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Home, Ursula Meier

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Carla
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MessageSujet: Home, Ursula Meier   Sam 8 Nov - 20:32

Home, donc.

A voir.

Non, vous n'avez pas cru que j'allais m'en tenir là Wink

Citation :
Le cinéma étant quand même avant tout, faut-il le rappeler, un art visuel, la première chose qui frappe dans Home c'est son décor, son cadre, son univers, qui happe l'œil dès les premiers instants, qui intrigue, qui trouble et qui donne d'emblée au film sa tonalité de fable aux frontières du réel. Une autoroute toute neuve, asphalte immaculé, balafre la campagne à perte de vue. Une autoroute vide, sans l'ombre d'une bagnole, un fantôme d'autoroute. Et, tanquée juste à côté, incongrue, comme déposée là par un diable farceur, une maison. Une vraie maison, pas une cabane de chantier. Pas non plus une baraque luxueuse, non, un pavillon certes brut de décoffrage mais doté de tous les attributs d'un foyer, avec des rideaux aux fenêtres, un paillasson devant la porte, une balançoire sur un bout de pelouse délimité par les glissières de sécurité. Et dans cette maison vit une vraie famille qu'on découvre en pleine partie de hockey, patinant et rigolant à l'envi. Le père Olivier Gourmet, la mère Isabelle Huppert et trois enfants : une grande fille, une moins grande et le petit dernier, qui doit avoir une dizaine d'années. Le scénario se garde bien de donner des explications oiseuses, ils sont là et puis c'est tout. Cette bicoque c'est chez eux, c'est leur home sweet home, même que la mère dira qu'ils ont suffisamment galéré avant de le trouver, cet endroit improbable où ils se sentent bien. Unis, cellulaires, loin des autres.
Chaque matin le père va travailler, dans sa voiture qu'il gare de l'autre côté des deux fois trois voies. Les deux plus jeunes enfants vont à l'école, empruntant le même chemin, s'enfonçant dans les champs qui les conduisent vers le monde extérieur, dont on ne verra rien. La mère reste au foyer, s'active, fait la lessive. Pendant que la grande fille lézarde au soleil en maillot de bain, affalée dans un transat, en écoutant du rock lourd à plein volume. Curieuse et excitante sensation d'être entre deux eaux, entre la chronique attentive d'un quotidien familial pas facile tous les jours et le récit d'anticipation post-apocalyptique, qui suivrait les faits et gestes légèrement décalés d'un groupe de rescapés d'une guerre dévastatrice. Quoiqu'il en soit la vie continue, banale somme toute, et joyeuse le plus souvent, le père se remet même aux travaux de la piscine, au grand bonheur de son fils.

Jusqu'au jour où se produit l'événement que chacun redoutait peut-être sans jamais en parler : l'autoroute, laissée à l'abandon depuis sa construction, est ouverte à la circulation. Ce sont d'abord les ouvriers et les camions de chantier qui débarquent, puis les automobilistes, dûment célébrés par la radio qui tonitrue la nouvelle.
Et là évidemment, tout change. C'est le monde, ce monde dont elle avait cherché à tout prix à s'extraire, qui s'impose en force sous le nez de la petite famille. Un monde bruyant, dangereux, polluant, sale, inquiétant, menaçant, vampirisant… Là encore, des images fortes, comme ce gigantesque embouteillage de départ en vacances, symbole terrifiant de la folie automobile. Et face à cette agression, le clan se retranche, se replie sur lui-même, essaie de trouver des combines dérisoires pour faire semblant de continuer à mener une vie normale. Préserver l'intégrité du foyer, sauvegarder l'harmonie familiale deviennent une obsession, le père multiplie les initiatives de calfeutrage, la mère perd pied, s'accroche à des habitudes périmées, les enfants subissent, essaient de s'adapter, de partager l'obstination de leurs parents… Fusion et confusion, le climat devient de plus en plus étrange, on ne sait plus d'où sourd le plus grand danger : de l'autoroute, à l'extérieur, ou de la famille, à l'intérieur ?
(source : Utopia)


Ne vous fiez pas à la bande annonce : ce film a l'air drôle mais ne l'est pas vraiment. Il vaut vraiment le détour, pour son originalité et la reflexion sur ce qu'est une famille, sur notre attachement au lieu qui nous abrite...
Les acteurs, Isabelle Huppert en tête, sont formidables, quand à la réalisation elle nous offre de très beaux plans fixes et une très belle lumière.

Un (trop) court interview de la réalisatrice à propos de son film.

Un grand coup de coeur ciné ! (et une bonne après-midi passée en compagnie de Dahud Very Happy )
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MessageSujet: Re: Home, Ursula Meier   Sam 8 Nov - 21:25

J'ajoute (car décidemment, ce film m'a emballée !) que les scènes d'intimité de cette famille sont extraordinairement belles. Olivier Carré, en père de famille, est touchant et sincère et les enfants, chacun dans sa différence, forment une famille dans laquelle on souhaiterait se glisser.
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MessageSujet: Re: Home, Ursula Meier   Dim 9 Nov - 0:14

Oups...Carla... Tu déparles! C'est Olivier Gourmet!! Very Happy
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MessageSujet: Re: Home, Ursula Meier   Dim 9 Nov - 7:14

Oui, un très bon film avec des acteurs formidables. Mais non, ce n'est pas gai du tout, plutôt angoissant même par moment car on ne sait pas jusqu'où va aller la dérive de cette famille. Vont-ils sombrer totalement dans la folie ?
Il y a un petit côté SF avec cette famille qui semble comme "hors du temps" suite à une quelconque catastrophe familiale? Peu de choses sont dites sur l'origine de cette histoire mais il y a tout de même quelques formules elliptiques qui laissent penser que la famille était déjà fragilisée avant : la mère semble avoir longtemps cherché son bonheur mais à la fois dès le départ, une de ses filles semble douter de ce bonheur, on peut supposer que la mère travaillait avant et qu'en restant toute la journée dans cette maison, elle fuit déjà la réalité dès le départ, elle ne sort jamais. Ce côté un petit peu SF, n'empêche pas malgré tout qu'on sente ce drame proche de nous. Ce moment terrible où la barrière d'autoroute se referme, les coupant brutalement du monde et faisant rentrer d'un seul coup les pires travers de notre société dans l'intimité la plus profonde de cette famille ( paradoxale). La société est partout mais il y a de suite quelque chose de plus inquiétant lorsqu'elle rentre en force dans notre petit cocon, notre chez nous.

J'ai particulièrement apprécié les plans d'Isabelle Huppert avec ses robes vaporeuses et ses petites bottines à talons au milieu des champs, de nulle part. Comme un combat civilisation/refus de celle-ci dans une même personne.
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MessageSujet: Re: Home, Ursula Meier   Dim 9 Nov - 17:18

P'tit Marcel a écrit:
Oups...Carla... Tu déparles! C'est Olivier Gourmet!! Very Happy

ciel !
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MessageSujet: Re: Home, Ursula Meier   Dim 9 Nov - 17:24

Dahud a écrit:
J'ai particulièrement apprécié les plans d'Isabelle Huppert avec ses robes vaporeuses et ses petites bottines à talons au milieu des champs, de nulle part. Comme un combat civilisation/refus de celle-ci dans une même personne.

Moi aussi, même si je ne sais trop quoi en penser. Est-ce également un signe de fragilité, ces tenues inappropriées, une volonté d'affirmer une élégance même loin detout ? En tout cas, c'est incroyable : dans l'immensité environnante (les paysages sont de toute beauté), chaque détail distinguant chaque personnage parait porteur de sens.
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MessageSujet: Re: Home, Ursula Meier   Lun 10 Nov - 10:08

Carla a écrit:
Dahud a écrit:
J'ai particulièrement apprécié les plans d'Isabelle Huppert avec ses robes vaporeuses et ses petites bottines à talons au milieu des champs, de nulle part. Comme un combat civilisation/refus de celle-ci dans une même personne.

Moi aussi, même si je ne sais trop quoi en penser. Est-ce également un signe de fragilité, ces tenues inappropriées, une volonté d'affirmer une élégance même loin detout ? En tout cas, c'est incroyable : dans l'immensité environnante (les paysages sont de toute beauté), chaque détail distinguant chaque personnage parait porteur de sens.
Moi, je l'ai vu comme un signe de fragilité qui annonce un peu leur quête "absurde" et impossible. Dès le départ, on la sent très fragile, bien avant le conflit.
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