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Dracula - Bram Stoker

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Masques de Venise
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MessageSujet: Dracula - Bram Stoker   Jeu 20 Mai - 17:25



Dracula
Traduction : Lucienne Molitor

Commentaires
Extraits


Personnages Principaux :

Le Comte Dracula :

A tout seigneur, tout honneur : il convient de placer ici en premier celui qui demeure le prince incontesté des vampires littéraires. Wink

On notera que Stoker lui donne d'emblée des traits physiques - nez aquilin, sourcils épais se rejoignant presque, lèvres rouges et sensuelles, chevelure abondante et moustache, physique longiligne et plus maigre que mince - que le cinéma ne lui appliquera jamais. De même, le Dracula original ne se promène jamais en habit pas plus qu'il ne se drape dans une cape doublée de soie écarlate. En revanche, il a la fierté de ses aïeux et de son rang et, la chose est indiscutable, il se revendique comme appartenant à la noblesse d'épée, à la caste des guerriers. Dans l'évocation qu'il donne à Jonathan Harker de son passé familial, pointe même un début de réflexion historique et politique que Stoker ne précisera pas plus avant - ce que l'on peut regretter.

Mais on ne sait rien de ce qui a amené le comte à l'état de vampire. Il n'est pas question - en tous cas officiellement - de pacte avec le Malin. Cependant, on comprend ici et là que, en dépit de tout, le personnage ne renie rien de ce qu'il fut jadis. La meilleure preuve en est apportée par la phrase qu'il lance à l'un des spectres féminins à qui il abandonne le malheureux bébé, sous les yeux de Harker : "... J'ai aimé, moi aussi, et vous le savez ..."

Personnage tout en puissance et en mystère, le comte Dracula fascine si bien le lecteur que, lorsque survient sa fin qui, pour lui, est une renaissance spirituelle, le lecteur séduit est heureux de le voir enfin atteindre à la paix. Ce signe-là ne trompe pas et range pour toujours l'énigmatique aristocrate vampire parmi les "méchants" les plus charismatiques de la littérature mondiale.

Le Professeur Van Helsing :

Bien qu'il apparaisse assez tard dans l'intrigue et qu'il fasse parfois montre d'un esprit un peu trop mélodramatique, Van Helsing est, avec Mina Harker, le seul qui puisse songer à rivaliser, auprès du lecteur, avec le comte Dracula.

Profondément intelligent, il aime à passer pour un excentrique, ce qui lui autorise un comportement et des envolées verbales excessives. Mais ce qui le caractérise sans doute le mieux, c'est la fascination qu'exerce sur lui Dracula. Attention ! Même si le thème de l'homosexualité apparaît évidemment en filigrane dans le roman, il ne s'agit pas ici de fascination sexuelle. Sur ce plan, Van Helsing est résolument hétérosexuel et se laisserait plutôt tenter par Mina. Non, la fascination qu'il éprouve concerne l'intelligence, la ruse, l'audace et aussi les pouvoirs, fussent-ils infernaux, de Dracula.

A la limite, on peut voir en Van Helsing, l'opposé du comte. Mais - et c'est tout à l'honneur de Stoker - l'opposition n'a de manichéenne que l'apparence. Tout comme Dracula est un abîme de complexités, Van Helsing possède son lot de désirs secrets de pouvoir, de maîtrise. En fait, sa volonté de domination est aussi grande que celle de Dracula mais, par foi, par lâcheté ou pour toute autre raison, il n'osera jamais franchir la porte ultime, derrière laquelle il découvrirait pourtant ce qui lui fait tellement envie ...

Mina Harker, née Murray :

Au contraire de Van Helsing, Mina n'envie pas les pouvoirs qui sont ceux du comte. Elle est probablement le seul personnage qui éprouve envers lui une pitié sincère, laquelle n'est en rien incompatible avec l'attirance qu'il exerce également sur elle.

Pourrait-on dire que cette attirance est plus romantique et plus "mentale" que celle éprouvée par Lucy ? Sans exagération, oui. Certes, Mina Harker n'est pas tout à fait la créature éthérée qu'aime à s'imaginer Van Helsing mais il y a chez elle une bonté, une générosité qui l'élèvent au-dessus de l'habituelle condition humaine.

Femme de tête, capable de se débrouiller seule même si, pour complaire à la société qui est la sienne, elle fait semblant de s'effacer devant les volontés masculines, elle possède un caractère très proche des héroïnes du siècle suivant. Il semble que son créateur soit tombé un peu amoureux d'elle et lui ait, en dépit de ses réticences personnelles, accordé ce qu'il n'aurait probablement pas abandonné à sa propre épouse : une liberté d'action qui frôle la témérité.

Mina symbolise en somme la Femme parfaite, telle que la souhaitait Stoker : elle est sensuelle et passionnée mais ne provoque pas, elle raisonne avec une logique quasi masculine, elle assume ses responsabilités et celles des autres si cela s'avère nécessaire et elle recouvre le tout d'une douceur aussi apaisante que maternelle.


Le génie de Stoker est de l'avoir rendue crédible.

Lucy Westenra :

Face à Mina, son amie Lucy joue le rôle de la Vierge Folle. Déjà, elle paraît posséder un physique plus rayonnant et, sans l'ombre d'un doute, elle use et abuse de la coquetterie. Elle aime flirter et n'imagine pas son avenir autrement qu'auprès d'un homme qui l'entretiendra. Vivante, elle est, convenons-en, un tantinet superficielle.

Mais sa rencontre avec le comte va transformer l'élégant papillon sans grande cervelle tout d'abord en une victime, puis en un bourreau qui n'hésite pas, tout comme son mentor, à enlever d'innocents enfants pour étancher sa soif diabolique. Et c'est alors que la sexualité du personnage prend toute son ampleur.

Déjà, au temps de la Lucy coquette et primesautière, la sexualité apparaissait au lecteur comme une composante essentielle de sa personnalité. Bridée par l'éducation et les convenances certes mais essentielle. L'union avec Dracula, sur le banc du vieux cimetière marin, libère la puissance de cet instinct et, contrairement à Mina, Lucy ne parvient plus à se contrôler.

Ici renaît la croyance victorienne qui confond sexualité et mort en une étreinte fatale.
Il faut dire que, à l'époque, la syphilis faisait des ravages à tous les niveaux de la société, et pas seulement en Angleterre. La sexualité, c'est aussi le Péché par excellence - et il est donc normal que, Dracula étant, par sa condition de vampire, en état de péché mortel, il inocule cette tare à ses victimes, en même temps qu'il les transforme en vampires.

A l'opposé de Mina, Lucy représente, dans l'imaginaire de son auteur, le côté pervers et néfaste de la sexualité et ... de la Femme. Elle devient la succube qui, ayant rejeté toute pudeur et toute attache au monde des vivants pour rejoindre son maître, ne peut plus que contaminer ses partenaires - masculins ou pas. Pour s'en protéger, les hommes doivent ou rester chastes, ou se tourner vers les Mina Harker (des raretés tout de même) ou alors ...

Plus qu'une morale, on doit voir ici une marque de la monstrueuse inhibition morale qui marqua l'ère victorienne et fit tant de malheureux et de malheureuses. Stoker lui-même n'en fut-il pas un ? On a souvent dit qu'il avait éprouvé un sentiment coupable pour le grand acteur Henry Irving ...

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Dont l'exil se reflète, éternel et royal,
Aux grands miroirs déserts d'un vieil Escurial,
Ainsi qu'une galère oubliée en la rade."

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Celui qui n'a pas fait tout ce qu'il pouvait faire n'a rien fait.
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La France a perdu une bataille mais elle n'a pas perdu la guerre !
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MessageSujet: Re: Dracula - Bram Stoker   Mer 26 Mai - 21:45

Grands Seconds Rôles :

Jonathan Harker:

Prisonnier du comte, il fait preuve d'un rare courage, affrontant son geôlier jusque dans le caveau où celui-ci repose (Jonathan s'y rend même par deux fois) et mettant tout en oeuvre pour échapper aux vampires qui hantent les lieux. Il a en outre le mérite de tenir un journal qui se révèlera extrêmement précieux pour la suite du roman.

Pourtant, échappé des Carpathes et rapatrié en Angleterre, le malheureux redevient un être banal et quelque peu falot - l'amour que lui voue Mina demeure mystérieux quant à ses causes. Harker fait penser à ces hommes qui, capables de faire montre du plus grand sang-froid dans les situations extrêmes (révolution, guerre, etc ...), retombent dans la moyenne dès qu'ils réintègrent la réalité de tous les jours.

Le Dr John Seward :

Plein de réserve, déterminé et observateur, le Dr Seward, prétendant malheureux à la main de Lucy, porte en lui une tristesse et quelques ombres - dont certaines le poussent à se réfugier dans la drogue lorsqu'il veut se détendre. On peut regretter que Stoker n'ait pas développé l'ambiguïté foncière qui est la sienne.

Quincy P. Morris :

L'Américain idéal, serait-on tenté d'écrire. Idéal car Stoker le représente dénué de toute vulgarité et doté d'un courage qui ne s'arrête pas qu'au physique. En plus, il est loin d'être idiot. Bref, l'autre prétendant refusé par Lucy tient plus de l'aristocrate sudiste que du Yankee traditionnel. Sa mort, en conférant au final une touche de vraie tristesse, en fait presque un saint. Wink

L'Honorable Arthur Holmwood :

Le fiancé de Lucy constitue le prototype quasi-parfait de l'aristocrate anglais. Si proche de la perfection qu'il en touche presque à la caricature - ce n'est qu'une opinion personnelle.

A part cela, il est aussi courageux que les trois autres et tient son rôle d'homme amoureux, puis éploré, ensuite fou de chagrin et enfin ivre de vengeance avec beaucoup de conviction.

R. M. Renfield :

C'est le personnage qui, immédiatement après le comte, a connu le plus de succès au cinéma. Il faut dire que, dans l'espoir d'acquérir la vie éternelle - et de devenir un vampire - il délaisse peu à peu toute nourriture au profit de mouches, d'araignées et autres joyeusetés qu'il gobe vivantes. La scène se déroulant dans l'asile psychiatrique voisin de la vieille demeure en ruines achetée à Londres par Dracula, on comprend sans peine combien tout cela a pu séduire les metteurs en scène.

Mais, n'en déplaise à d'aussi grands cinéastes que Murnau, Herzog et Coppola, Renfield n'est pas aussi fou que cela. Le Dr Seward, qui gère l'asile, estime d'ailleurs que sa "folie" n'est pas dépourvue de logique, et devine très vite toute la complexité du personnage, complexité qui culmine lorsque Renfield "trahit" le comte au profit de Mina, délaissant ainsi le "Maître" qu'il avait élu en premier lieu pour une "Maîtresse" plus miséricordieuse.
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