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Michel HOUELLEBECQ

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mile
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MessageSujet: Michel HOUELLEBECQ   Mar 8 Sep - 3:03

LE SENS DU COMBAT - 1996

Dernier rempart contre le libéralisme


"Nous refusons l'idéologie libérale parce qu'elle est
incapable de fournir un sens, une voie à la
réconciliation de l'individu avec son semblable dans
une communauté qu'on pourrait qualifier d'humaine,
Et d'ailleurs le but qu'elle se propose est même tout différent.

Nous refusons l'idéologie libérale au nom de
l'encyclique de Léon XIII sur la mission sociale de
l'Evangile et dans le même esprit que les prophètes
antiques appelaient la ruine et la malédiction sur la tête
de Jérusalem
Et Jérusalem tomba, et pour se relever elle ne mit pas moins de quatre mille ans.

Il est indiscutable et avéré que tout projet humain se voit de plus en plus évalué en fonction de critères économiques
De critères absolument numériques,
Mémorisables sur fichiers informatiques.
Cela n'est pas acceptable et nous devons lutter pour la mise en tutelle de l'économie et pour sa soumission à certains critères que j'oserai appeler éthiques,

Et quand on licencie trois mille personnes et que
j'entends bavasser sur le coût social de l'opération
il me prend une envie furieuse d'étrangler une
demi-douzaine de conseillers en audit,
Ce qui serait une excellente opération,
Un dégraissage absolument bénéfique,
Une opération pratiquement hygiènique[b]

Faites confiance à l'initiative individuelle, voilà ce qu'ils répètent partout, ce qu'ils vont partout répétant comme ces vieux réveils à ressort dont l'uniforme déclic
suffisait généralement à nous plonger dans une insomnie fatigante et définitive,
A cela je ne peux répondre qu'une seule chose, et cette chose ressort d'une expérience à la fois navrante et répétitive,
C'est que l'individu, je veux parler de l'individu humain, est très généralement un petit animal cruel et misérable,
Et qu'il serait bien vain de lui faire confiance à moins qu'il ne se voie repoussé, enclos et maintenu dans les principes rigoureux d'une morale inattaquable,
Ce qui n'est pas le cas.



Dans une idéologie libérale s'entend."



LA POURSUITE DU BONHEUR


" Tant de coeurs ont battu, déjà sur cette terre
Et les petits objets blottis dans leurs armoires
Racontent la sinistre et lamentable histoire
De ceux qui n'ont pas eu d'amour sur cette terre.

La petite vaisselle des vieux célibataires,
Les couverts ébréchés de la veuve de guerre
Mon dieu ! Et les mouchoirs des vieilles demoiselles
L'intérieur des armoires, que la vie est cruelle !

Les objets bien rangés et la vie toute vide
Et les courses du soir, restes d'épicerie
Télé sans regarder, repas sans appétit

Enfin la maladie, qui rend tout plus sordide,
Et le corps fatigué qui se mêle à la terre,
Le corps jamais aimé qui s'éteint sans mystère."



RENAISSANCE

Le vieux taré

"J'aurai quand même aimé, de temps en temps, ce monde,
L'imbécile clarté du soleil matinal
S'appliquant à tièdir mes chairs horizontales,
J'aurai parfois senti la douceur des secondes

La chaleur des étreintes et le plaisir connexe
De deux peaux qui s'effleurent ; les doigts timides et blancs ;
J'aurai senti le coeur qui fait battre le sang
Et le flot de bonheur qui envahit le sexe.

A l'abri d'un transat, sous le ciel bleu et sombre,
J'aurai surtout songé à la fusion des corps
A ces petits moments qui précèdent la mort,
Au désir qui s'éteint quand s'allongent les ombres."



Editions Flammarion.
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MessageSujet: Re: Michel HOUELLEBECQ   Mar 19 Oct - 20:18

"La carte et le territoire" : c'est le seul ouvrage de quatre cent vingt huit pages que j'ai lu en deux mois d'absence. Franchement, j'ai adoré ce bouquin. Plus d'histoires de ...fesses, des remarques justifiées sur l'état actuel de la société, de l'enquête policière. Bien sûr, on peut ne pas aimer Michel Houellebecq - l'homme - mais personnellement, je ne me demande jamais si un auteur est blanc, noir, jaune, juif, musulman, chrétien, etc... ce n'est pas ce que sont les gens qui est intéressant mais ce qu'ils font, en l'occurrence ce qu'ils écrivent. Et, pour moi, ce bouquin est excellent.
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MessageSujet: Re: Michel HOUELLEBECQ   Mar 19 Oct - 20:45

ouéééééééé Mile

merci de mettre des poèmes de Houellebecq, c'est limite de l'anti poésie, non lyrique, non emphatique, peu imagée, et pourtant j'aime beaucoup sa morne platitude (sic...), mais je dois reconnaitre que j'ai mis du temps, au début ça me laissait froid, jusqu'à ce que je comprenne que c'est justement l'objet de sa poésie, laisser froid, comme le monde contemporain et occidental est glacé... De la poésie de frigo houellebecq.

si tu as l'as trouvé excellent (la carte et le territoire) alors je vais me pencher dessus. Juste au passage, quel est ton avis sur "les particules (..)", "plateforme" et "la possibilité (..)"? Ou au moins sur le dernier de la liste au cas où tu aies un avis tres différent sur chacun des trois.
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MessageSujet: Re: Michel HOUELLEBECQ   Mer 20 Oct - 16:19

Pour être honnête, je ne me souviens pas d'un mot des " Particules élémentaires" ; elles se sont dispersées tout à fait naturellement comme les atomes d'Epicure. L'apocalypse m'a laissé quelques traces et "Plateforme" de bons souvenirs. La "carte et le territoire" me semble bien meilleur. Houellebecq a expurgé ce texte de tous les épisodes, amusants mais parfois gonflants (c'est quelquefois le cas de le dire ), pour onanistes invétérés. Il a remplaçé par le roman policier. On pourra certes me rétorquer que dans l'un et l'autre cas, il suffit que la chose soit bien menée pour en éprouver du plaisir, mais dans le premier cas l'acmé de l'énigme est invariablement identique. En littérature, je préfère le second.
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MessageSujet: Re: Michel HOUELLEBECQ   Mer 20 Oct - 19:30

mile a écrit:
Pour être honnête, je ne me souviens pas d'un mot des " Particules élémentaires" ; elles se sont dispersées tout à fait naturellement comme les atomes d'Epicure. L'apocalypse m'a laissé quelques traces et "Plateforme" de bons souvenirs. La "carte et le territoire" me semble bien meilleur. Houellebecq a expurgé ce texte de tous les épisodes, amusants mais parfois gonflants (c'est quelquefois le cas de le dire ), pour onanistes invétérés. Il a remplaçé par le roman policier. On pourra certes me rétorquer que dans l'un et l'autre cas, il suffit que la chose soit bien menée pour en éprouver du plaisir, mais dans le premier cas l'acmé de l'énigme est invariablement identique. En littérature, je préfère le second.


Bon nous sommes donc je pense d'un avis assez proche. Ces romans là sont juste mauvais. Je vais donc jeter un oeil à son dernier, bien que le polar franchement ne soit pas ma tasse de thé littéraire. Il n'y a bien que les trois premiers Pennac qui m'ont plu, lorsque j'avais 13 ans...
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MessageSujet: Re: Michel HOUELLEBECQ   Mer 23 Mar - 15:37

Dans "le sens du combat"

Le jour monte et grandit, retombe sur la ville
Nous avons traversé la nuit sans délivrance
J'entends les autobus et la rumeur subtile
Des échanges sociaux. J'accède à la présence.

Aujourd'hui aura lieu. La surface invisible
Délimitant dans l'air nos êtres de souffrance
Se forme et se durcit à une vitesse terrible;
Le corps, le corps pourtant, est une appartenance.

Nous avons traversé fatigues et désirs
Sans retrouver le goût des rêves de l'enfance
Il n'y a plus grand-chose au fond de nos sourires,
Nous sommes prisonniers de notre transparence.
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MessageSujet: Re: Michel HOUELLEBECQ   Mer 23 Mar - 16:32

ignatius a écrit:

Il n'y a plus grand-chose au fond de nos sourires,
Nous sommes prisonniers de notre transparence.
...Mais il existe au milieu du temps la possibilité d'une île.

Je sais. C'est mon côté cynophile: lorsque j'arrive quelque part, faut que je marque mon territoire...
Message à considérer donc comme une simple miction socialisante et délimitatrice.
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MessageSujet: Re: Michel HOUELLEBECQ   Mer 23 Mar - 16:46

C'était une forme de dédicace masquée.

Si les Nota Benistes ne sont pas trop sages, demain j'en mettrai un ou deux autres du sieur Houellebecq.
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MessageSujet: Re: Michel HOUELLEBECQ   Dim 11 Sep - 14:57

Bon, ce "demain" est un demain séparé de quelques mois, mais bien sûr ce n'est rien au regard de l'éternité qui enveloppe la paroles des poètes (on s'arrange comme on peut!).
Voici donc quelques autres excellents poèmes de Mr Houellebecq:

Après-midi

Les gestes ébauchés se terminent en souffrance
et au bout de cent pas on aimerait rentrer
pour se vautrer dans son mal d'être et se coucher,
car le corps de douleur fait peser sa souffrance.

Dehors il fait très chaud et le ciel est splendide,
la vie fait tournoyer le corps des jeunes gens
que la nature appelle aux fêtes du printemps
vous êtes seul, hanté par l'image du vide,

Et vous sentez peser votre chair solitaire
et vous ne croyez plus à la vie sur la Terre
votre coeur fatigué palpite avec effort

Pour repousser le sang dans vos membres trop lourds,
vous avez oublié comment on fait l'amour,
la nuit tombe sur vous comme un arrêt de mort.

(In "Le sens du combat")


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MessageSujet: Re: Michel HOUELLEBECQ   Dim 11 Sep - 15:04

Chômage

Je traverse la ville dont je n'attends plus rien
au milieu d'êtres humains toujours renouvelés
je le connais par coeur, ce métro aérien;
il s'écoule des jours sans que je puisse parler.

Oh! ces après-midi, revenant du chômage
repensant au loyer, méditation morose,
on a beau ne pas vivre, on prend quand même de l'âge
et rien ne change à rien, ni l'été, ni les choses.

Au bout de quelques mois on passe en fin de droits
et l'automne revient, lent comme une gangrène;
l'argent devient la seule idée, la seule loi,
on est vraiment tout seul. Et on traîne, et on traîne...

Les autres continuent leur danse existentielle,
vous êtes protégés par un mur transparent;
l'hiver est revenu. La vie semble réelle.
Peut-être, quelque part, l'avenir nous attend.


(In "Le sens du combat")

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MessageSujet: La possibilité d'une île, de Michel Houellebecq   Ven 9 Jan - 22:18

Un roman d'anticipation qui met en scène le personnage principal, Daniel, chargé d'écrire un « récit de vie » qui fournira l'essentiel -et le détail- de ce qui alimentera la mémoire des clones qui vont lui succéder...
C'est l'effondrement, précédé de la déliquescence d'une civilisation, que constate Michel Houellebecq, avec le culte de l'argent roi, l'individualisme forcené et l'irresponsabilité.
La jeunesse, les apparences dans ce qu'elles représentent de plus séduisant pour le plus grand nombre de gens, font des « vieux » des personnages délaissés et exclus, du fait de la dégradation de leur corps...
Toutefois, par la dimension d'une quête mystique (peut-être dégagée des idéologies et des religions, autant que des systèmes de pensée, de morale et de philosophie) l'auteur nous fait entrevoir une infime espérance  : un monde restreint certes, mais dans lequel l'amour est possible.  (la « possibilité d'une île)...
Pour ma part, je dirais plutôt l'impossibilité d'une non-île … Ce qui me semble « plus réaliste » et par là même, « plus optimiste »...
… Page 420, ce passage :
« Rien ne subsistait aujourd'hui de ces productions littéraires et artistiques dont l'humanité avait été si fière ; les thèmes qui leur avaient donné naissance avaient perdu toute pertinence, leur pouvoir d'émotion s'était évaporé. Rien ne subsistait non plus de ces systèmes philosophiques ou théologiques pour lesquels les hommes s'étaient battus, étaient morts parfois, avaient tué plus souvent encore ; tout cela n'éveillait plus chez un néo-humain le moindre écho, nous n'y voyions plus que les divagations arbitraires d'esprits limités, confus, incapables de produire le moindre concept précis ou simplement utilisable. »
… Le 7 janvier 2015, jour de l'attentat sanglant contre Charlie Hebdo,  paraît le sixième roman de Michel Houellebecq «Soumission" :
ici
    Si j'avais eu moi-même l'idée d'un roman ou d'un récit, ou plutôt d'une nouvelle sur exactement le même thème, dans la même « politique fiction » j'aurais dépeint une France de 2022, dominée par un Parti Musulman « un peu plus engagé dans l'Islam » que « Fraternité Musulmane »... et donc, « un peu moins modéré » on va dire... Mais je ne me serais guère étendu, cependant, sur la « radicalité » de la doctrine, sur l' « engagement » par lui-même, des croyants dans les aspects, dans le détail de leurs pratiques, de leur mode de vie... Je me serais attaché plutôt à donner à mon récit, une forme ironique, j'aurais décrit ces galeries marchandes des grandes surfaces de consommation de masse , désormais sans boutiques de « fringues féminines », sans boutiques d'Yves Rocher … Mais peut-être avec cependant quelques boutiques de « petits dessous » et de « lingeries fines » aux vitrines recouvertes de l'intérieur par des tissus épais et opaques, afin que seuls, les maris accompagnés de leurs femmes entièrement voilées, aient envie d'entrer dans ces boutiques surmontées d'enseignes discrètes... Et ces cantines scolaires, ces restaurants, sans porc évidemment, mais où le moindre poireau, le moindre nugget de poulet, serait halal...

Du fait qu'il y aurait à mon avis, au moins autant de chômage en 2022 qu'en 2015, l'arrivée de ce Parti Musulman au pouvoir, aurait contribué à augmenter le chômage, du fait de l'arrêt de l'industrie d'élevage du porc et de la mise hors service d'un certain nombre d'abattoirs... A moins que les éleveurs et les industriels ne se soient reconvertis dans le mouton, l'agneau, le bœuf, l'âne, la chèvre...
Cinq ans plus tard, en 2027, c'est le Parti Végétarien qui prend le pouvoir, avec cette fois, pour hôte de l'Elysée... Aymeric Caron. Et de nouveau, on revoit les gambettes des femmes, et les foulards ont raccourci, sont devenus de jolies écharpes fines chiquement nouées autour du cou...
… « Allah akbar »... ou « Que Dieu est grand »... Ou « Que viennent les Elohim »... Pourvu qu'on ait un peu plus d'amour, un peu moins d'ennemour... Et qu'on cesse de faire des concerts d'hémoglobine, de couper des têtes et d'interdire à des journaux de paraître, qu'on laisse parler tout le monde... et réfléchir par la même occasion, tout le monde, en face de ce qui est dit...
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MessageSujet: Houellebecq non autorisé, par Denis Demonpion...    Sam 30 Mai - 7:47

... Houellebecq non autorisé, enquête sur un phénomène


    4ème de couverture

         On l'a traité de tous les noms : fasciste, raciste, eugéniste, antiféministe, réactionnaire, pervers...
Mais au fond, qui est-il ?
Intrigué par le personnage emblématique de Michel Houellebecq, devenu avec les Particules élémentaires, l'auteur culte de la fin du deuxième millénaire, Denis Demonpion, journaliste au magazine Le Point, a mené l'enquête.
À partir de documents et d'une centaine de témoignages inédits, il retrace le « corpus » que Houellebecq s'est évertué à dissimuler pour mieux fabriquer son personnage, cultivant un brouillard sulfureux qui en fait aujourd'hui le symbole de la littérature postmoderne.

    Né le 26 février 1956 à Saint Pierre de la Réunion, Michel Houellebecq fait vraiment son apparition sur la scène littéraire en 1988, alors âgé de 32 ans, découvert par Michel Bulteau, le directeur de la Nouvelle Revue de Paris.
Poète, Michel Bulteau dirige aux éditions du Rocher, une collection réservée à des écrivains atypiques.
À l'époque, en 1988, Michel Houellebecq s'appelle encore de son nom d'état civil, Michel Thomas. Rendez-vous est pris, au siège de la librairie Plon, rue Garancière à Paris dans le 6ème, avec Michel Bulteau... Michel Thomas se présente négligé, mal à l'aise, avec quelque chose de gluant et de moite dans l'apparence, il fait une impression assez repoussante à l'accueil, on l'introduit auprès de Michel Bulteau, qui dit « il s'est présenté comme un marginal. Il parlait très peu. Il avait l'air de sortir de nulle part, d'un univers fracturé, indéfinissable. C'est ce qui m'a plu. Je recevais tout le monde, tous les marginaux de la terre. Je ne lui ai pas demandé son âge, ni s'il avait un emploi. Il m'a parlé musique, de qui au juste, je ne sais plus. Le fait qu'il ne connaissait pas grand chose en littérature m'a frappé. Il avait peu lu. Ses poèmes m'ont laissé sceptique. Je lui ai demandé un temps de réflexion. Avant de prendre congé, il insiste pour que, au cas où ses textes seraient publiés, ce soit sous le nom de Michel Houellebecq, le nom de sa grand mère, la seule personne qui soit un peu digne dans sa famille m'a-t-il dit. Et il s'en va, traînant derrière lui un ennui languide. »

    Jusqu'en 1988, son « parcours de vie » est assez chaotique...
Lycéen à Meaux, il obtient son bac sans mention, suit les classes préparatoires aux grandes écoles au lycée Chaptal à Paris, puis en 1975 il entre à l'institut national agronomique Paris Grignon, dont il sort en 1978, avec le diplôme d'ingénieur agronome.
Lorsqu'en été 1978 il arrive sur le marché de l'emploi, en dépit de son diplôme d'ingénieur agronome, de deux années de prépa et de trois autres années à l'INA, l'expérience lui faisant défaut comme en atteste dans son dossier la grille réservée aux fonctions préalablement occupées, personne n'attend et ne prend à l'essai Michel Thomas, illustre inconnu. Il se retrouve au chômage...
En juin 1979, il est reçu à l'école de cinéma Vaugirard Louis Lumière pour un cursus de deux ans. Il en sort en 1981.
En 1983 il débute une carrière en informatique chez Unilog, puis est contractuel à la direction informatique du ministère de l'agriculture où il reste trois ans...
Enfin il postule pour un emploi à l'assemblée nationale, réussit en 1990 le concours externe d'adjoint administratif au service informatique ; un revenu régulier lui étant désormais assuré.

Dans « les années d'apprentissage » voici ce que l'on peut lire :

« Dans son studio de la rue Malar, il n'y a ni bibliothèque, ni rayonnages. Malgré son inaptitude pour le bricolage, Michel souhaite installer des étagères. Il achète une perçeuse ultra sophistiquée qu'il refourgue, sans avoir réussi à l'utiliser, à son camarade de promo Pierre Lamalattie...
… A 19 ans, peu d'illusions sur le genre humain et pas de besoins. Il peut vivre avec 500 francs par mois. Habitué à une nourriture spartiate, il ne fait jamais la cuisine. Son ordinaire se compose principalement de pain sec, de tartines de moutarde, de boîtes de conserve et d'un verre ou deux de whisky... »
… Et dans « la métamorphose » à la page 144, sa mère qui lui rappelle que, quand il était rue Malar, il avait voulu faire du ciment et que l'ayant jeté aux chiottes, il les avait bouchées. Ça avait déclenché les pompiers, l'échelle, la compagnie d'assurances. « Eh bien, tu vois, Michel, tu prends le type le plus con du monde, tu lui montres comment faire du ciment, une connerie comme celle-là, il ne la fait pas. Donc le con, c'est toi. »
...Et cet autre passage, dans « la métamorphose », au sujet de la revue « Perpendiculaire » qui tient salon le 18 du mois, au premier étage du café Les Marronniers » au 18 rue des Archives ; un « lieu branché » où se réunissent des intellectuels et des artistes de la « gauche bobo » du temps de Lionel Jospin, fin des années 90 :
« Dans une ambiance chauffée de conservatoire, les intervenants, tels de jeunes pousses postulant à l'accessit, lisent ou déclament.../... Jouannais, Duchatelet et les autres s'élancent dans un jerk dorsal collectif, une danse mise au point au lycée. On discute, on babille, on s'esclaffe, devant un verre de tequila ou de pouilly-fuissé.../... Un public d'amateurs, élargi bientôt à des personnalités de l'édition -auteurs, directeurs de collection- et des médias, se presse autour de tables de huit ou neuf. Untel, coiffé d'une casquette bombée, s'est fait une tête de gavroche, tel autre, la barbe de trois jours,la chemise ouverte, s'offre des allures de poète maudit. Un jeune homme efflanqué cache son regard derrière des lunettes noires. On croise de nouveaux visages. Les filles sont jolies, désirables, les épaules nues. »
Selon Claude Tarrène, directeur commercial des éditions Le Dilettante, très assidu aux rendez-vous des Perpendiculaires, Michel Houellebecq n'y est venu que cinq fois... Assis à la table de Sorin, son éditeur, il se montrait discret, mutique, évasif...

Mon avis :

    Ce livre nous parle d'un homme, d'un homme à « prendre tel qu'il est » … Comme écrivait Shakespeare : He was a man, take him for all in all.
Ce livre intéresse autant les « anti » que les « pro » Houellebecq...
Pour ma part, je dirais que, du temps de Coluche avant 1986, le monde était ce qu'il était mais il y avait Coluche...
Du temps de Michel Houellebecq, le monde est toujours ce qu'il est-en pire par certains côtés on va dire- mais il y a Michel Houellebecq...
… Mais je préférais la version « Coluchéenne » du monde... Tout en me disant qu'il y a Michel Houellebecq, cet écrivain qui surprend,  dans un paysage littéraire d'aujourd'hui qui fige plus qu'il n'active les regards...  
L'humour autant dans le propos que dans l'agissement, c'est « moins aléatoire » que la littérature, même si dans la littérature il y a de l'humour...
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MessageSujet: Re: Michel HOUELLEBECQ   Sam 30 Mai - 17:44

... Lors de la rentrée littéraire de 1998, la course au Goncourt est lancée... Les spéculations vont bon train. Pressentant la réussite commerciale des Particules élémentaires, Sorin, de Flammarion, n'aspire qu'à décrocher le prix tant convoité. Il "travaille" les rédactions, alimente les rumeurs. Sauf exception, la presse, très abondante, est plutôt favorable.
Cependant, le jeudi 5 novembre au matin, dans un entrefilet de Libération, l'on découvre que Les particules élémentaires ont disparu de la liste des goncourables...
Sans doute faut-il voir là, la conséquence du scandale de l'affaire de "l'espace possible", un camping alternatif de Charente Maritime, présenté par Michel Houellebecq comme un "repaire de babas cool frustrés sexuellement qui, dans les limbes vaguement sectaires d'un new âge plus ou moins fumeux, s'adonnent à la débauche"... (une publicité catastrophique pour ce camping). Yves Donnars, le propriétaire du camping, fou de rage, avait téléphoné à Flammarion pour protester. Et exiger que l'écrivain transpose, c'est à dire trouve un autre lieu, un autre centre de loisirs sous un autre nom différent et pas dans la même région...
... Michel Houellebecq, finalement, obtiendra bien le prix Goncourt, en 2010 avec "La carte et le territoire"...

Le Goncourt, c'est un "GONG"... court... (c'est ce que j'en dis, de ce "sacré prix"!)

En effet, ça claquesonne comme une cloche d'église, une sorte de "glas heureux"... et, une heure plus tard, on entend le vent qui chante dans les blés, les chiens aboyer au lointain... et des avions qui passent le mur du son...
(Mais peut-être que pour ce livre La carte et le territoire de Michel Houellebecq, ça va "claquesonner" un peu plus longtemps que le temps d'un "glas heureux")...

... Cela dit, le Goncourt, et tous ces autres prix littéraires prestigieux, c'est de la foutaise... À l'exception-peut-être-du Nobel de littérature, qui me semble "crédible" tant pour la qualité , pour l'impact auprès d'un public, de l'ensemble de l'oeuvre littéraire de l'auteur auquel est attribué ce prix ; que pour la notoriété qui accompagne ce prix, une notoriété dont la dimension est autre que celle que lui donnent les médias... Tous ces grands prix littéraires sont une affaire de gros sous, de magouilles, de combines et compagnie, de lutte féroce entre auteurs et surtout entre grands éditeurs...
... Quand j'ai lu La carte et le territoire, de Michel Houellebecq, il m'est venu l'idée d'une petite histoire à laquelle j'aurai donné ce titre "la carpe et le péritoine"... Je pensais à une grosse carpe péchée et maintenue en vie au fond d'une lessiveuse et qui, tournant sans cesse, semblait se mordre la queue, et qui le lendemain aurait constitué le plat de résistance d'une fête familiale... Et Pépé serait venu au déjeuner familial, en pompes noires et costard, et, traversant la rue devant la maison, la semelle de sa chaussure gauche aurait foutu le camp. Et Pépé marchait sur le péritoine de sa chaussure, c'est à dire sur la peau du ventre de sa chaussure...

... Je m'imaginais (du moins j'essayais) tel Michel Houellebecq, ayant passé non pas comme Michel Houellebecq dix ans de ma vie (jusqu'à l'âge de 35 ans) "à manger de la vache entagée" mais trente ou même quarante ans de ma vie (jusqu'à l'âge qui est le mien aujourd'hui)... Avant de connaître enfin le "succès" (reconnaissance, publication chez un grand éditeur, etc. ...) ... Tous ces salons, toute cette médiatisation, tout ce monde de la littérature et des milieux d'artistes, d'intellectuels "branchés", et toute cette "cour" d'adorateurs , toutes ces jeunes femmes chic épaules dénudées jupes fendues depuis la hanche... Enfin, en un mot tout ce monde plus féroce encore que le monde des "gens ordinaires", tellement plus féroce, plus perfide, plus hypocrite, plus perverti, plus enclin aux "coups bas" entre gens de scène et de plateaux, entre auteurs... Bien plus préoccupé des apparences, bourré de fric... Ce monde qui ne pourrait jamais quoiqu'il m'arrive être le mien, devenir le mien... Ce monde qui ne me fait pas rêver et que je sens lointain, inaccueillant, méprisant, condescendant...
Non, je ne me vois guère, par exemple, dans un jerk déjanté sur la piste de danse d'une boîte à la mode, ni dans un club d'échangisme, ni dans un salon tel que celui des Marroniers du temps de la revue Perpendiculaire...
Mon anarchisme est totalement inclassable, irrécupérable, invendable, incommercialisable, et cependant je n'ai pas une kalachnikov en bandoulière ou tendue et armée à mon bras pour "sulfater" tous ces guignols qui se la pètent devant tout le monde bardés qu'ils sont de plumes au cul de toutes les couleurs !
Je ne laisserai en crevant, à mon notaire, que la peau de mon trou de bale... et "vingt mille lieues d'écriture et de poésie sur le Net"... qui deviendront avec le temps comme un flocon, un résidu de chrysalide suspendu sur un fil de clôture de pré à vaches, un flocon que le vent détachera et emportera au loin...
One day I'll fly away...

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MessageSujet: Re: Michel HOUELLEBECQ   Dim 31 Mai - 7:57

... Dans un entretien au magazine LIRE de septembre 1998 (page 233 du livre de Denis Demonpion, Houellebecq non autorisé), Houellebecq confirme :

"Mon admiration naturelle va à la bonté. Je ne mets rien au dessus, ni l'intelligence, ni le talent, rien. Je viens d'épouser Marie-Pierre pour sa bonté"

Tu attends ou tu provoques,
Mais au fond tu attends toujours
Une espèce d'hommage
Qui pourra t'être donné ou refusé,
Et ta seule possibilité en dernière analyse est d'attendre.
Pour cela, je t'admire énormément.
[...]
En même temps tu as cette force terrifiante
De ceux qui ont le pouvoir de dire oui ou de dire non
Cette force t'a été donnée
Beaucoup peuvent te chercher, certains peuvent te trouver
Ton regard est la clef de différentes possibilités d'existence
Et de différentes structurations du monde
Tu es la clef offerte par la vie pour un certain nombre d'ailleurs
A ton contact, je deviens progressivement meilleur
Et j'admire, également, ta force. [...]


... Tout comme Michel Houellebecq, je suis un "inconditionnel" de la bonté... De cette bonté que je place "au dessus de tout", y compris de l'intelligence et du talent...
L'intelligence et le talent, en vérité, ne sont -et ne peuvent être... et ne doivent être- d'ailleurs, qu'une "vitrine arrangée au mieux et au plus vrai, et sans effets spéciaux", de la bonté... (mais sans même cette "vitrine", la bonté demeure elle-même la vitrine ET, en même temps, "l'intérieur de la boutique et l'arrière boutique"...

Cependant, la bonté est aussi... Ce que les êtres forts peuvent "se permettre" d'avoir, c'est à dire "d'avoir conscience qu'ils ont et de la manifester ouvertement...
Lorsque les êtres "bons", sans être forcément faibles, ne sont pas assez forts, ils se font écraser, parce que le monde, autant celui d'hier et à plus forte raison celui d'aujourd'hui, est un monde sans bonté...
La bonté, quand elle ne surprend pas, elle est suspecte, en ce monde...
La bonté n'est pas la clef qui ouvre toutes les portes, vraiment toutes... Mais elle est la seule clef possible... Pour autant qu'elle soit de l'acier le mieux trempé...

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MessageSujet: Interventions 2   Mer 3 Juin - 14:39


Interventions 2, Michel Houellebecq

    4ème de couverture :

   «  Les « réflexions théoriques » m'apparaissent comme un matériau romanesque aussi bon qu'un autre, et meilleur que beaucoup d'autres. Il en est de même des discussions, des entretiens, des débats... Il en est encore plus évidemment de même de la critique littéraire, artistique ou musicale. Tout devrait pouvoir se transformer en un livre unique, que l'on écrirait jusqu'aux approches de la mort ; cela me paraît une manière de vivre raisonnable, heureuse, et peut-être envisageable en pratique ».

… / …
    Dans avant-propos à la page 7:

    «C'est à tort par exemple qu'on s'imagine les êtres humains menant une existence purement matérielle. …/... ils ne cessent de se poser des questions qu'il faut bien -faute d'un meilleur terme- qualifier de philosophiques. J'ai observé ce trait dans toutes les classes de la société, y compris les plus humbles, et jusqu'aux plus élevées. La douleur physique, la maladie même, la faim sont incapables de faire taire totalement cette interrogation existentielle. Le phénomène m'a toujours troublé, et plus encore la méconnaissance qu'on en a ; cela contraste si vivement avec le réalisme cynique qui est de mode, depuis quelques siècles, lorsqu'on souhaite parler de l'humanité. »
   
   
Ce « réalisme cynique » qui est de mode depuis au moins trois siècles déjà, est d'autant plus amplifié à partir de la fin du 20ème siècle, du fait du développement et de la rapidité, de l'instantanéité à vrai dire, de l'information, avec les nouvelles technologies de la communication... Ainsi les médias et les intellectuels s'accordent-ils pour faire passer l'idée selon laquelle « il n'y a plus de réflexion, plus d'interrogation, et surtout, plus (ou de moins en moins) de capacité, de besoin de réflexion, chez la plupart des gens essentiellement et uniquement préoccupés de consommation, de loisir, de gagner de l'argent »... C'est là, en effet, l'idée qui domine dans la société des pays développés, l'idée que tout un chacun retient au fond de lui-même... Ce qui en fait, le désespère parce que lui, en particulier, « se sent capable de réflexion » (mais ne sait pas comment il va pouvoir en parler autour de lui, ni avec qui)...

    Dans approches du désarroi, au 3 ème chapitre, l'on voit comment la publicité a mis en place un Surmoi terrifiant et dur, qui colle à la peau de l'individu et lui répète sans cesse qu'il doit désirer et être désirable, qu'il doit participer à la compétition, à la vie du monde... au risque de ne pas, de ne plus exister s'il ne se soumet pas à la loi du marché, la seule loi possible lui permettant d'exister... Bien sûr, il sait bien, le « citoyen lambda », qu'il ne peut exister qu'au détriment de tous ces autres qui eux, travaillent pour un euro par jour... Mais il pense que c'est une fatalité, que c'est « dans l'ordre des choses »...

    Dans consolation technique, à la page 212, le terme de littérature nombriliste a toujours déplu à Michel Houellebecq, qui trouve que c'est là un cliché facile...
« Quel serait l'intérêt d'une littérature qui prétendrait parler de l'humanité en excluant toute considération personnelle ? Hein ? Les êtres humains sont bien plus identiques qu'ils ne l'imaginent dans leur prétention comique ; il est bien plus facile qu'on ne l'imagine d'atteindre l'universel en parlant de soi. …/... On mesure la valeur des livres à la capacité d'implication personnelle de leur auteur. »

… Je partage tout à fait cette réflexion de Michel Houellebecq ; entendant  maintes fois autour de moi, surtout de la part des gens qui n'écrivent pas, des propos selon lesquels « il serait suspect, ou nombriliste ou même indécent, d'écrire sur soi, de donner son avis sur ceci/cela, de se mettre en scène (même indirectement) dans un livre que l'on publie, et, à plus forte raison, de tenir un blog, de s'exprimer personnellement sur divers sujets dans des réseaux sociaux du Net »... A les entendre, ces gens « on ne pourrait, on ne devrait donc, plus rien écrire, à moins d'être un écrivain de terroir local et reconnu, qui écrit des livres pour distraire, pour amuser, pour faire rêver, pour émouvoir... »

    Dans sortir du 20 ème siècle, à la page 225 : « Sur le plan scientifique et technique, le 20ème siècle peut être placé au même niveau que le 19 ème siècle. Sur le plan de la littérature et de la pensée, par contre, l'effondrement est presque incroyable, surtout depuis 1945, et le bilan est consternant.../... « 
Selon Michel Houellebecq, ce serait en partie l'engagement politique qui serait responsable pour une bonne part, du déclin -ou plutôt de la dérive- de la littérature et de la pensée, à partir de 1945 …
Pour ma part, je ferais une exception avec l'oeuvre d'Albert Camus, et avec les écrits journalistiques de François Mauriac... entre autres œuvres littéraires de la seconde moitié du 20 ème siècle... Et je dis aussi que le déclin de la littérature et de la pensée depuis 1945, viendrait selon moi, en grande partie, plus que de l'engagement politique encore, de la pensée intellectuelle et progressiste de gauche comme de droite surtout après mai 1968... (tout un vernis de convenances, de « pensée unique s'articulant sur l'idée d'une tolérance qui tolère et accepte tout au nom du respect de la différence et de la liberté de chacun et de la reconnaissance des minorités) … D'ailleurs le cinéma, plus encore que la littérature, s'est fait le vecteur de la pensée intellectuelle et progressiste libertaire -mais « libertaire » avec pas mal d'idées reçues et de préjugés, le tout repris par la société de consommation de masse, la publicité, les modes, les tendances...
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MessageSujet: Houellebecq écrivain romantique, par Aurélien Bellanger   Mer 17 Fév - 7:33


   
Résumé 4ème couverture :

    Beaucoup de choses ont été dites sur Michel Houellebecq, sur son oeuvre un peu moins, sinon qu'on y trouvait le parfait catalogue du cynisme contemporain ou l'encyclopédie des ratages de la modernité.
C'est une double méprise  : Houellebecq est un écrivain sincère et ambitieux. Il ne cherche jamais à sauver ce qui ne peut plus l'être. Néanmoins, si le monde n'est pas toujours drôle, il est améliorable. Nous disposons, dans la science, des moyens de le réanchanter. L'homme n'est pas condamné au tragique.
Désespérance et utopie, l'une comme l'autre argumentées avec soin : la douleur est un indice  ; le monde doit être réparé. Les racines du mal sont trop profondes pour être entièrement arrachées, mais nous saurons en extraire des fleurs.
Houellebecq est un écrivain romantique.
De Pascal à Lovecraft, Houellebecq a étudié la littérature de la chute, mais c'est, de Novalis à Baudelaire, celle de la rédemption par la technique qu'il a choisi de continuer.

    Mon avis :

    Pour moi qui n' a pas fait d'études de philosophie en classe terminale ni en université (Positivisme, Auguste Comte ; Heidegger, ontologie, mysticisme, etc. ...) J'avoue avoir été "un peu dépassé" par certains termes employés... Cependant, avec "recherche Google" ou avec un dictionnaire à portée de main – et un minimum de réflexion- je suis parvenu au bout de ce livre...
Cette étude réalisée par Aurélien Bellanger sur l'oeuvre de Michel Houellebecq, me paraît être un véritable, un incontestable démenti à l'idée selon laquelle, pour certains intellectuels et journalistes littéraires, "Michel Houellebecq serait une nullité littéraire" ...
En effet, c'est tout le contraire d'une "nullité littéraire" !
... Bon c'est vrai, personnellement j'adhère totalement à Michel Houellebecq, à ses livres (romans et essais) que j'ai tous lus jusqu'à "Soumission" ainsi qu'à sa poésie... Tant je "m'y retrouve" dans son style, dans ses formulations, le ton qu'il emploie, son ironie, sa dérision, ses clichés (types de personnages, de comportements, qui à mon sens ne sont pas tout à fait des clichés dans la mesure où ils correspondent à une certaine réalité)... à tel point parfois que je me dis que j'aurais pu écrire cela pareil ou presque! (Mais comme je dis en rigolant "au lieu que ce serait du Houellebecq, ce serait du Yugcib")...

"Windows démarra avec un petit bruit joyeux"...

"En fin de soirée, la montée de l'écoeurement est un phénomène inévitable. Il y a une espèce de planning de l'horreur. Enfin je ne sais pas ; je pense"...

"Dans l'avion, Michel trouve aux pieds de son voisin, un best-seller anglo-saxon merdique d'un certain Frederick Forsyth. Le livre est d'une nullité écrasante. Plus tard, écoeuré par sa lecture du Guide du Routard, il s'empare avec résignation du roman La Firme, de John Grisham."

"J'éteignis juste après le générique du Silure démystifié. La nuit était opaque ; le silence également."

"Maigre, moustachu et nerveux, l'homme se présenta à moi comme un naturopathe ; devant mon ignorance il précisa qu'il soignait par les plantes, ou par d'autres moyens naturels si possible. Sa femme, sèche et menue, travaillait dans le secteur social, à l'insertion de je ne sais quels délinquants primaires alsaciens ; ils donnaient l'impression de n'avoir pas baisé depuis trente ans."

... Telles ont été, à la lecture de cet ouvrage d'Aurélien Bellanger, ces phrases reportées, de Michel Houellebecq dans notamment "Extension du domaine de la lutte" et "La possibilité d'une île", entre autres...

... Et maintenant ceci :

"Eh Michel, où est le bec ?
Le bec de l'oiseau?
Le bec de la tortue?
Le bec qui pue... dans les cocktails d'entreprise ou dans les cockails littéraires, où les participants atomisent  autour de la table les particules fines de leurs haleines épicées de petits fours ingurgités, de mélanges alcoolisés et de fumée de clopes ?

... Bon, oui... mais ça, c'est du Yugcib ! (rire)...

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