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La Louve Editions : L'Os de Frère Jean (II) - Jean-Louis Marteil

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MessageSujet: La Louve Editions : L'Os de Frère Jean (II) - Jean-Louis Marteil   Mar 28 Sep - 16:04



Extraits
Personnages

Merci à La Louve-Editions qui, en partenariat avec notre forum, a gracieusement permis à quelques uns de nos membres de découvrir cet ouvrage.

Second tome de la trilogie médiévale de Jean-Louis Marteil, "L'Os de Frère Jean" tient les promesses de "La Relique." L'humour est toujours là, avec une bonhomie et un à-propos qui évoquent certains fabliaux du Moyen-Age, truculents mais jamais trop paillards. Il arrive bien que notre trio de moines songe à la chair - on apprend que frère Jérôme a connu jadis le grand amour mais que cela s'est mal terminé - mais cela passe vite.

Il faut dire qu'ils ont, le plus souvent, bien d'autres chats à fouetter.
Au début pourtant, tout est (relativement) calme. Cela fait maintenant dix ans que la fameuse Relique miracule à plein temps, exposée dans la crypte au coeur d'un reliquaire précieux, lui-même enchâssé derrière une solide grille de fer, le tout confié à la garde de frère Gabriel, le borgne du monastère, lequel, à vrai dire, n'en peut plus. Songez donc : il ne remonte de la crypte qu'à l'heure des repas et aussi à l'heure des prières ! Et dix ans, dame ! c'est long !

Toujours aussi obtus et sadique avant la lettre, l'abbé du lieu fait la sourde oreille aux réclamations du malheureux.
Du moment que l'abbaye croule sous les donations reconnaissantes des pèlerins guéris ou en voie de guérison, qu'importe l'abrutissement de l'existence menée par Gabriel ? Il faut bien que quelqu'un le garde, ce fameux os de Saint-Vincent (ou prétendu tel mais cela, l'abbé ne le sait pas ...) Supposez en effet que l'idée vienne à un monastère rival de s'emparer de l'objet miraculeux ? Adieu alors ex-votos dorés, beaux écus d'or et d'argent, magnifiques offrandes faites au saint ... et richesses de l'abbaye. Adieu et bonjour à nouveau la misère et la frugalité ...

Or - et c'est ainsi que débute le livre - le projet d'une "translation" nouvelle de l'os de Saint Vincent (cette fois en direction de l'Auvergne) vient bel et bien de germer dans la cervelle d'un prieur pour l'instant abonné à compter sur les doigts d'une seule main les richesses de l'abbaye dont il a la charge. Pour atteindre son but, le prieur délègue frère Déodat en Rouergue, avec ordre de ramener la relique, coûte que coûte.

Dans "L'Os de Frère Jean", ce ne sont ni les voyages, ni les moines voyageurs qui manquent : Déodat s'en vient en Rouergue, ; son larcin accompli (grâce à une complicité que nous ne vous dévoilerons pas), il s'enfuit droit sur son Auvergne natale ; là-dessus, Bernard se précipite à sa recherche ; puis c'est au tour d'Abdon et de Jérôme de courir derrière leur camarade en priant le Ciel que rien de fâcheux ne lui soit arrivé et, pour couronner le tout, ces divers périples croisent la route de trois moines se rendant à St Jacques de Compostelle, frère Je-sais (en vérité le frère Jean du titre), frère Aicart et frère Eléazar. Ajoutez à cela que le trio de "La Relique" est bien obligé de revenir à son monastère où, pour une raison que je vous laisse découvrir, Jean, Aicart et Eléazar viennent de faire halte.


Comme dans l'ouvrage précédent, l'auteur nous convie à une promenade au coeur du XIIème siècle, peaufinant les caractères de ses personnages et surtout de ses moines, nous les rendant encore plus attachants et nous invitant - discrètement - à nous interroger sur nous-mêmes. Les multiples voyages de ses héros, bons et mauvais, amènent tout naturellement celui que Bernard, le moine à l'intelligence d'un enfant de six ans mènera, avec les moyens intellectuels qu'on lui a concédé et grâce au soutien de frère Jean, aux confins de sa propre quête intérieure. Il nous est ainsi rappelé que les gens dits "normaux" n'ont pas, ne leur en déplaise, le monopole des besoins spirituels.

A lire. Pour l'émotion, pour l'humour, pour la joie et l'optimisme de l'ensemble. De toutes façons, si vous avez lu "La Relique", vous ne pourrez pas faire autrement.
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MessageSujet: Re: La Louve Editions : L'Os de Frère Jean (II) - Jean-Louis Marteil   Mar 12 Oct - 17:17

Dans L'Os de Frère Jean, l'auteur retourne la situation : les frères autrefois sans reliques valables deviennent à leur tour la proie de la cupidité d'un autre monastère. L'auteur a pris un risque : certains diraient (peut-être le diront-ils, au fait) que c'est un essai pour faire du vieux avec du neuf. Il y a toujours des critiques aigris qui boudent la joie toute simple de la lecture. Ce sont, si je puis me permettre, l'équivalent de frère Anselme dans notre monde.

Là encore, l'étude du rejet de la différence m'a marqué. Les moines du couvent de Rouergue sont aujourd'hui riche en donations et ex-votos. Les pèlerins viennent de loin, de très loin, pour s'incliner devant l'os merveilleux. Pas question de le toucher : le prieur, méfiant, l'a fait placer dans un reliquaire et derrière une grille. Enfin, il l'a plongé dans la crypte du couvent.

Quiets et repus dans l'abondance, ayant enfin conquis renommée et stabilité des finances, les moines auraient les meilleures raisons pour entourer Abdon et Bernard de toute leur indulgence. Mais non : incorrigibles et oublieux, en parfaits représentants de notre espèce, ils n'en peuvent plus à nouveau. La disparition de la relique leur est le meilleur prétexte pour se débarrasser une fois de plus de ce duo dont la sottise et le manque de profondeur apparentes leur crèvent les yeux au point qu'ils se montrent incapables de discerner sous la cendre les innombrables richesses intérieures. Comme Jérôme est le seul à défendre les deux malheureux et que, ce faisant, il se pose un peu en "conscience vivante", il est expédié lui aussi, avec Abdon, sur la piste de Bernard le trop simple.

Le propos humaniste s'élève d'un cran, la gravité aussi. Mais la gaieté demeure. Un peu comme dans ces courts-métrages de Chaplin où le burlesque sert à masquer une réflexion véritable sur l'être humain.

(La suite sur le post consacré au Vol de l'Aigle).
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Steph



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MessageSujet: Re: La Louve Editions : L'Os de Frère Jean (II) - Jean-Louis Marteil   Mar 12 Oct - 20:56

Peu convaincue par le début de La Relique, c'est en persévérant dans ma lecture que j'avais fini par apprécier le livre. Je n'ai eu aucune de ces réticences pour l'Os de Frère Jean. J'ai aimé le livre du début à la fin. J'ai aimé la fluidité de l'histoire qui se déroule naturellement, l'ironie de cette quête, la pureté et la simplicité de cette histoire et l'humour, en arrière plan, plus fin et plus subtil que précédemment.

Mais surtout, j'ai aimé ces personnages si humains, tous à leur façon, avec leurs forces et leurs faiblesses, leurs arrangements et leur foi, si vraie, parfois naïve, parfois cynique mais si profonde, cette foi qui se détache des règles et des images pour s'enraciner au fond de leurs coeurs.

Et que dire de ces trois autres frères, si terrestres et célestes à la foi ? Frère Je-sais, lui, aurait sans doute les mots...
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MessageSujet: Re: La Louve Editions : L'Os de Frère Jean (II) - Jean-Louis Marteil   Mar 12 Oct - 21:57

Dans L’os de frère Jean, on retrouve notre trio ainsi qu’un frère Gabriel plus qu’amer d’avoir été désigné gardien de la relique.

« Mesirre l’abbé, je n’en puis plus ! […] je tousse de la poussière, des araignées, que sais-je encore ? »

Déodat passant par là, revoilà notre trio sur les routes mais en ordre dispersé : Bernard allant de son côté, cela permet d’approfondir le personnage et de ne l’en aimer que plus.

« - Frère Dellovergne, oui !
- Non… De l’Auvergne. »

L’humour est toujours là, en bonne compagnie avec une réflexion en apparence légère mais acérée sur les motivations de chacun et les raisons de leurs actions.
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MessageSujet: Re: La Louve Editions : L'Os de Frère Jean (II) - Jean-Louis Marteil   Lun 1 Nov - 15:13

Si vous avez aimé - que dis-je ? adoré ! - La Relique, premier tome de la trilogie, vous ne pourrez que dévorer ce deuxième. Nous retrouvons nos trois compères, Abdon, Bernard et Jérôme dans une situation bien différente que dans La Relique. En effet, les rôles sont inversés cette fois puisqu'un moine auvergnat, Déodat, envoyé par son abbaye pour voler faire une translation de la relique de Saint-Vincent... enfin, de ce qui est supposé l'être, va leur causer bien du souci. Déodat réussira à corrompre le "gardien du temple", Frère Gabriel, et à s'enfuir avec l'os. C'est Bernard le premier qui va se lancer à sa poursuite, en pleine nuit. Les deux autres, quant à eux, sont bien plus inquiets de la disparition de leur ami et vont à sa recherche. Déodat va être mis à mal, quant à lui, par trois moines que rien n'arrête, Frère Aicart, Frère Je-sais et Frère Eléazar (on notera les jeux de mots).

La construction de ce tome est différente. Si la focalisation, dans le premier tome, était extérieure pour le besoin des aventures de nos personnages, nous plongeons cette fois dans l'univers privé de l'abbaye ainsi que dans celui des tavernes. Jérôme va se dévoiler. Ce moine devient de plus en plus sympathique à mes yeux (on se rappellera qu'il m'avait insupportée pendant une bonne partie du premier tome) en brisant sa carapace. Abdon, toujours balourd, se révélera également être d'une réflexion très fine et guérira Bernard de ses doutes. Doutes sur le fameux pays de "Frère Jean". (mais je n'en dis pas plus pour ne rien dévoiler). Quant à Déodat, on ne peut pas lui en vouloir complètement. Il réfléchit à deux fois avant de voler la relique et ne veut surtout pas faire de mal à Gabriel. Les choses ne tourneront pourtant pas comme prévu.

L'humour est toujours présent, pour notre plus grande joie. Notamment avec l'image récurrente des pigeons sur lesquels l'auteur semble faire une focalisation (ce que je peux comprendre par ailleurs, ayant été "adoubée" par un de ces volatiles du diable en gare de Tours). Un humour toujours fin, toujours au service d'un message: l'humanisme. Jean-Louis Marteil sait associer l'écriture, très agréable, le style , d'une richesse égale à certains grands auteurs, à ses idées profondément humaines. C'est ainsi qu'il mettra souvent, pour ne pas dire toujours, les côtés positifs de l'Homme en avant.

Un livre à lire sans attendre !
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MessageSujet: Re: La Louve Editions : L'Os de Frère Jean (II) - Jean-Louis Marteil   Lun 15 Avr - 18:06

Le tome I est ici et le tome III là.
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