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Prélude - Katherine Mansfield

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Masques de Venise
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MessageSujet: Prélude - Katherine Mansfield   Mer 4 Oct - 12:46



Prelude
Première publication : Hogarth Press - Juillet 1918
Traduction : J.G. Delamain pour Stock


ISBN : non utilisé à l'époque de parution de cette nouvelle

Cf. aussi Katherine Mansfield dans "Littérature anglo-saxone & anglophone"

Notre Opinion

Personnages


Citation :
[...] ... Il n'y avait pas un pouce de place pour Lottie et Kézia dans la voiture. Quand Pat les posa au sommet du tas de bagages, elles oscillèrent. La grand'mère en avait plein les genoux et Linda Burnell n'aurait jamais pu tenir sur les siens un de ses morceaux d'enfants, même pour un bout de chemin. Isabel, très supérieure, perchée à côté du nouveau domestique sur le siège du cocher. Fourre-tout, valises et caisses s'empilaient au fond. "Ce sont des choses absolument nécessaires que je ne veux pas perdre de vue un seul instant," dit Linda Burnell, la voix tremblante d'excitation et de fatigue.

Lottie et Kézia se tenaient sur le gazon, juste à l'intérieur de la grille, prêtes pour l'événement, dans leurs paletots aux boutons frappés d'une ancre, sous leurs petits bérets enrubannés d'un nom de cuirassé. La main dans la main, les yeux ronds et graves, elles regardaient fixement d'abord "ces choses absolument nécessaires", puis leur mère.

"Nous n'avons qu'à les laisser, tout simplement ; nous n'avons qu'à les abandonner," dit Linda Burnell. Un étrange petit rire s'échappa de ses lèvres ; elle s'appuya en arrière, contre les coussins de cuir capitonnés et ferma les yeux. Le rire faisait trembler sa bouche. Heureusement, Mrs Samuel Josephs, qui avait suivi la scène derrière le store de son salon, arrivait en se dandinant le long du sentier du jardin.

- "Bourguoi ne pas laisser les enfants, Mrs Burnell ? Ils bourraient aller sur la voiture du gamionneur quand elle bassera ce soir ! Ces choses qui sont dans le chemin doivent bien bartir, n'est-ce bas ?

- Oui, tout ce qui est dehors est censé s'en aller," dit Linda Burnell en agitant une main blanche vers les tables et les chaises posées la tête en bas sur le gazon derrière la maison. Comme elles avaient un air absurde ! Ou bien elles auraient dû être dans l'autre sens, ou bien il aurait fallu que Lottie et Kézia se tinssent elles aussi la tête en bas. - Linda avait envie de dire : "Mettez-vous la tête en bas, les enfants, et attendez le camion !" Cela lui semblait si délicieusement drôle qu'elle ne pouvait pas écouter Mrs Samuel Josephs. ... [...]

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"Mon Âme est une Infante en robe de parade,
Dont l'exil se reflète, éternel et royal,
Aux grands miroirs déserts d'un vieil Escurial,
Ainsi qu'une galère oubliée en la rade."

Albert Samain

Celui qui n'a pas fait tout ce qu'il pouvait faire n'a rien fait.
Charles Pathé


La France a perdu une bataille mais elle n'a pas perdu la guerre !
Charles de Gaulle


Et ce qui importait en fin de compte, c'était moins d'être vaincu que d'avoir une âme de vaincu car cela seul est sans remède.
Jean Hougron



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Dernière édition par Masques de Venise le Mer 4 Oct - 13:11, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Prélude - Katherine Mansfield   Mer 4 Oct - 13:05

Citation :
[...] ... - "Hou !" s'écriait Kézia, les bras étendus. La grand'mère sortit de l'entrée obscure, tenant une petite lampe. Elle souriait.

- "Vous avez trouvé votre chemin dans la nuit ?" dit-elle.

- "Tout-à-fait bien."

Lottie titubait sur la marche comme un oiseau tombé du nid. Si elle restait un instant immobile, elle s'endormait ; si elle s'appuyait contre quelque chose, ses yeux se fermaient. Elle ne pouvait pas faire un pas de plus.

- "Kézia,"
dit la grand'mère, "est-ce que je peux te confier la lampe ?

- Oui, ma grand'mère."

La vieille dame se pencha et remit entre ses mains la chose brillante et vivante puis, prenant Lottie ivre : "C'est par ici."

Elles allaient à travers une entrée carrée, encombrée de paquets et de centaines de perroquets (mais les perroquets n'étaient pas sur la tapisserie) le long d'un étroit corridor où les perroquets persistaient à dépasser au vol Kézia et sa lampe.

- "Soyez très sages," recommanda la grand'mère. Elle déposa Lottie et ouvrit la porte de la salle-à-manger.

- "Pauvre petite maman a une telle migraine !"

Linda Burnell, dans sa chaise longue de rotin, ses pieds sur un coussin et un plaid sur les genoux, était étendue devant un feu crépitant. Burnell et Béryl, assis à la table du milieu, mangeaient un plat de côtelettes grillées et buvaient le thé d'une théière en porcelaine brune. Appuyée derrière le dossier de la chaise de sa mère, Isabelle, un peigne entre les doigts, relevait, gentiment absorbée, les mèches du front maternel. En-dehors de la flaque de lumière produite par la lampe et le feu, la pièce s'étendait nue et sombre vers les fenêtres creuses.

- "Est-ce que ce sont les enfants ?" mais cela n'intéressait pas vraiment Linda. Elle n'ouvrit même pas les yeux pour les voir. ... [...]

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