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Flaubert (France XIXème) Trois Contes "Un coeur simple"

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Elisabeth
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MessageSujet: Flaubert (France XIXème) Trois Contes "Un coeur simple"   Lun 30 Oct - 15:13



FLAUBERT Trois contes    " Un coeur simple"  

Gustave Flaubert est un écrivain français né à Rouen le 12 décembre 1821 et mort à Croisset, lieu-dit de la commune de Canteleu, le 8 mai 1880.

Prosateur de premier plan de la seconde moitié du xixe siècle, Gustave Flaubert a marqué la littérature universelle par la profondeur de ses analyses psychologiques, son souci de réalisme, son regard lucide sur les comportements des individus et de la société, et par la force de son style dans de grands romans comme Madame Bovary (1857), Salammbô (1862), L'Éducation sentimentale (1869), ou le recueil de nouvelles Trois contes (1877).




La biographie de Gustave Flaubert étant déjà présente sur ce forum, je précise les circonstances d'écriture du recueil TROIS CONTES

Durant l'hiver 1870-1871, les Prussiens occupant une partie de la France dont la Normandie et Croisset, Flaubert se réfugie avec sa mère chez sa nièce, Caroline, à Rouen ; sa mère meurt le 6 avril 1872. À cette époque, il connaît des difficultés financières liées à la faillite de son neveu par alliance : il vend ses fermes et quitte par économie son appartement parisien alors que sa santé devient délicate. Il achève et publie toutefois le 1er avril 1874 la troisième version de La Tentation de saint Antoine, juste après l'échec de sa pièce de théâtre Le Candidat en mars 1874. Sa production littéraire continue avec les Trois contes, volume qui comporte trois nouvelles : Un cœur simple, centré sur la figure de Félicité inspirée par Julie, nourrice puis domestique qui servira la famille Flaubert, puis Gustave seul jusqu'à la mort de ce dernier, La Légende de saint Julien l'Hospitalier, conte hagiographique des temps médiévaux écrit en cinq mois en 1875, et Hérodias autour de la figure de saint Jean Baptiste, écrit dans l'hiver 1875-1876. La publication du volume le 24 avril 1877 est bien accueillie par la critique.


Circonstances donc très douloureuses pour l'écrivain qui avait prévu le désastre de la guerre de 1870, qui voit mourir un grand nombre de proches et de familiers, et se débat dans la faillite du mari de sa nièce Caroline entraînant sa propre ruine et la vente de Croisset cette maison à laquelle il était si attaché;
L'oeuvre s'en ressent = le ton est volontairement amorti, la douleur présente en filigrane et deux des trois nouvelles sont une "évasion" de l'écriture hors l'esthétique du réalisme;


"Un coeur simple"


[ résumé source WIKI

Après une enfance miséreuse où elle fut placée comme simple fille de ferme dans la campagne normande à la suite de la mort de ses parents, Félicité fait la rencontre au bal d'un jeune homme qui lui plaît et la demande en mariage. Le moment dit, l'amoureux n'est pas au rendez-vous, et elle apprend que celui-ci s'est marié avec une riche vieille fille afin de payer un « homme » pour assurer sa conscription à sa place. Trahie, Félicité quitte la ferme et part pour Pont-l'Évêque à la recherche d'une place de bonne. Ses gages étant très bas, elle est employée par Mme Aubain, une jeune veuve mère de deux enfants, Paul et Virginie, qui vit de ses rentes (les noms des personnages renvoient aux protagonistes du roman de Bernardin de Saint-Pierre paru en 1789). Félicité s'occupe de ses tâches avec efficacité et parcimonie, et se prend d'affection pour les petits, qu'elle choie de tout son cœur.

Paul, pour son éducation, doit partir au collège de Caen, et Virginie commence son catéchisme accompagnée par Félicité, qui apprend ainsi les rudiments de la religion catholique, qui la fascine mais qu'elle interprète toutefois à sa manière. Virginie à son tour doit partir chez les sœurs pour faire son éducation, laissant sa mère seule. Félicité, privée des deux enfants, trouve désormais une chaleur affective avec son neveu Victor, qui lui rend visite de temps à autre. Les années passent ainsi, et en 1819 Victor s'engage comme marin au long cours. Félicité peinée de ce départ court seule à pied au Havre pour les adieux. Un jour elle reçoit la triste nouvelle de la mort de son neveu à Cuba des suites de la fièvre jaune et sombre dans la tristesse. Quelques mois plus tard c'est Mme Aubain qui reçoit de mauvaises nouvelles sur la santé de Virginie, dont la faible constitution semble mal s'accommoder de problèmes pulmonaires. Les médecins recommandent un éloignement en Provence pour profiter du climat, mais Mme Aubain décline la proposition alors que sa fille paraît se remettre. Cependant la rémission est de courte durée, et Virginie est emportée par une fluxion de poitrine. Félicité veille deux jours et deux nuits la petite défunte : sa mère sombre dans le désespoir. Les années passent, au rythme des menus travaux de la maison et des événements de la première moitié du xixe siècle.

En 1828, le nouveau sous-préfet nommé à Pont-l'Évêque rend visite à Mme Aubain. Ils viennent à se fréquenter et nouent une amitié bourgeoise de province. Le préfet, qui a vécu dans les îles, possède un domestique noir et un perroquet qui fascine Félicité car il vient des Amériques et lui évoque ainsi le souvenir de son neveu Victor. Le préfet se voit muté à une nouvelle affectation et laisse en guise d'adieu le perroquet à Mme Aubain, qui n'en a que faire et le donne à sa bonne. Félicité le nomme Loulou, s'occupe affectueusement de lui, et transfère toute son affection sur cet étrange compagnon. Un jour que le perroquet profite de sa liberté pour s'échapper, Félicité part à sa recherche, finit par le retrouver, mais attrape une otite, qui dégénère et la rend pratiquement sourde. Elle se renferme de plus en plus dans son monde intérieur, entendant seulement le bruit de son oiseau. Durant l'hiver 1837, Loulou meurt de congestion et sur les conseils de sa maîtresse, Félicité le fait empailler. Elle le place dans sa modeste chambre parmi les simples objets hétéroclites et souvenirs de son humble vie. La vie de Félicité n'est plus rythmée que par les repas de sa patronne et les messes à l'église ; émerveillée par les vitraux du Saint Esprit, elle ne peut s'empêcher de faire l'association avec son animal empaillé ; elle finit par mettre dans sa chambre à côté d'une image d'Épinal du baptême du Christ croyant que « le Père, pour s'énoncer, n'avait pu choisir une colombe [...] mais plutôt un des ancêtres de Loulou ».

En 1853, Mme Aubain meurt à son tour et la maison est mise en vente, précipitant d'un seul coup toute la vie de Félicité dans l'abîme. La propriété ne trouvant pas d'acquéreur, elle peut y demeurer ; craignant tout revirement des héritiers, elle ne réclame rien pour la maintenir en état. Le toit se dégrade et Félicité, dont la chambre prend l'eau, attrape une pneumonie. Enfin, à l'occasion de la Fête-Dieu, vieille et malade, après un dernier baiser d'adieu au perroquet délabré, elle l'offre au curé, pour qu'il soit déposé sur l'autel dressé à proximité de la maison. La procession passe, s'arrête au reposoir où trône Loulou, et un dernier nuage d'encens parvient, sur son lit de mort, à Félicité, qui voit un perroquet immense l'emporter au ciel.



Critique

Ce qui marque dans cette nouvelle et qui touche, c'est simultanément deux plans en contrepoint =
* une narration réaliste dépouillée # une ironie tragique qui sourd du silence
* une poésie du quotidien et de la naïveté # une cruauté de l'intelligence

La servante, silencieuse, dévouée, traverse le récit de façon silencieuse et c'est ce silence qui s'oppose au "bruit" du quotidien, du réalisme cruel, des affaires d'argent;
Elle demeure immuable et illumine à sa façon le monde ignoble qui la tient en esclavage économique et affectif; or, la force spirituelle qui est la sienne, transcende la narration, jusqu'à la "chute finale" où le perroquet, oiseau grotesque, caricatural est transcendé en ange céleste;
L'Ironie ici est maîtresse du "jeu de l'écriture" jusqu'à la fin, puisque deux opposés se rejoignent dans un éclat de rire tragique et silencieux = l'oiseau ( à valeur négative et méprisante) est transmuté en symbole d'angélisme et de foi pure;
Flaubert ricane, désespéré devant la laideur de la vie, mais s'incline devant la beauté du "coeur simple" qui a persévéré dans ses affections,ses devoirs et qui dans sa dignité silencieuse illumine le quotidien jusque dans la mort;


envie de lire ??



https://fr.wikisource.org/wiki/Un_C%C5%93ur_simple
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