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Freaks, Tod Browning (1932)

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Carla
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MessageSujet: Freaks, Tod Browning (1932)   Ven 9 Mai - 10:17

Freaks, La Montrueuse Parade



Dans un cirque mettant en scène des numéros de cirque classiques et exhibant des êtres monstrueux et difformes, Hans, un lilliputien, tombe amoureux de la belle Cléopatre, trapeziste. Celle-ci trouve ça amusant, mais lui préfère bien sûr l'Hercule du cirque. Cependant, quand ils apprennent que Hans vient d'hériter d'une certaine fortune, les deux amants vont décider de lui jouer un bien mauvais tour...

C'est un film intéressant, mais peut-être pas tant pour le film lui-même que pour les réactions qu'il provoque, puisqu'il met en scène des êtres monstrueux, des freaks, réels et non pas des acteurs maquillés. En effet, il s'agissait à l'époque (ds la lignée des Dracula et autres) de faire LE film d'horreur encore plus terrifiant que les précédents, et parlant de surcroît, visant donc à renvoyer ses prédécesseurs muets aux oubliettes.
Tod Browning savait de quoi il parlait : ayant travaillé dans le monde du cirque, il connaissait bien ces freaks, et eut l'idée de les mettre en scène à l'occasion de ce film. Le résultat malheureusement dépassa ce qu'il aurait pu imaginer, puisque le film fut très rapidement censuré et marqua la fin de sa carrière. Il faudra attendre les années 60 pour que le film soit ressorti et soit jugé à sa juste valeur.
Ci-dessous un article à ce sujet :

Citation :
Les partis pris du film sont archiconnus - on les sait d'avance - et pourtant ils restent impressionnants. Ainsi la fameuse idée d'utiliser des être anormaux là où on voit le plus souvent des acteurs maquillés en monstres… ces freaks, c'est-à-dire ces phénomènes, bizarreries de la nature humaine parfois devenues des classiques du champ de foire, constituent l'aspect principal du parti pris d'inversion qui domine le film. On le sait, ces êtres difformes (nains, femme à barbe, homme sans chair, soeurs siamoises, mongoliens, cul de jatte, homme-tronc, etc.) deviennent ici des êtres pourvus du plus fort coefficient d'humanité, et les agressés ; victimes d'êtres "normaux" ils catalysent l'expression d'une horreur morale (en gros : la méchanceté de la trapéziste Cléo et de son acolyte Hercule vis-à-vis de Hans, le nain énamouré) tout en restant dépositaires d'une horreur physique abondamment soulignée au début du film : 1er par le fait qu’ils appartiennent au monde du spectacle, 2° par le fait qu'ils provoquent un effet de surprise sur quelques comparses - et sur le spectateur du même coup - lors de leur première apparition.
Mais si, dans des scènes organisées en fonction des amours des soeurs siamoises, ou dans l'étonnante séquence de la vengeance, Tod Browning n'hésite pas à atteindre les bornes du plausible, il sait respecter son sujet, dans la contradiction habituelle bons/méchants ou normaux/anormaux ici inversée, et créer une émotion dépourvue de tout excès. Ni exhibitionnisme, ni goût douteux, ni démagogie.
Le style de Browning réside moins dans la manière de montrer l'horreur que
dans une sobre mise à plat des éléments-chocs, qui sont presque intériorisés.
Là encore pas d'excès : on n'est plus sur le versant de l'expressionnisme et du délire des films fantastiques classiques.
Comme l'a clairement montré Jean-Marie Sabatier dans son livre Les classiques du cinéma fantastique, l'oeuvre de Tod Browning repose sur la dialectique spectacle/réalité. On pourrait rappeler à propos de Freaks qu'il est lui même issu des milieux du cirque… Mais surtout : cet enfant de la balle construit sa mise en scène sur les apparences.
Ainsi quelques scènes non essentielles à l'action, et qui mettent en
scène le clown Phroso : lorsque Vénus revient à lui en l'invectivant pendant qu'il se démaquille, ou lorsqu'on le voit dans une baignoire dont on découvre qu’elle n'est qu’un appareil destiné à son numéro.
Et, plus généralement, Browning s'ingénie à nous prouver que c'est le regard porté sur les êtres qui les fait monstres.
Quant à l'articulation principale du scénario, heureusement traitée de façon non moralisante - soit la question : qui est véritablement monstrueux ? - elle permet suffisamment cette dialectique des apparences et du regard pour qu'il soit inutile d'insister. Soulignons simplement la constance et la rigueur d'une oeuvre remarquable qui n'est entachée de caractères démodés ou de petits défauts que dans certains de ses aspects secondaires. Mais là encore, quelle logique : si l'on retient l'interprétation, on se rend compte que seul gêne le jeu de quelques acteurs qui ne sont pas de la catégorie des freaks et - mieux - qui appartiennent au camp des personnages antipathiques…
Daniel Sauvaget
Revue du Cinéma n° 328 - Mai 1978

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MessageSujet: Re: Freaks, Tod Browning (1932)   Ven 9 Mai - 11:11

Je n'ai pas vu Freaks en entier, mais on en trouve un extrait - entre autres citations - dans Innocents de Bernardo Bertolucci...
Il s'agit de l'extrait où ils chantent "one of us ! one of us !" à table... et c'est plutôt effrayant.

Il faudrait que je le voie entièrement.......
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MessageSujet: Re: Freaks, Tod Browning (1932)   Ven 9 Mai - 11:19

C'est effrayant, et Tod Browning sait parfaitement utiliser cet aspect. Mais il ne faut pas réduire ce film au seul aspect "film d'horreur". En utilisant l'horreur réelle de ces êtres, Browning a dépassé cette dimension.
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MessageSujet: Re: Freaks, Tod Browning (1932)   Ven 9 Mai - 11:59

Certes ! C'est pour cette raison que je veux le voir dans sa totalité, pour ne pas le réduire à ce seul extrait où les "monstres" rassemblés chantent... je vais essayer de le trouver, ce film...
Ah, je viens de vérifier sur le catalogue de la BU, et il y est ! C'est génial. Elle est formidable, cette fac, elle me surprend de jour en jour. Wink
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MessageSujet: Re: Freaks, Tod Browning (1932)   Ven 9 Mai - 12:57

il y a de très belles pages sur Freaks dans L'homme ordinaire du cinéma. C'est de Jean Louis Schefer à la petite bibliothèque des cahiers du cinéma.
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MessageSujet: Re: Freaks, Tod Browning (1932)   Ven 9 Mai - 13:09

Il est consultable à la médiathèque ! Merci Camille :loveheart: !
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MessageSujet: Re: Freaks, Tod Browning (1932)   Ven 9 Mai - 19:07

"Freaks" est un film sublime, que j'ai vu un jour au Ciné-Club de la Seconde chaîne de Claude-Jean Philippe. Un OVNI de génie.

Ceci dit, je suis une inconditionnelle de Browning.
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Ainsi qu'une galère oubliée en la rade."  - 
Albert Samain

La France a perdu une bataille mais elle n'a pas perdu la guerre !
Charles de Gaulle


Et ce qui importait en fin de compte, c'était moins d'être vaincu que d'avoir une âme de vaincu car cela seul est sans remède.

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Il y a si longtemps maintenant que j'attends mon cancer, je ne vais quand même pas partir sans lui. - Pierre Desproges

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MessageSujet: Re: Freaks, Tod Browning (1932)   Ven 9 Mai - 20:52

L'édition DVD que j'ai empruntée comporte également The Unknown, que je vais regarder ce soir !
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