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James Joyce

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Masques de Venise
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MessageSujet: James Joyce   Lun 2 Fév - 22:50

2 février 1882, Dublin (Royaume-Uni / Actuelle Répuublique d'Irlande) : naissance de James Joyce, poète & romancier.

Il naît dans une famille de confession catholique. Son père travaille pour la Dublin Corporation, en qualité de receveur des impôts mais se montre très attentif envers les goûts littéraires et poétiques que manifeste son fils, assez tôt semble-t-il.

Mr Joyce fait en effet imprimer à ses frais le premier poème de l'enfant, composé à l'âge de neuf ans sur la mort de Charles Stewart Parnell. Il va même jusqu'à en envoyer une copie à la Bibliothèque vaticane (!!). Une banqueroute met une fin brutale à ces années relativement heureuses. Le père plonge dans l'alcool et la famille, dans la pauvreté.

Du coup, le jeune James quitte le collège jésuite de Clongowes Wood en 1892, pour entrer à l'école des Christian Brothers de Dublin. Toutefois, cet élève brillant suscite une certaine nostalgie chez les jésuites qui tentent de le récupérer en 1893, par l'entremise du Dublin Belvedere College, à condition toutefois que, à sa majorité, James intègre la Compagnie de Jésus. Le résultat final sera le brutal rejet du catholicisme par l'adolescent, à l'âge de 16 ans.

La même année, il s'inscrit à l'University College de Dublin pour y entreprendre des études de lettres et de langues modernes (français et italien). Il se fait connaître dans les milieux littéraires de la ville, écrit de nombreux articles et critiques de pièces de théâtre. Il compose également deux pièces de théâtre dont on n'a pu retrouver les manuscrits, ce qui est dommage compte tenu de la conception théâtrale qui apparaît dans "Ulysse" et préfigure Beckett.

En 1903, sa famille se cotise et l'expédie à Paris pour y commencer sa médecine. A la vérité, il ne fait pas grand chose dans la capitale française où tombe un jour l'annonce du cancer qui frappe sa mère. Joyce revient en catastrophe en Irlande pour y voir mourir la malheureuse. Bien que très atteint par cette disparition, il refuse de participer aux prières rituelles et révèle ainsi à tous son agnosticisme, ce qui fait scandale.

Le futur romancier se met alors à boire de plus en plus. Pour survivre, il donne des cours çà et là et, pour se distraire, entreprend une esquisse autobiographique. Nous somme le 7 juillet 1904 : "Portrait de l'Artiste" vient de naître, qui se verra rejeté dans sa première mouture avant de paraître douze ans plus tard sous le titre "Portrait de l'Artiste en Jeune Homme".

Le 16 juin 1904 se place un événement décisif pour l'avenir de Joyce : sa rencontre avec Nora Barnacle, qui deviendra sa femme. La date de leur premier rendez-vous sera la date choisie par le romancier pour le début du long parcours d'"Ulysse."

Après une période de stagnation à Dublin, pendant laquelle Joyce s'adonne frénétiquement à la bouteille, le nouveau couple décide de partir pour Zurich où l'écrivain pense que l'attend un poste d'enseignant dans une école Berlitz. A la suite de divers aléas, ils sont finalement redirigés sur Trieste, où ils passeront les dix années suivantes.

Malgré la naissance de son fils, Giorgio, et l'arrivée de son frère, Stanislas, venu d'Irlande pour se procurer lui aussi un poste d'enseignant à Trieste, Joyce boit et flambe de plus belle. Il commence à souffrir des yeux - il subira une douzaine d'opérations jusqu'à sa mort - et se lie d'amitié avec un de ses étudiants, un certain Schmitz, d'origine juive, en qui on veut voir l'un des prototypes de Leopold Bloom.

En 1909, Joyce se rend à Dublin pour voir son père et aussi pour y faire publier son recueil de nouvelles : "Les Gens de Dublin" - à ce jour, son ouvrage sans doute le plus "lisible." Wink En bisbille avec son éditeur, il y reviendra à nouveau en 1912 mais ce sera pour la dernière fois. Malgré les invitations de Yeats et les prières de son père, il ne remettra plus jamais les pieds en Irlande.

Poursuivi par les soucis d'argent, Joyce mènera somme toute une vie plutôt instable jusqu'à ce que Ezra Pound le présente à Harriet Shaw Weaver, éditrice et féministe qui deviendra pour lui une sorte de mécène. C'est aussi à Pound qu'il doit une invitation à Paris au début des années vingt, en principe pour une semaine, mais qui s'éternisera pendant deux décennies.

A Paris, Valéry Larbaud, qui traduira "Ulysse", l'introduit dans les cénacles littéraires et lui présente Sylvia Beach et Adrienne Monnier. C'est dans la librairie de ces dernières que se vendra pour la première fois "Ulysse" - en 1922 - un ouvrage appelé à faire scandale chez les Anglo-Saxons tant par sa technique narrative que par la crudité explicite de beaucoup de ses scènes.

Après "Ulysse" et avec l'aide de Samuel Beckett, qui lui sert alors de secrétaire, Joyce s'attaque à "Work in Progress" qui paraîtra par fragments pendant quinze ans avant de sortir sous sa forme et son titre définitifs : "Finnegan's Wake", en 1939, simultanément à New-York et à Londres. A nouveau, le scandale et la polémique sont au rendez-vous et, tandis que certains crient leur rage et leur mépris, d'autres déploient le tapis rouge et sortent les encensoirs.


Joyce n'est pas indifférent à tout cela mais ce qui le préoccupe, ce sont ses yeux, bien sûr et aussi la schizophrénie dont souffre sa fille, Lucia, régulièrement hospitalisée en Suisse.

En 1940, l'écrivain est encore en France, dans l'Allier. Mais l'Occupation ne lui plaît guère et il s'exile en Suisse dans l'intention d'y finir sa vie. La Mort l'y attendait en effet et vint le chercher à Zurich, le 13 janvier 1941, dans l'hôpital où on l'avait transporté suite à une perforation du duodénum.

Styliste aussi admiré qu'il fut détesté et raillé, James Joyce laisse une oeuvre novatrice, qui ne ressemble à aucune autre et dont l'influence devait être capitale pour nombre d'écrivains tels ses compatriotes Flann O'Brien et Máirtín Ó Cadhain mais aussi Borges, Kerouac, Thomas R. Pynchon, Raymond Queneau et Salman Rushdie. On ne saurait oublier de mentionner tout ce que lui doivent Beckett, Ionesco et, de façon générale, le théâtre de l'Absurde.

Chez lui, on retrouve une déconstruction narrative similaire à celle qui culmine chez Faulkner dans "Le Bruit et la Fureur" mais portée, si l'on peut dire, à la puissance mille. "Ulysse" - puisqu'on y revient toujours - est un gigantesque kaléidoscope de papier et d'encre où les mille et un incidents d'une journée dublinoise finissent par se transformer, sous l'éclairage désintégré des monologues intérieurs, en une quête initiatique dont la profondeur donne le vertige parce que le lecteur le plus attentif, le plus dévoué à Joyce, n'en perçoit pas le fond.


Certains, dont Vladimir Nabokov, ont reproché à Joyce d'avoir ouvert une porte où se sont précipités plus d'écrivaillons confondant ignorance de la grammaire avec déconstruction narrative et temporelle que de grands et de véritables écrivains. Et c'est sans doute vrai ... Pour autant, fallait-il à tous prix que cette porte restât fermée à jamais ? Une fois qu'on a lu "Ulysse", on sait que rien n'aurait été plus dommageable à notre imaginaire.

Toutefois, si vous n'avez encore rien lu de James Joyce, commencez bien sagement par "Gens de Dublin" et ensuite, seulement, respirez un bon coup, prenez votre élan et attaquez-vous à "Ulysse." Il est probable que, dans un premier temps, il vous rebutera. Mais ne vous laissez pas décourager et persévérez : James Joyce vous le rendra un jour.
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MessageSujet: Re: James Joyce   Lun 2 Fév - 22:54


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