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François Villon

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Masques de Venise
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MessageSujet: François Villon   Mer 8 Avr - 22:49

8 avril 1431, Paris (France) : date & lieu présumés de la naissance de François de Montcorbier, dit François Villon, poète.

Confié, pour des raisons inconnues, à Guillaume de Villon, chanoine et répétiteur canonique de la chapelle St-Benoît-le-Bétourné, à Paris, qu'il définira un jour comme son "plus que père", le jeune François fait ses études à la faculté des Arts de Paris. Bachelier en 1449, il obtient sa maîtrise trois ans plus tard. Or, pendant cette période, les étudiants s'agitent énormément et les cours seront même supprimés de 1453 à 1454, Charles VII en ayant plus qu'assez de voir les professeurs se mettre en grève. (Eh ! oui ! déjà ... Wink) Villon, qui vient de fêter ses vingt ans, en profite pour faire les quatre-cents coups, ce qu'il regrettera plus tard dans ses poèmes.

En 1455, suite à une querelle pour une femme, Villon blesse son rival,
le prêtre Philippe de Sermoise et, comme celui-ci s'entête à le poursuivre, il lui expédie une pierre qui l'abat au sol. Lui-même blessé à la lèvre, le poète est dénoncé comme le meurtrier de Sermoise et doit quitter la capitale. Mais son statut de clerc, sa conduite jusque là irréprochable et enfin le pardon de la victime sur son lit de mort, lui permettent d'obtenir des lettres de rémission l'année suivante. Incorrigible, à la Noël, il participe à un vol avec effraction au collège de Navarre.

Nouvelle fuite précipitée hors de Paris. Villon prend le temps de composer, en guise d'adieu à ses camarades, le "Lais" dans lequel il annonce vouloir s'exiler à Angers mais par amour et non, bien entendu, pour d'autres raisons. Un complice du vol, Guy Tabarie, arrêté en 1458 et soumis à la question, le met formellement en cause dans l'affaire du collège de Navarre mais la maréchaussée n'y peut pas grand chose : Villon semble s'être dissous dans la nature. En ces années chaotiques où le royaume essaie de retrouver l'équilibre perturbé par la Guerre de Cent Ans et l'occupation anglaise, les routes ne sont pas sûres et, dans son périple pour Angers, il peut de fait être arrivé n'importe quoi à Villon - y compris et surtout le pire.

Mais le Poète est comme le Phoenix, c'est bien connu. A la Noël 1457, Villon réapparaît à la cour de Charles d'Orléans, le prince-poète qui deviendra le père de Louis XII. Dans le manuscrit où l'altesse royale rassemble ses poésies et celles de ses courtisans, on trouve en effet trois poèmes, probablement autographes, signés Villon.

Accusé de mensonge et d'arrivisme, en rivalité avec un autre poète, Fredet, Villon doit finalement abandonner la cour de Blois où, en dépit de l'envoi à son ancien mécène, l'année suivante, de la "Ballade des Proverbes" et de la "Ballade des Menus Propos", il ne sera plus jamais persona grata.

A nouveau, on perd sa trace pour environ trois ans. Car, en 1461, c'est bien lui que l'on découvre emprisonné à Meung-sur-Loire.
Il y compose "L'Epître à mes amis" et "Le Débat du Cuer & du Corps de Villon" (comme on le voit, il n'hésite pas à se mettre en scène). De passage à Meung, Charles d'Orléans fait pression pour qu'il soit relâché mais il est déchu de son statut de clerc. Pour s'attirer la faveur des grands, il compose alors la "Ballade contre les ennemis de la France" et la "Requeste au Prince" - probablement là encore Charles d'Orléans. Mais ni Louis XI, ni le prince-poète n'ayant réagi, Villon fait contre mauvaise fortune bon coeur et, las de l'exil, réintègre Paris.

C'est en cette ville qu'il écrit la "Ballade de Bon Conseil", où il se présente comme un délinquant amendé et puis la "Ballade de Fortune" qui, au contraire, exprime les difficultés qui sont les siennes à se retrouver du "bon" côté de la barrière.


Quoi qu'il en soit, à la même époque, il entreprend ce qui deviendra son chef-d'oeuvre : "Le Testament". Il compose aussi ses ballades dites "en jargon" ... et renoue avec la pègre parisienne. Arrêté pour un petit larcin le 2 novembre 1462, il est rattrapé par l'ancienne affaire du collège de Navarre. Toutefois, il promet de rembourser sa part de butin, à savoir 120 livres, et, en échange, on accepte de le libérer. Sans doute le poète avait-il un certain charisme car 120 livres représentaient alors une très forte somme et l'on peut vraiment se demander comment ses juges ont cru qu'il finirait par les obtenir.

Il ne lui faut pas trois semaines pour se retrouver mêlé à une rixe. Même s'il tente de rester à l'écart, il est compromis dans l'histoire où un notaire pontifical, Maître Ferrebouc, a été blessé. Emmené au Châtelet, Villon est donc soumis à la torture, jugé et condamné au gibet. En ce temps-là, le cas des récidivistes était vite réglé.

Bien sûr, le poète fait appel devant le Parlement. En attendant la décision, il écrit le "Quatrain" et la fameuse et déchirante "Ballade des Pendus". Et, alors qu'il a perdu tout espoir, la Chance se rappelle à lui : le 5 janvier 1463, sa peine est commuée en dix ans de bannissement loin de Paris. Soulagé et fidèle à lui-même, notre incorrigible forte tête en tire la "Question au clerc du guichet" et la grandiloquente et ironique "Louange à la Cour", à ce jour le dernier texte connu de François Villon, l'un des plus grands poètes français et le prototype de tous les poètes maudits de l'univers.

A partir de cette année-là en effet, Villon semble se volatiliser.
Et cette disparition si brutale d'une personnalité aussi flamboyante et aussi ambiguë n'est pas pour rien dans sa légende.

Au-delà le style, qui reste de son époque, au-delà les thèmes abordés, qui l'avaient déjà été par ses prédécesseurs, Villon innove tout d'abord naturellement, par la passion, par l'ardeur qu'il communique à ses vers. Sa personnalité controversée, ce mi-ange, mi-bête qu'il semble bien avoir joué toute sa vie - en tous cas pour ce que nous en connaissons - cette violence, cette impétuosité qui l'ont si mal servi mais aussi cet éclat, cette faconde, cette générosité qui, tous, le caractérisaient, éclatent dans chaque poème, en un kaléidoscope foisonnant et atypique.

Et puis, Villon dit "Je." Non pas le "Je" de convention mais le "Je" autobiographique, celui qui a vécu comme celui qui a rêvé. C'est une première dans la poésie de l'époque. Ajoutez à cela un humour baroque, tour à tour noir et paillard, féroce et charnel, une grande vague agressive qui pourtant, aussi pleine de contradictions que son créateur, tempère parfois le propos.

Villon a-t-il eu conscience d'entrer vivant dans la Légende ? On ne le saura jamais. On sait en revanche que, Rabelais, son cadet, se plut à imaginer la suite de son destin dans "Pantagruel" et "Gargantua." On sait aussi que, si le Grand Siècle l'a ignoré, le XVIIIème l'a remis à l'honneur avant que la plupart des Romantiques ne l'avouent comme maître. Jusqu'à Bob Dylan qui admet avoir subi son influence.


Impressionnant, non ? Ca ne vous donne pas envie de le lire ? ...

En tous cas, voici un peu de Villon sur Nota Bene.
_________________
"Mon Âme est une Infante en robe de parade,
Dont l'exil se reflète, éternel et royal,
Aux grands miroirs déserts d'un vieil Escurial,
Ainsi qu'une galère oubliée en la rade."

Albert Samain

Celui qui n'a pas fait tout ce qu'il pouvait faire n'a rien fait.
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La France a perdu une bataille mais elle n'a pas perdu la guerre !
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MessageSujet: Re: François Villon   Mer 8 Avr - 22:54




Il n'existe pas de portrait authentique de François Villon  - Le voici en gravure

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Dont l'exil se reflète, éternel et royal,
Aux grands miroirs déserts d'un vieil Escurial,
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