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Histoire Romaine - Livre I - Tite-Live

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MessageSujet: Histoire Romaine - Livre I - Tite-Live   Mer 8 Nov - 13:18



Etoiles notabénistes : ******

Ad Urbe Condita Libri
Traduction, Présentation, notes et chronologies : Annette Flobert


ISBN : 9782080708403

Extraits


Outre quelques traités de philosophie qui ne nous sont pas parvenus, Tite-Live est surtout connu pour une œuvre historique qu'il voulut dès l'abord monumentale puisqu'elle devait compter 150 livres, sur lesquels la vie ne lui laissa le temps de rédiger que 142. Sur ce chiffre impressionnant, le Hasard et, là encore, le Temps, ne nous en ont conservé que trente-cinq, généralement répartis en trilogie comme c'est le cas chez Garnier-Flammarion. "Mais pourquoi autant de livres ?" vous demanderez-vous sûrement. Eh bien ! parce que, né à Padoue en 64 (ou 59) avant Jésus-Christ, Tite-Live n'ambitionnait rien moins que d'y raconter l'histoire de Rome et de son Empire depuis la fondation de la Ville, d'où le titre original de l'ouvrage : "Ad Urbe Condita Libri." Mais il tenait à le faire en historien proche des faits et non pas en homme de son temps, plus proche des légendes qui entouraient déjà la fondation de Rome. A voir ce qu'il nous reste de cette œuvre magistrale, on constate qu'il y a magnifiquement réussi.

Bien qu'il fût, par nature, partisan avéré du retour à la République, Tite-Live était aussi un ami proche d'Octave-Auguste et cela lui valut le poste de précepteur du futur empereur Claude, dont les travaux d'historien étaient appelés, eux aussi, à connaître une certaine célébrité. C'est dire également que Tite-Live, même s'il n'était pas né dans le sérail, en avait une vision des plus justes - et des plus aiguës. L'intégralité de son "Histoire Romaine" est d'ailleurs placée sous ce signe et, à tant de siècles de distance, c'est, disons-le, bien agréable, pour nous qui sommes non seulement des lecteurs modernes mais aussi des lecteurs qui assistent, fous de colère et d'indignation pour la plupart, et ébahis pour les ignares (voire complètement indifférents pour les abrutis de jeux télévisés dégénérés et empubés de tout et n'importe quoi) à une volonté gouvernementale de falsification de l'Histoire non seulement à l'échelle de notre pays mais, ce qui est pire, à l'échelle mondiale.

Cette rubrique de "L'Histoire en Héritage", vous vous en doutez, constitue, à notre modeste échelle, une sorte de réplique à cette volonté de formatage et de travestissement de l'Histoire. Malheureusement en effet, beaucoup de ceux qui viennent nous lire n'ont pas eu la chance de bénéficier de l'instruction que nous ont dispensée des instituteurs et des professeurs aujourd'hui disparus et auxquels ce forum-bibliothèque est d'ailleurs dédié depuis sa naissance, le 6 mai 2005. Nous espérons, avec cette rubrique, démontrer à ceux qui n'ont pu partager la chance qui fut la nôtre (et quel que soit leur âge) que notre héritage culturel est principalement gréco-romain (et indo-européen), avec toutes les conséquences, politiques et religieuses, que cela implique, et leur prouver que cette Histoire, qui leur apparaît certainement bien lointaine dans le Temps et qu'ils s'imaginent volontiers ennuyeuse, ne l'est en rien et qu'elle vit encore et pour toujours.

Avec Tite-Live, dans une traduction qui retranscrit à merveille la volonté de cet auteur d'aller à l'essentiel et de rapporter, soulignons-le encore, les faits (dans la mesure où lui-même en était sûr à l'époque) et non les superstitions et les légendes, si belles qu'elles puissent être, c'est bien ce résultat que nous comptons atteindre, même si seuls quelques uns d'entre vous se donneront le temps et la volonté de nous suivre. Et, pour ne décourager personne, nous avons décidé, un peu arbitrairement peut-être mais tant pis, de tenter de vous faire aborder l'œuvre-maîtresse de Tite-Live - comme d'ailleurs les autres ouvrages que nous seront appelés à présenter ici - non pas en confectionnant une fiche globale sur un volume de la trilogie mais en nous attardant sur chacun des Livres que le précepteur de Claude nous a légués par delà les années.

Le Livre Premier de cette "Histoire Romaine", qui débute avec les ancêtres de Rome pour s'achever sur l'effondrement de la Monarchie et l'établissement de la République, couvre déjà une belle période. Ceci se passait en 509 avant Jésus-Christ et se serait sans doute produit tôt ou tard car certains, dont Lucius Junius Tarquin, neveu du monarque alors au pouvoir, Sextus Tarquin, dit Tarquin le Superbe, qui gouvernait en tyran mais ne fut pas pour autant un mauvais chef de guerre, loin de là, attendaient leur heure. Lucius Tarquin avait, il faut l'admettre, de bonnes raisons pour souhaiter l'abaissement et l'assassinat de son oncle. Celui-ci l'avait honteusement dépouillé de ses droits au trône, spolié de ses biens et ne le tolérait dans l'entourage royal que pour mieux l'humilier. Le jeune homme avait même dû renoncer au nom de ses ancêtres étrusques et accepter celui de Brutus. C'était pourtant un caractère très fin mais aussi très fort, et qui savait faire profil bas tout en échafaudant des plans qui avaient de bonnes raisons de réussir pourvu que l'occasion se présentât ...

Et cette occasion s'offrit en effet lorsque Tarquin le Superbe, ébloui par la beauté de Lucrèce, l'épouse de l'un de ses neveux, Tarquin Collatin - avec lequel Lucius Junius Brutus s'entendait d'ailleurs fort bien - se fit recevoir chez lui en son absence et, la nuit venue, s'arrangea pour violer la jeune femme en la menaçant d'un odieux chantage. La pauvre Lucrèce, lorsqu'elle reprit ses esprits, envoya illico des messagers à son père et à son mari, leur recommandant d'amener chacun avec eux un ami sûr (dans le cas de Tarquin Collatin, ce fut Brutus), et de revenir au plus vite l'assister. Elle leur raconta tout puis, en dépit de tous leurs efforts car, compte tenu des circonstances, ils ne la considéraient point comme coupable de quoi que ce fût, elle se donna la mort sous leurs yeux. Lucius Junius Tarquin, bien qu'ému par le triste destin de sa cousine, n'en vit pas moins là l'occasion qu'il espérait depuis si longtemps. Il fit porter le corps de la malheureuse sur le forum où le peuple accourut. Et là, montrant la lame ensanglantée dont Lucrèce s'était percé le cœur, il appela à la révolte contre le tyran. Par la suite, de conserve avec Tarquin Collatin, il devint l'un des premiers consuls de la République romaine.

Mais il faut lire Tite-Live pour ressentir le frisson, le malaise et l'excitation que vous communiquent le passage où, par un chantage odieux, Tarquin le Superbe contraint la malheureuse Lucrèce à lui obéir, puis les tristes aveux de la jeune femme et sa fière déclaration sur son honneur perdu, la scène, si rapide, dans laquelle elle met fin à ses jours et enfin la tirade grandiose par laquelle Brutus - un Brutus dont, jusque là, ceux qui l'approchaient n'avaient jamais soupçonné la révolte qui lui permettait de survivre à la honte - prend les dieux à témoin du crime ignoble accompli par le Superbe, et pour vous retrouver ainsi en tête-à-tête avec l'Histoire. Nous ne sommes plus en 509 avant Jésus-Christ : tout cela se passe maintenant, sous nos yeux.

Et nous voulons connaître ce qui va suivre, tout comme, désormais, nous connaissons le passé de Rome. Ce passé que Tite-Live nous a fait découvrir, avec la même passion : Enée, rescapé de la Guerre de Troie (et accessoirement fils d'Aphrodite) avec son vieux père Anchise, personnages en principe de légende mais que l'historien nous rend cependant bien réels, en quête tous deux d'un bout de terre où s'installer. Sur cette terre, Enée fondera Lavinium avant que son fils aîné, Ascagne, ne trace à son tour les plans d'Albe-la-Longue et ne rassemble autour de lui une population qui deviendra celle des Albains. Puis, après une longue suite de monarques, surviendra la spoliation de Numitor par Amulius, frère indigne qui, de surcroît, dans son arrogance à prévenir le Destin, ira jusqu'à éradiquer toute la descendance masculine de Numitor. Quant à sa nièce, Rhéa Silvia, il la contraindra à se faire vestale, la condamnant ainsi à la virginité. Ce qui n'empêchera pas la jeune femme car, déjà, l'homme propose mais les dieux disposent, de donner naissance à deux jumeaux, Romulus et Remus, dont elle affirmera toujours que leur père n'était autre que Mars, seigneur de la Guerre. Bien qu'exposés en pleine forêt, là où rôdent les animaux féroces mais aussi les innocents bergers, les jumeaux seront recueillis. Par une louve ou par Faustulus le berger, qu'importe puisque, de l'un comme de l'autre, par le combat mortel qui les opposera, en dignes neveux de leur oncle Amulius, si assoiffé lui-même de pouvoir qu'il en perdit la tête, naîtront à la fois Rome - et un pan gigantesque de notre Histoire et de notre Culture, à nous, Européens et en particulier à ceux qui, parmi nous, parlent une langue dite "romane" - et tel est bien notre cas, à nous, Français !

Vous avez honte de ne plus vous rappeler - ou de ne pas savoir, tout simplement - qui étaient les Horaces et les Curiaces chantés par Corneille ? Après avoir terminé ce premier Livre de l'"Histoire Romaine", cette ignorance ne sera plus qu'un mauvais souvenir. Idem pour l'enlèvement des Sabines qui, contrairement à ce que l'on croit trop souvent, ne mit pas un terme définitif à l'affrontement entre Sabins et Romains. Idem encore pour cette première lignée de rois d'origine étrusque dont Tarquin le Superbe fut le dernier représentant - pour un temps.

Et tout cela, répétons-le jusqu'à ce que vous en lassiez, dans un style simple, net, précis, qui appelle un chat un chat - un style d'historien moderne et respectueux du sujet qu'il traite, c'est-à-dire qui se force à une impartialité maximale même si, bien sûr, il ne peut s'empêcher, çà et là, de montrer son admiration pour les uns et son mépris pour les autres.

Tite-Live, un auteur illisible ? Vous fréquentez trop les technocrates du Mammouth, croyez-moi. D'ailleurs, faites-les taire, ces idiots, ces ignares, ces snobs pontifiants qui eussent encensé un Néron si cela leur eût rapporté quelque chose. Et adressez-vous directement à Tite-Live, un historien, un vrai., c'est-à-dire que ne préoccupe que la transcription de la Vérité historique, si complexe et même si paradoxale qu'elle puisse être. A le lire, vous réaliserez que, malgré les siècles écoulés, il n'est pas mort et que c'est bien sa voix, ferme et posée, que vous entendez dans le bruissement discret des pages ... Mais nous nous retirons sur la pointe des pieds et vous laissons à votre lecture. Que Minerve, déesse de la Sagesse, vous la rende profitable ! ...

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"Mon Âme est une Infante en robe de parade,
Dont l'exil se reflète, éternel et royal,
Aux grands miroirs déserts d'un vieil Escurial,
Ainsi qu'une galère oubliée en la rade."  - 
Albert Samain

La France a perdu une bataille mais elle n'a pas perdu la guerre !
Charles de Gaulle


Et ce qui importait en fin de compte, c'était moins d'être vaincu que d'avoir une âme de vaincu car cela seul est sans remède.

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