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La Perfection du Crime - Helen Fields (Grande-Bretagne)

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MessageSujet: La Perfection du Crime - Helen Fields (Grande-Bretagne)   Sam 4 Aoû - 18:10



Etoiles Notabénistes : ***

Perfect Remains
Traduction : Luce Michel


ISBN : 9782501122665


Personnages



Merci aux Editions Marabout qui, dans le cadre d'une Opération Masse critique de Babélio, nous ont expédié un exemplaire de ce livre à titre gracieux.


Contrairement à mon habitude, et en dépit des trois-cent-soixante-quatre pages que compte ce roman, je n'ai pas grand chose à en dire.

Une, cependant, me semble d'importance : l'auteur, Helen Fields, est un auteur prometteur. Ça se sent, ça se flaire. Oui, selon votre humble servante, elle peut faire beaucoup, beaucoup mieux. On décèle chez elle un authentique désir d'originalité qui ne pourra éclater que si elle ne se bride pas elle-même et renonce aux vieilles ficelles, trop visibles, du roman policier. En ce cas, elle ne risquera plus de tomber dans des ornières tels qu'un tueur psychopathe qui, franchement, n'a rien pour plaire, pas même l'intelligence ou l'outrance dans la méchanceté, et une fin vraiment "téléphonée" - fin qui ne concerne d'ailleurs pas l'intrigue principale mais celle du "viol" attribué au héros policier par une hystérique dont les traits, là encore, sont trop forcés.

En gros, l'intrigue principale s'articule autour d'un inconnu qui enlève des femmes et les emprisonne dans le but essentiel de les soumettre. Rusé, il s'en prend en parallèle à une pauvre fille dont il brûle le cadavre de telle façon que celles qu'il enlève soient toutes considérées mortes et que leurs dossiers se retrouvent classés. Ça d'accord, ce n'est pas mal imaginé. En tout cas, ça laisse imaginer une fin pimentée.

L'équipe de policiers, Luc Callanach, mi-français, mi-écossais, qu'on vient de muter dans les Highlands alors qu'il a travaillé à Interpol, et sa consœur Ava Turner, forment, eux aussi, un duo qui sort de l'ordinaire et promet beaucoup s'il doit réapparaître dans d'autres enquêtes.

Le premier enlèvement se présente, si j'ose dire, assez bien pour le lecteur. Mais pourquoi a-t-il fallu que, dès le début, ou presque, l'auteur ait eu l'idée de nous révéler son identité ? Ce personnage n'a de ronflant que le nom. Pour le reste ... Il n'est pas bête mais ce n'est pas un génie. En revanche, je l'ai déjà dit, il est très astucieux. On le suppose très vite impuissant et doté, dans le passé, d'une mère castratrice. Une mère puissante, donc. Ce qui explique peut-être la préférence qu'il affiche, dans le choix de ses victimes, pour les femmes de pouvoir ou de caractère. A peine a-t-on lu deux ou trois pages sur lui qu'il ne nous reste plus qu'à faire les paris sur le temps qu'il mettra à se retrouver coincé et à s'effondrer. On pourrait, évidemment, lui dénicher des tendances sadiques mais, pour l'une de ces tendances - non, je ne vous dirai pas laquelle - elle est un peu légitimée par les circonstances qui le forcent à maquiller le corps de quelqu'un d'autre pour faire croire que sa victime est morte.

Personnellement, je résumerai sa personnalité comme celle d'un gros bébé boudeur, mal-aimé certes, et qui, malgré son besoin pathologique de propreté, semble se promener, du début jusqu'à la fin, muni d'une couche-culotte pour adultes. Il est vrai que tous les tueurs en série ne peuvent avoir l'élégance d'un Hannibal Lecter ... Mais enfin, l'auteur donne l'impression - car ce n'était peut-être pas cela qu'elle recherchait - de nous brosser ici le portrait d'un tueur vraiment dégoûtant sur tous les points. Pire : pas une minute on ne parvient à le plaindre - et cela en dépit de l'enfance qu'il a dû supporter, on n'en doute pas.

Tout aussi peu convaincante, quoique très belle, très glamour, apparaît la folle qui s'en vient poursuivre Callanach jusqu'en Ecosse. Songez donc : il n'a pas couché avec elle - ou alors il n'a pas remis le couvert. Depuis, la malheureuse ne vit plus. Il lui faut faire souffrir Callanach de toutes les manières possibles et imaginables. Tout ça parce qu'il refuse de reconnaître qu'elle est la réincarnation parfaite d'Aphrodite - ou à  peu près. 

Un peu maigre, comme prétexte, non ? 

Mais le plus ennuyeux, avec ce personnage-là, c'est que, au contraire du tueur qui nous devient familier dès le début ou presque, il arrive un peu tard. Comme une espèce de justification. C'est en cela qu'on peut parler de quelque chose de "téléphoné."

"Téléphoné" - et largement prévisible depuis les premiers chapitres - l'engouement du tueur pour Ava. Ici, nous sombrons - enfin, nous aurions pu sombrer - dans la tragédie. Car Ava, c'est la coéquipière de Luc, vous comprenez - et peut-être un peu plus, qui sait ? Or, comme vous le voyez à longueur de séries américaines (certaines excellentes, d'ailleurs), un coéquipier, c'est un coéquipier. Il (ou elle) appartient à l'autre équipier et, de façon générale, il ne faut  pas toucher à l'équipier de l'équipier !  Bad

Notre tueur, astucieux certes mais qui, en général, ne brille pas par l'éclat de son intelligence, ignore tout de l'amitié ou de l'amour. Donc, fatalement, un truc dans ce genre, cette union entre deux équipiers, il ne peut pas comprendre. Ce qui explique sans doute pourquoi, bêtement, il s'en prend à Ava, après que celle-ci ait participé à une conférence comme invitée de la femme que le tueur déteste le plus - après sa mère, probablement. (Mais il pourrait y avoir une autre raison, que je ne vous révélerai pas. Réfléchissez un peu : le tueur n'a aucune raison de faire souffrir Callanach mais la femme qu'il déteste le plus, hein ? ...   )

Enfin, grâce aux dieux des Highlands, tout se termine bien, sauf que le héros se refuse à ressembler à Steve McQueen - si vous voulez savoir ce que McQueen vient faire là, il vous faudra lire ce roman qui présente en tout cas le mérite, pour moi incontestable et hautement respectable, d'utiliser d'autres temps et d'autres modes que le présent de l'indicatif.

Par curiosité, je jetterai un coup d'œil au deuxième. Après tout, il faut un début à tout. Et si elle accepte de se lancer sans filet, je suis sûre qu'Helen Fields nous donnera vraiment un roman à la mesure de son talent, qu'on sent ici frémir et tapoter du pied, impatient d'aller au charbon.


PS : que celui ou celle qui a ricané, là-bas, dans le fond, en remarquant : "Et elle a écrit qu'elle n'avait pas grand chose à en dire !" se dénonce ! 

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