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La journée de la jupe, Jean-Paul Lilienfeld

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gemini
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MessageSujet: La journée de la jupe, Jean-Paul Lilienfeld   Sam 5 Déc - 16:24



J'ai enfin regardé ce téléfilm tant commenté.
D'abord, des évidences : l'image est télévisuelle, donc sans style. Le film est assez court et rythmé, il se suit sans ennui. En fait, il m'a même semblé agréable, drôle, un peu tendu. Sur le coup. Ô bien sûr il y a quelques défauts, mais globalement je lui ai trouvé des éléments intéressants et Adjani m'a semblé incarner avec justesse cette prof qui craque, même si elle en fait parfois trop.

Sauf qu'en y réfléchissant et en discutant avec d'autres :

Les couacs : l'arrivée des flics dans ce bahut est grotesque, ça saute par-dessus les barrières du trottoir et bien sûr il y en a un gentil et un méchant. C'est drôle tellement c'est décalé. Sur ce point le film en fait des tonnes, mais dans un genre bien différent des films américains qui foutent la pression. En fait, dès que le point de vue se situe sur la négociation avec le RAID puis la ministre, on tombe dans la plus banale des comédies. Le film montre bien le ridicule de ce qui se passe dehors et les enjeux des tractations, mais en même temps le ridicule est aussi dans la façon dont c'est décrit.
Les acteurs font quasi tous série télé, et d'ailleurs ils en viennent tous plus ou moins si je ne me trompe pas. Berroyer dans ses premières paroles de proviseur a un jeu navrant. L'arrivée de la classe qui va être l'objet du film se passe elle aussi dans l'excès : il faut en cinq minutes poser la situation alors tous les élèves (qui ressemblent un peu à un panel IPSOS) se bousculent, s'insultent et s'engueulent, bousculent leur prof qui elle est dépassée. On a compris. Il faut planter un maximum de sujets en un minimum de temps, et c'est sans doute le problème de tout le film.

L'intéressant : la bêtise crasse et l'absence totale de réflexion des élèves, le dialogue impossible et leur misogynie. Le ping pong verbal entre Adjani qui pète les plombs et franchit les limites pour en imposer à sa classe est jubilatoire, forcément. Pas besoin d'être prof pour se mettre à sa place. L'Education Nationale est montrée comme passive, et la religion pose un problème.

Le problème : premier hic, quand Adjani leur sort qu'ils ne doivent pas être victimes, et que rien que pour les sacrifices consentis par leur famille, ils se doivent de réussir. En fait, une fois qu'on a pris plaisir à voir ce film commencent à apparaître ses limites (enfin, chez moi qui suit longue à la détente). Adjani veut secouer ses élèves, leur fait remarquer qu'ils doivent arrêter de se plaire dans le costard de victime que leur a taillé une partie de la société (politiques, médias, profs...) Seulement, son discours ne va pas plus loin, n'a pas plus d'envergure et de positionnement. Elle a fait le choix, à titre personnel, de se battre contre l'image imposée : elle ne veut pas s'en laisser imposer par la religion, elle ne veut pas s'en laisser imposer parce qu'elle est une femme. Elle n'est "que" prof de français (qui veut leur apprendre... Molière) dans une école laïque. Et ce qu'elle leur vend, c'est que la seule façon pour eux (Noirs et Arabes) de s'en sortir, c'est de réussir à l'école. Pas trop de diversité dans les possibilités d'épanouissement. Certes, c'est un film sur l'école, mais il aurait pu prendre un peu d'envergure.

À repenser au film avec du recul, il m'en reste en fait une sensation de portrait grossier, sans doute bien intentionné, qui provoque du débat mais prête également le flanc à de sévères critiques.
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Carla
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MessageSujet: Re: La journée de la jupe, Jean-Paul Lilienfeld   Jeu 10 Déc - 20:40

Je regrette de ne pas l'avoir vu. Dans qq mois sur la Une peut-être...
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