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Le Lierre de Yoshino - Tanizaki Jun'ichirô

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Masques de Venise
Souverainiste, Patriote & Fière de l'Être !
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MessageSujet: Le Lierre de Yoshino - Tanizaki Jun'ichirô   Mar 23 Nov - 14:19




Yoshino Kuzu
Traduction : René de Ceccatty & Ryôji Nakamura

Notre Opinion

Personnages

Le contexte, tout imprégné de légendes qui se mêlent aux faits historiques, de cette nouvelle assez déroutante :

Citation :
[...] ... Dans la région qui s'étend entre les montagnes reculées de Yoshino et Kumano, il n'est pas rare d'apprendre que subsistent d'anciennes légendes et que vivent encore des descendants de vieilles familles historiques, et cela à cause des difficultés de communication [Tanizaki évoque ici le Japon de la première décennie du XXème siècle]. Pour ne citer qu'un exemple, il paraît que la résidence de la famille Hori, à Ano, choisie par l'Empereur Godaigo comme palais temporaire, demeure en partie dans son état d'origine et qu'elle est habitée par les derniers représentants de cette lignée. Takehara Hachirô, ce personnage qui figure dans "Taiheikei", lorsque le prince Daitonomiya s'enfuit à Kumano (ledit prince s'était arrêté quelque temps chez lui et avait même eu un enfant avec sa fille), a laissé une nombreuse descendance. Pour ne pas quitter les anciennes histoires, nous pouvons également évoquer les villageois de Gokitsugu, qui refusent toute alliance étrangère et sont eux-mêmes repoussés par les autres habitants qui voient en eux des graines de démons. Ils s'estiment eux-mêmes rejetons de l'ascète Zenki, aux pouvoirs surnaturels. Quand un tel esprit règne dans le pays, on ne s'étonnera pas que de nombreuses familles soient appelées "gens de sang" et prétendent descendre des vassaux qui servaient à la Cour du Sud : chaque année, le cinq février, près de Kashiwagi, leurs membres célèbrent la "vénérable Cour du Sud", et se rendent au temple de Kongô, site du palais du généralissime, pour organiser une cérémonie solennelle de prière du matin. Ce jour-là, plusieurs dizaines de "gens de sang" sont autorisées à revêtir une robe de cérémonie qui porte l'emblème du chrysanthème et à prendre des places plus honorifiques que le délégué du préfet ou que le chef du canton. ... [...]

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"Mon Âme est une Infante en robe de parade,
Dont l'exil se reflète, éternel et royal,
Aux grands miroirs déserts d'un vieil Escurial,
Ainsi qu'une galère oubliée en la rade."

Albert Samain

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La France a perdu une bataille mais elle n'a pas perdu la guerre !
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MessageSujet: Re: Le Lierre de Yoshino - Tanizaki Jun'ichirô   Mar 23 Nov - 14:39

Citation :
[...] ... La nostalgie particulière de Tsumura pour la région de Yoshino était due en partie à l'influence des "Mille Cerisiers" [pièce de théâtre axée sur les rapports mère-fils]. L'autre raison était qu'il savait que sa mère était originaire de la province de Yamato. L'endroit exact d'où elle venait et la question de savoir si sa famille avait survécu restèrent enveloppés de mystères assez longtemps. Il interrogea sa grand-mère [paternelle], dans le désir d'en connaître le plus possible tant qu'elle vivait, mais il était incapable de susciter des réponses claires : elle disait simplement qu'elle ne s'en souvenait pas. Etrangement, aucune de ses tantes, aucun de ses oncles ne savait non plus d'où venait sa mère. Comme les Tsumura constituaient une ancienne famille, une relation de deux ou trois générations aurait été une chose qui va de soi dans des conditions normales ; or, il me semble que la mère de Tsumura n'était pas directement venue de Yamato pour épouser son père, mais qu'elle avait été vendue dans son enfance à une maison de geisha d'Ôsaka, et elle avait été adoptée par une famille respectable avant son mariage. D'après les registres familiaux, elle était née en 1863 ; elle avait été épousée en 1877, à l'âge de quatorze ans, par Urakado Yoshiijûrô, habitant à San-chôme, Imabashi, et elle était morte en 1891, à vingt-huit ans. C'est tout ce que Tsumura avait été en mesure d'apprendre au sujet de sa mère avant de quitter le collège. Plus tard, il se rendit compte que sa grand-mère et d'autres personnes âgées de la famille n'avaient pas été très bavardes parce qu'elles n'aimaient pas évoquer le passé de sa mère. Mais pour Tsumura, le fait que sa mère eût grandi dans un monde interlope contribuait à accroître sa nostalgie ; il n'y trouvait ni déshonneur, ni désagrément. A plus forte raison parce qu'elle s'était mariée à quatorze ans et bien qu'il s'agît d'un mariage très précoce, elle était probablement restée une jeune fille pure que cette société sordide dans laquelle elle évoluait n'avait pas atteinte. Et c'est ce qui lui avait permis de donner naissance à trois enfants. Amenée dans la maison de son mari en parfaite innocence, elle avait dû être instruite des devoirs qui incombaient à une dame de vieille souche. Tsumura avait une fois vu un livre d'exercices de koto que sa mère avait recopié à l'âge de seize ou dix-sept ans : sur une feuille de papier pliée en quatre, elle avait recueilli les paroles horizontalement et, entre les vers, elle avait soigneusement ajouté la notation de koto à l'encre rouge, d'une belle écriture, très bien calligraphiée. ... [...]

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