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Stanley Kubrick

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MessageSujet: Stanley Kubrick   Dim 15 Mai - 15:21

Stanley Kubrick est un réalisateur américain né en 1928 et mort en 1999. Autodidacte, il s'attaquera d'abord à la photographie avant de franchir le cap du sacro-saint 7ème art. Ses premiers films, noirs, Fear and desire (1953) et le Baiser du tueur (1955) seront des gouffres financiers. Heureusement pour lui, il rencontre le producteur James Harris qui lui permettra de réaliser dans de meilleures conditions l'Ultime razzia (1956). Le succès lui permettra d'attirer l'attention de Kirk Douglas qui lui propose les Sentiers de la gloire (1957). Malheureusement, le film fera scandale. Montrer une mutinerie pendant la Première Guerre mondiale et des soldats fusillés pour l'exemple n'est pas du goût de l’État-Major français qui l'interdira jusqu'en 1972. Ce sera ensuite Spartacus en 1960, qui ne remuera pas les foules. Deux ans plus tard, Kubrick renouvelle le scandale en adaptant Lolita de Vladimir Nabokov. L'Amérique puritaine est en émoi. Il part alors s'installer en Angleterre où il réalisera Docteur Folamour (1964). Sur le ton de l'humour, il traite du sujet sérieux et épineux du nucléaire et de l'apocalypse. En 1968, son premier film de science-fiction voit le jour. 2001, l'Odyssée de l'espace associe la musique à l'image, c'est aussi ce qui en fait son succès. Il fera la même chose, en 1971, avec Orange Mécanique, adapté du roman d'Anthony Burgess. Kubrick mettra par ailleurs souvent en scène des œuvres littéraires: Barry Lindon (1975) de W.M. Thackeray, Shining (1979) de Stephen King et Full metal jacket (1987) de le Merdier de Gustav Hasford. Eyes wide shut (1999), sera adapté d'une nouvelle d'Arthur Schnitzler.

Kubrick obtiendra à plusieurs reprises le prix du Meilleur Réalisateur: en 1964 pour Docteur Folamour, en 1971 pour Orange Mécanique et en 1975 pour Barry Lindon.
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MessageSujet: Re: Stanley Kubrick   Dim 15 Mai - 15:23

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MessageSujet: Orange mécanique   Dim 15 Mai - 15:26

Orange mécanique



J'avoue que je n'étais pas vraiment intéressée par ce film à la base. D'ailleurs, je ne l'avais pas encore visionné , volontairement. L'histoire est celle d'Alex, 15 ans, jeune chef d'une bande de délinquants notoires assoiffés de violence, passant leur temps à cambrioler et à violer. Un jour, ses acolytes se rebellent contre lui et Alex se fait emprisonner. Il entend parler d'une nouvelle méthode, la méthode Ludovico qui permet de "guérir" les individus dangereux. L'autorisation de participer à ce programme lui est accordée. Alex découvre alors qu'il s'agit de regarder des films ultra violents, attaché sur une chaise, les paupières maintenues ouvertes par un système de pinces, le tout sur fond de musique classique. Si le jeune homme est vivement intéressé par les scènes qui se déroulent sous ses yeux, il est pris de violentes nausées. Pendant 15 jours, il subit ce programme intensif, torturé par le dégoût et l'écoeurement. Le simple fait de voir de la violence ou d'entendre un morceau de musique classique provoque en lui les pires souffrances. Réinséré dans la vie civile, il ne peut plus faire régner la terreur. Il songe alors au suicide et se rend à la bibliothèque afin de voir s'il y a un moyen de mourir sans douleur. Sur le trajet, il rencontre une de ses anciennes victimes qui le reconnaît et s'en prend à lui violemment. Alex court et se réfugie dans une maison... celle d'Alexander, un retraité dont la bande avait tué l'épouse après l'avoir sauvagement violée. Le vieil homme fait semblant de ne pas le reconnaître, l'accueille le plus courtoisement possible. Mais, connaissant la méthode Ludovico et voulant venger sa femme, il harcèle Alex en lui faisant écouter de la musique classique. Désespéré, ce dernier se jette par la fenêtre. Il ne mourra pas mais ce choc l'aura fait redevenir comme avant...

Kubrick dénonce la violence, bien évidemment, avec un zoom sur les bandes organisées, la guerre des gangs, les trahisons. On notera que le délinquant s'allie avec les autorités, preuve que tout n'est pas perdu chez l'être humain, quel qu'il soit.

Le film dérange par son réalisme. La perversité, à plusieurs niveaux, est mise à nu, simplement. Il pousse le spectateur à la réflexion. Car c'est là tout le cinéma de Kubrick. Il ne faut certainement pas s'arrêter au premier degré. Il faut y voir la dualité bien / mal, le problème de la liberté individuelle, la perversité de l'Homme corrompu par la société.... Kubrick choque pour faire bouger.
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MessageSujet: Re: Stanley Kubrick   Dim 15 Mai - 15:27



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MessageSujet: Re: Stanley Kubrick   Mar 16 Avr - 22:25

Pour Orange mécanique, toujours. Un digne (indigne ?) "self-plagiat" dans les règles, de l'article d'ores et déjà paru sur mon précédent blog, déterré à l'occasion de la découverte de ce fil sur Kubrick. Oui, j'aurais pu le réécrire. M'enfin.



Avec la merveilleuse scène d'intro en prime.


Synopsis :

"Alex et ses trois "Drougs" sèment la terreur au hasard de leurs virées nocturnes. Après avoir rossé un clochard, ils terrorisent le couple Alexander vivant dans une maison isolée et violent l'épouse. Trahi par ses "frères Drougs", Alex est arrêté alors qu'il vient d'assassiner une femme dans sa maison, et condamné à quatorze ans de prison. Au bout de deux années d'incarcération, il bénéficie d'un programme spécial, visant à réhabiliter tout criminel en quinze jours. À l'Institut Ludovico, il subit un lavage de cerveau le dégoûtant à jamais de toute violence et de toute sexualité. Mais aussi malencontreusement de la seule musique qu'il aime : la neuvième symphonie de Beethoven. De retour dans la vie civile, il découvre que ses parents, ne l'attendant pas, ont choisi un locataire pour sa chambre. Se retrouvant seul dans la rue, incapable de se défendre, il est roué de coups par le clochard et ses amis, puis par Dim, l'un des Drougs devenu policier. Blessé, il se réfugie... dans le pavillon de Franck Alexander. Celui-ci, veuf et infirme des suites de l'agression, ne le reconnaît pas tout de suite, et cherche à l'aider pour dénoncer les méthodes employées par le gouvernement."


Et ?

Ce long métrage a des allures d'oeuvre philosophique, montrant la montée de la violence, le danger d’une société où la liberté est annihilée. Aussi surprenant que cela puisse paraître, on découvre, au fil de l'histoire, un personnage aussi éclectique qu'attachant. Je pense que tout à chacun peut se reconnaître un temps soit peu dans le personnage d'Alex, dans cette insouciance de la jeunesse, dans ce besoin de marginalisation. Le spectateur est également amené à une réflexion sur une bien sombre réalité de la société, les méthodes de réinsertion des criminels, l'impact que peut avoir le monde extérieur sur chacun et la corruption des différents organes institutionnels et politiques. Malgré le comique du langage utilisé (narré dans l'adaptation), certaines scènes sont réellement secouantes, choquantes, bouleversantes et révoltantes. Il y a un versant orchestré, minutieux, voire esthétique de la violence telle qu'elle est interprétée et vue par Kubrick, et par la suite par le spectateur (je pense notamment à la scène exceptionnelle entre les deux bandes rivales au début du film, réalisé avec une "chorégraphie" et une précision extraordinaire). Une histoire captivante, désenchantée, et avant-gardiste, qui est pour moi excellente et "toujours", malheureusement, d'actualité. Pour ma part, cela m'a menée sur le questionnement à propos de l'éternel et, dirais-je, insupportable conformisme prôné par la société. Alex est un marginal violent, sans aucun remord éprouvé (mais une réelle conscience de ses actes), ni aucune valeur morale correspondant à celles inculquées par le plus grand nombre. Cela fait de lui un individu rejeté, trahi autant par ces Drougs que par ses parents, laissé pour compte à tel point que les autorités consentent à faire de lui un vulgaire produit expérimental. Traitement qui lui ôte toute sa personnalité, ses facultés de raisonnement, ses idées et convictions propres. La société répudie donc t-elle systématiquement ce qu'elle ne peut concevoir et comprendre, et tend-t-elle à uniformiser tous les comportements sans tenir compte de l'identité et l'individualité de chacun ? Le personnage d'Alex m'a émue, à vrai dire.

J'ajouterai également que, dans chaque métrage de Kubrick, aucun détail n'est laissé au hasard et tout est minutieusement accompli, connoté, porteur de sens non apparent à première vue. Par exemple, aux premières images, nous voyons tout d'abord le titre, orné d'un simple fond rouge emplissant tout l'écran, couleur angoissante et souvent symbole de la violence ; puis le visage d'Alex avec cet espèce de rictus mi-insolent mi-sadique, qui établit déjà une première vue sur le personnage. Tout un travail de suggestion absolument remarquable. Je lis parfois ici et là que certains ne comprennent pas où a pu réellement choquer Kubrick dans ce film. Je crois que ce n'est pas véritablement dans ce que le spectateur voit à l'écran, mais plutôt dans ce qu'il perçoit, dans cette intensité impalpable et somme toute dérangeante. L'esthétisme de la violence, non diabolisée mais au contraire filmée de telle sorte à ce que le public s'extasie devant de telles scènes, presque malgré lui. J'avoue aussi, d'un point de vue purement personnel et subjectif, que l'attraction presque morbide que le personnage d'Alex (et son interprète McDowell) exerce sur nous (ou moi, en l'occurrence) peut être perçue comme psychologiquement troublante. Attachant et émouvant certes, mais qui pousse également à une certaine forme d'admiration, de pulsion érotico-cérébrale et de fascination.

Nota : Le langage utilisé peut être un peu laborieux à entendre et à comprendre au début, mais on s'y fait très vite, et l'adaptation de Kubrick, bien que brillante, ne remplace assurément pas selon moi la lecture de l'oeuvre de Burgess, par une citation duquel je clorais cet article :

"Quand je vois leur façon de se ronger les ongles de pied pour chercher la cause du mal, moi je dis qu'il y a là de quoi me transformer en bon petit maltchick rigolard. Est-ce qu'ils vont chercher la cause du bien ? Alors pourquoi l'autre bord ? S'il y a des lioudis qui sont bons, c'est qu'ils aiment ça, et c'est pas moi qui les gênerai dans leurs plaisirs, mais vice-versa. Et moi je suis un pilier de l'autre bord. Sans compter que le mal est dans le soi, l'un, le toi et le moi soli solo, et le soi c'est ce vieux Gogre ou Dieu des familles qui l'a fabriqué, à sa grande fierté et à sa grande radostie. Mais le non-soi ne peut admettre le mal, autrement dit les mecs du gouvernement et de la justice et de l'école ne peuvent permettre le mal vu qu'ils ne permettent pas le soi. Et toute l'histoire de notre temps, mes frères, n'est-elle pas le récit des vaillantes luttes de malenkys petits soi contre ces énormes machines ?"
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MessageSujet: Re: Stanley Kubrick   Mar 16 Avr - 23:01

Et pour compléter cette "chronique" que j'avais postée sur mon blog de l'époque (complètement subjective, mais datée d'environ un an et demi), je vois également dans ce métrage une question sous-jacente : être un individu "cultivé" est-il forcément gage de morale correspondante aux valeurs de la société ? Souvent, les informations nous heurtent à ce phénomène de diabolisation et de rapprochement de données hâtif : les délinquants sont globalement incultes et ignorants, ils feraient mieux de se cultiver au lieu de traîner les rues. Des clichés du genre sont monnaie courante. De plus, ne pas entrer dans une norme de société fait-il de la personne un individu dépourvu de conscience et de moralité personnelle ? Autant de questions qui reviennent sous forme différente tout au long du film.

Néanmoins, ne résumer Kubrick qu'à l'Orange semble tout de même assez réducteur. Effectivement, il y a eu tant d'autres métrages qui valent le coup d'oeil qu'il serait dommage de systématiquement focaliser sur celui-ci. Mon favori absolu restera, je pense, Barry Lyndon, autant pour la bande originale que pour la mise en scène, les costumes et les jeux de rôles. Si perfection il y a en la matière, elle doit être incarnée dans ce film, malgré son piètre succès commercial. En réalité, j'aime tous les Kubrick mis-à-part le dernier, Eyes wide shut, qui est pour moi le cliché terrible qui émoustille la ménagère. Paradoxalement, c'est celui que le réalisateur lui-même considérait comme le plus abouti et le meilleur de sa carrière. Comme quoi.
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MessageSujet: Re: Stanley Kubrick   Mer 17 Avr - 17:30

Hayleen a écrit:

Néanmoins, ne résumer Kubrick qu'à l'Orange semble tout de même assez réducteur.

Tu as bien raison. Mais quand j'ai ouvert cette rubrique, je n'avais vu que ce film ou presque.


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MessageSujet: Re: Stanley Kubrick   Mer 17 Avr - 22:04

J'aurais bien du mal à dire quel film de Kubrick je préfère entre Les Sentiers de la gloire, Dr Folamour, 2001, Barry Lyndon ou The Shining. Ce dernier est peut-être plus beau encore esthétiquement que Barry Lyndon et nous offre, sans effets spéciaux ou gore, l'une des scènes les plus effrayantes de l'histoire du cinéma :



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MessageSujet: Re: Stanley Kubrick   Sam 31 Mai - 10:59



J'avais vu ce film, pour la première fois, en classe de 3ème, à la fin de l'année. Déjà, dans une classe toute simple, baignée de lumière, sur des chaises peu propices au confort et sur un petit écran, le film m'avait impressionnée. Et c'est avec plaisir que j'ai revu, tout récemment, ce film inspiré du livre de Stephen King (que je n'ai toujours pas lu mais cela ne saurait tarder).

Jack Torrance (joué par Jack Nicholson) est un ancien professeur aspirant à devenir écrivain. Pour cela, il a besoin de calme. Mais comme il faut bien nourrir sa femme, Wendy, et son fils, Danny, il accepte un emploi de gardien dans un hôtel isolé, fermé pendant l'hiver. Le directeur de l'hôtel le prévient qu'il y a quelques années de ça, la solitude de ces montagnes rocheuses avait rendu fou le précédent gardien, Grady, qui avait fini par tuer sa femme et ses deux filles. Mais Jack n'écoute pas ces sornettes. Il s'installe donc avec sa petite famille. Danny commence à réagir de façon bizarre. Il parle avec un ami imaginaire, nommé Tony, via son doigt. Il a des visions, notamment celle de petites jumelles habillées tout en bleu. Le cuisinier, qui a un don, remarque qu'il peut communiquer avec le jeune garçon par télépathie. Danny a lui aussi le "Shining" (ce fameux don). Le cuisinier lui interdit alors d'aller dans la chambre 237...

Bizarrement, je ne me souvenais pas de la scène mythique de l'ascenseur déversant un flot de sang mais de la tête de Nicholson, dans l'encadrure de la porte de la salle de bain. Une bonne tête de psychopathe ! Ce film m'a fait le même effet que la première fois. Brrrrr !



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Elisabeth
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MessageSujet: Re: Stanley Kubrick   Sam 31 Mai - 17:45

J'ai vu "Barry Lindon" et "Shining";
Mon opinion = réalisateur faussement profond; doué pour les images, mais en analysant derrière, y a pas lourd;
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MessageSujet: Re: Stanley Kubrick   Sam 31 Mai - 17:52

Que veux-tu dire Elisabeth ? Que ce soit Barry Lindon, Shining ou Orange mécanique, ils sont tirés de livres (même s'il s'en éloigne un peu parfois).
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MessageSujet: Re: Stanley Kubrick   Sam 31 Mai - 18:12

Bien sûr; mais "tirés de livres" n'empêche nullement d'avoir de la profondeur exs nombreux de livres peu profonds métamorphosés par des films qui ont un propos personnel, qui réfléchissent au travers de l'image
Par exemple = Robert Bresson "Journal d'un curé de campagne" , ou ce que fait Bergman avec un opéra, etc;
Là, et Kubrick n'a pas fait que des films tirés de livres, il est - à mon avis- limité;
Les images sont splendides, et tout se limite à ça; c'est somptueux, mais sans rien derrière;
" Barry Lindon" qui a fait couler des flots d'encre est juste un livre d'images; or, il y avait beaucoup dans le livre; critique sociale, critique psychologique, etc; les critiques se sont extasiés sur l'utilisation des bougies seules en lumière de scènes nuit; il y a un appauvrissement jusqu'à la seule image;
Je n'ai pas étudié Kubrick; je dirai simplement, avec ce que je connais, que ce sont des livres d'images - qui peuvent faire réfléchir- mais que de la part de Kubrick, il n'y a pas de propos personnel;
Il faudrait analyser "Les sentiers de la gloire" " 2001 Odysée de l'espace" " Eyes wide shut", etc; je ne les ai pas vus;
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MessageSujet: Re: Stanley Kubrick   Sam 31 Mai - 18:23

Je comprends mieux ce que tu voulais dire. Je dois lire Shining de Stephen King. Je te dirai alors ce qu'il en est en faisant la comparaison.
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MessageSujet: Re: Stanley Kubrick   Sam 31 Mai - 19:35

Hum ( je n'aime pas, donc suis mauvais juge et partiale....) Stephen King, doit pas y en avoir lourd lourd dedans non plus.....Mais bon, ça dépend; des gens qui aiment doivent bien y trouver quelque chose; j'ai juste lu "Shining" en plus, alors;
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MessageSujet: Re: Stanley Kubrick   Dim 1 Juin - 14:13

J'avais bien cru comprendre que tu n'aimais pas !  Wink  
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MessageSujet: Re: Stanley Kubrick   Dim 1 Juin - 15:10

Il est vrai que Kubrick sait fabriquer de magnifiques images mais peut être effectivement moins "profond" qu'il n'y parait.

Il suffit pour s'en rendre compte de visionner 2001, l'Odyssée de l'Espace. Film à la superbe mise en scène avec une photographie merveilleuse et une ambiance si particulière.
Et pourtant, au-delà de tout ça, le message parait tellement abscon qu'il en arrive à desservir le film.
Bien sûr, tout ceci n'enlève rien au talent de Kubrick et à sa virtuosité derrière une caméra.
Mais une petite comparaison avec Solaris de Tarkovski ne me semble pas inutile.
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MessageSujet: Re: Stanley Kubrick   Lun 2 Juin - 11:02

Il est bien difficile de convaincre les gens qui n'aiment pas Kubrick... C'est vrai qu'il est particulièrement formaliste et froid, une sorte de Flaubert du cinéma. Et comme Flaubert il semble accablé par la bêtise humaine, d'où une vision grinçante et désenchantée, notamment dans Barry Lyndon : j'ai lu le roman de Thackeray il y a très longtemps et je ne m'en souviens guère, mais je trouve que la tonalité du film n'est pas très éloignée de celle de La Foire aux vanités, et que derrière le "beau livre d'images" il y a beaucoup d'amertume et de sarcasme. N'oublions pas le titre exact de Dr Folamour (à mes yeux un chef-d'oeuvre) : Dr Folamour ou comment j'ai appris à ne plus m'en faire et à aimer la bombe.



Citation :
Mais une petite comparaison avec Solaris de Tarkovski ne me semble pas inutile.



Solaris, je ne l'ai pas vu. Mais j'ai été gênée, dans Stalker, par la lourdeur et la naïveté du "message", comme dans Nostalghia : message très courageux dans l'URSS de Brejnev, car il pouvait envoyer son auteur en prison ou en faire un chômeur définitif, mais beaucoup plus gênant de mon point de vue que l'absence de message de Kubrick (car à mon avis il n'y en a pas : Kubrick nous laisse face à une énigme dont lui-même ne connaît pas la réponse). Pourtant, quant à la splendeur et à la richesse des images, à la façon dont il déambule entre rêve et conscience éveillée, Tarkovski est tout simplement sans égal (sauf parfois Fellini, mais dans un tout autre registre); si seulement il n'y avait pas de dialogues, ou aussi peu que dans 2001!

Stephen King n'a pas du tout aimé l'adaptation de Shining non du point de vue cinématographique mais en tant qu'adaptation. Il estimait entre autres, et il n'avait pas tout à fait tort, que la seule présence de Jack Nicholson laissait penser dès le départ que ça allait tourner au vinaigre (il aurait préféré Redford), et que le personnage de Wendy, qui dans le roman est une femme intelligente et énergique, était vraiment à tuer. (mais à part Varinia et les autres femmes de Spartacus, qui n'est pas vraiment un film de Kubrick, et Lolita, les femmes sont particulièrement maltraitées par Kubrick. Honnêtement, de Redmond ou de lady Lyndon, je ne sais lequel prendre pour taper sur l'autre).
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MessageSujet: Re: Stanley Kubrick   Lun 2 Juin - 11:38

Autant j'ai apprécié "Orange Mécanique" - qui a tout de même beaucoup vieilli aujourd'hui - voire "2001 ...", autant la version de "Shining" concoctée par Kubrik m'insupporte : il trahit le roman et gomme dès le départ tous les aspects affectifs entre les membres de la famille Torrence. Or, même si le héros est alcoolique, il aime son enfant et sa femme. L'horreur réside justement dans l'évolution du personnage vers la haine et le meurtre, poussé bien sûr par les spectres de l'"Overlook."

... Et puis, bon, j'aime bien Nicholson mais il en fait vraiment un peu trop - comme à son habitude. Sauf peut-être dans "Easy Rider" ... Wink
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Et ce qui importait en fin de compte, c'était moins d'être vaincu que d'avoir une âme de vaincu car cela seul est sans remède.

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MessageSujet: Re: Stanley Kubrick   Lun 2 Juin - 11:39

J'aimerais bien voir la version russe de "Solaris" : l'américaine, avec Clooney, par ailleurs excellent acteur, ne m'avait pas convaincue.

Mais je recommande le roman qui prouve bien qu'il y a une SF européenne.
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MessageSujet: Re: Stanley Kubrick   Lun 2 Juin - 13:10

Eustrabirbéonne a écrit:
C'est vrai qu'il est particulièrement formaliste et froid, une sorte de Flaubert du cinéma.

Je ne suis guère d'accord; c'est faire beaucoup d'honneur à Kubrick (à mon pauvre avis, uniquement, hein) ;
Flaubert voulait, se ruinait de travail pour aboutir à ce qu'il appelait "le mur lisse";
Kubrick ( à mon avis toujours) se lit dans, au contraire, la magnificence de l'image, frappante, oui, mais non signifiante; et c'est là tout le problème; problème récurrent dans une oeuvre qui élargit à son presque maximum les sujets, comme s'il y avait dans leur diversité une quête du symbole ( au sens étymologique = sumbolè = la forme) et c'est bien ce que je lui reproche, symbole qui se suffit à lui-même;
Donc pour moi, Kubrick est un "formaliste"; il n'est pas à chercher au delà de l'image; mais je comprends très bien qu'il fascine;

Quant à comparer Tarkovski et Kubrick, je ne crois pas ? mais je n'ai pas vu "Solaris";
Il y a un problème avec les cinéastes, la médiocrité et le manque de méthode des analyses filmiques faites actuellement;
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MessageSujet: Re: Stanley Kubrick   Mar 3 Juin - 9:11

De Kubrick, j'aime aussi assez sa "Lolita" et puis, bien sûr, "Les Sentiers de la Gloire" avec Kirk Douglas.
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Et ce qui importait en fin de compte, c'était moins d'être vaincu que d'avoir une âme de vaincu car cela seul est sans remède.

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MessageSujet: Re: Stanley Kubrick   Mar 3 Juin - 12:31

Les Sentiers de la Gloire est aussi un de mes préférés de Kubrick.
N'oublions que ce film de 1957 n'a été projeté dans les salles obscures françaises qu'en 1975.
Il n'y a pas eu de véritable censure du gouvernement français mais les producteurs n'ont pas voulu le distribuer par peur de représailles, notamment des associations d'Anciens Combattants.
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MessageSujet: 2001, L'Odyssée de l'Espace   Sam 25 Avr - 20:03



Titre original : 2001 : A Space Odyssey

Titre français : 2001, l'Odyssée de l'Espace

Réalisateur : Stanley Kubrick

Scénario : Stanley Kubrick & Arthur C. Clarke d'après deux nouvelles de celui-ci, "A L'Aube de l'Humanité" et "La Sentinelle"

Direction artistique : John Hoesli

Photographie : Geoffrey Unsworth & Gilbert Taylor

Maquillage : Stuart Freeborn

Montage : Ray Lovejoy

Décors : Tony Masters, Harry Lange & Ernest Archer

Costumes : Hardy Amies

Musique (non originale) : Richard Strauss, Johann Strauss fils, György Ligeti et Aram Khatchaturian

Genre : S. F. / Anticipation

Production : Stanley Kubrick et Victor Lyndon - Société de production : MGM, Stanley Kubrick Productions & "Polaris"

Studios : MGM, Warner Bros & Turner Entertainment

Pays d'Origine : USA - 3 avril 1968


Sortie en France : 27 septembre 1968

Durée : 156 mn (version originale) / 139 mn (version définitive)

Audio : anglais, français

Sous-titres : français, anglais, allemand, bulgare, espagnol, italien, néerlandais, roumain, arabe

Sous-titres pour malentendants : néant

Distribution : Keir Dullea (Dr David Bowman) - Gary Lockwood (Dr Frank Poole) - William Sylvester (Dr Heywood R. Floyd) -[b]Daniel Richter (Moonwatcher - « Guetteur de Lune » - le chef des primates) - Leonard Rossiter (Dr Andrei Smyslov) - Margaret Tyzack (Elena) - Robert Beatty ( Dr Halvorsen) - Sean Sullivan (Dr Michaels) - Douglas Rain, post-synchronisé par François Chaumette (voix de HAL 9000 /CARL 500 en VF) - Frank Miller (Le contrôleur de mission) - Alan Gifford (Le père du Dr Poole) - Anne Gillis (La mère du Dr Poole) - John Ashley (L'astronaute) - Brunell Tucker (Le photographe) - John Swindel (Le premier technicien spatial) - John Clifford (Le second technicien spatial)
- Vivian Kubrick (La fille du Dr Floyd)[/b] - Martin Amor (Le journaliste du World Tonight) - Penny Brahms et Edwina Caroll (Hôtesses de l'espace)


Aaaaaaaaaaah ! ... On reste muet, et puis, timidement, on ose : "Que c'est beau ! ..." et encore : "Est-ce que je peux y comprendre quelque chose ?" et enfin : "Ai-je bien compris ? ..."

Et pourtant, ça fait au moins la troisième fois qu'on le visionne.

Au calme, bien sûr.
Visionner "2001 ..." entouré de bruit ou de supporters de foot en folie reviendrait soit à se suicider, soit, de toutes façons, à trucider quelqu'un . C'est un moment de perfection filmique, humaine et humaniste qui exige le calme - et le respect - les plus complets.

Ah ! Dieu, que Tu existes ou pas, que "2001 ..." et sa vision finale, comme quoi la Vie est éternelle et belle et somptueuse, parviennent à nous émouvoir ! Et cette bande musicale, pour laquelle il est si difficile de trouver le mot qui la qualifie le mieux, qui permet à ce réalisateur difficile, qui me fait quelquefois songer à un autiste, je l'avoue, de donner le meilleur de lui-même, de renoncer pour une fois à ce côté renfrogné, mutique, à cette réputation de mauvaise humeur et de tempérament exécrable qui était la sienne ...

Pourtant, "2001 ..." n'échappe pas à cette hermétisme qui est la marque de fabrique de Kubrick et encore moins à ce souffle esthétique, à la fois glacial et exaspérant, de blancheur, de logique et de raison exaspérante qui souffle même sur "Shining." Oui, Nicholson, possédé par l'Overlook et dégoulinant la haine, trouve encore le moyen de nous restituer ce souffle si agaçant. Ce souffle, c'est ce qui fait la nature même de Kubrick et de son oeuvre mais ici, pour peu que l'on prenne le temps de s'arrêter, de réfléchir un peu, de se détendre aussi - on EST OBLIGE de se détendre devant un Kubrick, autrement, il y a des risques qu'on ne le comprenne pas, pire : qu'on ne l'apprécie pas du tout et qu'on le prenne en grippe - ce souffle, dont le perfectionnisme entêté nous a fait si souvent grincer des dents, ici, dans "2001 ...", ce souffle nous empoigne et nous transporte loin, si loin ...

Au-delà de nous-même.


C'est beau, c'est simple, par moments, c'est toujours l'ère glaciaire kubrickienne dans toute sa gloire et avec tous ses tics, oui, mais malgré tout, dans cette débauche extraordinaire de blancs et d'infini, on perçoit enfin la chaleur, la générosité réelles du metteur en scène et de l'homme. Peu à peu, aussi lentement que l'humanité a émergé des eaux (avec ou sans monolithe noir Wink ), ce qu'il y a de meilleur en nous, de plus noble, je pense, s'épanouit dans cet univers bizarroïde, très original pour l'époque (on se rappellera "Cosmos 1999" bien sûr et, d'ailleurs, nombre de membres de l'équipe de Kubrick sont anglais), qui mêle le réalisme le plus "en pointe" à l'époque à un onirisme qui n'appartient qu'à l'imaginaire humain.

Tout est lent, tout est feutré, sauf les cris et les grimaces de ces primates qui furent nos ancêtres (et en qui nous retrouvons notre regrettable et prodigieux sens de l'agressivité :rigoltourne: ), et puis on s'émerveille devant ce que leurs descendants sont parvenus à atteindre. Mais, dans ce monde si parfait, la paranoïa et l'incompréhensible rôdent encore  et toujours et l'homme, parce qu'il est l'homme, est parvenu à contaminer au moins l'un des ses merveilleux ordinateurs. Bien que l'on ne saisisse pas très bien pourquoi, brusquement, HAL se met à comploter contre les humains qu'il est en principe programmé pour protéger, on a peur de lui ... avant de s'attendrir sur sa fin, sur ce "cerveau qui se vide", sur ce "J'ai peur ..." qui retentit en nous comme le "J'ai peur" d'un mourant terriblement humain ...

Ses créateurs auraient-ils transmis à HAL, sans le savoir ou en pleine connaissance, un peu de ce que qui caractérise l'humain, cette chose insaisissable qu'on appelle esprit ou âme et dont certains assurent pourtant haut et fort qu'elle n'existe pas ? ...

Mais le réalisateur ne nous laisse pas le temps d'y réfléchir. Pour l'instant. Il nous projette avec vigueur dans le final dont il a si longuement rêvé, avec ces explosions de couleurs, cette course folle dans l'univers, vers ... vers quoi ? ... Peu importe ce que représentent pour nous la chambre où un Keir Dullea moribond cherche à toucher l'éternel monolithe (en admettant qu'il soit bien devant lui) ou encore le foetus dans lequel, nous le comprenons, sa vie finissante trouve à se réincarner, peu importe si nous croyons ou pas, peu importe car Kubrick nous place devant le Sublime, non pas un sublime encombré de prêchi-prêcha mais un sublime créé par la Raison et la Logique.

Avec une précision implacable et en apparence glacée, Stanley Kubrick compose son hymne personnel à Quelque chose qu'il ne lui est peut-être pas possible de concevoir dans son entier pas  mais dont il perçoit, sans doute aucun, l'existence. Peu importe, finalement, de ne pas savoir "vraiment." Il suffit à Kubrick de savoir que cette Eternité existe, que son film en fait partie, et que lui-même en fait partie - comme nous, spectateurs, en faisons partie.

A jamais et pour toujours.

On se retire sur la pointe des pieds, on éteint doucement son lecteur DVD et on range doucement "2001 ..." dans son boîtier et sur son étagère. La Vie est éternelle, le Génie aussi : cela doit nous suffire.

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MessageSujet: Re: Stanley Kubrick   Dim 26 Avr - 14:27

Quelle magnifique critique !  drunken
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MessageSujet: Re: Stanley Kubrick   Mar 28 Avr - 19:14

Pour moi, "2001 ..." a toujours été un film génial. C'est le film le plus "humain" de Kubrick, à mon sens. Sa vision n'est pas religieuse, c'est autre chose : et c'est ça, justement, qui est intéressant. Un peu, tu sais, comme Brel, quand il chante : "On n'était pas du même bord mais on cherchait le même port ..."

En tous cas, merci pour le compliment.
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