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Gérard de Cortanze

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Masques de Venise
Souverainiste, Patriote & Fière de l'Être !
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Masques de Venise

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Date d'inscription : 06/05/2005

MessageSujet: Gérard de Cortanze   Jeu 18 Jan - 15:04



Etoile Notabéniste : *

ISBN : 9782226402141




Nous tenons avant tout à remercier les Editions Albin-Michel, lesquelles, dans le cadre d'une opération "Masse Critique" sur le site Babelio , nous a permis de recevoir un exemplaire de ce livre à titre gracieux.


Bon, vous qui en avez l'habitude, vous savez que, si je n'annonce aucun extrait à la clef, c'est plutôt mauvais signe. Le fait est que ...

 ... comment m'exprimer sans choquer personne ? ... 


Qu'il soit entendu que je n'ai rien contre le style de M. de Cortanze. Seulement, pour une raison qui m'est inconnue mais que je suspecte - la mode - ne voilà-t-il pas que l'essentiel de son texte est rédigé au présent simple de l'Indicatif. Disons-le tout de suite, je n'ai rien non plus ni contre ce temps, ni contre ce mode. Simplement, je sais qu'il n'est pas vraiment le temps su récit, qu'il peut avoir d'autres emplois pour produire, par exemple, un effet de surprise, etc, etc ...

Là, tout-de-suite, voyez-vous, ça me bloque.
Parce que, étant née en 1960 et ayant passé mon BAC à seize ans, et même si je n'ai vécu le "yé-yé" qu'en bruit de fond, eh ! bien, il me faut plus que le présent de l'Indicatif. Notez que je ne demande pas systématiquement le Subjonctif ou le Conditionnel passé deuxième forme, mais, au temps des "yé-yé", on les apprenait encore, on ne cherchait à rabaisser ni la culture, ni l'instruction publique, et il y avait encore des tas de petits magasins où le client ne cherchait pas à toutes forces à "consommériser" en slalomant parmi les "techniciens de surface" ... Bref ...

Mais, après tout, je continue ma lecture. Je suis têtue - je suis née comme ça.   Et, brusquement, mes pensées commencent à dériver vers une critique rapportée par Armand Lanoux dans sa biographie sur Emile Zola. L'auteur de la critique disait à l'époque que, s'étant plongé dans "La Faute de l'Abbé Mouret", certains passages lui avaient paru directement extraits d'un catalogue de grainetier. Et que, pour sa part, il n'avait aucun mal à imaginer Zola, avec son caractère minutieux et "naturaliste", en train de recopier (en les améliorant tout de même), certains paragraphes dudit catalogue.

Eh bien, voyez-vous, j'ai eu la même impression dans "Laisse Tomber Les Filles," avec cette énumération - appliquée, soulignons-le - des noms des jeune idoles de l'époque et de leurs chansons. Idem avec les scènes dans un Paris sans Hidalgo et ses rats bien-aimés, où les voitures ne provoquaient pas encore beaucoup d'embouteillages : ces scènes s'intercalaient là parce qu'il fallait bien montrer Paris au temps des "yé-yé" et tout au long des "Trente Glorieuses" - je reconnais cependant que, sur la fin, les embouteillages en ont pris un coup.

Nos Présidents de la Vème République ont aussi tous défilé, le Général gardant soigneusement ses distances - et on le comprend - avec la horde de hyènes qui attendaient de pouvoir se régaler de l'héritage que leur laisserait le Grand Homme.

Bien entendu, comme on s'y attendait, on n'a pas pu éviter Conh-Bendit, Geismar & C°, réunis, tels des "mousquetaires" (sic) pour mai 1968. Quand on connaît la carrière qui attendait de ces "révolutionnaires" papa-mamistes, tous issus de milieux on ne peut plus bourgeois, on ricane.

Quant à l'Histoire, la grande et la petite - c'est-à-dire l'intrigue qui relie nos quatre héros, trois garçons dont un révolutionnaire convaincu et une fille, plutôt bourgeoise - j'ai eu beau faire : je n'ai pas vu un seul aspect de la première et j'ai trouvé la seconde terriblement gnan-gnan - et quasi-léthargique.

D'abord, parce qu'on ne peut pas brosser la fresque de plus d'un demi-siècle d'Histoire en un seul livre. Qu'on aime ou qu'on soit indifférent aux sixties et à ce qui vint à leur suite, cette période appartient désormais à l'Histoire et nous en sommes encore tributaires, jusque dans les malheurs dont la France d'aujourd'hui est atteinte.

Ensuite, parce qu'une "petite histoire", une intrigue, nécessite, c'est indispensable, des personnages qui ont de l'allure et du caractère. Peu importe ou non que vous partagiez leur vision politique (beaucoup d'entre eux étaient manipulés mais ils ne furent pas les seuls) ou encore leurs goûts culinaires si, par miracle, ils parviennent à vous faire comprendre pourquoi, l'une comme les autres, ils les ont séduits. Quant à l'appréhension de leur future existence, ma foi, que voulez-vous ? Ils sont jeunes, ils ont bien le droit de rêver ...

Mais au moins, Nom de Dieu, qu'ils le fassent avec passion, avec folie, même ! Parce que les "Trente Glorieuses", on aura beau dire, mais c'était ça : la passion, l'outrance, le rejet de tout ce qui faisait renâcler et un amour, sincère bien que parfois tordu, pour la Liberté.  

La Liberté a toujours du panache et ce livre, hélas ! je suis désolée de l'écrire, n'en a aucun. Rien qu'un petit plumet ridicule tremblotant faiblement dans une brise bien légère qui prétend personnifier la bouleversante tourmente de tout une époque ...

C'est bien triste, tout ça. Allez, je vous quitte. Je vais me repasser "The End", des Doors. Eternelle, impérissable, intemporelle chanson, où une partie de la Liberté - libre à vous de ne pas aimer cette part-là - a trouvé le moyen de s'incarner.

... Mais rassurez-vous. A la Liberté comme aux saisons, il faut se reposer. La Liberté est immortelle et "The End" ne marque que la fin de l'un de ses innombrables cycles. Personnellement, en espérant que je le verrai naître, j'attends le prochain avec impatience car je SAIS qu'il viendra et que la pensée unique et la bien-pensance d'aujourd'hui auront une fin, eux aussi.

A part ça, on recherche toujours un écrivain français qui saura peindre, comme le fit Zola pour le Second empire, la fresque prodigieuse qui s'étala sur plus d'un demi-siècle à la fin du XXème siècle. 

Réfléchissez-y : il y a une place à se faire - à condition de s'assumer. La responsabilité - l'autre visage de la Liberté. Oui, la Liberté, c'est le Droit, certes, mais c'est aussi le Devoir. L'un privé de l'autre, il n'y a pas de Liberté - nulle part. Paradoxal ? Non : équilibré, c'est tout ...

_________________
"Mon Âme est une Infante en robe de parade,
Dont l'exil se reflète, éternel et royal,
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Ainsi qu'une galère oubliée en la rade."  - 
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