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LA RENTRÉE 2018..........A L'AFFICHE CETTE RENTRÉE !!!! UN PEUPLE ET SON ROI Pierre Schoeller

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Elisabeth
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MessageSujet: LA RENTRÉE 2018..........A L'AFFICHE CETTE RENTRÉE !!!! UN PEUPLE ET SON ROI Pierre Schoeller    Ven 26 Oct - 15:45



UN PEUPLE ET SON ROI PIERRE SCHOELLER









LA CRITIQUE =

«UN PEUPLE ET SON ROI», SANS CORPS NI TÊTE

Par Olivier Lamm LIBÉRATION

Après «l’Exercice de l’Etat», Pierre Schoeller a passé sept ans à se documenter pour mener à bien son grand projet sur la Révolution française. Son film échoue cependant à transcender son ambition didactique.

L’histoire est toujours un peu plus compliquée que dans nos souvenirs. Surtout les pans les plus commentés et discutés par les chercheurs, puis lus et entendus par nous. Fatalement, celui qui s’y plonge - historien, amateur ou artiste - prend le risque de se trouver «sous l’eau, noyé, épuisé, fou, schizophrène», des mots choisis par Pierre Schoeller pour décrire son travail de recherche et d’écriture sur Un peuple et son roi en 2015, dans un entretien à Libération à propos des «restes» politiques de la Révolution française. Et le moins que l’on puisse dire est que le film, sur lequel le cinéaste a travaillé à tête reposée pendant sept ans, capture absolument cette confusion d’un cinéaste face à un sujet qui non seulement le passionne, mais surtout neutralise sa capacité à faire du cinéma. Le projet d’une mise en regard de la Révolution avec notre propre époque en crise d’insurrection n’était pourtant pas sans lien avec les films précédents de Schoeller, Versailles (2008) et l’Exercice de l’Etat (2011).

Joyeux bagout
Sur le papier, Un peuple et son roi dévide les faits de la première phase de la Révolution, entre le Jeudi Saint du 9 avril 1789 - quelques semaines avant la prise de la Bastille - et l’exécution de Louis XVI (une deuxième partie, théoriquement, devrait se concentrer sur la Terreur). Le récit régurgité par Schoeller après compulsation de nombreuses sources (notamment les ouvrages de Sophie Wahnich, Guillaume Mazeau ou Arlette Farge) adopte la forme d’une mosaïque d’anecdotes «réelles» ou exemplaires de l’histoire telle qu’elle s’est déroulée, vécue par les membres d’une communauté de révolutionnaires des faubourgs (l’oncle verrier, joué par Olivier Gourmet, et sa femme, jouée par Noémie Lvovsky, la lavandière Françoise, campée par Adèle Haenel, et son amant Basile, voleur de poules incarné par Gaspard Ulliel…), subie par le roi et débattue dans les rangs de l’Assemblée nationale naissante (dont les rangs sont squattés par un who’s who du cinéma français, de Louis Garrel en Robespierre à Denis Lavant en Marat). Tous agissent et veulent exister à la faveur de saynètes censées capter l’air du temps et les atermoiements des forces en mouvement qui ont décidé, jour après jour, du destin de la Révolution : les habitants de la ruelle de la Bastille accueillent le soleil sur leur peau et leurs pavés après que les révolutionnaires ont abattu les premiers donjons de la prison ; Louis XVI reçoit en rêve la visite de ses augustes ancêtres, Louis XI et Henri IV, venus le gronder ; Marat, une fourrure autour du cou, agite un pistolet en discourant.

Pourtant malgré la volonté affirmée par Schoeller de raconter «une révolution à hauteur d’hommes, loins des débats idéologiques», le film n’arrive jamais à décoller de la frise entrecoupée de démonstratives éphémérides («1791 : l’insurrection qui vient»), chaque scène désespérément détachée des autres et condamnée à l’illustration, à l’édification, ou les deux mêlées. Les acteurs ne semblent pas en cause, parmi lesquels certains s’emparent même avec un joyeux bagout de leur partition très documentée, à l’instar de Laurent Lafitte en Louis XVI, assez fascinant d’ambiguïté. Les choix de mise en scène non plus, qui se refusent obstinément à faire un festin visuel du travail de reconstitution maniaque et jouent en permanence des plans serrés et du hors-champ. Mais le récit du film, sa construction même, semblent contraints par la volonté de bien faire de Schoeller, qui semble tétanisé à l’idée de déployer l’histoire en une fiction qui pourrait faire voler en éclats la vérité au cœur de ses subtilités. Où fabriquer sa fiction précisément, puisqu’on est au cinéma, et en principe supposé porter cette matière au-delà de l’enchaînement de chromos pédagos, d’une story Instagram dispendieuse, d’une bande-annonce à rallonge pour une série de télévision ?

Images maladroites
Toute l’étrangeté d’Un peuple et son roi provient du fait que le film, malgré ses inventions, n’en contient aucune, pas plus qu’il n’abrite le moindre personnage, la moindre interaction qui soit plausible, la moindre incarnation. On comprend bien la volonté de Schoeller de remettre à plat la Révolution, de la repolitiser en quelque sorte en opposant les grands mots et les symboles face à la réalité - de quelles libertés, égalités, fraternités la période 1789-1793 fut elle effectivement le terreau ? Mais comment expliquer alors l’étroitesse à l’écran de son petit théâtre d’idées, brouhaha de commentaires sur l’action politique qui n’aboutit à rien d’autre qu’à du trépignement ? De la maladresse de ces images incapables d’aboutir à un quelconque énoncé ou, pire encore, à celui inverse de celui escompté, telle cette éclaboussure de sang du roi décapité finissant dans les mains d’un enfant ? Le ratage de Pierre Schoeller est d’autant plus déroutant qu’en échouant à apporter un souffle vivant à son projet, il échoue à faire honneur à sa passion au moins autant qu’à celles de ses héros, qu’il finit par abandonner à leur destin quand ils proclament «la liberté ou la mort».

Olivier Lamm





MON AVIS =

Si j'ai choisi la critique du journal Libération, c'est qu'elle est la plus proche de mon ressenti......
Car, en fait, plus de deux siècles après ce qui fut un tournant irréversible de l'Histoire de la France, je ne trouve pas, au cinéma, et bien souvent dans les ouvrages d'historiens s'attachant à cette période, de synthèse satisfaisante, d'explication qui me satisfasse;
La Révolution Française fascine, voire enfièvre encore = fut elle un bien, fut -elle ce qu'elle se disait être, l'avènement de l'égalité, de la fraternité, de la liberté ?
A l'évidence, c'est un événement, polysémique, éclaté, foisonnant d'épisodes contradictoires, et en définitive, qui se résorbe sous la poigne d'un autre tyran = Napoléon;
Quel bien, vraiment en retira le peuple, le vrai ? Fort peu de chose.....
Car, confisquée par l'état et manipulée par la bourgeoisie, enrichissant ceux qui n'avaient ni idéaux ni morale, la Révolution fut un échec en ce qui concerne le peuple......
Le progrès technique, l'instruction obligatoire, les découvertes de la médecine, voilà ce qui libérera le peuple, plus tard, peu à peu......

Alors, comment juger, disons évaluer l'oeuvre de quelqu'un qui croit à l'unité de sens, à la signification réelle de tant de révoltes, massacres, pillages, guerres fratricides, guerres civiles.....????

Il reste une intrigue solidement charpentée, appuyée sur des documents d'époque, un lyrisme plein de beauté et une volonté d'être intègre;
Largement assez pour aller voir ce très beau film........









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