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Clint Eastwood, réalisateur

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Carla
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MessageSujet: Clint Eastwood, réalisateur   Sam 3 Jan - 19:04

L'Echange

1928. Christine Collins part travailler en laissant son jeune fils, Walter, à la maison. Quand elle rentre, il a disparu. Elle alerte les services de police. Cinq mois plus tard, la police lui annonce avoir retrouvé Walter. Mais lorsqu'elle le voit, Christine est formelle : l'enfant n'est pas son fils. La police refuse de la croire...

Le Monde a écrit:
Clint Eastwood, 77 ans, a une drôle de manière de voyager dans le temps. Plus les années passent, plus son cinéma se tourne vers le passé. Et maintenant qu'on est entré dans le XXIe siècle, il propose avec L'Echange un film d'un classicisme épuré, qui utilise le vocabulaire du vieil Hollywood avec une sincérité et une puissance d'expression qu'il est le seul à pouvoir susciter – question de foi dans le cinéma, sans doute.

A cette admiration devant la forme, il faut ajouter la quasi-stupeur qui saisit en comprenant au bout de quelques plans que L'Echange, film noir (le cinquième de son auteur à être en compétition à Cannes), est aussi un grand film politique, qui parle avec autorité et compassion de l'Amérique d'aujourd'hui.
Le scénario de J. Michael Straczynski (qui a surtout travaillé pour des séries télévisées et des comics) s'inspire d'un fait divers réel : en 1928, Walter Collins, un enfant de 9 ans, disparaît. Quelques semaines plus tard, la police de Los Angeles rend à sa mère, Christine, qui a élevé seule son fils, un enfant qui affirme être Walter. Elle ne reconnaît pas ce petit garçon et engage un combat inégal avec le Los Angeles Police Department (LAPD). Dans le même temps, la police découvre l'existence de Gordon Northcott, un tueur en série qui attire des petits garçons sur son ranch avant de les tuer et de les dépecer.
Les premières séquences, qui conduisent à la disparition de Walter, montrent le monde tel qu'il était juste avant que Clint Eastwood n'y entre. Les Etats-Unis modernes sont presque formés, Christine Collins (Angelina Jolie) vit dans une maison de plain-pied, il y a un réfrigérateur, une radio, une baignoire. Christine Collins travaille pour une entreprise de haute technologie, la Pacific Electric. Elle dirige un grand standard téléphonique, dans lequel elle circule en patins à roulettes. La Grande Dépression n'est pas encore là. Mais la cité est corrompue et sur les ondes, un pasteur presbytérien, Gustav Briegleb (John Malkovitch), prêche sans relâche contre les exactions et les crimes du LAPD, dirigé par James E. Davis.
Ce fossé entre la sécurité des foyers et la déliquescence sociale est un gouffre dans lequel le film s'installe. Pour empêcher Christine Collins de se faire entendre et d'exposer l'incompétence de l'institution, la police utilise tout l'arsenal répressif et peut compter sur l'appui du corps médical.
La reconstitution historique est impeccable, les moyens de la mise en scène et du scénario d'une limpidité parfaite. Chaque scène débute comme un acte liturgique, on sait ce qui sera dit, ce qui sera fait par chacun des personnages. Quand le chef de la brigade des mineurs, J.J. Jones (Jeffrey Donovan), tente de ramener Christine Collins à la raison, les répliques tombent comme des cartes à jouer. Et pourtant, elles sont aussi cruelles que si l'on n'avait jamais vu un bourreau de cinéma torturer une innocente.
MONSTRE MODERNE
Porté par l'énergie farouche d'Angelina Jolie, le personnage de Christine Collins est une héroïne classique qui affronte un monstre résolument moderne. Cette modernité est incarnée par le capitaine Jones, technocrate de la répression et de la corruption, dont Jeffrey Donovan fait l'un des meilleurs méchants de cinéma que l'on ait vu récemment, lisse, sans affect, indestructible.
Ce que veut dire Clint Eastwood apparaît très vite avec une clarté foudroyante : la société américaine demande parfois à ses membres d'échanger leur liberté contre un peu de tranquillité. Le LAPD pratique les exécutions extrajudiciaires et – selon les termes du bon pasteur Briegleb – ne lutte contre la pègre que pour éliminer la concurrence. Elle aime aussi à faire interner sans procès les gêneurs, comme ces femmes de policiers qui voudraient porter plainte parce que leurs maris les battent.
Très précisément, Clint Eastwood fait coïncider des éléments du scénario de L'Echange avec des titres de journaux de 2008. Ces arrestations arbitraires, cette corruption n'ont pas été extirpés, tout a repoussé depuis. Alors que le dernier film d'Eastwood, Mémoire de nos pères (2006), était une réflexion sceptique et désenchantée sur l'imperfection de la démocratie américaine, L'Echange est à la fois un formidable thriller et un appel pressant à la résistance.

J'hésitais à aller le voir, en raison de la présence d'Angélina Jolie qui pour moi est plus reliée à la presse-people qu'au ciné. Et puis je me suis décidée un peu au dernier moment et, finalement, je ne le regrette pas. Ce film mérite d'être vu, tant pour ses qualités esthétiques que pour le thriller intense qu'il nous offre. Le talent de Clint Eastwood est là, il parvient à nous tenir en haleine avec une intrigue qui utilise des ficelles vieilles comme les histoires humaines, mais on reste scotché devant l'écran et on en sort en se disant que le film devrait logiquement remporter qq oscars...
A noter, il s'agit d'une histoire vraie.

J'avais terminé l'année 2008 sur un excellent film (Caos Calmo), je commence 2009 avec un excellent film. Vive le cinoche !
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Dernière édition par Carla le Jeu 5 Mar - 21:46, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Clint Eastwood, réalisateur   Sam 3 Jan - 21:52

Salut Carla et bonne année à toi.
Elle n'est pas mal non finalement Angelina Jolie, tout l'art est de bien la filmer, merci papa Clint !
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Carla
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MessageSujet: Re: Clint Eastwood, réalisateur   Dim 4 Jan - 12:48

Bonne Année Camille ! Very Happy
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MessageSujet: Re: Clint Eastwood, réalisateur   Lun 5 Jan - 8:50

Il faut décidément que je prenne le temps d'aller le voir, ce film !
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MessageSujet: Re: Clint Eastwood, réalisateur   Jeu 5 Mar - 21:59

Gran Torino

Walt Kowalski, ancien vétéran de la guerre de Corée, fait désormais de la résistance ds son quartier, dont il est le dernier habitant blanc. Il vient d'enterrer sa femme, et fout à la porte le padre du coin qui voudrait bien l'entendre en confession. Il bougonne, flanque ses enfants à la porte eux aussi, et crache à chaque fois qu'il aperçoit la vieille Hmong se balancer sous le porche de la maison d'à côté. Mais il va peu à peu changer d'avis à leur sujet...

Euh... après le très bel Echange, j'ai été déçue. Esthétiquement, c'est tj aussi bien, belle photo, superbe lumière quand il s'agit d'éclairer les corps vieillissants, beaux plans fixes... Mais je n'ai pas franchement trouvé mon compte ds ce nouveau film. J'ai trouvé qu'Eastwood flirte avec la caricature ds sa façon de camper ce vieux bougon, et puis surtout je n'ai rien vu d'original dans l'intrigue, ni même au moins dans le traitement de celle-ci. J'ai du mal à comprendre l'extase que suscite ce film autour de moi ou dans la presse. Fade est le mot qui me vient à l'esprit. Pas mauvais, mais fade.
Paradoxalement, ce n'est ni Eastwood ni les Hmongs qui m'ont intéressée, mais les deux fils, déjà murs, interprétés par des acteurs que je ne connais pas. Ces deux hommes se ressemblent, et, si on les voit très peu, laissent pourtant paraitre une humanité qui fait défaut aux autres personnages.
En voyant Tony Manero le lendemain, je me suis fait la reflexion que le constraste entre les deux films fait d'autant plus ressortir le côté artificiel, "hollywoodien" de ce dernier opus d'Eastwood.
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MessageSujet: Re: Clint Eastwood, réalisateur   Ven 6 Mar - 9:31

Je finissais par croire que j'étais la seule à ne pas aimer. Mais non, et j'ai bien aimé cet avis là.
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MessageSujet: Re: Clint Eastwood, réalisateur   Jeu 3 Sep - 10:51

On a rattrapé notre retard et vu l'Echange hier. Quelle histoire, et c'est magnifiquement filmé. Angelina Jolie joue très bien, comme tous les autres d'ailleurs (l'assassin est glaçant avec son visage poupin).
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MessageSujet: Re: Clint Eastwood, réalisateur   Jeu 3 Sep - 13:25

Quel film en effet !
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