Nota Bene

Nota Bene

Nota Bene : La Qualité, Non La Quantité - Forum Atypique Pour & Par la Littérature - Le Forum Que Vous N'Oublierez Pas De Sitôt - Histoire & Cinéma Sont Aussi Sur Nos Etagères - Réservé Aux Lecteurs Gourmets & Passionnés - Extrémistes & Trolls S'Abstenir
 
AccueilPortailCalendrierÉvènementsGalerieFAQRechercherS'enregistrerMembresGroupesConnexion

 

Question de purée...

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Auteur Message
yugcib
Littérophage Nota Beniste Yugcibien - Specimen Unique
Littérophage Nota Beniste Yugcibien - Specimen Unique
yugcib

Masculin
Capricorne Cochon
Nombre de messages : 8203
Age : 71
Localisation : 186 route d'audon, 40400 TARTAS
Emploi : Sans activité
Loisirs : Vélo, promenade, littérature, écriture
Date d'inscription : 16/10/2005

Question de purée... Vide
MessageSujet: Question de purée...   Question de purée... Icon_minitimeVen 22 Jan - 9:55

“Les dieux avaient condamné Sisiphe à rouler sans cesse un rocher jusqu'au sommet d'une montagne d'où la pierre retombait par son propre poids. Ils avaient pensé avec quelque raison qu'il n'est pas de punition plus terrible que le travail inutile et sans espoir”... [Albert Camus]

... Oh certes... L'histoire que je raconte dans la rubrique “Super Pirate” de mon site, est “un peu raide”... Mais bon, nous sommes là dans l'un de ces “registres Yugcibiens”... Et peut-être dans un de ces thèmes “récurrents” Yugcibiens... Qui de temps à autre, “ressortent” (avec quelques variantes)...
De toute manière, “Super Pirate” ou pas, “dimension poétique et de réflexion” ou pas... Je pense au rocher de Sisiphe, à ce rocher qui sans cesse retombe par son propre poids... Je ne cesse effectivement (c'est le sentiment que j'ai) de rouler ce rocher jusqu'en haut de la montagne... Et pourtant je ne suis pas Sisiphe... Je ne sais pas (parce que je n'en ai pas vraiment conscience) si mon “travail” est inutile et sans espoir... Et je m'en fous ! Je sais seulement que je roule le rocher, et que je ne considère pas cela comme une “punition”... Ni comme une “vocation”... Ce serait à mon sens – du moins c'est ainsi que je le ressens- “quelque chose d'heureux, de profondément heureux, qui dépasserait tout désespoir, oui, tout désespoir même effectif”...

... Question de purée, donc... Dans “Super Pirate, suite”... (dernier texte publié voir fin page)
http://yugcib.e-monsite.com


Il s'appelle Arnaud Le Véloce...
Il est âgé de 64 ans en 2010 (il est donc né en 1946) et il est du “Papy Boum”...
Son copain, celui à qui il “dit tout”, c'est Gabriel Le Gros, âgé lui, de 74 ans...
Ils ont tous les deux, un “petit problème”...
Mais pour Gabriel, le “petit problème”, c'est de “l'histoire ancienne” : il s'est fait opérer... Il n'en pouvait plus... De se lever dix fois dans la nuit. Disons que le “petit problème” est devenu un autre “petit problème”... Il le savait... Qu'il en serait ainsi... Mais il a attendu, attendu... Et finalement, il est “passé sur le billard”. Oh, il n'est resté qu'un jour à l'hôpital... Heureusement nous étions encore dans ces dispositions de remboursement de frais médicaux, assez honorables, car la plupart des mutuelles complémentaires (en niveau 2) prenaient en charge l'intégralité des coûts chirurgicaux en l'occurrence pour ce “genre d'opération” somme toute “assez fréquente” chez les “seniors” (déjà bien “rassis”)...
Arnaud est un “leste”... Dans tous ces gestes et petites actions banales de la vie quotidienne, très pragmatiques et “qui ne font pas rêver”... Genre par exemple sortir les poubelles le jeudi soir, aller dans le frigo du haut (parce que celui du bas est hors service) pour prendre un pot de yaourt, faire la vaisselle de la veille au soir dans l'évier du bas (parce que celui d'en haut a le siphon à moitié bouché), effectuer toutes ces allées et venues dans la maison, du bas à l'étage et de l'étage en bas...
Les WC sont à l'étage, et quand il fait la vaisselle en bas, et que “ça lui prend”, il “dansolote” jusqu'au dernier verre essuyé...
Un jour il dit à son copain Gabriel : “ Tu sais mon vieux, y'a des fois, quand je “navigue” et que je suis pressé de naviguer pour aller vite sur l'ordi ou dans le jardin, si j'avais du pré sous moi et si j'avais pas de pantalon, je ferais comme la vache...”
“Attends, attends”, lui répond Gabriel, “ ça, ça veut dire que t'as un problème avec ton adénome prostatique”...
Arnaud : “Tu ne me le fais pas dire! Et en plus quand je pisse je pète! Et là où c'est con, c'est quand je suis avec du monde, que je peux pas y aller tout de suite, que le sac est plein, alors le “crapaud” se contorsionne et ça me fait péter”!
Gabriel : “ Tu vois, tu devrais peut-être te faire opérer. Moi, j'en pouvais plus de me relever dix fois la nuit et en plus, à la fin quand je pissais,en même temps je chiais, c'est à dire qu'il me venait de la merde au trou de bale”...
Arnaud : “Tout de même, j'en suis pas tout à fait là!”...
Gabriel : “ Et t”as vu, Arnaud, ce qu'ils mijotent après la réforme des retraites ? Déjà qu'ils ont depuis 2003, salement allongé progressivement la durée des cotisations, de telle sorte qu'on ne peut plus arrêter de travailler avant 62 ou 63 ans... Ils prévoient de reculer l'âge de la retraite à 65 ans alors que les conditions de travail vont devenir encore plus difficiles : stress, pression, plus loin en bagnole, train ou bus... ça, c'est le “grand chantier” de 2010... Mais il y a un autre “grand chantier” en perspective, c'est celui de la réforme des prestations sociales et de l'assurance maladie : tiens, par exemple pour le “crapaud” comme tu dis... Voilà ce qu'ils disent : plus tu tarderas à te faire gratter le crapaud, et moins tu seras remboursé. Ils vont fixer l'âge limite à 75 ans, c'est à dire qu'après, tu seras plus du tout remboursé... Ceci pour inciter les hésitants (qui évidemment tarderont encore le plus possible) à se faire opérer pour moins cher – mais cher quand même- au profit des lobbies et des grands consortiums... Résultat, les riches pourront continuer à faire de la purée jusqu'au delà de 75 ans et les pauvres se diront ceci : plutôt que d'être obligé de prendre une hypothèque sur la baraque ou de faire un crédit pour pouvoir me payer l'opération le plus tard possible, il faudra que je passe sur le billard quand ça sera encore un peu remboursé ! Et tu penses bien que, vu le nombre croissant de papys qui voudront faire encore de la purée le plus longtemps possible, il y aura que les très/très pauvres qui se feront opérer avant 75 ans...
Arnaud : “Ah, les salauds! Moi avec ma retraite de 995 euros, comment je vais faire ? J'ai une femme de dix ans de moins que moi, belle et chic à crever de régal, et je veux lui en foutre plein les mouillettes! J'ai pas envie que ça parte dans le pipi et de tressauter du gland à sec dans le trou de son âme chic, elle qui m'adore et m'a jamais fait cocu et moi qui n'ai connu que cette femme là dans ma vie... Je me souviens quand j'étais môme, à 9 ans : j'étais déjà monté comme un âne, j'avais une vie intérieure comme des chants et des danses et des marchés Africains et je trouvais con que ça huile pas comme chez les grands et encore plus con que ça tressaute à sec dans l'instant karma ! J'aurais voulu leur tacher la robe d'éclaboussures en paillettes d'étoiles, à mes petites copines, et avant, bien sentir la nuinuile me mouiller dans le pantalon dans ce long régal que j'avais des silhouettes de mes petites copines... Et même en voyant de belles dames de l'âge de ma mère... Il paraît que dans cette transe là, pour autant qu'elle dure et que ça n'explose qu'après avoir bien/bien nuinuilé tout un après midi... Tu peux pas crever ! C'est à dire que tu deviens pendant ce temps là comme une horloge qui continue à faire tic/tac mais sans que les aiguilles tournent !”
Gabriel : “Ah mon pauvre, comme je te comprends ! Mais moi, tu vois, je peux pas en dire autant : j'ai une femme ratatinée qui s'en fout que je fasse ou pas, de la purée... Et puis, quand je vois une jolie et jeune femme dans la rue, ça me fait le même effet qu'à la vue d'une jolie fleur...”
Arnaud : “Eh bien moi, la jolie fleur, je veux m'y exploser dedans jusqu'au fond du coeur de son réacteur, et que ça coule le long de la tige”!
... Question de purée... Un peu raide, non, l'histoire ?... Mais bon, c'est la vie !
_________________
"Nous ne pouvons savoir! Nous sommes accablés d'un manteau d'ignorance et d'étroites chimères! [Arthur Rimbaud]
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://yugcib.e-monsite.com
yugcib
Littérophage Nota Beniste Yugcibien - Specimen Unique
Littérophage Nota Beniste Yugcibien - Specimen Unique
yugcib

Masculin
Capricorne Cochon
Nombre de messages : 8203
Age : 71
Localisation : 186 route d'audon, 40400 TARTAS
Emploi : Sans activité
Loisirs : Vélo, promenade, littérature, écriture
Date d'inscription : 16/10/2005

Question de purée... Vide
MessageSujet: Re: Question de purée...   Question de purée... Icon_minitimeSam 23 Jan - 9:44

Suite de l'entretien entre Arnaud et Gabriel...

J'ai imaginé la suite...
Il y avait déjà eu “les aventures de Pisistrate” quelque part dans “les histoires Yugcibiennes”... Oui, “Pisistrate” invité sur un forum du Net par son ami “Pètalos” ( ou quelque chose comme ça, je ne sais plus)...

Arnaud : “ Sais-tu, Gabriel, la différence qu'il y a entre les lambdas -avec un petit l – et les Lambda – avec un grand L”?
Gabriel : “Il faudrait déjà savoir ce que c'est que les lambdas...”
Arnaud : “ Crois-tu qu'on soit des lambdas ?”
Gabriel : “Ah, ça y est, je vois... Les lambdas ce sont les gens que tu vois et que tu observes, et auxquels tu ne peux donner un nom et dont tu ne te souviendras jamais du visage qu'ils ont”...
Arnaud : “Oui c'est cela même! Parce que ceux qui ont un visage typé – en particulier les femmes chic- ça, c'est pas des lambdas... Et je vais te la dire, moi, la différence... Voilà : les lambdas avec un petit l, ce sont les gens qui n'ont pas cette vie intérieure comme des chants, des danses et des marchés Africains et qui par conséquent, ne baisent jamais en rapport avec cette vie intérieure. Ceux-là en général, ne baisent qu'à poil, sur un pieu, le soir ou le matin, et sans trop de préliminaires... Et les Lambdas avec un grand L, c'est déjà presque des intellectuels : ils baisent avec quelques préliminaires, pas forcément sur un pieu, pas forcément à poil et plus ou moins en rapport avec une vie intérieure qui, sans être comme celle des chants, des danses et des marchés Africains, n'en est pas moins soutenue par quelques rêves d'un possible ailleurs et autrement”...
Gabriel : “Ah, putain! Tu crois pas que tu vas un peu loin dans ton raisonnement?... Lambda, lambda... ça, c'est presque du racisme !
Arnaud : “Pas du tout! En privé, les yeux dans les yeux, quand tu causes vraiment/vraiment avec les gens, quelle que soit leur culture, si ils ont été beaucoup ou pas beaucoup à l'école, s'ils croient en dieu ou pas... Y'a plus d'lambdas avec p'tit l ou grand L! Lambda, c'est pour la philosophie! Et puis tu sais, je vais te dire : c'est à toi de déterminer (si tu peux) si au fond de toi, t'es lambda ou pas, avec un p'tit l ou un grand L, quand je débite ma philosophie”...
Gabriel : “Vu comme ça, je te suis... Je te suis... Enfin, presque!”
Arnaud : “T'as déjà vu dans des thés dansants ou des bars concerts de vieux dans les villes thermales, ces papys mamies se tortiller le cul au rythme de la salsa ou de la lambada, des après-midi entières? Ça c'est l'oeil qui voit, avec la pensée que t'en a, en fonction de ta culture et de ta vision du monde... Et c'est rigolo, de se gausser de ces papys mamies... Tout comme de fulminer truculent à propos de ces filles au cul moulé dans des futals piercingués... Mais c'est désespérant une pensée satisfaite, une pensée qui ne coule que d'idées qu'on se fait... Les idées singent la pensée comme l'ennemour singe l'amour...
Gabriel : “ Alors pourquoi tu fulmines et trucules ? Pourquoi tu provoques, pourquoi il t'arrive comme ça, de but en blanc, de rentrer dans le lard des gens? Pourquoi tous ces propos, toutes ces histoires si raides, pourquoi ces tabous brisés, ces mythes percutés et ces culs moulés caricaturés?
Arnaud : “ça, c'est pour que ça rende du son, pour que l'arbre il crie sous la poussée du vent... Pour que, quand je monte le rocher jusqu'en haut de la montagne, alors que tout le monde sait que le rocher va rouler en bas une fois en haut ; il y ait des gens – et pas forcément des amis très chers - qui se mettent avec moi, à pousser le rocher... Je le redis encore : c'est pas une punition de quelque dieu, de devoir sans cesse faire remonter le rocher. C'est quelque chose d'heureux...
_________________
"Nous ne pouvons savoir! Nous sommes accablés d'un manteau d'ignorance et d'étroites chimères! [Arthur Rimbaud]
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://yugcib.e-monsite.com

Question de purée...

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum: Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Nota Bene :: LES PETITS MONDES MAL PENSANTS ET POLITIQUEMENT INCORRECTS DE CERTAINS NOTA BENISTES :: Le Coin de Yugcib -