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Alexis PIRON

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mile
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MessageSujet: Alexis PIRON   Ven 18 Sep - 4:01

Alexis PIRON (1689-1773), fils d'apothicaire dijonnais, a marqué son époque par ses très nombreux épigrammes (petits poèmes satiriques), par une pièce : "La Métromanie", mais aussi par son "Ode à Priape" qui lui causera bien des ennuis, puisque suscitant notamment le veto de Louis XV à son entrée à l'Académie Française, où il avait été régulièrement élu. Ses vers sont, il est vrai, parfois un peu lestes :




LA PUCE

"Au dortoir
Sur le soir
La soeur Luce
En chemise
Et sans mouchoir,
Cherchait du blanc au noir
A surprendre une puce.
A tâtons,
Du téton
A la cuisse
L'animal ne fait qu'un saut
Ensuite un peu plus haut
Se glisse.
Dans la petite ouverture,
Croyant sa retraite sûre,
De pincer,
Sans danger,
Il se flatte.
Luce pour se soulager
Y porte un doigt léger
Et gratte.

En ce lieu
Par ce jeu
Tout s'humecte
A force de chatouiller
Venant à se mouiller
Elle noya l'insecte.
Mais enfin,
Ce lutin,
Qui rend l'âme,
Veut faire un dernier effort.
Luce grattant plus fort
Se pâme."



MON TESTAMENT


"Je veux qu'après ma mort cent putains toutes nues
Soient, dessus mon tombeau, cent fois par jour foutues,
Et que les cordeliers, en chantant leurs offices,
Aient tous les vits bandants dans le cul des novices,
Et que les Jacobines en prêchant leurs sermons,
En exhortant les vits, prêchent contre les cons ;
Et que sans consulter tant de législateurs,
On partage mon bien aux plus fameux fouteurs ;
Et qu'on donne mes os à mes apothicaires
Pour servir de canule à donner des clystères ;
Afin qu'après ma mort, ainsi que j'ai vécu,
Je sois encore utile au service du cul."





ODE A PRIAPE


"Foutre des neuf garces du Pinde,
Foutre de l'amant de Daphné
Dont le flasque vit ne se guinde,
Qu'à force d'être patiné :
C'est toi que j'invoque à mon aide,
Toi qui dans les cons, d'un vit raide,
Lance le foutre à gros bouillons ;
Priape soutiens mon haleine,
Et pour un moment dans ma veine,
Porte le feu de tes couillons.

Que tout bande, que tout s'embrase ;
Accourez putains et ribauds :
Que vois-je...Où suis-je ?...Ô douce extase ! ...
Les cieux n'ont pas d'objets si beaux
Des couilles en bloc arrondies
Des bataillons de vits bandés,
Des culs ronds sans poils et sans crottes,
Des cons, des tétons et des mottes,
D'un torrent de foutre inondés.

Restez adorables images,
Restez à jamais sous mes yeux ;
Soyez l'objet de mes hommages,
Mes législateurs et mes dieux ;
Qu'à Priape on élève un temple
Où jour et nuit l'on vous contemple,
Au gré des vigoureux fouteurs ;
Le foutre y servira d'offrandes,
Les poils de couilles de guirlandes
Les vits de sacrificateurs.

Aigle, baleine, dromadaire,
Insecte, animal, homme, tout,
Dans les cieux, sous l'eau, sur la terre,
Tout nous annonce que l'on fout :
Le foutre tombe comme grêle,
Raisonnable ou non tout s'en mêle,
Le con met tous les vits en rut :
Le con du bonheur est la voie,
Dans le con git toute la joie,
Mais hors du con point de salut.

Quoique plus gueux qu'un rat d'église,
Pourvu que mes couillons soient chauds,
Et que les poils de mon cul frise,
Je me fous du reste en repos.
Grand de terre l'on se trompe,
Si l'on croit que de votre pompe
Jamais je puisse être jaloux :
Faites grand bruit, vivez au large ;
Quand j'enconne et que je décharge,
Ai-je moins de plaisir que vous ?

Que l'or, que l'honneur vous chatouille,
Sots avares, vains conquérants ;
Vivent les plaisirs de la couille !
Et foutre des biens et des rangs.
Achille aux rives du Scamandre,
Pille, détruit, met tout en cendres ;
Ce n'est que feu, que sang, qu'horreur :
Un con parait, passe-t-il outre ?
Non, je vois bander mon jean-foutre ;
Le héros n'est plus qu'un fouteur.

De fouteurs la fable fourmille :
La soleil fut Leucothoé,
Cynire fout sa propre fille,
Un taureau fout Parsiphaé ;
Pygmalion fout sa statue,
Le brave Ixion fout la nue ;
On ne voit que foutre couler :
Le beau Narcisse pâle et blème
Brûlant de se foutre lui-même,
Meurt en tâchant de s'enculer.

Socrate, direz-vous, ce sage,
Dont on vante l'esprit divin,
Socrate a vomi peste et rage,
Contre le sexe féminin :
Mais pour celà le bon apôtre,
N'en a pas moins foutu qu'un autre ;
Interprétons mieux ses leçons :
Contre le sexe il persuade ;
Mais dans le cul d'Alcibiade,
Il n'eut pas tant médit des cons.

Mais voyons ce brave cynique,
Qu'un bougre a mis au rang des chiens,
Se branler gravement la pique,
A la barbe des Athéniens :
Rien ne l'émeut, rien ne l'étonne ;
L'éclair brille, Jupiter tonne,
Son vit n'en est point démonté ;
Contre le ciel sa tête altière
Au bout d'une courte carrière,
Décharge avec tranquillité

Cependant Jupin dans l'Olympe
Perce des culs, bourre des cons ;
Neptune au fond des eaux y grimpe,
Nymphes, sirènes et tritons ;
L'ardent fouteur de Proserpine,
Semble dans sa couille divine,
Avoir tout le feu des enfers :
Amis, jouons les mêmes farces ;
Foutons tant que le con des garces
Nous foute enfin l'âme à l'envers.

Tysiphone, Alecto, Mégère,
Si l'on foutait encore chez vous,
Vous Parques, Caron, Cerbère,
De mon vit vous tâteriez tous :
Mais puisque par un sort barbare,
On ne bande plus au Ténare,
Je veux y descendre en foutant ;
Là, mon plus grand tourment, sans doute,
Sera de voir que Pluton foute,
Et de n'en pouvoir faire autant.

Redouble donc tes infortunes,
Sort, foutu sort, plein de rigueurs ;
Ce n'est qu'à des âmes communes
A qui tu peux foutre malheur :
Mais la mienne que le vit d'un carme,
Se ris des maux présents, passés :
Qu'on m'importe ? mon vit me reste ;
Je bande, je fous, c'est assez."



_________________
"Pour l'idéaliste, l'existence n'est pas nécessaire à la vérité qu'il conçoit" Albert Thibaudet.
"Je suis d'un autre pays que le vôtre, d'un autre quartier, d'une autre solitude". Léo Ferré

http://monamilouisbertrand.blogspot.com
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MessageSujet: Re: Alexis PIRON   Mar 15 Déc - 22:07

Alex au Jardin de l'Arquebuse à DIJON.



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MessageSujet: Re: Alexis PIRON   Lun 13 Aoû - 9:27



Alexis Piron (1689-1773) était un chansonnier, poète et auteur dramatique. Il est connu pour avoir écrit sa propre épitaphe après son éviction de l'Académie Française :

« Ci-gît Piron
qui ne fut rien,
Pas même académicien. »

Il faut dire que ce poète n'y allait pas avec le dos de la cuillère et sa fameuse Ode à Priape, oeuvre obscène, lui avait valu cette infortune. Le roi, Louis XV, refusa donc de le parrainer officiellement et c'est Bougainville qui fut élu à sa place.


Un jour, un auteur médiocre, lui dit : « Je voudrais travailler à un ouvrage où personne n’eût travaillé et ne travaillât jamais. » « Travaillez à votre éloge », lui répondit alors Piron.

Lorsqu'il mourut, son neveu, Bernard Piron, qu'il avait déshérité pour la fille de sa cousine, qui en avait pris soin alors qu'il était vieux et presque aveugle, écrivit :


« Ci-gît le célèbre Piron
Des poètes la rocambole,
Qui légua, nous faisant faux-bond :
À Juvigny ses torche-culs,
À sa catin tous ses écus,
À son neveu pas une obole. »
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MessageSujet: Re: Alexis PIRON   

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Alexis PIRON

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