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John Grisham (USA)

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Aristarq
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John Grisham (USA) Vide
MessageSujet: John Grisham (USA)   John Grisham (USA) Icon_minitimeMer 20 Juil - 23:12

Faut-il caser John Grisham dans la série polars ou dans celle des bons auteurs made in USA. La qualité de son oeuvre qui ne se dément pas au fil de se production me fait pencher pour la deuxième solution.En compagnie des meilleurs
Le Dernier Juré roman de John Grisham éditions Robert Laffont 2005

Inutile de présenter l'auteur, américain, qui chaque année ou presque, depuis 1992, nous régale d'un nouveau best-seller.
Avec ce nouveau titre, notre romancier nous entraîne dans le Mississippi, en 1970. Malgré les lois fédérales, le racisme y est encore latent, les noirs y sont tolérés dans la "ville basse" et si la fontaine publique ne leur est plus interdite, c'est parce que l'eau courante est dans tous les foyers. Les blancs y ont toujours le culte des armes, les shérifs vendus aux plus offrants, la justice vénale, et les représentants politiques à l'écoute de leurs seuls "commanditaires".
Clanton, petite ville du comté de Ford, n'échappe pas à la règle. Et lorsque une jolie veuve, mère de deux enfants en bas âge, y est sauvagement violée puis assassinée par Danny Padgitt, le rejeton d'une famille mafieuse de la région, tous les rouages se mettent en branle pour le tirer d'affaire.
Il faudra la volonté farouche du jeune Willie Traynor qui à vingt-trois ans vient de se porter acquéreur du Ford County Times, le journal de Clanton paraissant tous les mercredis, pour faire condamner le coupable. Mais...."avant de quitter la salle d'audience, l'assassin jure publiquement de tuer un à un tous les jurés qui l'ont condamné à la prison à perpétuité."
Un serment qui, neuf ans plus tard, lorsque Danny Padgitt sera libéré sur parole (l’argent, même dit sale, étant la clef qui ouvre toutes les portes), permettra à l’auteur de ranimer l’action et le suspense , qui deviendra alors intolérable.
Entre temps, nous aurons le temps de nous documenter, de fort agréable façon, sur l’évolution du journal :
« Sur les trente-six pages que comptait chaque numéro, cinq étaient consacrées aux petites annonces, trois aux annonces légales et l’équivalent d’une douzaine de pages à la publicité…Au moins une page à l’intégralité des nécrologies—blancs et noirs réunis—le reste étant réservé aux nouvelles locales.. »
Sur l’importance de la religion : « Dans le comté de Ford, il y avait quatre-vingt-huit églises—même en l’absence des catholiques, des épiscopaliens et des mormon---mais ce total était fluctuant ; des congrégations se divisaient, apparaissaient et disparaissaient sans cesse (…) Comment des protestants proclamant leur croyance pouvaient-ils être divisés de la sorte ?
Ils s’accordaient sur les articles de la foi suivants : 1 Jésus était le fils unique de Dieu 2 Il était né d’une mère vierge. 3 Il avait vécu une vie parfaite. 4 Il avait été persécuté par les juifs, arrêté et crucifié par les Romains. 5 Il était ressuscité le troisième jour et s’était élevé dans le ciel quarante jours plus tard. 6 Certains croyaient qu’i fallait recevoir le baptême pour suivre Jésus et gagner sa place au ciel…..La doctrine était simple, mais comme toujours, le diable se trouvait dans les détails »
Sur certains aspects des us et coutumes : « A cette réception, ils sont arrivés avec un bleu de travail tout neuf. Ils avaient soixante-dix ans, vivaient ensemble, ne s’étaient jamais mariés et portaient tous les jours de leur vie des combinaisons identiques. C’étaient les quincailliers de la petite ville de Clanton !…. »
Mais le personnage le plus attachant du roman est sans conteste Calia, pardon, Miss Calia!.. : "Mariée depuis plus de quarante ans à Esau Ruffin, ils avaient élevé huit enfants ; sept d’entre eux, titulaires d’un doctorat, étaient devenus professeurs d’université. On ne savait pas grand-chose sur le huitième, prénommé Sam, qui avait eu des démêlés avec la justice et avait quitté le pays »
Miss Calia élevée dans une famille italienne qui lui avait fait donner une solide instruction, vivait « de l’autre côté de la voie ferée », dans le quartier noir. Elle avait été la première à se faire inscrire sur les listes électorales et a envoyer son dernier fils dans un lycée devenu mixte par la volonté des lois fédérales. La première jurée noire dans le procès Padgitt.
Découvrir les détails de la vie de ce personnage par la plume de Grisham est un vrai régal qu’il serait malséant de dévoiler. Sans oublier les qualités d’un triller rondement mené.
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John Grisham (USA)

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