Nota Bene

Nota Bene

Nota Bene : La Qualité, Non La Quantité - Forum Atypique Pour & Par la Littérature - Le Forum Que Vous N'Oublierez Pas De Sitôt - Histoire & Cinéma Sont Aussi Sur Nos Etagères - Réservé Aux Lecteurs Gourmets & Passionnés - Extrémistes & Trolls S'Abstenir
 
AccueilAccueil  PortailPortail  CalendrierCalendrier  GalerieGalerie  FAQFAQ  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  MembresMembres  GroupesGroupes  Connexion  

 

L'Homme Qui Regardait Passer Les Trains - Georges Simenon (TM 2017)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Auteur Message
Masques de Venise
Souverainiste, Patriote & Fière de l'Être !
Souverainiste, Patriote & Fière de l'Être !
avatar

Féminin
Verseau Rat
Nombre de messages : 58295
Age : 57
Localisation : A la pointe de la Bretagne, au bord de l'Atlantique
Loisirs : Tout ce qui concerne les mots et les livres.
Date d'inscription : 06/05/2005

MessageSujet: L'Homme Qui Regardait Passer Les Trains - Georges Simenon (TM 2017)   Jeu 7 Sep - 12:58



Etoiles Notabénistes : ******

ISBN : 9782258093584


Notre Opinion
Personnages


Citation :
[...] ... Il donna soudain une preuve terrible de son sang-froid en demandant :

- "Au fait, est-ce que l'échéance n'est pas fin décembre ?"

Il paraissait sincèrement navré.

- "Je vous jure que j'ai fait ce que j'ai pu ... Je n'ai pas eu de chance, voilà tout ! ... C'est une spéculation sur les sucres qui flanque tout par terre et j'aime mieux aller recommencer ailleurs que me débattre parmi tous ces idiots solennels ... Je vous demande pardon ... Ce n'est pas pour vous que je parle ... Vous êtes un bon garçon et, si vous aviez été élevé autrement ... A votre santé, mon vieux Popinga ! ..."

Cette fois, il n'avait pas dit : "monsieur Popinga" !

- "Croyez-moi ! Les gens ne valent pas tout le mal qu'on se donne pour qu'ils pensent du bien de vous ... Ils sont bêtes ! ...  Ce sont eux qui exigent que vous preniez des airs vertueux et c'est à qui trichera le plus ...
Je ne voudrais pas vous chagriner, mais je pense soudain à votre fille, que j'ai encore aperçue la semaine dernière ... Eh bien ! entre nous, elle vous ressemble si peu, avec ses cheveux sombres et ses yeux languides, que je me demande si elle est de vous ... Qu'est-ce que cela peut faire, après tout ! ... Ou, du moins, cela n'a pas d'importance si l'on triche soi-même ... Tandis que, si l'on s'obstine à jouer franc-jeu et qu'on est volé ..."

Il ne parlait plus pour son compagnon, mais pour lui, et il conclut :

- "C'est tellement plus sûr de tricher le premier ! ... Qu'est-ce qu'on risque ? ... Ce soir, je vais aller déposer les vêtements de Julieus de Coster le Jeune au bord du canal ... Demain, tout le monde croira que je me suis suicidé plutôt que de supporter le déshonneur et ces imbéciles vont dépenser je ne sais combien de florins à faire draguer le canal ... Pendant ce temps-là, le train de minuit cinq m'aura conduit loin d'ici ... Dites donc ! ..."

Kees tressaillit, comme tiré d'un rêve ...

- "Essayez, si vous n'êtes pas trop soûl, de bien comprendre ce que je vais vous dire ... Avant tout, je veux que vous sachiez que je ne tente pas de vous acheter ... De Coster n'achète personne et, si je vous ai confié tant de choses, c'est que je vous sais incapable d'aller les raconter ... C'est entendu ? Maintenant, je me mets à votre place ... En réalité, vous n'avez plus un sou et, comme je connais les gens de l'Immobilière, à la première échéance impayée, on vous reprendra votre maison ... Votre femme vous en voudra ... Tout le monde croira que vous étiez mon complice ... Vous retrouverez une place ou bien vous n'en retrouverez pas, et vous en serez réduit au même point que votre beau-frère Merkemans ... J'ai mille florins en poche ... Si vous restez ici, je ne peux rien pour vous ... Ce n'est pas avec cinq-cents florins que vous vous tirerez d'affaire ... Mais si, par hasard, d'ici demain, il vous arrivait de comprendre ... Tenez, mon vieux !"

Et, d'un geste inattendu, De Coster poussa vers con compagnon la moitié de la liasse. ... [...]

_________________
"Mon Âme est une Infante en robe de parade,
Dont l'exil se reflète, éternel et royal,
Aux grands miroirs déserts d'un vieil Escurial,
Ainsi qu'une galère oubliée en la rade."

Albert Samain

Celui qui n'a pas fait tout ce qu'il pouvait faire n'a rien fait.
Charles Pathé


La France a perdu une bataille mais elle n'a pas perdu la guerre !
Charles de Gaulle


Et ce qui importait en fin de compte, c'était moins d'être vaincu que d'avoir une âme de vaincu car cela seul est sans remède.
Jean Hougron



https://www.notabeneculturelitteraire.com/
http://blog.bebook.fr/woland/index.php/
[/b]
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://blog.bebook.fr/woland/index.php/
Masques de Venise
Souverainiste, Patriote & Fière de l'Être !
Souverainiste, Patriote & Fière de l'Être !
avatar

Féminin
Verseau Rat
Nombre de messages : 58295
Age : 57
Localisation : A la pointe de la Bretagne, au bord de l'Atlantique
Loisirs : Tout ce qui concerne les mots et les livres.
Date d'inscription : 06/05/2005

MessageSujet: Re: L'Homme Qui Regardait Passer Les Trains - Georges Simenon (TM 2017)   Jeu 7 Sep - 13:32

Citation :
[...] ... Il avait du temps devant lui. Il pouvait chercher ses phrases. Le poêle ronflait comme celui de Groningue et les tables étaient garnies de clients paisibles qui attendaient l'heure d'un train.

Monsieur le rédacteur-en-chef,

Je vous demande tout d'abord d'excuser mon français, mais pendant les dernières années en Hollande, je n'ai pas eu beaucoup la pratique.

Supposez que, dans tous les journaux, des gens qui ne vous connaissent pas , écrivent que vous êtes comme ci et comme ça, alors que ce n'est pas la réalité et que vous êtes autrement ? Je suis sûr que cela vous ferait déplaisir et que vous auriez le désir de dire la vérité.

Votre rédacteur est allé à Groningue et a questionné les gens, mais les gens ne pouvaient pas savoir, ou encore ils ont menti exprès, ou rencore ils ont menti sans le faire exprès.

Je veux rectifier et je commence par le commencement car j'espère que publierez ce document qui, lui, est véridique et montrera comment on peut être victime de ce que disent les autres. D'abord, l'article parle de ma famille. Il en parle d'après ma femme, qui a déclaré à votre reporter :

- "Je ne peux pas comprendre ce qui est arrivé et rien ne le faisait prévoir. Kees était d'une excellente famille ; il a reçu une très bonne éducation supérieure. Quand il m'a épousée, c'était un jeune homme calme et réfléchi qui ne rêvait que de fonder un foyer. Depuis lors et pendant seize ans, il a été un bon époux, un bon père. Il avait une santé magnifique mais je dois dire que, le mois dernier, un soir de verglas, il est tombé sur la tête. Est-ce que ce n'est pas cela qui a provoqué des troubles du cerveau et de l'amnésie ? Certainement, il n'a pas fait ce qu'il a fait en connaissance de cause et il est irresponsable ..."

Kees commanda un second café et faillit demander un cigare, mais il se souvint de sa décision et, avec un soupir, bourra une pipe, relut ces quelques lignes et commença à les réfuter.

- "Voici, monsieur le rédacteur-en-chef, ce que j'ai à dire à ce sujet :

1) Je ne suis pas d'excellente famille.
Mais vous comprendrez que ma femme, dont le père était bourgmestre, tienne à raconter ces choses aux journalistes. Ma mère était sage-femme et mon père, architecte. Seulement, c'était ma mère qui faisait vivre le ménage. Mon père en effet, quand il allait voir des clients, restait à bavarder, à boire avec eux, trop gai et trop liant qu'il était de nature. Après, il oubliait de faire un prix, ou bien il oubliait un détail des travaux à entreprendre, si bien qu'il avait toujours des ennuis.

Il ne se décourageait pas pour cela, il soupirait :

- "Je suis trop bon !"

Mais ma mère ne l'entendait pas ainsi et je n'ai pas connu un jour sans qu'il y eût des scènes de ménage à la maison ; elles étaient particulièrement violentes quand mon père avait bu plus que de coutume et ma mère nous criait, à ma sœur et à moi :

- "Regardez cet homme et essayez de ne jamais lui ressembler ! Il me mettra au tombeau !"
... [...]

_________________
"Mon Âme est une Infante en robe de parade,
Dont l'exil se reflète, éternel et royal,
Aux grands miroirs déserts d'un vieil Escurial,
Ainsi qu'une galère oubliée en la rade."

Albert Samain

Celui qui n'a pas fait tout ce qu'il pouvait faire n'a rien fait.
Charles Pathé


La France a perdu une bataille mais elle n'a pas perdu la guerre !
Charles de Gaulle


Et ce qui importait en fin de compte, c'était moins d'être vaincu que d'avoir une âme de vaincu car cela seul est sans remède.
Jean Hougron



https://www.notabeneculturelitteraire.com/
http://blog.bebook.fr/woland/index.php/
[/b]
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://blog.bebook.fr/woland/index.php/

L'Homme Qui Regardait Passer Les Trains - Georges Simenon (TM 2017)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum: Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Nota Bene :: AUTOUR DES LIVRES & DE LA LITTERATURE :: Incitation A La Lecture & Morceaux Choisis -