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Les Sept Jours, de Ronit et Schlomi Elkabetz

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Carla
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MessageSujet: Les Sept Jours, de Ronit et Schlomi Elkabetz   Jeu 17 Juil - 11:13

Ronit Elkabetz, dont la sombre beauté illumine La Visite de La Fanfare, est passée de l'autre côté de la caméra, aux côtés de son frère, à l'occasion de ce film, Les Sept Jours.

Les Sept Jours, dans la tradition hébraïque, ce sont les sept jours qui suivent la mise en terre d'un défunt. Pdt sept jours, sa famille se retrouve chez lui, pour le pleurer, sans sortir, sans se distraire (alcool, télé, musique sont interdits), vivant et dormant ds une même pièce. On imagine ce qu'une telle cohabitation peut donner, dans une famille, fut-elle la plus unie des familles. Rancoeurs, jalousies s'expriment vite au grand jour, et c'est un joyeux bazar. Si le point de départ du film est un rite juif, il touche à l'universalité des liens familiaux, et je l'ai donc regardé avec un grand intérêt, me projettant dans une telle situation ! (ma soeur et moi, une semaine enfermées... diantre ! comme disait ce bon vieux Sartre, l'enfer, c'est les autres...).
Par ailleurs, le talent des réalisateurs est, précisemment, de savoir prendre de la distance avec leurs personnages, d'instiller la nécessaire pointe d'auto-dérision dans cette ambiance lourde, nous livrant, au final, un film qui parvient à être drôle et qui mérite d'être vu.
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MessageSujet: Re: Les Sept Jours, de Ronit et Schlomi Elkabetz   Jeu 17 Juil - 11:20

Oh, que ça donne envie !

Tu as oublié "Famille, je vous hais !" Very Happy

De Ronit Elkabetz, Prendre femme était du même acabit.
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MessageSujet: Re: Les Sept Jours, de Ronit et Schlomi Elkabetz   Jeu 17 Juil - 11:38

Oui, d'ailleurs si j'ai bien compris on y retrouve la même famille. Et ça tombe bien, le ciné le programme ds 15 jours !
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MessageSujet: Re: Les Sept Jours, de Ronit et Schlomi Elkabetz   Sam 26 Juil - 21:29

Mon Trésor (Keren Yedaya, 2004)

Le ciné de ma commune a décidé de diffuser 3 films avec Ronit Elkabetz ! dont celui-ci, Mon Trésor.

Ruthie a 35 ans, elle se prostitue et n'envisage pas de vivre autrement, bien que ça ne lui permette pas de payer ses dettes. Sa fille, Or, a 15 ans, et elle se démène pour ramener l'argent qui manque à la maison, en bossant ds le restau d'un couple d'amis, ou en ramassant des bouteilles pour en récupérer la consigne. Elle voudrait que sa mère change de vie. Pourtant, petit à petit, elle va elle-même glisser ds la prostitution...

Un film dur, sans concessions. De la cellulite de Ronit Elkabetz à moitié à poil ds son deux-pièces crado puant la misère, jsq aux scènes de prostitution, la réalisatrice est impitoyable, tant pour les spectateurs que pour ses personnages, qui se révèlent pourtant, en dépit de l'horreur de la situation, deux femmes magnifiques. Car si la caméra sait être dure, elle rend aussi hommage à ses deux commédiennes formidables. Ronit Elkabetz parvient à nous paraître belle, en dépit de son rôle, qui est pourtant dur et pourrait nous sembler impardonnable : elle est cette mère qui, prostituée, ne perçoit pas que sa fille va elle-même en arriver à se prostituer. Quand à Dana Ivgi, la jeune fille qui interprête Or, elle crève l'écran par sa personnalité. Elle s'offre sans vulgarité, et traduit parfaitement son impuissance devant la fatalité de son destin.
Une scène choc : maquillée, court vétu, une femme s'avance sur le trottoir pour "travailler". On pense voir Ruthie, et c'est Or qui apparait. Bluffant - et terrible.
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MessageSujet: Re: Les Sept Jours, de Ronit et Schlomi Elkabetz   Sam 26 Juil - 22:34

Il y a un parti pris de mise en scène fascinant et pas du tout racoleur (ce qui était très risqué, vu le sujet du film!), contrairement à l'écran séparé - split screen- eh oui, je déteste ça... Je m'en suis rendu compte presque immédiatement, en me demandant si la réalisatrice allait s'y tenir; ce qu'elle fait.

Chaque scène n'est qu'un plan fixe. A priori, j'adore. La caméra ne devrait bouger que lorsque cela donne du sens. Chez Monteiro, Oliveira, Tati, d'autres, le plan fixe, assez, voire très long, nous permet -grande liberté! - de butiner dans l'image, d'aller voir ce qui se passe, là haut, à droite, ou là-bas, tout au fond... Dans Mon trésor, la fixité de la caméra crée une tension à la limite du supportable: on sait que le coeur de la scène va se passer à cet endroit; tant que les actrices - car je me souviens surtout de scènes d'intérieur avec les 2 actrices - ne sont pas dans le cadre, on est en suspens; quand elles y arrivent, on sait que le drame s'approche puis se déploie. Dans mes souvenirs, je revois une scène de baignoire saisissante affraid
Et puis, la cellulite, c'est ce qu'il y a de plus beau chez les femmes
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MessageSujet: Re: Les Sept Jours, de Ronit et Schlomi Elkabetz   Dim 27 Juil - 19:23

P'tit Marcel a écrit:
Dans Mon trésor, la fixité de la caméra crée une tension à la limite du supportable: on sait que le coeur de la scène va se passer à cet endroit; tant que les actrices - car je me souviens surtout de scènes d'intérieur avec les 2 actrices - ne sont pas dans le cadre, on est en suspens; quand elles y arrivent, on sait que le drame s'approche puis se déploie. Dans mes souvenirs, je revois une scène de baignoire saisissante affraid

Tu as raison (comme souvent ! Very Happy ). Il y en particulier une scène d'extérieur ds laquelle Ruthie se prostitue or la caméra restant fixe, Ruthie finit par se trouver en dehors du champ. On ne fait qu'entrevoir ce qui s'y passe, ce qui limite l'aspect sexuel, tandis que de l'autre côté du champ, un poivrot est en train de dégueuler, ce qui renforce l'impression de misère ds laquelle Ruthie se trouve tombée. Terrible mais efficace, et sans voyeurisme malsain.

La scène de la baignoire : oui, très belle, par la proximité de ces deux femmes se lavant en même temps, le corps usé de la mère, celui magnifique de la jeune fille. Je ne sais si tu te souviens, la scène se termine par un gros plan d'Or lavant les sous-vêtements que sa mère a mis ds la baignoire pdt la douche. Scène d'économie domestique, qui parait simple et que la caméra traite comme un tableau de maître. Sauf que rien ne permet de dire à qui appartiennent les culottes que lave Or, laissant au spectateur le doute terrible de se dire que Or lave peut-être les culottes salies par sa mère qd elle bosse, car Or sait tt à fait ce que fait sa mère. C'est à la fois beau - car Or ne juge jamais sa mère - et moche car on comprend que la prostitution, Or est déjà dedans par une foule de détails.

Un film qui m'a fait une très très forte impression, tant par le sujet que par la perfection de la mise en scène.


Citation :
Et puis, la cellulite, c'est ce qu'il y a de plus beau chez les femmes
Ok, si c'est un mec qui dit ça, alors je laisse tomber mes crèmes qui coûtent cher ! Wink
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MessageSujet: Re: Les Sept Jours, de Ronit et Schlomi Elkabetz   Dim 27 Juil - 21:19

Non, je ne me souviens pas très précisément des scènes, mais l'impression générale est très forte.

Quant aux crèmes, les seules qu'il ne faut pas laisser tomber, ce sont les crèmes fromagères!!! J'ai dégoter l'autre jour un fameux livarot
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MessageSujet: Re: Les Sept Jours, de Ronit et Schlomi Elkabetz   Dim 27 Juil - 23:11

Ah oui, j'imagine bien l'effet du Livarot sur la cellulite... Wink

Plus sérieusement : comment fais-tu pour regarder un film en te concentrant à la fois sur la réalisation et l'intrigue ? Je m'améliore de ce côté là, mais quand même, une fois que je suis emportée par l'intrigue, je ne saurais dire si un film est entièrement tourné en plans fixes ou non !

En parlant de réalisation, c'est un vrai bonheur que ces films israéliens. "Bien léché" est l'expression qui me vient, même si elle n'est pas vraiment cinéphile ! Outre la caméra qui ne tressaute jamais, la photographie a un grain impeccable, la réalisation se laisse oublier au profit de l'intrigue, tout en servant celle-ci. Quelle maestria ! Au programme il y a aussi Prendre Femme, dont Thomas a parlé, j'espère y trouver la même qualité !
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MessageSujet: Re: Les Sept Jours, de Ronit et Schlomi Elkabetz   Lun 28 Juil - 11:38

Carla a écrit:


Plus sérieusement : comment fais-tu pour regarder un film en te concentrant à la fois sur la réalisation et l'intrigue ? Je m'améliore de ce côté là, mais quand même, une fois que je suis emportée par l'intrigue, je ne saurais dire si un film est entièrement tourné en plans fixes ou non !


Comme tu le dis, c'est une question d'habitude et d'entrainement grâce au cinéma muet (c'est beaucoup plus facile de se concentrer sur la réalisation dans les muets... Ne serait-ce que pour ne pas s'endormir :rigoltourne: ); et, évidemment, souvent l'intrigue prend le dessus!

Côté ciné israélien, certains films de Gitaï (Kippour, Kedma...) sont très impressionnants.
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MessageSujet: Re: Les Sept Jours, de Ronit et Schlomi Elkabetz   Ven 1 Aoû - 23:36

Ca y est, j'ai terminé le mini-cyle Ronit Elkabetz par Prendre Femme, film sorti en 2007 et co-réalisé avec son frère Schlomi.

Prendre Femme, c'est le récit de l'affrontement quotidien de Viviane et Eliahou. Elle voudrait divorcer, lasse de 20 de vie commune dont toute tendresse est absente depuis déjà longtemps. Eliahou refuse de lui accorder le divorce. Aime-t-il encore Viviane ? Est-ce plutôt la force de ses convictions religieuses et de son orgueil ? Quand à Viviane, ses crises d'hystérie sont-elles l'expression de sa colère ou une tentative de faire réagir Eliahou ? De crise en crise, le couple vit ainsi, mettant en péril non seulement leur couple mais aussi leur vie de famille, car les enfants assistent, impuissants, aux déchirements incessants de leurs parents.

Un film intéressant - du moins je l'ai vu comme tel à la lumière de ma propre expérience conjugale - mais qui n'atteint pas la perfection des Sept Jours. Ce n'est pas l'interprétation des acteurs qui est en cause, Ronit Elkabetz est décidemment incroyable, et j'ai également bcp aimé Simon Abkarian qui interprète un Eliahou magnifique, c'est juste un scénario un peu bancal j'ai trouvé, avec l'apparition superflue d'un Gilbert Melki que je n'aime décidemment pas. Mais c'est tout de même un film que je n'hésiterai pas à revoir.
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