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Manuel Puig (Argentine)

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MessageSujet: Manuel Puig (Argentine)   Mer 22 Oct - 22:03

Juan Manuel Puig Delledonne, qui deviendra Manuel Puig, naît le 28 décembre 1932, à General Villegas, dans la province de Buenos Aires, en Argentine.

Après avoir tenté, mais en vain, des études d'architecture à l'Université de Buenos-Aires, il commence à travailler dans le cinéma, en qualité d'archiviste et de monteur, tout d'abord dans son pays natal, à Buenos Aires, puis en Italie grâce à une bourse dispensée par l'Institut Italien de Buenos Aires. Mais son rêve, c'est de devenir scénariste pour le petit comme pour le grand écran - rêve qui ne se concrétisera jamais.

Dans les années soixante, il s'installe à Buenos Aires pour y écrire son premier roman : "La Trahison de Rita Hayworth." En raison de ses convictions politiques qui sont plutôt "de gauche" et comme il prévoit un raz-de-marée "droitiste" déferlant sur l'Argentine, Puig prend les devants et déménage pour Mexico en 1973. C'est dans cette ville qu'il écrira le reste de son oeuvre - et tout particulièrement "Le Baiser de la Femme-Araignée."

Le travail de cet écrivain s'apparente au pop art. Probablement influencé par son travail au cinéma et à la télévision, Puig parvint à se façonner un style d'écriture qui intègre nombre d'éléments constitutifs de ces media, notamment le montage et le recours aux points de vue multiples sans oublier le dialogue qui, chez Puig, atteint dans le naturel des sommets rarement égalés par un auteur purement "littéraire."


Il n'a pas non plus hésité à puiser dans la culture populaire : références kitsch, soap operas et novellas, etc ... Dans les Histoires de la Littérature sud-américaine, on rencontre le plus souvent son nom au chapitre des écrivains post-modernistes.

Il a vécu l'essentiel de sa vie en exil. En 1989, il quitta Mexico City pour Cernavaca, toujours au Mexique, ville où il devait mourir le 22 juillet 1990.

Dans sa biographie officielle : "Manuel Puig and the Spider Woman : His Life and Fiction", rédigée par l'Américaine Suzan Jill Levine et dont nous ignorons, au moment où nous postons, si elle a été traduite en français (mais ça nous étonnerait, notez bien Wink ), on raconte que Puig avait souffert d'une douleur à la poitrine pendant plusieurs jours avant d'être admis à l'hôpital. Là, on diagnostiqua une inflammation de la vésicule biliaire et il fut opéré en urgence. Alors qu'il commençait à reprendre des forces et que tout danger semblait écarté, ses poumons s'emplirent de liquide et il fut déclaré cliniquement mort à 4 h 55 du matin, en ce 22 juillet 1990.

Pour l'ensemble des critiques, son oeuvre comporte deux courants : celui de ses premiers romans, qui atteignirent le grand public parce que leur auteur puisait à pleines mains dans la culture de masses, et celui de ses romans les plus tardifs qui présentent au contraire une existence déprimée et difficilement tolérable, qui ne se préoccupe même plus d'adoucir son quotidien de quelque façon que ce soit.
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"Mon Âme est une Infante en robe de parade,
Dont l'exil se reflète, éternel et royal,
Aux grands miroirs déserts d'un vieil Escurial,
Ainsi qu'une galère oubliée en la rade."  - 
Albert Samain

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Et ce qui importait en fin de compte, c'était moins d'être vaincu que d'avoir une âme de vaincu car cela seul est sans remède.

Jean Hougron

Il y a si longtemps maintenant que j'attends mon cancer, je ne vais quand même pas partir sans lui. - Pierre Desproges

Les animaux sont moins intolérants que nous : un cochon affamé mangera du musulman. - Pierre Desproges
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MessageSujet: Re: Manuel Puig (Argentine)   Mer 22 Oct - 22:08


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MessageSujet: Le Baiser de la Femme-Araignée   Sam 25 Oct - 18:06



El Beso de la Mujer Araña
Traduction : Albert Bensoussan


Au coeur de l'Argentine de Videla, une cellule dans une prison de Buenos-Aires. S'y trouvent réunis un détenu politique, Valentin Arregui, chef d'un groupe d'opposants au régime qui, jusque là et malgré les tortures subies, n'a laissé passer aucune information véritable, et Luis Alberto Molina, homosexuel condamné pour détournement de mineur.

Les deux hommes - Molina est légèrement plus âgé qu'Arregui - ont fini par sympathiser. Plus chanceux qu'Arregui, Molina a encore sa mère qui, de temps à autre, lui envoie ou lui apporte des colis de nourriture dont il fait profiter son camarade de cellule. Et puis, Molina a tout de même des chances de sortir un jour ou l'autre de prison. Son avocat, on l'apprend d'ailleurs au début du roman, a bon espoir.

Chaque soir, avant de s'endormir, Molina a pris l'habitude de raconter à Arregui les films dont il a gardé le meilleur souvenir. Ce qui permet à Manuel Puig d'ouvrir son livre avec un récit magistral de "La Féline" de Jacques Tourneur. Joyaux du fantastique ou oeuvres de propagande, tout est bon en effet à Molina le cinéphile pour distraire celui qu'il nomme par son prénom, Valentin, alors que, on s'en aperçoit à la fin, ce dernier ne l'appellera jamais que par son nom de famille.

Il est vrai que, en espagnol, le "a" est une lettre féminine et que, peu à peu, au fur et à mesure que s'écoulent les jours d'enfermement et que Molina se met en quatre pour son voisin de cellule à la santé semble-t-il plus fragile, les rapports qui existaient entre les deux hommes subissent une douce mais irréversible mutation.

Peu importe si Molina est en fait un "mouton" contraint par l'administration pénitentiaire de tenter d'obtenir des renseignements décisifs en contrepartie de sa propre libération. Alors même qu'il en prend conscience, le lecteur sait que Molina ne trahira jamais Valentin.

Car le lecteur est aussi présent dans la cellule lorsque Molina incite Valentin à laisser de côté la nourriture de la prison (droguée de façon à le rendre malade et à affaiblir sa résistance) pour lui préférer celle qu'il parvient à obtenir du directeur sous couvert d'un colis que lui aurait envoyé sa mère.

Bien avant que Valentin s'en aperçoive, le lecteur a compris que Molina, qui se définit lui-même comme une femme, est tombé plus ou moins amoureux d'Arregui. Molina, en dépit du surnom de "femme-araignée" que lui donne par jeu son compagnon de cellule, n'a rien de la vamp : c'est une femme qui donne tout - y compris, pour finir, sa vie.

Manuel Puig ne recourt jamais à une analyse des pensées de ses personnages. Quand celles-ci surviennent, elles s'avancent en flot pressé et ressemblent plus à des images mentales, brutes de décoffrage, qu'à des réflexions muettes et profondes à la Marcel Proust.

A l'exception de deux entrevues avec le directeur de la prison et du rapport final sur la mort de Molina, "Le Baiser de la Femme-Araignée" est un immense dialogue entre les deux voisins de cellule et c'est par la subtilité et le naturel exceptionnels de ce dialogue que le lecteur prend pied peu à peu dans le mental des deux hommes.

Le procédé paraîtra peut-être déroutant à certains mais l'impression générale qui en ressort, c'est surtout l'admiration pour la maîtrise et la pudeur avec lesquelles Manuel Puig conduit son intrigue et ses personnages jusqu'à leur fin tragique mais inévitable. Il n'y a ici aucune trace de vulgarité ou de grossièreté et, lorsque le roman se clôt sur la mort d'Arregui, on a surtout la sensation d'avoir lu une belle, une grande histoire d'amour et d'amitié.

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Dernière édition par Masques de Venise le Sam 25 Oct - 22:59, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Manuel Puig (Argentine)   Sam 25 Oct - 22:47

Masques de Venise a écrit:

Au coeur de l'Argentine de Pinochet, une cellule dans une prison de Buenos-Aires.
Videla peut-être ?

Ceci dit, il n'y avait en effet plus bcp de différence entre Chili et Argentine aux temps de ces deux salauds.


Pinochet à gauche, Videla à droite.
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MessageSujet: Re: Manuel Puig (Argentine)   Sam 25 Oct - 22:58

Oups, tu as raison. Je corrige. :oops:
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