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Arthur Rimbaud

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Giles
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MessageSujet: Re: Arthur Rimbaud   Sam 6 Aoû - 19:37

Itsumo-yo a écrit:
Voilà qui n'améliore pas mon humeur exécrable, ainsi d'ailleurs que le temps dehors, à Saint-Brévin-les-Pins, déjà qu'en ce moment rien ne va comme je voudrais […]
Les vacances sont une lourde tâche déplaisante, on dirait ? Je plaisante.
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Giles
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MessageSujet: Re: Arthur Rimbaud   Sam 6 Aoû - 19:39

Masques de Venise a écrit:
[…] les autres font la cuisine pour vous. En parlant de cuisine, je vais aller préparer la mienne...
Euh… Je ne saisis pas…

    Very Happy
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MessageSujet: Re: Arthur Rimbaud   Dim 7 Aoû - 14:29

June a écrit:
Lydia a écrit:
Si je me souviens bien, c'est un poème qui lui avait été inspiré par l'Etude de mains de Théophile Gautier, non ?

Franchement, là, tu me poses une colle. Je n'ai aucun approfondissement dans mon recueil, d'ailleurs je ne l'ai pas terminé, je prend mon temps. Tu l'as lu dans une étude particulière ?

Vieux souvenir de lycée qui m'est revenu en tête en lisant le poème mais c'est à vérifier quand même.
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Hayleen
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MessageSujet: Re: Arthur Rimbaud   Mar 16 Avr - 21:46

Pour revenir au post contenant le texte de L'affaire Rimbaud, d'Hubert-Félix Thiéfaine, je me sens toujours partagée face aux hommages et clins d'oeil du genre. Pour moi, ce n'est vraiment pas, et de loin, ce qu'HFT a pu écrire de mieux. Non pas, contrairement à ce qui était dit ailleurs, pour les références aux trafics d'armes ou Harrar (oui, même si ça ne remet pas en cause le génie du poète, ce sont des faits existants. Ou inversement) ; mais en premier lieu parce que ce morceau n'est, lorsqu'on y regarde de plus près, qu'un immense plagiat des proses rimbaldiennes originelles. Qui plus est, sorties de leur contexte et broyées au compresseur. Et Dieu (ou autre chose) sait pourtant à quel point je suis sensible à la plume de Thiéfaine. Fin de l'aparté.

Effectivement, lorsqu'on évoque Rimbaud, comment ne pas se remémorer ses lectures lycéennes et le Dormeur du Val, porté aux nues par bon nombre de professeurs de français ? Ce qui m'a frappée avant tout dans ce poème est l'originalité de la structure interne et la construction "bouleversée" des vers (notamment les rejets dans le but de mettre certains termes en exergue). Le lyrisme vise en réalité à ménager un effet de "surprise" en conduisant progressivement et jusqu'au dernier vers, à la finalité du poème. Autrement dit, la mort. Et par là même, une innovation des structures. Avec le recul, je lui préfère cependant des proses moins répandues, davantage passées sous silence (L'orgie parisienne ou Paris se repeuple, notamment).

Au-delà de cela, il y a chez Rimbaud une dualité caractéristique, très intrigante et riche. Le conflit avec l'esthétique, avec une beauté qu'il injurie (bon oui d'accord, moi aussi je paraphrase), mais qu'en même temps il ne cesse de créer et de réinventer. C'est une opposition que j'assimile, dans une certaine mesure, (à tort ?) avec un extrait de Sade : "J'imiterai la nature, mais en la détestant ; je la copierai, elle le veut, mais ce ne sera qu'en la maudissant." Pas au premier degré, mais lorsqu'on lit entre les lignes et qu'on analyse la similitude. Une haine mêlée à une vénération au travers de son oeuvre. (Inversion de la démarche artistique de Baudelaire, qui extrait la beauté de l'horreur ambiante, dans Une charogne notamment). Enfin, je me comprends. Après, faudrait pas me demander d'expliciter, parce que ce n'est pas vraiment plus clair que ça dans mon esprit. Piste à creuser donc, pas une thèse en soi. (Sourire.)

C'est une prose également très différente de celle de Baudelaire et autres "prédécesseurs", moins théâtrale, plus "brute" et revendicative. Sans doute moins auto-centrée aussi, lorsqu'on se penche sur la rédaction en elle-même. Le poète s'extrait parfois de ses propres écrits pour ne décrire que ce qu'il voit (Le buffet, Le bal des pendus, Ophélie, etc ...). Une poésie davantage centrée sur l'analyse et la contemplation que sur l'état d'âme et l'introspection (registre dans lequel excellait Baudelaire, pour ne pas tarir d'éloges et dans lequel je me sens moins transportée par Lamartine, par exemple. Tout est dans le style et le ressenti, dans ce que le poème transmet et dans ce que le lecteur y voit et y raccroche).

S'il ne fallait citer qu'une prose de Rimbaud, ce serait sans doute le prologue d'une Saison en enfer. Ou Nuit en enfer.


J'ai avalé une fameuse gorgée de poison. — Trois fois béni soit le conseil qui m'est arrivé ! — Les entrailles me brûlent. La violence du venin tord mes membres, me rend difforme, me terrasse. Je meurs de soif, j'étouffe, je ne puis crier. C'est l'enfer, l'éternelle peine ! Voyez comme le feu se relève ! Je brûle comme il faut. Va, démon !
J'avais entrevu la conversion au bien et au bonheur, le salut. Puis-je décrire la vision, l'air de l'enfer ne souffre pas les hymnes ! C'était des millions de créatures charmantes, un suave concert spirituel, la force et la paix, les nobles ambitions, que sais-je ?
Les nobles ambitions !
Et c'est encore la vie ! — Si la damnation est éternelle ! Un homme qui veut se mutiler est bien damné, n'est-ce pas ? Je me crois en enfer, donc j'y suis. C'est l'exécution du catéchisme. Je suis esclave de mon baptême. Parents, vous avez fait mon malheur et vous avez fait le vôtre. Pauvre innocent ! l'enfer ne peut attaquer les païens. — C'est la vie encore ! Plus tard, les délices de la damnation seront plus profondes. Un crime, vite, que je tombe au néant, de par la loi humaine.
Tais-toi, mais tais-toi !... C'est la honte, le reproche, ici : Satan qui dit que le feu est ignoble, que ma colère est affreusement sotte. — Assez !... Des erreurs qu'on me souffle, magies, parfums faux, musiques puériles. — Et dire que je tiens la vérité, que je vois la justice : j'ai un jugement sain et arrêté, je suis prêt pour la perfection... Orgueil. — La peau de ma tête se dessèche. Pitié ! Seigneur, j'ai peur. J'ai soif, si soif !
Ah ! l'enfance, l'herbe, la pluie, le lac sur les pierres, le clair de lune quand le clocher sonnait douze... le diable est au clocher, à cette heure. Marie ! Sainte Vierge !... — Horreur de ma bêtise.
Là-bas, ne sont-ce pas des âmes honnêtes, qui me veulent du bien... Venez... J'ai un oreiller sur la bouche, elles ne m'entendent pas, ce sont des fantômes. Puis, jamais personne ne pense à autrui. Qu'on n'approche pas. Je sens le roussi, c'est certain.
Les hallucinations sont innombrables. C'est bien ce que j'ai toujours eu : plus de foi en l'histoire, l'oubli des principes. Je m'en tairai : poètes et visionnaires seraient jaloux. Je suis mille fois le plus riche, soyons avare comme la mer.
Ah çà ! l'horloge de la vie s'est arrêtée tout à l'heure. Je ne suis plus au monde. — La théologie est sérieuse, l'enfer est certainement en bas — et le ciel en haut. — Extase, cauchemar, sommeil dans un nid de flammes.
Que de malices, dans l'attention dans la campagne... Satan, Ferdinand, court avec les graines sauvages... Jésus marche sur les ronces purpurines, sans les courber... Jésus marchait sur les eaux irritées. La lanterne nous le montra debout, blanc et des tresses brunes, au flanc d'une vague d'émeraude...
Je vais dévoiler tous les mystères : mystères religieux ou naturels, mort, naissance, avenir, passé, cosmogonie, néant. Je suis maître en fantasmagories.
Écoutez !...
J'ai tous les talents ! — Il n'y a personne ici et il y a quelqu'un : je ne voudrais pas répandre mon trésor. — Veut-on des chants nègres, des danses de houris ? Veut-on que je disparaisse, que je plonge à la recherche de l'anneau ? Veut-on ? Je ferai de l'or, des remèdes.
Fiez-vous donc à moi, la foi soulage, guide, guérit. Tous, venez, — même les petits enfants, — que je vous console, qu'on répande pour vous son cœur, — le cœur merveilleux ! — Pauvres hommes, travailleurs ! Je ne demande pas de prières ; avec votre confiance seulement, je serai heureux.
— Et pensons à moi. Ceci me fait un peu regretter le monde. J'ai de la chance de ne pas souffrir plus. Ma vie ne fut que folies douces, c'est regrettable.
Bah ! faisons toutes les grimaces imaginables.
Décidément, nous sommes hors du monde. Plus aucun son. Mon tact a disparu. Ah ! mon château, ma Saxe, mon bois de saules. Les soirs, les matins, les nuits, les jours... Suis-je las !
Je devrais avoir mon enfer pour la colère, mon enfer pour l'orgueil, — et l'enfer de la caresse ; un concert d'enfers.
Je meurs de lassitude. C'est le tombeau, je m'en vais aux vers, horreur de l'horreur ! Satan, farceur, tu veux me dissoudre, avec tes charmes. Je réclame. Je réclame ! un coup de fourche, une goutte de feu.
Ah ! remonter à la vie ! Jeter les yeux sur nos difformités. Et ce poison, ce baiser mille fois maudit ! Ma faiblesse, la cruauté du monde ! Mon Dieu, pitié, cachez-moi, je me tiens trop mal ! — Je suis caché et je ne le suis pas.
C'est le feu qui se relève avec son damné.

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~ Hayleen ~

"Je me crois en enfer, donc j'y suis. C'est l'exécution du catéchisme. Je suis esclave de mon baptême. Parents vous avez fait mon malheur et vous avez fait le vôtre.
Pauvre innocent ! – L'enfer ne peut attaquer les païens. C'est la vie encore ! Plus tard, les délices de la damnation seront plus profondes.
Un crime, vite, que je tombe au néant, de par la loi humaine."
[Arthur Rimbaud - Une saison en enfer]
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