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Lionel Shriver

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Masques de Venise
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MessageSujet: Lionel Shriver   Lionel Shriver Icon_minitimeLun 11 Mai - 21:50

18 mai 1957, Gastonia - Caroline du Nord (USA) : naissance de Margaret Shriver, dite Lionel Shriver, journaliste & romancière.

Son père était presbytérien et les valeurs religieuses traitées en conséquence au sein de sa famille. Peut-être est-ce là qu'il faut rechercher l'une des raisons qui poussa la jeune fille à vouloir changer de prénom dès qu'elle eut quinze ans. Elle estimait, non sans raison, que les hommes ont une vie plus facile que les femmes ...

La future romancière fit ses études au collège Barnard, puis à l'université de Columbia. Elle a épousé le batteur de jazz Jeff Williams et vit avec lui à Londres.

Entre 1986 et 2007, Lionel Shriver a écrit neuf romans parmi lesquels, jusqu'à cette année, seul "Il faut qu'on parle de Kevin", paru en 2003, avait eu la faveur d'une traduction en français. Compte tenu du grand succès rencontré par l'ouvrage, "La Double Vie d'Irina" est en chantier chez les traducteurs et devrait sortir en septembre prochain.
Lionel Shriver Chapeau2
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"Mon Âme est une Infante en robe de parade,
Dont l'exil se reflète, éternel et royal,
Aux grands miroirs déserts d'un vieil Escurial,
Ainsi qu'une galère oubliée en la rade."  - 
Albert Samain

La France a perdu une bataille mais elle n'a pas perdu la guerre !
Charles de Gaulle


Et ce qui importait en fin de compte, c'était moins d'être vaincu que d'avoir une âme de vaincu car cela seul est sans remède.

Jean Hougron

Il y a si longtemps maintenant que j'attends mon cancer, je ne vais quand même pas partir sans lui. - Pierre Desproges

Les animaux sont moins intolérants que nous : un cochon affamé mangera du musulman. - Pierre Desproges
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MessageSujet: Re: Lionel Shriver   Lionel Shriver Icon_minitimeLun 11 Mai - 21:56

Lionel Shriver Lionelshriver

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MessageSujet: Il Faut Qu''''On Parle de Kevin   Lionel Shriver Icon_minitimeDim 17 Mai - 18:17

Lionel Shriver Kevinj

We need to talk about Kevin
Traduction : Françoise Cartano


En raison d'un article lu sur un blog et qui reprochait à ce livre de culpabiliser la mère à outrance, j'ai longtemps tardé à lire ce roman dont le thème central est la recherche des causes de la violence adolescente, surtout lorsque celle-ci débouche sur des meurtres de masse similaires à la tuerie de Columbine, aux USA. J'ai tardé donc mais, une fois que j'en ai commencé la lecture, je n'ai pu me séparer de ce roman avant d'en avoir lu la dernière page. Pourtant, je tiens à le préciser, certains passages, dans lesquels la mère décrit elle-même son narcissisme et son égoïsme, et ceci sans aucune complaisance, ont de quoi déclencher la colère, l'antipathie et le malaise du lecteur.

Lionel Shriver a en effet choisi de ne nous donner que le point de vue de la mère de Kevin Khatchadourian. Point de vue fatalement partial, dépourvu d'objectivité, dira-t-on. Sans doute mais celui des autres acteurs de la tragédie eût-il été moins subjectif ? On accordera à cette mère qui s'interroge et déballe tout pour mieux comprendre comment son fils et elle en sont arrivés là, le mérite d'un franc-parler qui dérange, inquiète, blesse mais qui, jamais, ne tombe dans l'auto-complaisance.

Le roman se présente sous forme de lettres que Mrs Khatchadourian adresse à son mari, Franklin.
Ce parti pris aurait pu rebuter des lecteurs qui ne sont plus habitués aux romans épistolaires mais le style dense, d'une précision d'analyse quasi clinique, et particulièrement soutenu utilisé par l'auteur agit comme une spirale hypnotique, accrochant et rivant le lecteur à une intrigue qui dévoile lentement une structure complexe et particulièrement travaillée. Bien qu'il s'agisse d'un récit d'introspection, il n'y a aucun temps mort : à partir du moment où l'on se plonge dans l'histoire, on veut aller jusqu'au bout, quel que soit le prix à payer pour ce faire.

Ce serait faire injure à l'habileté souveraine avec laquelle Lionel Shriver a mené sa barque que de résumer "Il faut qu'on parle de Kevin." Tout ce que vous avez besoin de savoir, c'est que Kevin s'est bien rendu coupable d'un massacre dans son lycée, qu'il a prémédité le fait et l'admet avec une curieuse bonne grâce, et que, à l'issue de son procès, sa mère est la seule personne qui vienne le voir au parloir de la prison. Le reste ne se raconte pas, il se lit.

Ce livre se double en outre d'une critique impitoyable des méthodes d'éducation laxiste qui, après avoir fleuri aux USA, ont envahi l'Europe. Non que Lionel Shriver soit pour les châtiments corporels : elle se contente de rappeler que le sens des limites et des garde-fous ne se communique pas en laissant faire à un enfant ses quatre volontés.

En ce qui concerne la culpabilisation de la Mère que certains ont voulu voir ici, j'affirme ne pas avoir compris comment ils en étaient arrivés à cette conclusion. Shriver met en évidence, de façon parfois insoutenable, c'est vrai, le lien privilégié et presque fusionnel qui s'établit entre la mère et son enfant. Force est de constater que, en dépit de tout, en dépit de ce que lui-même professe, c'est avec sa mère que Kevin a le plus d'atomes crochus. Comme Eva Khatchadourian, il fait preuve, dès le berceau, d'une personnalité désagréable, voire insupportable mais en tous les cas puissante et déterminée. Et, le livre refermé, l'on se surprend à s'interroger sur ce qui serait advenu si l'amour maternel avait été présent dès le premier souffle de Kevin.

Car l'amour maternel n'est pas inné.
Cette idée, que véhicule tranquillement "Il faut qu'on parle de Kevin", a dû en choquer plus d'un aux USA et même ici, dans notre vieille Europe. L'affirmer haut et fort, sans pour autant accabler celle chez qui il ne se développe pas ou alors, chez qui il ne se développe que tardivement, c'est transgresser un tabou : jusque dans cette fonction qu'elle est seule à pouvoir assumer, la maternité, la Femme reste prisonnière d'étiquettes et de préjugés forgés par les mâles.

A la fin du roman, à la fin également d'un long, douloureux et sanglant parcours, Eva Khatchadourian aura appris - sans tomber dans le mélodrame, je vous rassure - à aimer son fils. Parce qu'elle aura compris que, dès son premier souffle, la seule, l'unique personne qui ait jamais compté pour Kevin, en dépit de tout, c'était elle, sa mère. Lionel Shriver Chapeau2
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MessageSujet: Re: Lionel Shriver   Lionel Shriver Icon_minitimeDim 8 Mai - 14:19

Je suis en train de le lire et il est vrai qu'on a du mal à en arrêter la lecture.
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MessageSujet: Re: Lionel Shriver   Lionel Shriver Icon_minitimeJeu 12 Mai - 20:20

Je l'ai lu aussi, d'une seule traite, j'ai été captivé aussi. Il est assez rare, je pense, qu'on se penche sur ce que peuvent ressentir la famille ou les parents d'un ou d'une tel(le) criminel(le), pourtant eux aussi souffrent.

Je me dis qu'il n'y a pas vraiment besoin de les culpabiliser, ils doivent déjà le faire eux-mêmes, à tort ou à raison. La responsabilité première incombe de toute façon à celui ou à celle qui s'est servi de son arme, sauf peut-être dans certains cas de maladie mentale.

En Allemagne on vient de terminer le procès d'un père dont le fils à tué quinze personnes avant de retourner l'arme contre lui-même. Bien entendu, le père à une part de responsabilité dans ce qui est arrivé car il avait laissé ses armes à portée de main de son fils au lieu de les mettre sous clef comme la loi l'oblige (d'où le procès), il mérite certainement une peine de principe, mais quand ce Monsieur a dit que lui aussi souffrait et qu'il souffrirait jusqu'à la fin de sa vie, ça a déclenché un tollé général - comme si, pour avoir engendré un assassin, il n'avait pas le droit d'avoir de la peine par rapport aux événements...

Il y a un autre auteur qui a évoqué le fait que l'amour maternel ne soit pas inné, c'est Caleb Carr dans son "Aliéniste". Roman à suspense ou même franchement Polar, il y évoque les débuts de la psychanalyse à travers un personnage féminin à qui l'amour maternel fait totalement défaut - mais chut, je ne vous en raconterai pas plus, sinon il n'y plus de suspense...
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MessageSujet: Re: Lionel Shriver   Lionel Shriver Icon_minitimeSam 14 Mai - 15:20

Il y a aussi quelques romans de Mauriac et, bien sûr, le "Vipère au Poing" d'André Bazin. Mais j'ai trouvé le roman de Shriver tout bonnement bluffant. D'autres oeuvres de sa plume ont été traduites en français mais j'ai si peur d'être déçue après "Il faut qu'on parle de Kevin", que j'hésite à en acheter un.
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MessageSujet: Re: Lionel Shriver   Lionel Shriver Icon_minitimeDim 22 Mai - 16:58

Ce livre ne peut pas laisser indifférent. Eva, la narratrice, est la mère de Kevin, ce jeune homme qui a commis le massacre. Avec force détails, elle nous raconte la venue au monde de cet enfant qu'elle n'avait eu que pour faire plaisir au père. Elle met en avant ce manque de liens affectifs et maternels. Cette franchise fait voler en éclats tous les clichés de la mère aimante se saignant aux quatre veines pour la chair de sa chair. Elle pousse également le lecteur à se focaliser non pas sur le meurtrier mais bel et bien sur celle qui a engendré ce monstre. Cette froideur, ce détachement, la mettent automatiquement en position d'accusée. Pourtant, lorsque le drame éclate, Eva est divorcée de son mari, un père aimant plus que tout son garçon. C'est elle qui subira le calvaire après la tuerie, rejetée par son fils et par la société qui l'accuse ouvertement.

Cette correspondance avec son ex-mari, Franklin, nous laisse également entrevoir la famille américaine, la violence dans la société... tout un système à revoir.

Il s'agit d'un récit épistolaire qui déconcerte par sa simplicité et sa force. Il touche moralement car l'éthique est bafouée.

On ne parle pas assez de ce livre à mon goût.
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