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L'enterrement d'Ernestine (petite histoire Yugcibienne)

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yugcib
Littérophage Nota Beniste Yugcibien - Specimen Unique
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L'enterrement d'Ernestine (petite histoire Yugcibienne) Vide
MessageSujet: L'enterrement d'Ernestine (petite histoire Yugcibienne)   L'enterrement d'Ernestine (petite histoire Yugcibienne) Icon_minitimeJeu 3 Mai - 20:06

... C'était l'enterrement de cette pauvre Ernestine, âgée pour mourir, de 87 ans...
Etaient présents ses six enfants, Justine l'aînée 64 ans, Georgette 61 ans, Simone 59 ans, Arthur 58 ans, Jocelyn, 54 ans, et la dernière Pascaline 48 ans... Ainsi que quelques connaissances, habitants du village de Saint Amond La Palu...
Cette pauvre Ernestine durant les deux dernières années de sa vie, en maison de retraite médicalisée service des grands handicapés, n'était pour ainsi dire plus qu'un "légume"... Mais un "légume" cependant, qui avait encore par moments et même durant plusieurs jours, "quelques fibres de sensibilité", de telle sorte qu' Ernestine arrivait à reconnaître déjà ses proches, ses enfants, et les personnes amies qui venaient lui rendre visite.
Une fois passés ses 80 ans, Ernestine avait assez rapidement décliné, en ce sens qu' elle "avait des oublis" et perdait quelques uns de ses repères de temps, de lieu, d'espace... Mais tout de même pas au point de devenir dépendante de ses proches ou d'autres personnes, puisqu'elle tenait sa petite maison, entretenait un coin de jardin, préparait ses repas, sa soupe du soir, passait ses journées à recevoir du monde (des voisins, des connaissances), à regarder le soir la télévision devant laquelle elle s'endormait d'ailleurs assez souvent...
C'était sa deuxième fille, Georgette, celle qui habitait dans le village voisin, La Bretèche, à 3 km, qui l'amenait faire ses courses, ainsi qu'à la banque, chez le médecin, à Remonville, le gros bourg le plus proche.
En accord avec leur soeur Georgette qui "avait pris en main" les affaires d'Ernestine ; Justine, Simone, Arthur, Jocelyn et Pascaline, avaient décidé que leur mère, selon eux "fragilisée" et ayant quelques "trous de mémoire", devait désormais être "plus surveillée" autant dire "dirigée"... De telle sorte que cette pauvre Ernestine, éveillée dès le lever du jour, avec toutes ces heures devant elle jusqu'au soir, pouvant à peine aller une heure dans son jardin, étant fort limitée dans ses déplacements, dans sa liberté d'agir, trouvait les journées bien longues, d'autant qu'elle ne voyait plus venir personne chez elle à part son voisin le plus proche et une fois par semaine sa fille Georgette pour l'amener aller retour vite fait en courses (et basta, les courses sorties de la voiture, la fille se barre, elle a "des tas de choses à faire")...
Ernestine avait été toute sa vie durant, une femme simple, humble, et si dévouée pour ses enfants, pour son mari, pour les gens autour d'elle, qu'elle en était arrivée à ne plus exister pour elle même, et à sans cesse rendre service sans contre partie ... Soit dit en passant "à sens unique" ni merci ni bonjour ni merde en retour en réponse pour parler en appelant un chat un chat...
C'est fou de que les gens "sûrs d'eux", qui ont plus ou moins bien réussi dans la vie, bardés de certitudes (et de préjugés)... Font peu cas des personnes "humbles et simples" qu'elles déconsidèrent, et devant lesquelles elles passent, ou qu'elles dominent...
Le jour de l'enterrement de cette pauvre Ernestine, ils étaient tous là, la larme à l'oeil... "Ah elle était ceci elle était cela"...
Quant au curé, en supposant, en "partant du principe" qu'il "n'en pensait pas moins"... Il ne pouvait pas se risquer à se lancer dans une "fustigeante homélie" mettant plus ou moins en cause les enfants d'Ernestine ainsi que pas mal de gens à vrai dire...
... L'hypocrisie, dans les relations, sur fond de consensualité dans la pensée, dans une forme de "morale du monde" et de soit disant "bienpensance", et dans les comportements des gens, a toujours "schmucté" le cornichon, la vinaigrette et la mayonnaise éventés avec des relents de sexe sale ou de crevettes amoniaquées...
Et c'est fou ce que l'on se complait, ce que l'on se conforte, dans ces relents de vinaigrette et de crevettes, entre gens "civilisés" et "de bon aloi" (mais avec une pierre à la place du coeur et en se foutant de la bonté, de l'humilité, de la fragilité de certaines personnes)...


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"Nous ne pouvons savoir! Nous sommes accablés d'un manteau d'ignorance et d'étroites chimères! [Arthur Rimbaud]
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