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Histoire du Manga

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Masques de Venise
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MessageSujet: Histoire du Manga   Lun 20 Sep - 17:02

Eh ! oui ! le manga, parfois aussi appelé "komikku" au Japon, possède une histoire - et même une longue histoire. Bien que le mot "manga" n'ait pris son essor qu'au XIXème siècle et que le produit que nous connaissons actuellement sous ce nom soit apparu immédiatement après la Seconde guerre mondiale, ce qu'ils représentent prend ses racines au tout début de l'art nippon.

Au Japon, petits et grands lisent des mangas.
Il faut dire qu'il existe toutes sortes de mangas : des mangas d'action et d'aventure, des mangas romantiques, des mangas axés sur le sport et les jeux, des mangas historiques, des mangas comiques, des mangas-SF ou Fantasy, des mangas policiers, des mangas d'horreur et d'épouvante, des mangas érotiques et pornographiques. Depuis les années cinquante, le manga s'est approprié une part majeure de l'édition japonaise : en 2007, il représentait un marché de 406 billions de yen (= 3,6 billions de dollars). Le plus étonnant, c'est que, peu à peu, l'extraordinaire popularité du manga s'est étendue au monde entier.

Traditionnellement imprimé en noir et blanc - même si l'on peut en trouver aussi en couleur - le manga paraît en feuilleton dans des magazines qui lui sont réservés et qui offrent souvent au lecteur plusieurs histoires, chacune présentée en un épisode dont la suite se trouvera dans le numéro suivant de la revue. Quand le succès est au rendez-vous, les épisodes sont rassemblés dans un petit volume appelé "tankôbon" - en bref, c'est la même technique que celle observée chez nous en BD pour "Tintin" ou "Astérix" qui, au départ, paraissaient le premier dans "Le Petit Vingtième", "Le Soir" et "Tintin" et le second, dans "Pilote."


Le créateur de manga - "mangaka" en japonais - travaille avec plusieurs assistants, dans un petit studio et en association avec le directeur artistique d'une maison d'édition. Si le manga devient très populaire, il est très vite adapté en série animée pour la télévision - et ceci même si elle n'a pas encore trouvé sa conclusion sur le papier. Dans certains cas, c'est le contraire qui se passe : des séries animées se retrouvent "mangakisées" pour cause de succès.

Pour les puristes, seules les productions japonaises peuvent être qualifiées de "mangas."
Mais le terme s'applique par extension aux travaux des artistes de Taïwan (le manga y devient "manhua"), de la Corée du Sud ("manhwa") et de la République populaire de Chine avec Hong-Kong. Depuis quelques années, des artistes français ont même créé ce que l'on appelle "le nouveau manga", qui tient autant de la BD que du manga ("Dofus" par exemple).


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Dont l'exil se reflète, éternel et royal,
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Itsumo-yo
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MessageSujet: Re: Histoire du Manga   Mar 21 Déc - 22:18

Bon, je suis un nouveau sur ce forum, et je suis assez intimement lié au Japon (où je me rend tous les deux ans), grand fan de manga et de tout art visuel, je commence donc par ici. D'autant que la littérature japonaise m'intéresse moins, hors quelques farfelues comme Matsuura Rieko ou Banana Yoshimoto.
Je confirme en tous points le post de Masques de Venise, à un détail près : si l'on parle ici Histoire du manga, j'indiquerais que celui-ci existait avec une certaine vitalité avant la Seconde Guerre Mondiale, même si bien sûr le grand essor date d'après 1945.
Et je poserais volontiers une question : comment expliqueriez-vous, ô foules grouillantes qui me lisez, cette surprenante popularité (notamment en France!) du manga ? étonnant, non ?
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MessageSujet: Re: Histoire du Manga   Mer 22 Déc - 10:42

Itsumo-yo a écrit:

Et je poserais volontiers une question : comment expliqueriez-vous, ô foules grouillantes qui me lisez, cette surprenante popularité (notamment en France!) du manga ? étonnant, non ?

Je me suis posée la même question !
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Masques de Venise
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MessageSujet: Re: Histoire du Manga   Mer 22 Déc - 15:40

Beaucoup de facteurs rentrent en jeu. Déjà, un manga est moins cher qu'une bande dessinée et la rapidité de production des mangaka connus, tout en respectant la qualité, est impressionnante. Tandis que pour les BD, c'est miracle que vous en ayez une par an. En outre, le manga trouve le moyen de passer outre les lois qui régissent la littérature pour la jeunesse et qui datent de 1945. Depuis lors, on a beaucoup évolué, la jeunesse aussi. Il est normal que les jeunes se reconnaissent plus facilement dans le manga, d'autant que, avec la "révolution" des séries animées, initiée à la télévision française dans les années soixante-dix-quatre-vingt, on s'est habitué à ce genre de dessin.

Très sincèrement, je ne pense pas que les "seniors" français s'intéressent aux mangas - mais il paraît qu'ils ont le même problème au Japon. Personnellement, j'ai commencé à le faire parce que je voulais savoir ce qui intéressait ma fille cadette (13/14 ans). Et, très vite, j'ai réalisé qu'il y avait là-dedans des choses qui m'intéressaient tout autant.

Dans le shôjô style "Vampire Knight" par exemple, que trouvons-nous ? L'éternelle histoire de la Belle et la Bête revue à la sauce japono-moderniste mais avec énormément de talent. A mon humble avis, c'est bien supérieur à "Twilight" et ça flirte par moments avec la série "True Blood" mais en moins "gore." "Death Note" est en tous points remarquable tant par le découpage que par la complexité de l'intrigue et des personnages. "Bakuman", bien que réalisé par la même équipe, est certainement moins glauque mais a le mérite de nous faire entrer dans un milieu bien particulier, celui des mangaka. "Keroro Gunsô" est complètement déjanté ...

"Naruto", je ne le connais que par la série mais j'avoue apprécier. Idem pour la série "Détective Conan".

Et puis, il y a tous ceux que je n'ai pas encore lus ... En gardant bien entendu à l'esprit que, comme dans tous genres, il y a des recalés.

Cela dit, je pense que, pour apprécier le manga, il faut que l'idée de l'association dessin/texte soit considérée comme une forme de la Littérature. Je sais que les amateurs de BD ne seront pas d'accord avec moi sur ce point mais je persiste et je signe : à mes yeux, BD, manga et livres sont des facettes du même art. Nous commençons à lire avec des livres d'images, non ? ...
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MessageSujet: Re: Histoire du Manga   Mer 22 Déc - 15:42

En tous cas, Itsumo-yo, si tu veux nous présenter des mangas ou des auteurs japonais "classiques", sans dessin, n'hésite pas. Egoïstement, je t'avouerai que tu me rendrais un grand service : entre le temps de lire et celui réservé à mes obligations habituelles, j'ai un retard fou et je ne puis lire exclusivement que du manga ou de la littérature japonaise. Wink
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MessageSujet: Re: Histoire du Manga   Mer 22 Déc - 15:53

Je taquine, je taquine, mais même si je n'aime pas le manga dans son côté artistique, la question que je me suis réellement posée est la suivante: n'y a-t-il pas un tel attrait pour le manga du fait que la culture nippone reste encore sacrée (bien que commençant à être galvaudée) ?
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MessageSujet: Re: Histoire du Manga   Mer 29 Déc - 22:25

Lydia a écrit:
Je taquine, je taquine, mais même si je n'aime pas le manga dans son côté artistique, la question que je me suis réellement posée est la suivante: n'y a-t-il pas un tel attrait pour le manga du fait que la culture nippone reste encore sacrée (bien que commençant à être galvaudée) ?

Culture sacrée? je ne saisis pas très bien, pourrais-tu préciser, Lydia? il est vrai que si Eros est divin, et si l'on considère que les manga, y compris ceux pour les plus jeunes, sont infiniment plus audacieux sur le sexe que la BD d'Occident (si nous avons à présent Titeuf et le Petit Spirou, c'est certainement sous l'impact du manga), alors on voit le lien...
A ton service, Masque de Venise ! Mais avant de poster sur des titres particuliers, ici et aujourd'hui (digérant un peu difficilement toutes les huîtres du Noël en famille) je me contenterai de quelques allusions aux manga d'avant 1945.
Shôchan no Bôken (1923) est la toute première véritable "BD" au Japon, avec un graphisme assez proche de celui de son contemporain Zig et Puce d'Alain Saint-Ogan, et avec des phylactères. Le titre signifie "les aventures de Shôchan", lequel est un jeune garçon accompagné de son inséparable écureuil (sans lien avec Spirou, bien plus tardif). Son nom est "creux" car "shô" signifie "pré-ado" - la langue française n'a pas de véritable équivalent - et "chan" n'est qu'un suffixe d'empathie. Puis il y eut, entre autres, Tanku Tankuro (1934), histoire d'une espèce d'automate en forme de boule de bowling à 8 trous d'où sortent tantôt sa tête et ses bras, tantôt toutes sortes de choses : hélice d'hélicoptère, armes bizarres... il combat le mal et le vice, aide la veuve et l'orphelin, et on le considère comme l'ancêtre d'Astro. Ensuite la star fut Norakuro, un chien noir qui est dans l'armée ; à la prise de pouvoir de la dictature en 1936, il devint bien moins indiscipliné qu'à ses débuts, et des manga "patriotiques" de guerre furent diffusés dans les années 40 (mais assez peu sont très directement propagandistes, semble t-il). Il n'y avait pas encore avant guerre, je crois, de manga pour filles, ou très peu. Du moins le livre Mille ans de manga de Brigitte Koyama-Richard (que j'ai rencontrée récemment à une séance de dédicace) n'en mentionne pas. Mais je vais étendre un peu ma recherche. Quand mon estomac aura oublié les huîtres pas fraîches.... :bof:
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MessageSujet: Re: Histoire du Manga   Jeu 30 Déc - 12:26

Itsumo-yo a écrit:

Culture sacrée? je ne saisis pas très bien, pourrais-tu préciser, Lydia?

Ce que je veux dire par là, même si le terme "sacrée" est un peu fort (l'approche de noël et la fatigue ont eu raison de moi !), c'est que j'ai l'impression que l'attrait pour la culture nippone vient du fait qu'il y a d'une part, une Histoire riche et complexe et, de l'autre, l'exotisme qui a toujours fait rêver. Cette culture me paraît toujours être ancrée dans la tradition (je mets des bémols, n'étant pas du tout de tout spécialiste sur la question. C'est juste mon ressenti), chose qui commence à se perdre dans la culture occidentale. De ce fait, j'imagine que l'attrait pour les mangas pourrait venir de ces trois raisons (Histoire, exotisme, traditions), tout comme l'attrait pour le haïku ou pour toute autre forme d'art japonais.
Peut-être pourras-tu m'éclairer sur ce point Itsumo-Yo.
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Masques de Venise
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MessageSujet: Re: Histoire du Manga   Jeu 30 Déc - 15:24

En fait, la culture japonaise présente quelque chose de hiératique qu'on ne perçoit pas dans la culture chinoise. Enfin, c'est mon ressenti - mais attention, j'aime aussi beaucoup les auteurs chinois et leur civilisation, que je tiens pour supérieure (les Chinois mettaient la culture au-dessus de tout : nous devrions méditer là-dessus, surtout à notre époque).

Le Japon traditionnel a des idéaux : raffinement, esthétisme d'un côté et, de l'autre, dévouement au souverain, au pays, à la famille et sens de l'honneur. Lui reprocher sa fascination pour la Mort et la guerre n'apaisera que les imbéciles : on ne peut comprendre cela que si on le met en phase avec toute l'Histoire du pays, comment celui-ci s'est bâti, etc, etc ...

Qu'on le veuille ou non, il y a quelque chose de hiératique, de "sacré", de fascinant, oui, là-dedans. (Je signale que, tout comme Lydia, je suis une mécréante finie. Mais si je devais me convertir à une religion, je choisirais en priorité l'ancienne religion druidique - question de naissance - et ensuite le bouddhisme. Shintoïsme ou pas, cela reste à voir.)
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MessageSujet: Re: Histoire du Manga   Jeu 30 Déc - 16:50

Masques de Venise a écrit:
Je signale que, tout comme Lydia, je suis une mécréante finie.

C'est vrai, tu as bien raison MDV, et tout comme toi, j'assume complètement et je le revendique !
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MessageSujet: Re: Histoire du Manga   Jeu 30 Déc - 23:54

Masques de Venise a écrit:
En fait, la culture japonaise présente quelque chose de hiératique qu'on ne perçoit pas dans la culture chinoise. Enfin, c'est mon ressenti - mais attention, j'aime aussi beaucoup les auteurs chinois et leur civilisation, que je tiens pour supérieure (les Chinois mettaient la culture au-dessus de tout : nous devrions méditer là-dessus, surtout à notre époque).

Le Japon traditionnel a des idéaux : raffinement, esthétisme d'un côté et, de l'autre, dévouement au souverain, au pays, à la famille et sens de l'honneur. Lui reprocher sa fascination pour la Mort et la guerre n'apaisera que les imbéciles : on ne peut comprendre cela que si on le met en phase avec toute l'Histoire du pays, comment celui-ci s'est bâti, etc, etc ...

(Je signale que, tout comme Lydia, je suis une mécréante finie. Mais si je devais me convertir à une religion, je choisirais en priorité l'ancienne religion druidique - question de naissance - et ensuite le bouddhisme. Shintoïsme ou pas, cela reste à voir.)

J'aimerais fort discourir sur tout cela (que j'approuve dans l'ensemble), mais je craindrais de faire du HS, ce qui gêne un peu sur un forum : il faut quand même que topics et contenus correspondent à peu près. Enfin, rapidement : va pour le côté "hiératique", encore que je dirais plutôt "romantique", au sens de la véritable école esthétique et comportementale romantique. J'ai commencé par être un grand fan de la Chine, de sa philosophie / histoire, de ses formidables peintures de "montagnes et eaux" où, en regardant bien, on finit par distinguer un ou deux minuscules êtres humains, ce qui m'a ensuite tourné vers le Japon... que je préfère nettement. Je pense que le Chinois ne vit pas vraiment pour lui, mais pour sa famille, sa collectivité, le Centre de l'Empire. C'est un automatisme inconscient chez lui. Le Japonais est un individualiste qui se sacrifie consciemment et romantiquement pour son seigneur ou son devoir, familial ou autre, il en souffre et en jouit romantiquement, le pervers ! il est bien plus intéressant. Point de vue purement personnel.
Côté mécréant, je vous rejoins ! je serais éventuellement panthéiste / païen, donc volontiers shintoïste.

En 1945-46, dans un Japon concassé par la guerre, le manga se releva des cendres grâce à deux mangaka : un homme et une femme. L'homme est le "dieu du manga" Osamu Tezuka, bien sûr. La femme est Machiko Hasegawa, avec la saga Sazae-san, hélas non disponible en français. Hasegawa, une jeune femme de 25 ans, s'est lancée alors dans le drolatique récit de la vie quotidienne d'une famille banale (3 générations sous le même toit, comme souvent alors) ; l'héroïne centrale, Sazae, est aussi une jeune femme, gaie, pétulante, mais tête-en-l'air, et personne dans sa famille n'est mieux loti qu'elle en sens pratique, d'où mille petites mésaventures. 62 millions d'exemplaires des volumes furent vendus, et cela reste un dessin animé actuel à la TV ! grâce à Machiko Hasegawa, les femmes furent tout de suite au Japon considérées comme de bons auteurs de BD, et de nombreuses mangaka apparurent dès les années 1960-70, alors qu'en France nous commençons seulement à en avoir.
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MessageSujet: Re: Histoire du Manga   Ven 31 Déc - 12:34

Itsumo-yo a écrit:

Côté mécréant, je vous rejoins ! je serais éventuellement panthéiste / païen, donc volontiers shintoïste.

Youpi, un mécréant de plus ! Merci en tous les cas pour toutes ces informations Itsumo-Yo.
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MessageSujet: Re: Histoire du Manga   Ven 31 Déc - 13:04

Oui, ici, on aime les mécréants ou, plus précisément, les gens qui ont souvent souffert - ou qui ont vu souffrir leur famille - par la faute des religions (quelles qu'elles soient) et qui, du coup, devenus adultes, ont décidé de réfléchir par eux-mêmes. (Je précise tout de même que nous n'en sommes pas à afficher des Christ renversés, des Bibles ou des Corans déchirés, des Bouddhas brisés, etc, etc ... Ce genre de manifestations nous paraît pour le moins primaires.)

Ca fait du bien de discuter ainsi. Grâce à cet échange, je parviens à mieux cerner ce qui me plaît tant dans la culture japonaise : les Japonais placent ce qu'ils DOIVENT faire avant tout (même si c'est désagréable ou pénible) et seulement après, ce qui n'est pas une obligation pour eux, leur famille, la société, etc ...

Le sens du devoir est lourd à porter et peut malheureusement, comme toute chose, conduire à des excès - notamment dans les occasions où notre conscience d'individu, en relation avec la conscience universelle, doit primer. N'empêche que, normalement géré, le sens du devoir est une chose admirable. (J'avoue que c'est ma grand-mère, catholique bon teint et la personne que j'ai le plus aimée en ce monde avant mes enfants, qui m'a insufflé cette conviction.) Toutefois, n'est-ce pas la base de toute société digne de ce nom - et même laïque ?
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MessageSujet: Re: Histoire du Manga   Sam 1 Jan - 18:16

Bien d'accord avec vous deux ! je pense qu'en la véritable éthique consiste ce qui est le plus nécessaire, et elle est bien antérieure aux religions de salut, qui la détournent. C'est pour cela que je la détecte bien mieux au Japon.
Comme j'ai maintenant envie de parler des "meilleurs manga sur l'Histoire", et que j'y ai trouvé 5 auteurs masculins et 5 auteures féminines, je commence par les messieurs. Non que je les préfère Wink !! Comme Albert Cohen je pourrais dire : "J'aime infiniment les femmes, mais je ne leur pardonnerai jamais d'aimer les hommes"...

-Histoire des 3 Adolf, par Osamu Tezuka :
C'est un chef-d'oeuvre absolu. Le personnage central, mais qui a plutôt un rôle de témoin, est un journaliste sportif, ex-champion du Japon lui-même, qui est est envoyé à Berlin pour couvrir les JO de 1936. Il doit retrouver son frère là-bas, mais celui-ci est tué par la Gestapo, qui va le tabasser "un peu" (selon ses critères à elle!) avant de le relâcher. Puis on se retrouve à Kôbé (ville que je connais bien) où il y avait alors un bon nombre de Juifs ; l'un d'eux, le petit Adolf, a pour grand ami un autre enfant occidental, prénommé aussi Adolf, mais hélas fils d'un diplomate allemand nazi et d'une Japonaise, son épouse. Ce garçon sera donc séparé de force de son ami juif et envoyé en Allemagne dans une école spéciale militarisée, pour le rééduquer. Quelques années plus tard, ses résistances effondrées, devenu un parfait jeune nazi, il gravit les échelons, au point de côtoyer le troisième Adolf, qu'il n'est nul besoin de préciser, n'est-ce pas Crying or Very sad . Document secret sur Hitler, meurtres qui s'ensuivent, tortures, guerre en Occident et en Orient, notre journaliste aura besoin de toute son athlétique résistance pour traverser les Années Noires et assister finalement au duel fratricide des deux Adolf en Palestine vers 1948...
C'est en 4 volumes, dense, poignant, plein de trouvailles narratives, humaniste, et Tezuka a avoué l'avoir terminé dans un état de véritable épuisement. D'ailleurs il mourut assez peu de temps après (1989), en pleine gloire, source de toute une révolution dans le manga et l'animé japonais dès après 1945.

- Monster par Naoki Urasawa :
Cet auteur est encore assez jeune, mais déjà considéré comme LA sommité dans le manga adulte et "profond", bien loin des shônen pour collégiens. Excellent dessinateur autant que subtil et puissant scénariste, il faut lire le stupéfiant récit en 22 volumes 20th Century Boys. Mais comme manga sur l'Histoire, c'est plutôt Monster qui est concerné, car il se déroule en Allemagne (encore ! ) avant et peu après sa réunification de 1990. Un brillant chirurgien japonais de l'hôpital de Cologne, le dr Tenma, est appelé pour sauver un enfant orphelin dont la famille adoptive a été assassinée. Le garçon, Johann, a reçu une balle en pleine tête, et sa soeur, vivante, est rendue muette par le choc traumatique. Tenma le sauve, mais le garçon disparaît de l'hôpital, puis sa soeur. Quelques années plus tard, la liste des familles adoptives sauvagement assassinées s'est allongée, et elles ont toutes accueilli Johann, le Monstre... Tenma alors, se sentant responsable, abandonne tout pour le traquer à travers toute l'Allemagne, lui-même recherché car accusé à tort de meurtre.
Urasawa, passionné de l'Histoire des Pays de l'Est, connaît très bien son afffaire. Il sait à merveille créer d'inoubliables personnages : limier à la mémoire phénoménale, jeune bourgeoise riche à la vie amoureuse saccagée, vieux fonctionnaire de l'Est usé et frustré, enfants rayonnants et attachants, ex-mercenaire, journaliste obèse, sale et raté mais finalement héroïque, quelle galerie ! chez lui, nul n'est tout simplement "un méchant", même pas le Monstre !
A suivre au prochain numéro ! Zzzzz
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MessageSujet: Re: Histoire du Manga   Sam 1 Jan - 18:59

Voilà qui est bien intéressant ! Si ça continue, je vais m'intéresser de près aux mangas ! :ehben:
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Itsumo-yo
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MessageSujet: Re: Histoire du Manga   Ven 7 Jan - 18:41

Hé, hé, mais ça va continuer !
Suite des "bons manga sur l'Histoire" (je ne mets jamais d'S à "manga" au pluriel, car ça n'a pas de sens sur un mot japonais).

- Jin, de Motoka Murakami :
Jin est un chirurgien de haut niveau dans un grand hôpital de Tokyo, en 2000. Le thème du héros chirurgien ou médecin est très prisé dans le manga depuis longtemps, et semble rare chez nous, bizarrement. Un jour, Jin doit opérer d'urgence un inconnu trouvé dans un parc : amoché et inconscient, il est porteur d'une tumeur cérébrale. Quand Jin l'extrait, il constate avec stupeur qu'il s'agit... d'un foetus ! et il se retrouve "aspiré" dans une sorte de gouffre, puis plongé dans un duel de samouraï en pleine ère Bakumatsu, à "Edo", en 1862 !
Bien sûr, au risque de modifier l'Histoire, il va essayer d'enrayer les épidémies de l'époque, une fois qu'il a admis que ce n'est pas un rêve et qu'il ne peut s'échapper. Manga de narration et de dessin honnêtes, sans plus, mais très instructif en cent détails et fort bien appuyé sur des estampes classiques et une documentation pointue !

- Usagi Yojimbo, de Stan Sakaï :
Encore l'époque Edo et les samouraï, mais le rônin errant est un ... lapin ! d'ailleurs usagi veut dire "lapin", et yojimbo "garde du corps", métier fréquent des rônin. Son ami Gen est un rhino, chasseur de primes beaucoup moins loyal que lui, et le jeune seigneur qu'il aide souvent est un petit panda. Tous les personnages sont des animaux-humains, tels Mickey ou Donald. Ce qui n'empêche pas chaque épisode (plusieurs par volume, et il y a 20 volumes parus ici) de constituer un petit bijou de psychologie et d'éthique tout à fait prenant pour un adulte (cela rappelle les films historiques de Kurosawa). L'auteur est un Japonais d'HawaÏ installé en Californie, qui a publié cela aux USA d'abord, et a reçu plusieurs prix prestigieux.

- L'Encyclopédie de la Préhistoire, de Jirô Taniguchi.
Il s'agit surtout en fait des premiers mammifères, tigre à dent de sabre, mégatherium, ancêtre du cheval, etc. Le talent des courts récits est de nous faire entrer dans le discours intérieur, la "pensée" toute simple et naïve de ces animaux ! on y croit, et c'est un hymne à la Vie, au soleil, à la joie et à l'amour. Dessins superbes de puissant réalisme, substrat scientifique très contrôlé, un beau cadeau pour des ados !

Je passerai prochainement aux mangaka féminines, qui sont encore meilleures que les hommes sur ce terrain...
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MessageSujet: Re: Histoire du Manga   Sam 8 Jan - 18:24

Vraiment très intéressant tout ça. J'attends avec impatience les mangaka féminines.
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Itsumo-yo
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MessageSujet: Re: Histoire du Manga   Mer 19 Jan - 22:27

Excuse-moi Lydia, j'ai mis du temps à revenir, mais le coup de feu de la reprise du boulot en Janvier, les sorties en groupe d'animéfans (pour aller voir "Arrietty" de Miyazaki, un merveilleux film !), les galettes des rois, toussa, toussa...
Donc je passe aux mangaka féminines férues d'Histoire :
- Le Pavillon des Hommes, de Fumi Yoshinaga, étonnant !!
Vers 1630 / 1640, le shogun Iemitsu, petit-fils de Ieyasu Tokugawa l'unificateur définitif du Japon (son fils régna très peu de temps), installe le minutieux et rigide système de l'ère Edo. Normalement, ensuite, presque plus rien ne se passe pendant 240 ans (une paille!). Mais pas ici, car une mystérieuse épidémie soudain se met à décimer la population... masculine. Les femmes y échappant, bientôt les rôles s'inversent par nécessité économique et sociale. Pour les survivants, la profession de gigolo pour femmes riches est la plus répandue :loveheart: . Quant au shogun, qu'on croit le fils de Iemitsu et homo accro comme son papa, c'est en réalité une fille avec, à sa disposition, un "Pavillon" des 800 plus beaux hommes du pays (hé, j'aurais pu y entrer). Les intrigues vont bon train dans ce harem masculin, mais ce qui aurait pu être prétexte à scènes scabreuses ne l'est point du tout. Notre auteure, fine érudite du droit à l'ère Edo, nous instruit et nous passionne pour des personnages attachants, avec un art consommé du trait ferme et de la beauté physique. Elle dessine mieux que Hokusaï

- La Voix des Fleurs, de Natsuki Sumeragi. Celle-ci se passionne pour la Chine ancienne, tantôt celle des Ming, tantôt celle d'autres périodes. On pourrait croire à des histoires "à l'eau de rose" à voir les falbalas de costumes chinois, puis son raffinement, son trait ténu et souple, ses visages mignards et ses avalanches de fleurs, mais la meilleure surprise - outre la qualité époustouflante de ces dessins - est que les récits ne manquent nullement de force psychologique ni de puissance ! lisez aussi Sous la Bannière de la Liberté, avec une guerrière digne de Mulan, et Un Destin Clément.

A suivre
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MessageSujet: Re: Histoire du Manga   Jeu 20 Jan - 7:57

Mais il n'y a pas de soucis, Itsumo-Yo, chacun poste à son rythme ! Merci en tous les cas pour toutes ces précisions.
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MessageSujet: Re: Histoire du Manga   Dim 23 Jan - 17:05

Onmyôji, de Reiko Okano : une pure merveille, quelle machine à voyager dans le temps !
Qu'est-ce donc que l'Onmyôji ? c'est un spécialiste de l'Onmyôdo. Nous vlà ben avancés, direz-vous. Il s'agit d'une forme de magie et d'exorcisme des puissances mauvaises, inspirée du Yi-king chinois, et nous sommes aux environs de l'an 900, dans la capitale Heian-kyô (= Kyôto). Abe-no-Seimei, le plus extraordinaire des onmyôji, étrange et raffiné personnage en ample kimono blanc, se livre à diverses enquêtes qu'il résout au mieux grâce à ses rites et à ses pouvoirs, à la fois étendus et limités par les Lois du Surnaturel. Son meilleur ami est un jeune noble de haute naissance, Hiromasa, qui vient souvent lui demander du secours car ce brave jeune homme n'a pas inventé le fil à couper le tofu ; pourtant Abe l'aime bien ; de là des situations d'un discret humour rappelant les enquêtes de Sherlock Holmes et du peu futé Dr. Watson. Les créatures maudites ou démoniaques se succèdent, dont un luth équipé de pattes d'insecte, mais surtout l'on est plongé dans les axes immenses de la capitale impériale et dans l'étonnant mental de ces gens ! on se croirait en plein "Genji monogatari" ! de plus le dessin est somptueux, le papier, les jaquettes, les pages de garde : de l'art !
(chez Delcourt, 5 volumes parus)
_________________
C'est seulement comme phénomène esthétique que peuvent se justifier l'existence et le monde. (Nietzsche)
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