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Rocambole - Tome Premier : L'Héritage Mystérieux - Alexis, vicomte Ponson du Terrail - Chapitre X

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Masques de Venise
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MessageSujet: Rocambole - Tome Premier : L'Héritage Mystérieux - Alexis, vicomte Ponson du Terrail - Chapitre X   Lun 4 Déc - 11:56

X

Le Serrurier



Tandis que Léon Rolland, sa mère et les deux jeunes filles descendaient du modeste fiacre à la barrière de Belleville et gravissaient à pied la montée de la rue de Paris pour gagner le restaurant des Vendanges de Bourgogne, trois hommes postés derrière le bâtiment de l'octroi, à une certaine distance, les considéraient avec attention.

L'un d'eux, vêtu d'une blouse bleue et sa casquette enfoncée jusqu'aux yeux, comme s'il eût voulu cacher soigneusement son visage, disait à mi-voix :

- "Tu vois bien, Nicolo, et toi, le serrurier, tu vois bien ce grand dadais qui monte la rue avec ces trois femmes au bras ?

- Oui," répondirent Nicolo et le serrurier.

- Eh bien, c'est notre homme," dit Colar ; car c'était lui qui s'était ainsi embusqué sur le passage de Léon Rolland.

- "Suffit !"
murmura Nicolo, espèce d'Hercule trapu qui eût assommé un bœuf d'un coup de poing.

- "Bon !" dit le serrurier, "j'ai ma leçon faite.

- T'en souviens-tu bien ?

- Parbleu ! nous nous mettrons dans la même salle qu'eux ; puis, j'aurai l'air de l'apercevoir, je pousserai un cri d'étonnement, et j'irai lui donner la main. Et comme il sera étonné à son tour et dira qu'il ne me connaît pas, je lui répondrai : "De quoi ! de quoi ! tu fais le fier avec les amis ? tu es pourtant bien Léon Rolland, ouvrier ébéniste, et tu as une bonne amie qu'on nomme Pauline, à preuve que t'as deux enfants ..."

- Parfait," murmura Colar.

- Ça fait que s'il se fâche, j'ajouterai : "Pauline, une grande blonde qui est passementière et qui demeure rue Vieille-du-Temple."

- Très bien ! très bien !

- Alors, s'il me traite de menteur, je lui allonge un coup de poing ...

- Et moi," dit tranquillement Nicolo, "je l'assomme en cinq minutes.

- Bravo ! mes drôles, allons, à l'œuvre ! ... j'attendrai dans le voisinage."

Et Colar s'en alla, tandis que les deux bandits se mettaient à suivre de loin Léon Rolland.

Mais ni eux ni Colar n'avaient aperçu ou du moins remarqué un homme en blouse comme eux, assis sur un banc du bâtiment de l'octroi, fumant tranquillement une pipe et leur tournant le dos avec l'indifférence d'un honnête ouvrier qui ne s'occupe de personne. 

Cet homme se leva alors, et il suivit le serrurier et Nicolo, absolument comme ceux-ci suivaient Léon Rolland. 

C'était un grand garçon de trente à trente-cinq ans, brun, les épaules larges, et dont les mouvements et la démarche trahissaient une vigueur herculéenne. Malgré son costume, qui était celui d'un ouvrier, il avait les mains aristocratiques et blanches, et si l'on eût regardé de bien près, on aurait pu remarquer sous sa blouse une fine chemise de batiste qui eût attesté sur le champ que la blouse était un déguisement.

- "Je crois, Dieu me pardonne !" murmura-t-il en se mettant en route, "que je vais pouvoir empêcher une mauvaise action. La mine de ces deux drôles que j'ai rencontrés tout à l'heure m'a étrangement impressionné. Attendez, mes amis," acheva-t-il avec un demi-sourire, "vous n'avez pas encore achevé votre besogne ... Soyez tranquilles, Armand de Kergaz a le coup de poing aussi lourd que vous, et, de plus, il sait un peu de cette science redoutable qu'on appelle le chausson."

Et Armand, car c'était lui, l'homme de bien infatigable, à qui tous les déguisements étaient bons pour semer à travers Paris son or et prodiguer les élans de son noble cœur, continua à suivre les deux bandits.

Cependant Léon et les trois femmes auxquelles il servait de cavalier avaient atteint l'entrée des Vendanges de Bourgogne.

Ce restaurant, aujourd'hui disparu,
se trouvait situé tout près de l'église de Belleville, et il était, le dimanche, le rendez-vous des petits bourgeois et des honnêtes ouvriers du faubourg du Temple et des quartiers environnants.

Tandis que dans les cabarets voisins on buvait du vin bleu en se querellant, aux Vendanges de Bourgogne, il n'y avait jamais ni bruit, ni tapage, ni disputes. On eût dit une succursale du paisible café Turc, ce club des bourgeois du Marais. Léon Rolland fit traverser aux jeunes filles et à sa mère la salle du rez-de-chaussée, où il n'y avait encore que peu de monde, et les conduisit au premier étage, où se trouvait un petit salon garni de trois tables, l'une ronde, placée devant la fenêtre et pouvant supporter six couverts, les deux autres dressées à droite et à gauche de la porte, et ne pouvant offrir de place qu'à deux convives, chacune.

Les murs de cette petite salle,
qui prenait pompeusement sur les vitres du rez-de-chaussée le nom de Salon de société, étaient couverts d'un papier verdâtre à rosaces jaunes, et ornés de quelques lithographies enluminées et encadrées en bois noir qui représentaient Waterloo, la bataille d'Austerlitz et le siège de Constantine.

Sur la cheminée, une pendule à colonnes d'assez mauvais goût était symétriquement accompagnée des traditionnels vases de porcelaine dorée qui forment l'invariable assortiment de ces sortes de produits. 

Léon prit possession de la table ronde ; il plaça Jeanne à la droite de sa mère, Cerise à sa gauche, et lui-même s'assit à côté de la jeune ouvrière. 

Trois minutes après, Nicolo et le serrurier rentrèrent, saluèrent et s'assirent.

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"Mon Âme est une Infante en robe de parade,
Dont l'exil se reflète, éternel et royal,
Aux grands miroirs déserts d'un vieil Escurial,
Ainsi qu'une galère oubliée en la rade."

Albert Samain

Celui qui n'a pas fait tout ce qu'il pouvait faire n'a rien fait.
Charles Pathé


La France a perdu une bataille mais elle n'a pas perdu la guerre !
Charles de Gaulle


Et ce qui importait en fin de compte, c'était moins d'être vaincu que d'avoir une âme de vaincu car cela seul est sans remède.
Jean Hougron



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MessageSujet: Re: Rocambole - Tome Premier : L'Héritage Mystérieux - Alexis, vicomte Ponson du Terrail - Chapitre X   Lun 4 Déc - 12:29

Le garçon de restaurant, qui était peu habitué, le dimanche surtout, à voir des gens en blouse monter au premier, laissa un moment Léon, qui lui donnait des ordres, pour s'approcher des nouveaux venus :

- "Est-ce que vous voulez dîner ou simplement boire un litre ?" demanda-t-il.

- "Nous voulons dîner," répondit Nicolo.

- "Voulez-vous descendre dans la salle du rez-de-chaussée ?

- Non," dit le serrurier, "nous sommes très bien ici."

Et il s'installa, jetant un regard à l'ouvrier-ébéniste qui lui tournait le dos en ce moment, mais qui avait laissé échapper un petit mouvement d'épaules qui trahissait son mécontentement de voir le petit salon ainsi envahi par des gens de mauvaise mine, surtout en présence de mademoiselle Jeanne. 

Le serrurier
et Nicolo avaient à peine témoigné leur volonté formelle de dîner au premier, qu'un nouveau personnage apparut sur le seuil de la salle.

C'était Armand.


Il salua poliment et s'assit tout seul à la table de gauche, de façon qu'il se trouva placé en face de Léon Rolland et des trois femmes, et à trois pas de distance des deux misérables envoyés par Colar. 

Armand demanda à dîner
et commença par regarder fixement le serrurier et Nicolo. Ceux-ci, comme tous les gens qui s'apprêtent à commettre une mauvaise action et craignent d'être dérangés, ceux-ci, disons-nous, échangèrent un coup d'œil de vif mécontentement.

- "Que veut-il , celui-là ?"
murmura Nicolo à voix basse.

- "Il a l''air solide, ..." répondit le serrurier.

- "Pourquoi donc qu'il me regarde ? ... Je te vas lui pocher un œil, moi,"
continua Nicolo.

- "Hum !" fit le serrurier, "il a des épaules ..."

En ce moment, Léon Rolland tourna la tête et aperçut Armand. La physionomie ouverte, noble et franche du jeune homme détruisit aussitôt chez l'ouvrier l'impression désagréable que venait de produire sur lui l'entrée des deux bandits. 

- "Tiens," s'écria le serrurier, "c'est toi  ? ... Bonjour, camaro ! ... "

Léon
le regarda, étonné.

- "Est-ce à moi que vous parlez ?" demanda-t-il.

- "Parbleu !" répondit le serrurier.

- "Je crois que vous vous trompez ...

- Moi, je suis sûr du contraire," répondit le serrurier. "Vous vous nommez Léon.

- C'est vrai.


- Léon Rolland, ouvrier-ébéniste ...

- C'est encore vrai ;
mais je ne vous ai jamais vu.

- Bah !" fit le serrurier d'un ton insolent, "nous sommes donc fier avec les camarades, parce que nous avons du sexe avec nous ?

- Monsieur !" s'écria Léon, indigné, "je crois que vous insultez ma mère ...

- Et même," continua le serrurier, "tu as une bonne amie ..."

Le serrurier n'acheva pas car les deux mains d'Armand, qui s'était levé brusquement, s'arrondirent autour de son cou et le pressèrent comme dans un étau.

- "Lâche !"
lui dit M. de Kergaz, "tu as compté sans moi pour venir insulter des femmes ...

- A moi, Nicolo," hurla le serrurier d'une voix étranglée.

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MessageSujet: Re: Rocambole - Tome Premier : L'Héritage Mystérieux - Alexis, vicomte Ponson du Terrail - Chapitre X   Mar 5 Déc - 14:26

Nicolo, un moment stupéfait de la brusque intervention d'Armand, s'était déjà armé d'un couteau qu'il avait pris sur la table, et, le brandissant, il allait se précipiter sur M. de Kergaz, sous la rude étreinte duquel le serrurier, à demi asphyxié, fléchissait en roulant des yeux hagards. Mais une des mains d'Armand abandonna ce dernier, qu'une seule fut assez forte pour maintenir, et l'autre se trouva sur le champ et comme par miracle armée d'un pistolet à deux coups, dont le canon fit reculer Nicolo.

Tout cela s'était passé si rapidement et d'une façon si bizarre, que Léon, la paysanne et les deux jeunes filles en étaient encore frappés de stupeur. 

L'ouvrier s'était levé à demi, les jeunes filles étaient pâles et tremblantes et attachaient un œil éperdu sur Armand, qui maintenait ses deux adversaires à distance.

La vue d'une arme à feu n'intimide que médiocrement l'homme réellement brave et loyal, mais elle fait toujours trembler le bandit, le lâche habitué à se servir du couteau ou du poignard, le misérable qui ne devient courageux que pour le vol et la rapine. Le pistolet d'Armand produisit donc un effet de vraie terreur sur le saltimbanque, l'Hercule forain habitué à avaler des lames de sabre, et il recula jusqu'au mur. 

En même temps, Armand jetait rudement le serrurier à dix pas de lui, et leur disait :

- "Maintenant, mes drôles, si vous ne vous tenez pas tranquilles et avez le malheur de m'interrompre, je vous casse la tête à tous deux."

Le ton de M. de Kergaz était froid et impérieux à la fois, et la résolution qui brillait dans son regard était si nette, que Nicolo et le serrurier demeurèrent quelques instants domptés et pour ainsi dire fascinés. 

- "Monsieur," dit alors Armand à Léon, "vous avez sans doute un ennemi aussi acharné que lâche, car il a ameuté ces deux misérables contre vous, et ils ne sont venus ici que dans l'intention de vous faire un mauvais parti.

- Monsieur, ..." balbutia l'ébéniste au comble de l'étonnement.

Et tandis que, stupéfaits eux-mêmes, les deux drôles regardaient Armand d'un air hébété, celui-ci raconta brièvement à l'ouvrier-ébéniste la conversation qu'il avait surprise entre Colar, Nicolo et le serrurier.

- "Voilà qui est bizarre," murmura Léon, qui ne se savait pas d'ennemis et demeurait convaincu, plus il regardait les deux bandits, de ne les avoir jamais rencontrés.

- "A présent," acheva Armand en leur montrant la porte, "si vous ne voulez avoir affaire à moi, sortez !"

Et l'accent de cet homme était si dominateur, que les deux drôles sortirent, mais en murmurant d'un ton de menace :

- "Nous nous reverrons ... canaille !"


Nicolo
et le serrurier partis, les trois femmes qui venaient d'assister à cette scène, aussi émouvante qu'imprévue, commencèrent à respirer, et Jeanne, qui était la plus tremblante, se remit peu à peu de son émotion. 

En même temps, Léon courut à Armand, les mains tendues, et se trompant à son costume, il lui dit :

- "Camarade, vous êtes un brave cœur, et mon amitié vous appartient à la vie, à la mort.

- Merci," répondit Armand, qui, depuis quelques secondes, regardait avec attention le visage pâle, un peu souffrant mais si noblement beau, de Jeanne. 

- "Et, tenez," continua l'ébéniste, avec cette naïve expansion du peuple honnête, "si vous voulez nous faire plaisir et nous donner le temps de vous remercier, ne soyez pas fier, dînez avec nous."

Armand
tressaillit, hésita, et il eût refusé, si l'œil de Jeanne n'eût semblé lui dire : 

- "Ne nous refusez pas, monsieur.

- Soit," dit-il en saluant de nouveau la mère de Léon et les deux jeunes filles, "j'accepte."

Cependant, Nicolo et le serrurier avaient rejoint Colar dans un cabaret du boulevard extérieur. 

- "Flambés !" dit le serrurier en abordant l'âme damnée du capitaine Williams. 

- "Vous l'avez assommé ?" interrogea Colar, joyeux et se méprenant au sens du mot "flambés."

- "Ah ! bien oui, c'est-à-dire que nous avons été rossés, mais rossés d'importance.

- Par Léon ? ... Deux hommes contre un seul !

- Léon ? Allons donc ! il n'a seulement pas bougé.

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MessageSujet: Re: Rocambole - Tome Premier : L'Héritage Mystérieux - Alexis, vicomte Ponson du Terrail - Chapitre X   Mar 5 Déc - 14:38

- Eh bien ! alors ? ...

- Le Diable s'en est mêlé, voyez-vous.

- Le Diable !"
fit Colar impatienté, "connais pas.

- Ou un homme qui lui ressemble ... Il m'a presque étranglé ...

- Et moi," ajouta Nicolo, "il a voulu me brûler la cervelle."

Et Nicolo, qui avait le don de la parole, raconta succinctement à Colar de quelle façon Armand était intervenu.

- "Et vous avez lâché pied, imbéciles !"
s'écria Colar avec colère.

- "Vous en eussiez fait autant, à notre place.

- Mais quel est cet homme ?

- Je ne sais pas,"
dit Nicolo.

- "Ni moi," murmura le serrurier. "C'est le Diable !

- Corbleu !" s'écria Colar, "je le saurai, moi."

Et il s'installa derrière le volet d'une fenêtre du premier étage et darda un regard ardent sur la rue, disant à Nicolo :

- "Tu le reconnaîtrais bien, n'est-ce pas ?

- Parbleu ! entre mille ...


- Alors, attendons."

Ils attendirent une heure, enveloppant d'un coup d'œil investigateur tout homme qui descendait la rue de Paris pour franchir la barrière ; puis, tout à coup, le serrurier poussa un cri étouffé :

- "Le voilà ! ..."
dit-il.

Et Colar vit Armand de Kergaz, qu'il reconnut malgré son déguisement, traverser le boulevard en donnant le bras à Jeanne de Balder, que suivaient Cerise, Léon et sa mère.

- "Sang de Dieu !" exclama-t-il en se précipitant au-dehors, "nous sommes propres ... C'est Armand !"

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