Nota Bene

Nota Bene

Nota Bene : La Qualité, Non La Quantité - Forum Atypique Pour & Par la Littérature - Le Forum Que Vous N'Oublierez Pas De Sitôt - Histoire & Cinéma Sont Aussi Sur Nos Etagères - Réservé Aux Lecteurs Gourmets & Passionnés - Extrémistes & Trolls S'Abstenir
 
AccueilAccueil  PortailPortail  CalendrierCalendrier  ÉvènementsÉvènements  GalerieGalerie  FAQFAQ  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  MembresMembres  GroupesGroupes  Connexion  

 

Antoine TENANT de La TOUR (ou de LATOUR)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Auteur Message
mile
Littérophage Aloysiusbertranophile
Littérophage Aloysiusbertranophile
avatar

Masculin
Lion Chat
Nombre de messages : 2394
Age : 67
Localisation : Bourgogne
Emploi : neant
Loisirs : poesie, musique
Date d'inscription : 24/08/2009

MessageSujet: Antoine TENANT de La TOUR (ou de LATOUR)   Jeu 22 Avr - 12:50

Antoine Tenant de La Tour né le 31 août 1808 à Saint Yrieix (Haute Vienne), condisciple de Louis Bertrand au Collège Royal de DIJON, agrégé devenu précepteur du Duc de Montpensier, se montrera fidèle en amitié. Connu pour une traduction de "Mes prisons" de Silvio Pellico, il est décédé le 27 avril 1881 à Sceaux (92).


LA MORT D’UN CHAT


Rien de ce qui naît bon ne vieillit sur la terre ;
Le plus tendre des chats,
Georget, n’est plus ! Georget, ainsi qu’un chat vulgaire
Qui meurt, le soir, de sa froide gouttière,
A subi le trépas.

Ce n’était pas un chat à guetter et poursuivre
Sous les obscurs lambris
Quelque rat qui s’oublie à ronger un vieux livre ;
Superbe et nonchalant, son dédain laissait vivre
Les rats et les souris.

Car le rusé savait que la main d’Isabelle
Ne pouvait l’oublier,
Et des mets qui chargeaient la table maternelle
Levait, chaque matin, une dîme nouvelle
Pour l’hôte du foyer.

Tout le jour au regard de sa jeune maîtresse
Il attachait le sien,
Et vivant de sa vie, et la suivant sans cesse,
Sous la grâce du chat il avait la simplesse
Et la bonté du chien.

Mais l’enfant grandissait ; quand ce fut une femme,
Et que son œil plus doux
De ses chastes pensers laissa percer la flamme,
Georget parut comprendre, et de loin sa pauvre ame
Vit s’approcher l’époux.

Immobile en ce jour de peine solitaire,
On eût dit qu’il dormait,
Mais son œil soulevant cette morne paupière
Trahissait quelquefois sa rêverie amère
Et puis se refermait.

Et quand elle quitta l’ombre du Gynécée
Avec un long soupir,
Il suivit quelques pas la blanche fiancée,
Et voyant, au retour, la chambre délaissée,
Il se mit à mourir.

Deux ans il a trainé la flèche envenimée
De son profond ennui ;
Mais l’ingrate parfois qu’il avait tant aimée
Venait prendre au banquet sa place accoutumée,
C’était assez pour lui !

Et, comme la rosée, avant de fondre, brille
Au soleil du printemps,
Du regard qu’en passant le seuil de la famille
Laissait encore tomber la jeune fille,
Il a vécu deux ans.

Et du fidèle ami de votre premier âge
Qui vous quitte en chemin,
Il ne vous reste, hélas ! Qu’une muette image,
Quelque doux souvenir, et sur cette humble page
Mes vers sans lendemain.

Hélas ! En cette vie où les belles journées
Se fanent dans leur fleur,
Puissiez-vous, poursuivant vos jeunes detinées,
Ne regretter jamais de ces fraîches années
La première douleur.




UN SOIR D'AUTOMNE


Une source à mes pieds roule son eau limpide,
Et mêle son murmure à celui de mes vers,
Tandis qu’autour de moi tombe la feuille humide
Du saule qui déjà sent le froid des hivers.

A l’autre bord du lac, une beauté timide
Dessine, en se jouant, ces coteaux encore verts
Qui disputent en vain à son crayon rapide
Et leurs mille détours et leurs lointains divers.

Et parfois je crois voir une blanche nacelle
S’en venir d’elle à moi pour retourner vers elle,
Et la muse, au milieu, nous sourire en passant,

Et verser tour à tour de sa coupe bénie,
Aux changeantes lueurs du jour qui va baissant,
La lumière sur l’un, sur l’autre l’harmonie.



LA MER


Oh ! Lorsque je la vis pour la première fois,
La mer ! Lorsque le bruit de sa puissante voix
Eveilla tout un monde en mon âme agrandie,
Vous étiez loin de moi, misères de la vie !

Je sentais tour à tour, avec un saint effroi,
L’humanité monter et redescendre en moi ;
La nature, étendant ses ailes sur l’abîme,
Pour moi, depuis ce jour, prit un sens plus sublime ;
Et je crus que des flots le grand modérateur
De son œuvre lui-même admirant la splendeur,
Parfois, du firmament, ouvrait sa main immense,
Et devant l’ange ému déroulait en silence
Sur le sein frémissant de ce vaste univers,
Comme un manteau royal, la majesté des mers.
Et moi, muet, pensif et la tête baissée,
J’écoutais, tout tremblant, le chant de ma pensée
Qui naissait, qui croissait, qui retombait plaintif
Avec le flot brisé sur le flanc de l’esquif ;
Et j’allais, m’écriant sur la rive sonore :
Oh ! Pour m’emporter loin, bien loin, plus loin encore,
Avec cet Océan et ses flots déchaînés,
Ailes de la colombe, ailes blanches, venez !...
_________________
"Pour l'idéaliste, l'existence n'est pas nécessaire à la vérité qu'il conçoit" Albert Thibaudet.
"Je suis d'un autre pays que le vôtre, d'un autre quartier, d'une autre solitude". Léo Ferré

http://monamilouisbertrand.blogspot.com


Dernière édition par mile le Dim 25 Avr - 10:15, édité 2 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
L'auteur de ce message est actuellement banni du forum - Voir le message
Invité
Invité



MessageSujet: Re: Antoine TENANT de La TOUR (ou de LATOUR)   Jeu 22 Avr - 13:31

Je ne connaissais pas du tout ! Merci Mile !
Revenir en haut Aller en bas
mile
Littérophage Aloysiusbertranophile
Littérophage Aloysiusbertranophile
avatar

Masculin
Lion Chat
Nombre de messages : 2394
Age : 67
Localisation : Bourgogne
Emploi : neant
Loisirs : poesie, musique
Date d'inscription : 24/08/2009

MessageSujet: Re: Antoine TENANT de La TOUR (ou de LATOUR)   Jeu 22 Avr - 18:34

C'est normal, il n'a pas vraiment fait carrière en poésie. Ses vers ne sortent pas du commun de l'époque. Le contraste valorise la révolution bertrandienne : lui a fait sciemment du nouveau annonçant l'explosion des carcans poétiques.
_________________
"Pour l'idéaliste, l'existence n'est pas nécessaire à la vérité qu'il conçoit" Albert Thibaudet.
"Je suis d'un autre pays que le vôtre, d'un autre quartier, d'une autre solitude". Léo Ferré

http://monamilouisbertrand.blogspot.com
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
L'auteur de ce message est actuellement banni du forum - Voir le message
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Antoine TENANT de La TOUR (ou de LATOUR)   

Revenir en haut Aller en bas

Antoine TENANT de La TOUR (ou de LATOUR)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum: Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Nota Bene :: INTERMEDE ARTISTIQUE, MUSICAL ... SAUPOUDRE DE POESIE :: Le Cercle des Poètes -