé et lauréat a priori peu accordé aux canons du prix créé par l'inventeur suédois Alfred Nobel.

Tandis que le Nobel échappe édition après édition à des écrivains ou poètes aussi établis que Philip Roth, Margaret Atwood, Claudio Magris, Adonis, Milan Kundera et Haruki Murakami, les immortels suédois avaient stupéfié en faisant entrer le pape de la contre-culture américaine au Parnasse universel des belles lettres.

D'autant que celui-ci, avare d'apparitions publiques, avait mis plusieurs semaines avant de réagir et s'était fait représenter pour les cérémonies de remise du prix le 20 décembre à Stockholm.

Décerné pour la première fois en 1901 (à l'écrivain français Sully Prudhomme), le Nobel de littérature a récompensé, pour l'immense majorité de ses 114 récipiendaires, des romanciers, de sexe masculin (14 femmes seulement), âgés en moyenne de 65 ans.
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MessageSujet: Re: POUR LES CURIEUX DE LA RENTREE LITTERAIRE 2017   Ven 6 Oct - 12:15

Un prix Nobel amplement mérité dont je vous recommande tout particulièrement, car j'ai un faible pour ce livre : "Lumière Pâle Sur Les Collines."
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"Mon Âme est une Infante en robe de parade,
Dont l'exil se reflète, éternel et royal,
Aux grands miroirs déserts d'un vieil Escurial,
Ainsi qu'une galère oubliée en la rade."

Albert Samain

Celui qui n'a pas fait tout ce qu'il pouvait faire n'a rien fait.
Charles Pathé


La France a perdu une bataille mais elle n'a pas perdu la guerre !
Charles de Gaulle


Et ce qui importait en fin de compte, c'était moins d'être vaincu que d'avoir une âme de vaincu car cela seul est sans remède.
Jean Hougron



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MessageSujet: Re: POUR LES CURIEUX DE LA RENTREE LITTERAIRE 2017   Mar 7 Nov - 7:22

PRIXGONCOURT 2017





ERIC VUILLARD L'ordre du jour


[ Résumé et critiques-citations du site Babélio]


L'Allemagne nazie a sa légende. On y voit une armée rapide, moderne, dont le triomphe parait inexorable. Mais si au fondement de ses premiers exploits se découvraient plutôt des marchandages, de vulgaires combinaisons d'intérêts ? Et si les glorieuses images de la Wehrmacht entrant triomphalement en Autriche dissimulaient un immense embouteillage de panzers ? Une simple panne ! Une démonstration magistrale et grinçante des coulisses de l'Anschluss par l'auteur de «Tristesse de la terre» et de «14 juillet».

Critique de ClaireG

« Messieurs, vous venez d'entendre le chancelier Hitler, nous voulons une victoire aux élections du 5 mars pour stabiliser l'économie de l‘Allemagne, éradiquer les communistes et les opposants et supprimer les syndicats pour rétablir le pouvoir du chef d'entreprise. Je vous prie donc de cracher au bassinet ». C'est à peu près en ces termes que le président du parlement Goering s'adresse aux 24 industriels et banquiers convoqués le 20 février 1933. Les millions de Deutsche Marks de la compromission du grand capital au régime nazi assurèrent la fortune de ces familles qui règnent encore aujourd'hui et qui s'appellent Krupp, Siemens, Opel IG Farben, Telefunken, Bayer, BASF… Fortune construite sur le dos des prisonniers des camps de concentration notamment.
Ce petit chef d'oeuvre historique d'Eric Vuillard rempli d'ironie grinçante, relate une suite de rencontres déterminantes entre 1933 et 1938. le rêve d'Hitler est d'unifier les pays de langue allemande en une Grande Allemagne dont il serait le maître absolu. En 1936, il signe l'Accord germano-autrichien qui reconnaît l'intégrité de l'Autriche et la non-ingérence de l'Allemagne. En 1938, soutenu par les nazis autrichiens, civils et membres du gouvernement, il arrache un nouvel accord au chancelier Schuschnigg, remplacé illico par le sinistre Arthur Seyss-Inquart.
La rencontre entre Schuschnigg, qui invoque des règles de droit, et Hitler, qui fulmine devant tant d'audace, vaut son pesant de cacahuètes. « Hitler est hors de lui… A bout de nerfs, à vingt heures quarante-cinq exactement, il donne l'ordre d'envahir l'Autriche… le fait accompli n'est-il pas le plus solide des droits ? On va envahir l'Autriche sans l'autorisation de personne, et on va le faire par amour » (pp. 82-83).
Le 12 mars 1938, alors que les troupes allemandes et les blindés quelque peu récalcitrants de Guderian entrent dans une Autriche accueillante, un dîner mémorable se déroule au 10 Downing Street au cours duquel von Ribbentrop, ambassadeur d'Allemagne en Angleterre, abuse sans vergogne Chamberlain, premier ministre, Churchill et Cadogan, des Affaires étrangères, en racontant ses exploits tennistiques.
A se demander comment ces hommes à hautes responsabilités, Anglais autant que Français, ont fait pour se laisser impressionner et intimider par la stratégie de manipulation du démiurge, Hitler, qui observe les deux grandes puissances s'empêtrer dans leurs problèmes intérieurs. Il prévoit déjà de les faire plier à sa volonté, ce qui conduira aux Accords de Münich de septembre 1938 qui scellent l'annexion des Sudètes à l'Allemagne et le début de la Deuxième Guerre mondiale.
Ce qui fait la richesse passionnante de ce livre est le questionnement constant de l'auteur sur l'attitude de ces hommes politiques : ignorance ou légèreté, aveuglement ou crédulité, expectative ou manque d'anticipation, laxisme ou manque de courage ?
Deux autres moments intéressants : celui de la propagande nazie et les lectures au procès de Nuremberg. Eric Vuillard est également cinéaste et il ne lui a pas échappé que tous les documents liés aux discours d'Hitler et à l'hystérie collective qu'il suscitait, sont des films de matraquage orchestrés par Josef Goebbels. On sait qu'il recrutait à tour de bras des militants nazis dans tout le pays. On sait qu'Hitler répétait sans relâche ses gestes théâtraux devant le miroir. On sait combien il trouvait juste et bon d'être acclamé partout où il passait. Mais on sait aussi qu'une partie des Allemands, après avoir cru à l'espoir de rendre au peuple sa fierté, a vécu la terreur exercée par ce régime salvateur. Alors, les images : mises en scène, montage ou réalité ? Nous ne le saurons jamais.
Lors du procès de Nuremberg, quel ne fut pas l'étonnement de certains inculpés d'entendre des communications téléphoniques de 1938 ou des extraits de leurs écrits sensés passer leurs consciencieux états de service à la postérité. Les juges ont appliqué les mêmes techniques d'information à outrance de Goebbels aux accusés, sans emphase ni applaudissements.
Ce récit est une remarquable approche des éléments fondateurs de la Deuxième Guerre mondiale, certainement basé sur une documentation colossale et pourtant ramassé sur 150 pages. Un exploit de clarté et d'intelligence.
Mon ordre du jour : continuer à lire Eric Vuillard.



Critique de La Croix  




• L’Ordre du jour, d’Éric Vuillard, Actes Sud, 150 p., 16 euros

Ce 20 février 1933 à Berlin, à l’invitation du président du Reichstag Göring, vingt-quatre représentants du monde économique viennent rencontrer Hitler dans les salons parlementaires. Éric Vuillard a choisi de représenter ce moment pivot dans un texte bref et tendu où il interroge en creux le rôle de l’écrivain à représenter et penser le réel passé. Avec 14 Juillet (1), il avait mis en roman la prise de la Bastille, proposant de « raconter ce qui n’est pas écrit » ; ici il campe des scènes fondatrices et la mécanique politique autant que psychologique portée par Hitler, montrant l’enchaînement qui a mené à la dictature nazie.

« Les ombres pénètrent dans le grand vestibule du palais présidentiel de l’Assemblée ; mais bientôt, il n’y aura plus d’Assemblée, il n’y aura plus de président, et, dans quelques années, il n’y aura même plus de Parlement, seulement un amas de décombres fumants. » Ils s’appellent Krupp, von Schnitzler, von Opel, ils dirigent BASF, Bayer, Siemens, Allianz, Telefunken… Ils s’apprêtent à financer le nazisme. Aujourd’hui encore, « notre quotidien est le leur. Ils nous soignent, nous vêtent, nous éclairent (…). Ces noms existent encore. Leurs fortunes sont immenses. »

Éric Vuillard raconte l’histoire d’une mutation double : celle d’industries familiales prêtes à basculer dans une dimension nouvelle et durable, et celle d’un régime au bord de son avènement grâce à elles. Un pacte faustien qui rappellera celui évoqué par Visconti dans Les Damnés.

Entre 1933 et 1939 se succéderont d’autres rencontres stratégiques. Dans le feutré des salons, Éric Vuillard montre l’incongruité de situations, l’aveuglement derrière l’écran des intérêts. Ainsi Kurt Schuschnigg, « le petit dictateur autrichien » qui ne voit pas venir l’Anschluss, dont Éric Vuillard relate de manière saisissante le face-à-face avec Hitler en 1938 au Berghof.

L’écrivain montre aussi un repas très mondain à Downing Street où, le fameux 12 mars 1938, jour de l’entrée des troupes allemandes en Autriche, l’ambassadeur Ribbentrop s’emploie à faire perdre leur temps à Chamberlain et Churchill. Ou encore, faisant zoom arrière, comme on projetterait les actualités d’époque, d’autres scènes de cette décennie particulière, rappelant les errements de dirigeants européens que l’Histoire viendra cruellement corriger.

À l’heure des caméras embarquées, de l’info en continu et du tout-image, Éric Vuillard nous donne à voir et à entendre les épisodes cruciaux d’un passé où le rapport au temps et à la médiatisation, à la sédimentation des faits, était tout autre. « La littérature permet tout, dit-on », souligne Éric Vuillard.

« Je pourrais donc les faire tourner à l’infini dans l’escalier de Penrose, jamais ils ne pourraient plus descendre ni monter, ils feraient toujours en même temps l’un et l’autre. Et en réalité, c’est un peu l’effet que nous font les livres. Le temps des mots, compact ou liquide, impénétrable ou touffu, dense, étiré, granuleux, pétrifie les mouvements, méduse. Nos personnages sont dans le palais pour toujours, comme dans un château ensorcelé (…). Nous sommes à la fois partout dans le temps. »

Aujourd’hui, 4 mai 2017, en France, cette lecture permettra aussi de se remémorer quelle logique indécelée, insidieuse et tissée d’intérêts, a souvent présidé dans l’Histoire à l’installation d’un régime autoritaire. Que les facteurs ayant favorisé le mal se nomment compromission, désinvolture, indifférence ou aveuglement.
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POUR LES CURIEUX DE LA RENTREE LITTERAIRE 2017

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