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Quand lire donne faim

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Eustrabirbéonne
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MessageSujet: Quand lire donne faim   Jeu 18 Nov - 21:16

Le tour pris récemment par le fil consacré à ce gourmand de Zola m'a mise en appétit, alors voici une petite anthologie de mes festins littéraires.

Il y a les pique-niques de la comtesse de Ségur. Celui des Petites filles modèles :

Citation :
Les appétits avaient été excités par la course ; on se mit à table en s’asseyant par terre, et l’on entama d’abord un énorme pâté de lièvre, ensuite une daube à la gelée, puis des pommes de terre au sel, du jambon, des écrevisses, de la tourte aux prunes, et enfin du fromage et des fruits.
MARGUERITE. – Quel bon déjeuner nous faisons ! Ces écrevisses sont excellentes.
SOPHIE. – Et comme le pâté était bon !
CAMILLE. – La tourte est délicieuse !
MADELEINE. – J’ai une faim affreuse.
MADAME DE ROSBOURG. – Veux-tu encore un peu de vin pour faire passer ton déjeuner ?
MARGUERITE. – Je veux bien, maman. À votre santé !

De l'alcool à c't âge-là (Marguerite doit avoir sept ans), diraient les Volfoni....

J'aime encore mieux celui des Mémoires d'un Âne :

Citation :
On s'assit par terre sous un vieux chêne ; on étala le contenu des paniers. Il y avait, comme à toutes les chasses, un pâté de volaille, un jambon, des œufs, du fromage, des marmelades, des confitures, un gros baba, une énorme brioche et quelques bouteilles de vieux vin. Tous les chasseurs, jeunes et vieux, avaient grand appétit, et mangèrent à effrayer les passants. Pourtant la grand'mère avait si largement pourvu aux faims les plus voraces, que la moitié des provisions restèrent aux gardes et aux gens de la ferme. Les chiens avaient la soupe pour apaiser leur faim, et l'eau de la mare pour se désaltérer.

Et je me garderais bien d'oublier le dîner de mademoiselle Justine :

Citation :
JUSTINE. - Nous avons des huîtres, un potage aux œufs pochés, un gigot de chevreuil, une belle volaille, un homard en salade, des cardons à la moelle, une croûte aux champignons, un gâteau napolitain et une bavaroise au marasquin.

Et chez Maupassant le mirifique panier de Boule de Suif!

Citation :
Elle en sortit d’abord une petite assiette de faïence, une fine timbale en argent, puis une vaste terrine dans laquelle deux poulets entiers, tout découpés, avaient confi sous leur gelée ; et l’on apercevait encore dans le panier d’autres bonnes choses enveloppées, des pâtés, des fruits, des friandises, les provisions préparées pour un voyage de trois jours, afin de ne point toucher à la cuisine des auberges. Quatre goulots de bouteilles passaient entre les paquets de nourriture. Elle prit une aile de poulet et, délicatement, se mit à la manger avec un de ces petits pains qu’on appelle « Régence » en Normandie. [...]Le premier pas seul coûtait. Une fois le Rubicon passé, on s’en donna carrément. Le panier fut vidé. Il contenait encore un pâté de foie gras, un pâté de mauviettes, un morceau de langue fumée, des poires de Crassane, un pavé de Pont-l’Évêque, des petits-fours et une tasse pleine de cornichons et d’oignons au vinaigre, Boule de Suif, comme toutes les femmes, adorant les crudités.

Le bœuf mode de Françoise, dans A l'ombre des jeunes filles en fleur, n'est pas mal non plus :

Citation :
Le bœuf froid aux carottes fit son apparition, couché par le Michel-Ange de notre cuisine sur d’énormes cristaux de gelée pareils à des blocs de quartz transparent.
— Vous avez un chef de tout premier ordre, Madame, dit M. de Norpois. Et ce n’est pas peu de chose. Moi qui ai eu à l’étranger à tenir un certain train de maison, je sais combien il est souvent difficile de trouver un parfait maître queux. Ce sont de véritables agapes auxquelles vous nous avez conviés là.
Et, en effet, Françoise, surexcitée par l’ambition de réussir pour un invité de marque un dîner enfin semé de difficultés dignes d’elle, s’était donné une peine qu’elle ne prenait plus quand nous étions seuls et avait retrouvé sa manière incomparable de Combray.
— Voilà ce qu’on ne peut obtenir au cabaret, je dis dans les meilleurs : une daube de bœuf où la gelée ne sente pas la colle, et où le bœuf ait pris parfum des carottes, c’est admirable ! Permettez-moi d’y revenir, ajouta-t-il en faisant signe qu’il voulait encore de la gelée. Je serais curieux de juger votre Vatel maintenant sur un mets tout différent, je voudrais, par exemple, le trouver aux prises avec le bœuf Stroganof.

On ne peut bien sûr ignorer Colette :

Citation :
Une tranche de pain bis, longue d'un pied, coupée à même la miche de douze livres, écorcée de sa croûte et roulée, effritée comme semoule sur la table de bois gratté, puis noyée dans le lait frais; - un gros cornichon blanc, macéré trois jours dans le vinaigre et un décimètre cube de lard rosé, sans maigre; - enfin un pichet de cidre dur, tiré à la «cannelle» du tonneau...
Que vous semble ce menu ? C'est celui d'un de mes goûters d'enfant. En voulez-vous un autre ?
Un talon de pain chaud, fariné, vidé de sa mie, tapissé intérieurement de beurre et de gelée à la framboise; - un demi-litre de lait caillé doux, bien tremblotant, bu au pot; - une jatte de fraises blanches.
Troisième menu : une tranche de pain bis, longue d'un pied, etc. (voir ci-dessus), exhaussée d'un doigt de haricots rouges froids, figés dans leur sauce au vin rouge; - une petite pannerée de groseilles à maquereau.
Quatrième menu, d'hiver et d'automne : les champignons, girolles, cômelles ou mousserons, ramassés dans les bois détrempés, et sautés au beurre pendant quelques minutes ; des châtaignes bouillies et une pomme. On peut remplacer les châtaignes par quelques bons «grillons» de cochon.
Un menu de goûter pour les mois de juillet et d'août vous agréera-t-il ? Voici : Pain chaud 'la croûte seulement) trempé par larges bouchées dans l'écume des confitures de fraises; - dans l'écume des confitures de cerises; dans l'écume des confitures d'abricots; - dans l'écume des confitures de tous les fruits de la saison!

Mais il n'y a pas que les Français : la sœur latine sait tenir son rang, comme le montre la timbale de macaroni que le Prince Salina, dans Le Guépard, offre à ses convives à Donnafugata :

Citation :
Aussi quand trois serviteurs verts, dorés et poudrés arrivèrent, portant chacun une majestueuse timbale de macaronis dans un immense plat d'argent, il n'y eut que quatre convives sur vingt qui s'abstinrent de manifester leur joyeuse surprise: le Prince et la Princesse parce qu'ils étaient au courant, Angélique par affectation et Concetta par manque d'appétit. Tous les autres (Tancrède compris, il faut bien l'avouer) manifestèrent leur soulagement avec des accents divers qui allaient des grognements extatiques du notaire aux cris aigus de François-Paul. D'un regard circulaire, plutôt menaçant, le Prince interrompit immédiatement ces manifestations inconvenantes.
Education à part, l'aspect de ces vol-au-vent monumentaux était bien digne de susciter des frémissements d'admiration. L'or bruni de la surface, le parfum de sucre et de cannelle qui s'en dégageait n'étaient que les préludes des délices que révélait l'intérieur, dès que le couteau entamait la croûte: il s'échappait d'abord une fumée chargée d'arômes, et puis on découvrait les foies de volaille, les oeufs durs, les truffes, les filets de jambon et de poulet, perdus dans la masse onctueuse et chaude des macaronis coupés à qui l'extrait de viande donnait une précieuse couleur chamois.

Et ailleurs le petit déjeuner qu'apporte Mama à Scarlett!

Citation :
Ses grosses mains noires portaient un plateau où fumaient deux grosses ignames couvertes de beurre, une pile de galettes de sarrasin qui ruisselait de sirop, et une grosses tranche de jambon qui nageait dans sa sauce.
(les répétitions et l'insistance sur la négritude de Mama sont de Margaret Mitchell, pas de moi.) Quand je pense que cette gourde de Scarlett dédaigne le beau plateau, sans savoir que dans deux ans elle aura faim, très faim...

Et voici un autre auteur du Sud des Etats-Unis : à l'inverse de Scarlett la Sophie de William Styron a connu la Pologne affamée par la guerre, les privations d'Auschwitz, les camps de transit suédois, et la voici à New York, où tout regorge :

Citation :
Il y avait tant de choses à manger, tant de variété et d'abondance, qu'à chaque fois elle avait le souffle coupé, les yeux embués par l'émotion, et c'était avec une lente et cérémonieuse gravité qu'elle faisait son choix dans ce bataillon héroïque et glorieux d'aliments, aux effluves vinaigrées : ici un œuf saumuré, là une tranche de salami, un demi-pain pumpernickel d'un somptueux noir verni. Une saucisse grillée. Une saucisse de foie. Quelques sardines. Du pastrami bien chaud. Du saumon mariné. Un bagel, s'il vous plaît. Le sac de papier marron dans la main, les conseils comme une litanie dans l'esprit—''Souviens-toi de ce que disait le Dr. Bergstrom, ne te gave pas''—elle se dirigeait méthodiquement vers l'autre bout du parc, ou vers l'autre rive du grand lac, et là—tout en mâchant avec la plus grande retenue, les papilles en extase de ce qu'elles redécouvraient—elle abordait la page 350 de Studs Lonigan.

Galina Vichnevskaïa, dans Galina, une histoire russe, se souvient de la cuisine de Daria Alexandrovna, sa chère grand'mère pétersbourgeoise, morte brûlée vive pendant le siège de Leningrad :
Citation :
Ma soupe préférée est toujours celle que l'on fait avec des champignons séchés, de l'orge perlée et des pommes de terre.
Grand-mère achetait de la morue salée. A quatorze kopeks la livre, c'est toujours le poisson le moins cher en Russie. Elle commençait par la faire tremper deux jours avant de la faire bouillir. Quelle odeur! Tout l'immeuble empestait. Quand on y ajoutait de pommes de terre, des oignons et de l'huile de tournesol c'était le paradis […]. Avec cela, la soupe aux têtes de harengs, la kacha de sarrasin et les pirojki aux choux des jours de fête composaient notre ordinaire.

Et je vous fais grâce du pot-au-feu de Là-Bas, du péché de gourmandise de dom Balaguer, des bécasses de Maupassant, du buffet du duc de Ponteleone, des gueuletons de Maigret et du civet de lièvre de la grand'mère dans L'Heure et l'ombre...


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MessageSujet: Re: Quand lire donne faim   Ven 19 Nov - 16:14

Et je rajoute d'ailleurs le banquet de Trimalc(h)ion dans le Satiricon (ou satyricon) de Pétrone:

Citation :
On apporte un premier service des plus somptueux ; car déjà tous les convives étaient accoudés, excepté un, Trimalchion, à qui, par un usage tout nouveau, on réservait la place d'honneur. Sur un plateau de hors-d'oeuvre était en métal de Corinthe un esturgeon, ou asellus, représenté avec un bât, lequel portait des olives, d'un côté les blanches, de l'autre les noires : le tout couronné de deux plats d'argent, au rebord desquels étaient gravés le nom de Trimalchion et le poids du métal. Des arceaux en forme de ponts supportaient des loirs saupoudrés de miel et de pavot. Il y avait aussi des cervelas placés brûlants encore sur un gril d'argent ; et par-dessous, en guise de charbons, des prunes de Syrie et des grains de grenades.

Nous en étions à ces magnificences, lorsque Trimalchion lui-même fut apporté au bruit d'une symphonie, et déposé sur un amas de petits coussinets. Quelques étourdis éclatèrent de rire. Figurez-vous un capuchon de pourpre d'où s'échappait une tête rase, et autour d'un cou empaqueté une serviette jetée en laticlave, franges pendantes deçà et delà. Il avait aussi au petit doigt de la main gauche une énorme bague dorée, et à la dernière phalange du doigt voisin une plus petite, et, à ce qu'il me parut, tout en or, mais constellée d'acier. Non content d'étaler ces richesses, il mit à nu son bras droit, orné d'un bracelet d'or dont un cercle d'ivoire coupait les lames éblouissantes.

Puis, après s'être fouillé la mâchoire avec un cure-dent d'argent : - Mes amis, nous dit-il, je ne me sentais pas encore en goût de vous rejoindre ; mais mon absence vous eût fait languir, et j'ai coupé court à tout amusement. Vous permettez pourtant que je finisse ma partie ? - A deux pas était un esclave avec un damier de bois de térébinthe et des dés de cristal ; et je vis la chose du monde qui annonçait le meilleur goût : au lieu de dames blanches et noires, il avait des deniers d'or et des deniers d'argent. Tandis qu'en jouant il épuisait le vocabulaire des artisans de la dernière classe, et que le premier service nous occupait encore, un plateau fut apporté avec une corbeille où était une poule de bois sculpté, dont les ailes s'étendaient en cercle, à l'instar des poules couveuses. Aussitôt deux esclaves s'avancent, et au son des instruments se mettent à fureter dans la paille : ils en tirent un à un des œufs de paon qu'ils distribuent aux convives. A ce petit jeu de scène, Trimalchion se retourne : - Mes amis ! ce sont des œufs de paon que j'ai fait mettre sous cette poule. Et, pardieu ! je crains qu'ils ne soient déjà couvés : essayons pourtant s'ils se laissent encore avaler. - Chacun reçoit une cuiller qui ne pesait pas moins qu'une demi-livre, et nous brisons ces œufs figurés en pâtisserie. Pour mon compte, je faillis jeter le mien, pensant déjà y voir le poussin formé. Puis comme j'ouïs dire à un vieux parasite : «Il doit y avoir là-dedans quelque bonne chose !» j'achevai de casser la coquille, et je trouvai un succulent bec-figue, enveloppé d'une farce de jaunes d'œufs poivrés.

Trimalchion, interrompant son jeu, venait de demander sa part de chaque chose ; il autorisait à haute voix les amateurs à retourner au vin miellé, lorsqu'au brusque signal d'une nouvelle symphonie un chœur de chanteurs enlève en cadence le premier service. Durant cette tumultueuse besogne, il arrive qu'un plat d'argent tombe, et qu'un esclave le ramasse. Il est aperçu par Trimalchion qui le fait souffleter, et commande qu'on rejette le plat à terre. Et de suite un valet de chambre le vint balayer avec les autres ordures.

Tout aussitôt entrèrent deux Éthiopiens à longue chevelure, chargés de petites outres de la forme des arrosoirs qui rafraichissent le sable de l'amphithéâtre. Ils nous versèrent du vin sur les mains ; car pour de l'eau, il ne s'en offrait pas. Après les compliments que valut cette galanterie au patron : - Un contre un ! s'écria-t-il, cela plaît à Mars. - En conséquence il veut que chacun ait sa table à lui seul ; et par parenthèse il ajoute : - Cette puante valetaille, n'étant plus entassée sur le même point, nous suffoquera moins. - A ce moment on apporte des amphores de verre soigneusement cachetées, sur le cou desquelles sont fixées des étiquettes ainsi conçues :

FALERNE DU CONSULAT D'OPIMIUS, AGE DE CENT ANS.

Comme nous déchiffrions ces étiquettes, Trimalchion frappa ses mains l'une contre l'autre : - Hélas ! hélas ! s'écria-t-il, le vin vit donc plus longtemps que nous autres chétifs ! Eh bien, qu'il arrose nos poumons : le vin, c'est la vie. Je vous le garantis véritable Opimien ; hier je n'en ai pas servi de si bon, et j'avais certes meilleure compagnie à souper. - Et l'on boit, et l'on s'extasie tout au long sur ses munificences. Et un esclave apporte un squelette d'argent si bien exécuté, que les articulations et les vertèbres en étaient flexibles et se tournaient dans tous les sens. Quand il l'eut bien placé et replacé sur la table, et figuré différentes postures au moyen de ses souples ressorts, Trimalchion dit son mot :

O misère ! ô pitié ! que tout l'homme n'est rien !
Qu'elle est fragile, hélas ! la trame de sa vie !
Tel sera chez Pluton votre état et le mien :
Vivons donc, tant que l'âge à jouir nous convie.


A l'élégie succéda le second service, dont en vérité la splendeur ne fut pas selon notre attente. Sa nouveauté pourtant attira tous les regards. C'était un surtout en forme de globe, représentant les douze signes du Zodiaque rangés en cercle. Par-dessus chaque signe le maître d'hôtel avait placé le mets analogue et correspondant : sur le Bélier, des pois chiches cornus ; sur le Taureau, une pièce de bœuf ; sur les Gémeaux, des testicules et des rognons ; sur l'Écrevisse, une couronne ; sur le Lion, des figues d'Afrique ; sur la Vierge, une matrice de jeune truie ; sur la Balance, deux bassins couverts, l'un d'une tourte, l'autre d'un gâteau ; sur le Scorpion, un petit poisson de mer de ce nom ; sur le Sagittaire, un lièvre ; sur le Capricorne, une langouste ; sur le Verseau, une oie ; sur les Poissons, deux surmulets. Au centre, une touffe de gazon ciselée se couronnait d'un rayon de miel. Un esclave égyptien portait à la ronde du pain dans un petit four d'argent, en tirant de son rauque gosier un hymne en l'honneur de je ne sais quelle infusion de laser et de vin. Comme nous abordions assez tristement de si pauvres mets : - Croyez-moi, dit Trimalchion, faisons honneur au souper : c'est là la fin de notre affaire. -

Dès qu'il eut dit ceci, nouvelle symphonie : quatre danseurs accourent, et la partie supérieure du globe est enlevée par eux. Cela fait, nous vîmes au-dessous, à savoir comme nouveau service, des volailles grasses, des tétines de truie, et un lièvre au milieu, décoré d'une paire d'ailes pour figurer Pégase. Nous remarquâmes aux angles du surtout quatre satyres. De leurs cornemuses jaillissait une sauce de garum poivré, sur des poissons qui nageaient dans cet autre Euripe. Tout éclate en applaudissements, à commencer par les valets, et l'on attaque gaîment des mets d'un choix aussi exquis. Trimalchion ne fut pas moins charmé que nous de la surprise : - Coupez ! s'écria-t-il. - Aussitôt s'avance l'écuyer tranchant ; et, mesurant ses gestes sur l'orchestre, il va déchiquetant les morceaux de telle sorte, qu'on eût dit un conducteur de chars qui court dans la lice aux sons de l'orgue hydraulique. Cependant Trimalchion disait toujours en radoucissant sa voix : - Coupez ! coupez ! - Me doutant bien que quelque gentillesse se cachait sous ce mot si souvent répété, je pris la liberté de questionner là-dessus le voisin qui me primait immédiatement. Celui-ci, comme s'étant maintes fois trouvé à pareilles scènes, me dit : - Voyez-vous cet homme qui découpe ? Il se nomme Coupez. Ainsi chaque fois que le patron dit : Coupez, il appelle et commande d'un seul mot.


Dernière édition par Lydia le Ven 19 Nov - 16:45, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Quand lire donne faim   Ven 19 Nov - 16:29

Trimalchion, ce n'est pas celui qui finit par être le plat principal (j'ai seulement vu le film de Fellini)?
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MessageSujet: Re: Quand lire donne faim   Ven 19 Nov - 16:44

Autant que je me souvienne, pas dans le texte.
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MessageSujet: Re: Quand lire donne faim   Sam 20 Nov - 16:03

Dites, chez moi, c'est plein de piles de livres en équilibre instable, et la perspective du déménagement ne vas pas arranger les choses. Je ne parviens pas à mettre la main sur mon édition Nelson des "Lettres de mon moulin" mais je suis sûre que vous vous rappelez l'évocation du banquet de Noël dans "Les Trois Messes Basses" ? Ca aussi, c'est un passage ... savoureux ! A damner un saint !

Quand j'étais petite, je lisais ce livre près de ma grand-mère, dans sa chambre, à la lueur de la lampe de chevet et c'était ... Merveilleux ! Et la sonnette de Garrigou ! La diabolique petite sonnette ! ...
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Dont l'exil se reflète, éternel et royal,
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Celui qui n'a pas fait tout ce qu'il pouvait faire n'a rien fait.
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La France a perdu une bataille mais elle n'a pas perdu la guerre !
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Et ce qui importait en fin de compte, c'était moins d'être vaincu que d'avoir une âme de vaincu car cela seul est sans remède.
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MessageSujet: Re: Quand lire donne faim   Sam 20 Nov - 18:02

Ah oui ! Voici un extrait:

Citation :
- Deux dindes truffées, Garrigou ?...
- Oui, mon révérend, deux dindes magnifiques bourrées de truffes. J'en sais quelque chose, puisque c'est moi qui ai aidé à les remplir. On aurait dit que leur peau allait craquer en rôtissant, tellement elle était tendue...
- Jésus maria ! moi qui aime tant les truffes !... Donne moi vite mon surplis, Garrigou... Et avec les dindes, qu'est-ce que tu as encore aperçu à la cuisine ?...
- Oh ! toutes sortes de bonnes choses... depuis midi nous n'avons fait que plumer des faisans, des huppes, des gelinottes, des coqs de bruyère. La plume en volait partout... Puis de l'étang on a apporté des anguilles, des carpes dorées, des truites, des...
- Grosses comment, les truites, Garrigou ?
- Grosses comme ça, mon révérend... Énormes !...
- Oh ! Dieu ! Il me semble que je les vois... As-tu mis le vin dans les burettes ?
- Oui, mon révérend, j'ai mis le vin dans les burettes...
Mais dame ! Il ne vaut pas celui que vous boirez tout à l'heure en sortant de la messe de minuit. Si vous voyiez cela dans la salle à manger du château, toutes ces carafes qui flambent pleines de vins de toutes les couleurs... Et la vaisselle d'argent, les surtouts ciselés, les fleurs, les candélabres !... Jamais il ne se sera vu un réveillon pareil. Monsieur le marquis a invité tous les seigneurs du voisinage.
Vous serez au moins quarante à table, sans compter le bailli ni le tabellion... Ah ! vous êtes bien heureux d'en être, mon révérend !... Rien que d'avoir flairé ces belles dindes, l'odeur des truffes me suit partout... Meuh !...
- Allons, allons, mon enfant. Gardons-nous du péché de gourmandise, surtout la nuit de la Nativité... Va bien vite allumer les cierges et sonner Ie premier coup de la messe ; car voilà que minuit est proche, et il ne faut pas nous mettre en retard...
Cette conversation se tenait une nuit de Noël de l'an de grâce mil six cent et tant, entre le révérend dom Balaguère, ancien prieur des Barnabites, présentement chapelain gagé des sires de Trinquelage, et son petit clerc Garrigou, ou du moins ce qu'il croyait être le petit clerc Garrigou, car vous saurez que le diable, ce soir-là, avait pris la face ronde et les traits indécis du jeune sacristain pour mieux induire le révérend père en tentation et lui faire commettre un épouvantable péché de gourmandise.
Donc, pendant que le soi-disant Garrigou (hum ! hum !) faisait à tour de bras carillonner les cloches de la chapelle seigneuriale, le révérend achevait de revêtir sa chasuble dans la petite sacristie du château ; et, l'esprit déjà troublé par toutes ces descriptions gastronomiques, il se répétait à lui-même en s'habillant :
- Des dindes rôties... des carpes dorées... des truites grosses comme ça!...
Dehors, Ie vent de la nuit soufflait en éparpillant la musique des cloches, et, à mesure, des lumières apparaissaient dans l'ombre aux flancs du mont Ventoux, en haut duquel s'élevaient les vieilles tours de Trinquelage. C'étaient des familles de métayers qui venaient entendre la messe de minuit au château. Ils grimpaient la côte en chantant par groupes de cinq ou six, le père en avant, la lanterne en main, les femmes enveloppées dans leurs grandes mantes brunes où les enfants se serraient et s'abritaient. Malgré l'heure et le froid, tout ce brave peuple marchait allégrement, soutenu par l'idée qu'au sortir de la messe, il y aurait, comme tous les ans, table mise pour eux en bas dans les cuisines. De temps en temps, sur la rude montée, Ie carrosse d'un seigneur précédé de porteurs de torches, faisait miroiter ses glaces au clair de lune, ou bien une mule trottait en agitant ses sonnailles, et à la lueur des falots enveloppés de brume, les métayers reconnaissaient leur bailli et le saluaient au passage :
- Bonsoir bonsoir maître Arnoton !
- Bonsoir, bonsoir, mes enfants !
La nuit était claire, les étoiles avivées de froid ; la bise piquait, et un fin grésil, glissant sur les vêtements sans les mouiller, gardait fidèlement la tradition des Noëls blancs de neige. Tout en haut de la côte, le château apparaissait comme le but, avec sa masse énorme de tours, de pignons, le clocher de sa chapelle montant dans le ciel bleu noir, et une foule de petites lumières qui clignotaient, allaient, venaient, s'agitaient à toutes les fenêtres, et ressemblaient, sur le fond sombre du bâtiment, aux étincelles courant dans des cendres de papier brûlé... Passé le pont-levis et la poterne, il fallait, pour se rendre à la chapelle, traverser la première cour, pleine de carrosses, de valets, de chaises à porteurs, toute claire du feu des torches et de la flambée des cuisines. On entendait le tintement des tournebroches, le fracas des casseroles, le choc des cristaux et de l'argenterie remués dans les apprêts d'un repas ; par là-dessus, une vapeur tiède, qui sentait bon les chairs rôties et les herbes fortes des sauces compliquées, faisait dire aux métayers, comme au chapelain, comme au bailli, comme à tout le monde :
- Quel bon réveillon nous allons faire après la messe !
Drelindin din !... Drelindin din !...
C'est la messe de minuit qui commence. Dans la chapelle du château, une cathédrale en miniature, aux arceaux entrecroisés, aux boiseries de chêne, montant jusqu'à hauteur des murs, les tapisseries ont été tendues, tous les cierges allumés. Et que de monde ! Et que de toilettes! Voici d'abord, assis dans les stalles sculptées qui entourent le chœur le sire de Trinquelage, en habit de taffetas saumon, et près de lui tous les nobles seigneurs invités. En face, sur des prie-Dieu garnis de velours, ont pris place la vieille marquise douairière dans sa robe de brocart couleur de feu et la jeune dame de Trinquelage, coiffée d'une haute tour de dentelle gaufrée à la dernière mode de la cour de France. Plus bas on voit, vêtus de noir avec de vastes perruques en pointe et des visages rasés, le bailli Thomas Arnoton et le tabellion maître Ambroy, deux notes graves parmi les soies voyantes et les damas brochés. Puis viennent les gras majordomes, les pages, les piqueurs, les intendants, dame Barbe, toutes ses clefs pendues sur le côté à un clavier d'argent fin. Au fond, sur les bancs, c'est le bas office, les servantes, les métayers avec leurs familles ; et enfin, là-bas, tout contre la porte qu'ils entrouvrent et referment discrètement, messieurs les marmitons qui viennent entre deux sauces prendre un petit air de messe et apporter une odeur de réveillon dans l'église toute en fête et tiède de tant de cierges allumés.
Est-ce la vue de ces petites barrettes blanches qui donne des distractions à l'officiant ? Ne serait-ce pas plutôt la sonnette de Garrigou, cette enragée petite sonnette qui s'agite au fond de l'autel avec une précipitation infernale et semble dire tout le temps:
- Dépêchons-nous, dépêchons-nous... Plus tôt nous aurons fini, plus tôt nous serons à table.
Le fait est que chaque fois qu'elle tinte, cette sonnette du diable, le chapelain oublie sa messe et ne pense plus qu'au réveillon. Il se figure les cuisiniers en rumeur, les fourneaux où brûle un feu de forge, la buée qui monte des couvercles entrouverts, et dans cette buée deux dindes magnifiques bourrées, tendues, marbrées de truffes...
Ou bien encore il voit passer des files de pages portant des plats enveloppés de vapeurs tentantes, et avec eux il entre dans la grande salle déjà prête pour le festin.
ô délices ! voilà l'immense table toute chargée et flamboyante, les paons habillés de leurs plumes, les faisans écartant leurs ailes mordorées, les flacons couleur de rubis, les pyramides de fruits éclatants parmi les branches vertes, et ces merveilleux poissons dont parlait Garrigou (ah ! bien oui, Garrigou!) étalés sur un lit de fenouil, l'écaille nacrée comme s'ils sortaient de l'eau, avec un bouquet d'herbes odorantes dans leurs narines de monstres. Si vive est la vision de ces merveilles, qu'il semble à dom Balaguère que tous ces plats mirifiques sont servis devant lui sur es broderies de la nappe d'autel, et deux ou trois fois, au lieu de Dominus vobiscum ! Il se surprend à dire le Benedicite. À part ces légères méprises, le digne homme débite son office très consciencieusement, sans passer une ligne, sans omettre une génuflexion ; et tout marche assez bien jusqu'à la fin de la première messe ; car vous savez que le jour de Noël le même officiant doit célébrer trois messes consécutives.
- Et d'une ! se dit le chapelain avec un soupir de soulagement; puis, sans perdre une minute, il fait signe à son clerc ou celui qu'il croit être son clerc, et...
Drelindin din !... Drelindin din !... C'est la seconde messe qui commence, et avec elle commence aussi le péché de dom Balaguère.
-Vite, vite, dépêchons-nous, lui crie de sa petite voix aigrelette la sonnette de Garrigou, et cette fois le malheureux officiant, tout abandonné au démon de gourmandise, se rue sur le missel et dévore les pages avec l'avidité de son appétit en surexcitation. Frénétiquement il se baisse, se relève, esquisse les signes de croix, les génuflexions, raccourcit tous ses gestes pour avoir plus tôt fini. À peine s'il étend ses bras à l'Évangile, s'il frappe sa poitrine au Confiteor. Entre le clerc et lui c'est à qui bredouillera le plus vite.
Versets et répons se précipitent, se bousculent. Les mots à moitié prononcés, sans ouvrir la bouche, ce qui prendrait trop de temps, s'achèvent en murmures incompréhensibles.
Oremus ps... p,ç... p,i...
Mea culpa... pa... pa...
Pareils à des vendangeurs pressés foulant le raisin de la cuve, tous deux barbotent dans le latin de la messe, en envoyant des éclaboussures de tous les côtés.
Dom... scum !... dit Balaguère.
...Stutuo !... répond Garrigou ; et tout le temps la damnée petite sonnette est là qui tinte à leurs oreilles, comme ces grelots qu'on met aux chevaux de poste pour les faire galoper à la grande vitesse. Pensez que de ce train-là une messe basse est vite expédiée.
- Et de deux ! dit le chapelain tout essoufflé ; puis, sans prendre le temps de respirer, rouge, suant, il dégringole les marches de l'autel et...
Drelindin din !... Drelindin din !...
C'est la troisième messe qui commence. Il n'y a plus que quelques pas à faire pour arriver à la salle à manger ; mais, hélas! à mesure que le réveillon approche, l'infortuné Balaguère se sent pris d'une folie d'impatience et de gourmandise. Sa vision s'accentue, les carpes dorées, les dindes rôties sont là, là... Il les touche... il les... Oh ! Dieu !... Les plats fument, les vins embaument : et, secouant son grelot enragé, la petite sonnette lui crie :
- Vite, vite, encore plus vite !...
Mais comment pourrait-il aller plus vite ? Ses lèvres remuent à peine. Il ne prononce plus les mots... À moins de tricher tout à fait avec le bon Dieu et de lui escamoter sa messe... Et c'est ce qu'il fait, le malheureux !... De tentation en tentation, il commence par sauter un verset, puis deux. Puis l'épître est trop longue, il ne la finit pas, effleure l'Évangile, passe devant le Credo sans entrer, saute le Pater, salue de loin la préface, et par bonds et par élans se précipite ainsi dans la damnation éternelle, toujours suivi de l'infâme Garrigou (vade retro, Satanas.), qui le seconde avec une merveilleuse entente, lui relève sa chasuble, tourne les feuillets deux par deux, bouscule les pupitres, renverse les burettes, et sans cesse secoue la petite sonnette de plus en plus fort, de plus en plus vite.
Il faut voir la figure effarée que font tous les assistants !
Obligés de suivre à la mimique du prêtre cette messe dont ils n'entendent pas un mot, les uns se lèvent quand les autres s'agenouillent, s'asseyent quand les autres sont debout ; et toutes les phases de ce singulier office se confondent sur les bancs dans une foule d'attitudes diverses. L'étoile de Noël en route dans les chemins du ciel, là-bas, vers la petite étable, pâlit d'épouvante en voyant cette confusion...
- l'abbé va trop vite... On ne peut pas suivre, murmure la vieille douairière en agitant sa coiffe avec égarement.
Maître Arnoton, ses grandes lunettes d'acier sur le nez, cherche dans son paroissien où diantre on peut bien en être. Mais au fond, tous ces braves gens, qui eux aussi pensent à réveillonner ne sont pas fâchés que la messe aille ce train de poste ; et quand dom Balaguère, la figure rayonnante, se tourne vers l'assistance en criant de toutes ses forces : Ite, missa est, il n'y a qu'une voix dans la chapelle pour lui répondre un Deo gratias si joyeux, si entraînant, qu'on se croirait déjà à table au premier toast du réveillon.
Cinq minutes après, la foule des seigneurs s'asseyait dans la grande salle, le chapelain au milieu d'eux. Le château, illuminé de haut en bas, retentissait de chants, de cris, de rires, de rumeurs ; et le vénérable dom Balaguère plantait sa fourchette dans une aile de gelinotte, noyant le remords de son péché sous des flots de vin du Pape et de bons jus de viandes. Tant il but et mangea, le pauvre saint homme, qu'il mourut dans la nuit d'une terrible attaque, sans avoir eu seulement le temps de se repentir ; puis, au matin, il arriva dans le ciel encore tout en rumeur des fêtes de la nuit, et je vous laisse à penser comme il y fut reçu.
- Retire-toi de mes yeux, mauvais chrétien ! lui dit le souverain Juge, notre maître à tous. Ta faute est assez grande pour effacer toute une vie de vertu... Ah ! tu m'as volé une messe de nuit... Eh bien, tu m'en payeras trois cents en place, et tu n'entreras en paradis que quand tu auras célébré dans ta propre chapelle ces trois cents messes de Noël en présence de tous ceux qui ont péché par ta faute et avec toi...
... Et voilà la vraie légende de dom Balaguère comme on la raconte au pays des olives. Aujourd'hui, le château de Trinquelage n'existe plus, mais la chapelle se tient encore droite tout en haut du mont Ventoux, dans un bouquet de chênes verts. Le vent fait battre sa porte disjointe, l'herbe encombre le seuil ; il y a des nids aux angles de l'autel et dans l'embrasure des hautes croisées dont les vitraux coloriés ont disparu depuis longtemps. Cependant il paraît que tous les ans, à Noël, une lumière surnaturelle erre parmi ces ruines, et qu'en allant aux messes et aux réveillons, les paysans aperçoivent ce spectre de chapelle, éclairé de cierges invisibles qui brûlent au grand air, même sous la neige et le vent. Vous en rirez si vous voulez, mais un vigneron de l'endroit, nommé Garrigue, sans doute un descendant de Garrigou, m'a affirmé qu'un soir de Noël, se trouvant un peu en ribote, il s'était perdu dans la montagne du côté de Trinquelage ; et voici ce qu'il avait vu...
Jusqu'à onze heures, rien. Tout était silencieux, éteint, inanimé. Soudain, vers minuit, un carillon sonna tout en haut du clocher, un vieux, vieux carillon qui avait l'air d'être à dix lieues. Bientôt, dans le chemin qui monte, Garrigue vit trembler des feux, s'agiter des ombres indécises.
Sous le porche de la chapelle, on marchait, on chuchotait :
- Bonsoir maître Arnoton !
- Bonsoir bonsoir mes enfants !...
Quand tout le monde fut entré, mon vigneron, qui était très brave, s'approcha doucement et, regardant par la porte cassée, eut un singulier spectacle. Tous ces gens qu'il avait vus passer étaient rangés autour du chœur, dans la nef en ruine, comme si les anciens bancs existaient encore.
De belles dames en brocart avec des coiffes de dentelle, des seigneurs chamarrés du haut en bas, des paysans en jaquettes fleuries ainsi qu'en avaient nos grands-pères, tous l'air vieux, fané, poussiéreux, fatigué. De temps en temps, des oiseaux de nuit, hôtes habituels de la chapelle, réveillés par toutes ces lumières, venaient rôder autour des cierges dont la flamme montait droite et vague comme si elle avait brûlé derrière une gaze ; et ce qui amusait beaucoup Garrigue, c'était un certain personnage à grandes lunettes d'acier, qui secouait à chaque instant sa haute perruque noire sur laquelle un de ces oiseaux se tenait droit tout empêtré en battant silencieusement des ailes.
Dans le fond, un petit vieillard de taille enfantine, à genoux au milieu du chœur agitait désespérément une sonnette sans grelot et sans voix, pendant qu'un prêtre, habillé de vieil or allait, venait devant l'autel, en récitant des oraisons dont on n'entendait pas un mot... Bien sûr c'était dom Balaguère, en train de dire sa troisième messe basse.
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MessageSujet: Re: Quand lire donne faim   Dim 21 Nov - 12:23

Merci, Lydia.
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Celui qui n'a pas fait tout ce qu'il pouvait faire n'a rien fait.
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MessageSujet: Re: Quand lire donne faim   Dim 21 Nov - 12:31

Mais de rien ! :loveheart:
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Elisabeth
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MessageSujet: Re: Quand lire donne faim   Sam 26 Oct - 17:32

Je remonte ce fil pour donner deux recettes de la Princesse de Lampedusa ( oui, oui, la descendante par alliance de l'auteur du "Guépard" )

Alors, voici, tout d'abord =

Voici la recette de la gelée de Tangerine de la princesse de Lampedusa

                                                                               

Ingrédients :

1 litre de jus fraîchement pressé et filtré de tangerine, variété de mandarine, et 1 citron, 150 g de sucre, 18 g de feuilles de gélatine à base de poisson, huile d’amande douce pure.

Méthode :

Mettre la moitié du jus dans un bol et ajouter la gélatine en feuilles. Mettez l’autre moitié dans une casserole et ajouter le sucre. Porter à ébullition pour dissoudre le sucre. Verser le jus chaud dans le bol et mélanger jusqu’à ce que la gélatine soit complètement dissoute. Enduire très légèrement un moule 1 litre avec quelques gouttes d’huile d’amande douce et versez le jus dedans. Mettez au réfrigérateur (pas au congélateur!) pendant quelques heures jusqu’à ce que la gelée soit complètement prise. Démoulez et décorez à votre goût.


puis

recette du blanc manger

Blanc-manger - Ingrédients :

1 litre de lait entier et lait d’amande mélangés; fécule de maïs 75g; sucre 130g; zeste finement râpé d’un citron, cannelle moulue, puces de chocolat amer, potiron confit (« zuccata ») ou cédrat confit, amandes effilées, pistaches hachées, des fleurs de jasmin, cannelle en bâton, pour la garniture.

Méthode :

Saupoudrez la cannelle moulue dans le fond d’un bol en verre. Dans une casserole moyenne, mélanger le sucre, la fécule et le zeste de citron. Ajouter le lait et le lait d’amande petit à petit, en fouettant constamment pour briser les petits grumeaux. Lorsque le mélange est bien onctueux, faire chauffer à feu moyen et porter à ébullition. Continuer en remuant et laisser bouillir pendant 1 ou 2 minutes, jusqu’à ce que la crème soit lisse. Retirez du feu et versez dans un récipient qui ira sur la table. Laisser refroidir et réfrigérer au moins une heure, jusqu’à consistance ferme. Décorer avec le reste des ingrédients.

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MessageSujet: Re: Quand lire donne faim   Sam 26 Oct - 17:34

Voilà qui donne faim !!!
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MessageSujet: Re: Quand lire donne faim   Sam 26 Oct - 19:08

Je vais tester, je te dirai ....Je commencerai par le blanc manger;
Il faut savoir que les "tangerine" sont des sortes de mandarines; bon, mais la quantité de gélatine me refroidit un peu, on va voir;
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MessageSujet: Re: Quand lire donne faim   Sam 26 Oct - 19:09

A part cela, moi, le MA me donne faim aussi, je vais regarder si il y a des recettes, mais tu dois être bien plus compétente....
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MessageSujet: Re: Quand lire donne faim   Dim 27 Oct - 14:30

Le blanc manger est déjà une recette du MA. Sinon, oui, il y a bien des recettes, le seul problème étant d'arriver à trouver les ingrédients. Je t'avoue que les recettes du MA ne me tentent pas vraiment...
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MessageSujet: Re: Quand lire donne faim   Dim 27 Oct - 14:44

Lorsque vous dites que "lire donne faim" c'est vrai ! jusque là, je ne connaissais "le blanc manger" qu'au travers de "Les quatre filles du docteur March" , et je m'étais toujours demandée à quoi ça ressemblait; et voilà que j'ai la recette par la descendante du "Guépard !!!!!
Et je vais chercher dans "Une enfance sicilienne" , il y a des recettes de pâtisseries alléchantes !
Oui, pour les recettes du MA, cela devait être trés dur de cuisiner à cette époque, le blanc manger est relativement facile à faire; ce qui est curieux, c'est que ce sont les goûts qui changent;
L'un de mes rêves, pour une "grande" occasion est de réussir à refaire un menu d'autrefois = du XIXème simplement, hein, les menus on en trouve, ils étaient trés trés chargés, trés lourds , aujourd'hui, on ne réussirait jamais à avaler tout ça !
Je vais voir si j'en trouve !
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MessageSujet: Re: Quand lire donne faim   Dim 27 Oct - 15:10

Tu as raison. Ma belle-mère a un vieux livre de cuisine qui doit dater du début du siècle. Tudieu, je ne pourrais pas avaler le quart d'un repas ! affraid 
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MessageSujet: Re: Quand lire donne faim   Dim 27 Oct - 15:19

Ah, oui, en même temps, ça me tente = j'aimerais ( depuis longtemps) faire "une cousinade" avec des membres de la famille lointaine ( les proches s'étant, pour beaucoup révélés bien peu à la hauteur, hélas) et leur infliger préparer un menu du temps où les membres de la famille étaient plus proches.....

( Dans ce doux projet, je t'inclus, ma bien chère, un beau jour, on n'est pas pressées, hein, 1) pour un peu d'aide pour la généalogie, si tu peux -et si tu veux bien- 2) pour venir nous voir !!! et déguster tenter d'avaler le menu en question; on en reparlera ! )
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MessageSujet: Re: Quand lire donne faim   Dim 27 Oct - 15:31

Mais il n'y a aucun souci Elisabeth ! Envoie-moi un mail pour savoir ce que tu recherches en généalogie.
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MessageSujet: Re: Quand lire donne faim   Dim 27 Oct - 15:35

" Dans bientôt..." comme disait François quand il était petit !
Là, je suis un peu 1) recroquevillée sur moi = le peu de gentillesse des proches 2) en train de sortir trés lentement des Pbs de succession;
Mais, il y a oui, des trucs à chercher, disons dans un an ou deux; je suis peu habile pour ça, et trés ignorante, et donc, mon oeil de lynx a capté "généalogie" sous ton avatar.....Tu es gentille comme tout !
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MessageSujet: Re: Quand lire donne faim   Dim 27 Oct - 15:41

Oui, tu as un œil de lynx ! Voilà quelques années déjà que je travaille sur mon arbre généalogique. Ça me passionne. Je suis inscrite sur le site geneanet.
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MessageSujet: Re: Quand lire donne faim   Dim 27 Oct - 15:45

:oops: moi aussi, je ne sais pas m'en dépatouiller ! et comme je n'ai pas du tout de temps, je sucre leurs messages !
On en reparlera, tu verras....
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MessageSujet: Re: Quand lire donne faim   Dim 27 Oct - 16:08

Oui, ne te tracasse pas, je t'expliquerai.
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MessageSujet: Re: Quand lire donne faim   Lun 28 Oct - 16:16

Voici une recette semblable à celles de "Une enfance sicilienne" , je cherche non les descriptions, je les ai, mais les recettes = à quoi bon saliver si on ne peut pas goûter ?

Alors, " lingot au chocolat"

Ingrédients pour 6 personnes:
250 g de chocolat noir pâtissier
60 g de chocolat au lait
250 ml de crème liquide
3 oeufs + 1 blanc
175 g de sucre
3 c à soupe de maïzena
2 c. à soupe d’amandes mondées

Faire fondre 100 g de chocolat noir au bain-marie. Hacher grossièrement les amandes. Séparer les jaunes et les blancs des oeufs. Blanchir les jaunes avec 100 g de sucre, incorporer le chocolat fondu, la maïzena, les amandes hachées et les blancs montés en neige.
Étaler la pâte avec une spatule sur une plaque couverte de papier sulfurisé pour avoir un biscuit d’environ 36 x 26 cm.
Cuire 10 minutes au four préchauffé à 180°C. Retourner le biscuit, décoller le papier et couper le biscuit en trois.
Hacher le reste de chocolat noir et à part le chocolat au lait. Faire bouillir la crème, verseer 200 ml sur le chocolat noir et le reste sur le chocolat au lait. Laisser refroidir puis ajouter à la ganache au lait le blanc d’oeuf monté en neige. Réserver les 2 ganaches au frais pendant environ 2 heures.
Etaler la ganache noire sur 2 bandes de biscuit et étaler la ganache au lait sur la troisième bande puis les superposer.
Garder au frais 3 heures ou plus. Retailler les bords et découper en six parts ou en cubes avant de servir. Vous pouvez aussi saupoudrer le dessus du lingot de cacao !


à suivre.......

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MessageSujet: Re: Quand lire donne faim   Lun 28 Oct - 16:26

J'en bave !!!
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MessageSujet: Re: Quand lire donne faim   Lun 28 Oct - 16:43

Ça aussi, je vais le tester pour Noël, on va voir.....Là, je suis plongée dans "Une enfance sicilienne" , j'ai retrouvé la recette des "cassata" et celle des "canneli" , mais il faudra que je reconstitue d'autres recettes trés particulières, je devrais y arriver car Verdura donne les composants = du massepain ( biscuit de savoie ou gênoise) fourrée avec des fruits confits, j'ai la recette;
C'est vrai que c'est alléchant, je m'étais vraiment régalée à lire ça;
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MessageSujet: Re: Quand lire donne faim   Lun 28 Oct - 16:49

J'ai - je ne sais plus trop où c'est - retrouvé dans ma mémoire, un petit bout de recette médiévale du filet de porc au miel;
Je suppose que ça doit être salé/sucré; je vais fureter aussi; en attendant, j'ai la recette - toujours utilisée en Bretagne- de l' hydromel; c'est assez proche du chouchen breton - redoutable, ça saoûle à toute vitesse;
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